Voitures de plage

Bienvenue sur cette page ensoleillée consacrée aux " voitures de plage ". Rien ne définit précisément ce qu'est une voiture de plage. Le choix d'intégrer telle ou telle automobile sous cette rubrique est forcément subjectif et sujet à débat. Quelques critères permettent toutefois d'orienter cette classification. On retrouve ou on imagine souvent ce type d'automobiles ... en été sur ou aux abords des plages. Leur aspect ludique joue en faveur de leur intégration à cette famille. Elles peuvent présenter des portes échancrées, parfois des assises en osier ou en matériaux insensibles à l'humidité des maillots de bain, et presque toujours une carrosserie ouverte. L'habillage extérieur est en général réalisé avec des matériaux plastiques ou composites autre que le métal. Pour autant, la présence d'un ou plusieurs de ces éléments de style ne fait pas entrer de plein droit n'importe quelle automobile dans cette famille. A part quelques exceptions, les carrosseries de type buggy ont été exclues volontairement de cette sélection. Bien que couramment utilisés comme des voitures de plage, les buggys constituent une catégorie à part, et celle-ci mériterait à elle seule un long développement. Vos commentaires, corrections et compléments d'informations restent les bienvenus : marioboano@gmail.com.


France - Italie - Grande Bretagne - Allemagne - Japon - Etats Unis - Autres pays


France


Citroën Méhari


Citroën Méhari

Dans la seconde moitié des années soixante, Citroën planche sur le renouvellement de sa gamme. La DS est relookée fin 1967, et l'arrivée des Dyane, Ami 8 et GS est imminente. Parallèlement, le dénommé Roland de la Poype, patron de la Société d'Exploitation de d'Application des Brevets (SEAB), réfléchit aux possibilités offertes par les éléments thermoformés pour réaliser la carrosserie d'un véhicule léger sur base Citroën dans l'esprit de la Mini Moke britannique.


Citroën Méhari

Achevé au cours de l'été 1967, le premier prototype de la future Méhari se révèle bien né. Roland de la Poype qui travaille déjà avec Citroën dans le cadre d'un contrat de sous-traitance d'éléments de tableau de bord de 2 CV, le présente au constructeur de JaveL. L'objectif de la SEAB n'est que d'obtenir l'agrément technique de Citroën pour ensuite lui acheter des plateformes à habiller. Mais Pierre Bercot, PDG de Citroën, décide carrément d'inscrire cette voiture qui ne porte pas encore de nom à son catalogue. Les créatifs de la marque pensent à la baptiser Méhari, en référence au dromadaire d'Afrique du Nord. La voiture est dévoilée à la presse en plein mois de mai 1968, le 16 précisément. Le hasard du calendrier. Sa carrière s'achèvera près de vingt ans plus tard, en juillet 1987. Entre-temps, 144 953 Méhari auront été assemblées.


Citroën propose en 1983 sur le marché espagnol une version ... plage


Citroën Lacoste Concept

Ce concept car Citroën Lacoste est présenté en 2010. Son design a été dirigé par Céline Venet, fille du styliste Jean-François Venet (1946-2015). Celle-ci a dès son plus jeune âge baigné dans l'univers créatif de son père. Pourquoi ce partenariat entre les deux marques ? Il y a selon les propos de Céline Venet une inspiration Méhari dans la Lacoste Concept, mais adaptée à l'esprit " life-style " et joie de vivre de la marque de prêt-à-porter. Elle considère par ailleurs qu'il y a dans les produits de chez Lacoste un aspect visionnaire qui correspond bien à l'esprit Citroën.


Citroën Lacoste Concept


Renault Estafette Microbus Tropique

Ce minibus " Tropique " de 1960 est ouvert à tous les vents. Notez l'accès étroit aux places arrière et la présence de sièges en osier. C'est le véhicule parfaitement adapté pour la promenade des touristes des stations balnéaires en plein développement sur les côtes méditerranéennes.


Renault Estafette Microbus Tropique


Renault 4 Plein Air

Renault ne peut concevoir de laisser à Citroën seul le marché des véhicules de loisirs avec sa Méhari. La Régie présente le 15 mai la Renault 4 Plein Air, soit un jour avant la Méhari.


Renault 4 Plein Air

La partie avant est conservée, avec un entourage de pare-brise adapté pour recevoir l'ancrage de la capote. Les flancs avec les portières et le toit sont supprimés. Le hayon arrière est coupé en deux, seule subsiste la partie inférieure. Les enjoliveurs de roues sont empruntés à la R4 Parisienne. Ce qui reste de la carrosserie est évidemment renforcé sur les côtés. La Plein Air est peinte exclusivement en blanc avec des garnissages intérieurs en simili cuir noir. La mécanique est celle de la R4 Export. Son 845 cm3 de 5 CV fiscaux développe 30 ch Din.


Renault 4 Plein Air

De par sa conception, l'usage de cette 4L est forcément limité aux loisirs. Elle est construite chez Sinpar. Son prix va constituer un réel handicap : elle est vendue 8990 francs en juin 1968, contre 6990 francs pour la Méhari. C'est cher pour une automobile peu polyvalente et moins séduisante que sa concurrente Citroën. Sa fabrication s'interrompt au cours de l'été 1970 après qu'elle ait été produite à moins de 650 exemplaires.


Sinpar

Lors de sa création en 1946, Sinpar est spécialisé dans la production de treuils et  boîtes de transfert, et dans l'adaptation de châssis de camions et camionnettes en 4 x 4. La société agréée par Renault présente dès le Salon 1963 une transmission à quatre roues motrices sur la R4. Sinpar  propose par ailleurs à son catalogue une version Torpédo 4 x 4 qui nous intéresse ici, dont la partie avant est celle de la R4, mais qui à l'arrière possède une carrosserie de type Camionnette.


Sinpar Torpédo 4 x 4

La Torpédo S pour sa part se dévoile sous une forme inédite, carrée d'aspect, qui rappelle l'agencement de la Mini Moke anglaise. Sinpar sera repris par Saviem en 1975, lui-même à la base avec Berliet de la constitution en 1978 de RVI.


La Torpédo S se dévoile sous une carrosserie inédite carrée d'aspect


Renault Rodéo

Présentée au printemps 1970, la Rodéo 4 sur base Renault 4 est fabriquée sous la direction de Raoul Teihol au sein de sa société ACL, pour Atelier de Construction du Libradois, installée dans le Puy-de-Dôme. Elle est distribuée dans le réseau Renault, qui en assure également l'après-vente. Sa cible est clairement la Citroën Méhari. Teihol n'est pas un inconnu à la Régie. Il fabrique en effet depuis plusieurs années les rehausses de toit pour l'Estafette.


Renault Rodéo 4

La Rodéo 4 est dotée d'une carrosserie en polyester. Elle est teintée dans la masse et renforcée par des tissus en fibre de verre, comme sur les bateaux de plaisance. Quatre versions sont disponibles, correspondant à différents usages. Celle qui s'inscrit le mieux sous cette rubrique est l'Evasion, un modèle entièrement décapoté. Ce modèle sera maintenu au catalogue Renault jusqu'en 1981


Renault Rodéo 4

Présentée au Salon de Paris 1972, la Rodéo 6 reprend à l'arrière l'essentiel de la caisse en plastique de la Rodéo 4. Par contre, toute la partie avant est redessinée, avec un capot plus bas et des phares rectangulaires intégrés dans des logements noirs. Le 1108 cm3 est celui qui équipe la Renault 6 TL. La Rodéo, qu'elle soit 4 ou 6, n'a jamais reçu l'accueil enthousiaste du public comme ce fut le cas pour la Méhari, son esthétique plus banale ne plaidant pas en sa faveur.


Renault Rodéo 6


Renault Rodéo 5

En juin 1981, Renault propose pour sa Rodéo une toute nouvelle carrosserie en polyester et polyuréthane injecté, dénommée Rodéo 5, au profil taillé à coups de serpe. Sa calandre en plastique évoque plus un gros jouet pour enfants qu'une automobile. Elle remplace les deux versions Rodéo 4 et 6, et n'a de Renault 5 que le nom puisqu'elle utilise le même soubassement que ses devancières. Peut-être pense t'on à la Régie que l'amalgame avec le best-seller de la maison ne peut que profiter aux performances commerciales. La mécanique est inchangée, il s'agit du fameux Cléo-Fonte dans sa version 1108 cm3.


Renault Rodéo 5  " 4 saisons "

Parallèlement à la polyvalente version 4 saisons, Teihol affiche un modèle Plein Air moins coûteux, sur lequel les portes sont remplacées par des chaînes de sécurité, ce qui lui confère un look de voiture de bord de mer. Le lancement commercial de la Rodéo 5 ne fait l'objet d'aucune médiatisation majeure. Le réseau ne semble pas très encouragé à promouvoir ce modèle. Ce peu d'enthousiasme général ne contribue évidemment pas à sa réussite. Elle s'éclipse dans l'indifférence générale à l'issue du millésime 1986. Teihol lâché par Renault n'a pas d'autre choix que de déposer son bilan. L'affaire sera relancée en 1987, avec le soutien de Citroën et la production de versions rallongées de la C15, puis de la Teihol Tangara sur base 2 CV 6, dont les ventes seront encore plus confidentielles.


Renault Rodéo 5 Plein Air


Car Système

Les inventeurs de la JP4 s'appellent Patrick Faucher et Gérard Maillard, deux amis de Redon en Ille-et-Vilaine. Ils connaissent évidemment la R4 Plein Air, et les raisons de son échec. A la fin des années 70, les deux compères tronçonnent le toit d'une R4, jettent les portières et raccourcissent le châssis. La transformation peut être effectuée sur toute R4 d'occasion à partir du millésime 1969. Quelques éléments de couleur vive, deux baquets et quatre jantes larges plus tard, voici la brave 4L transformée en voiture de loisirs.


Car Système JP4

Pour répondre à la demande, la société Car (Construction Automobile Redonnaise) Système est fondée en 1979. Partie de rien, cinq ans plus tard, la PME compte 60 personnes. Après la JP4, Car Système propose en 1983 un modèle neuf livré monté et le baptise JP5 Baja. Pour cela, la petite entreprise s'est soumise aux coûteux tests d'homologation. Les dernières JP4 / JP5 Baja sont vendues en 1990.


Car Système JP4


Car Système Belle Ile, Gruau Belle Ile

En plus de ses JP4 et JP5, Car Système se lance dans l'étude d'une autre voiture de loisirs sur la base de la Renault Supercinq, modèle qui a succédé à la Renault 5 en 1984. Le premier prototype est présenté au Salon de Paris en septembre 1988. L'accueil du public est enthousiaste, et les commandes affluent alors qu'aucune date de commercialisation n'est encore annoncée.

Le compartiment arrière de la Supercinq Five est découpé pour former un pick-up, puis protégé par une toile pourvue de trois vitres souples. La Belle Ile est un habile compromis entre le pick-up et le cabriolet, bien que son niveau de finition la classe automatiquement dans la catégorie loisirs, et non pas " société ". Une fois n'est pas coutume, Renault donne sa bénédiction. Suit l'homologation par le service des Mines. Le coût de la transformation est de 23 400 francs en 1989, ce qui porte le prix de vente total à 69 000 francs.

Car Système est déjà dans une situation économique instable à l'époque. L'entreprise en redressement judiciaire doit finalement renoncer à toute production début 1990, après avoir transformé 55 Renault 5 en Belle Ile.


Car Système Belle Ile

La carrosserie Gruau de Laval reprend à son compte la production de la Belle Ile, en y apportant quelques améliorations : toit ouvrant en verre teinté, maniement simplifié de la capote ... Le réseau Renault assure la distribution des 501 nouveaux exemplaires jusqu'à ce que la fabrication cesse au cours du second semestre 1991. Faute de rentabilité, Gruau préfère jeter l'éponge et se concentrer sur son métier de base, la transformation d'utilitaires. Alors que Car Système proposait trois teintes (bleu, blanc et rouge), la version de Gruau n'est disponible qu'en blanc.


Gruau Belle Ile


Brétécher Renault 5 Ténéré

Après avoir travaillé pour Pininfarina, Osi et American Motors, le styliste Joël Brétécher ouvre son propre studio de design en 1976.  En juin 1983, il présente deux réalisations sur base Renault 5, la Cristal qui s'inscrit parfaitement dans le mouvement " tuning " de l'époque, et la Ténéré de teinte nacrée avec des portes échancrées, dans l'esprit voiture de plage. Hélas, la Régie refuse d'apporter son soutien, ce qui condamne cette brillante initiative.


Brétécher Renault 5 Ténéré


Mega Club

La marque Mega est créée en 1992 par le constructeur de voitures sans permis Aixam. Il s'agit pour celui-ci de se faire une place sur le marché des voitures avec permis, en proposant un modèle récréatif dérivé de la Citroën AX.


Mega Club

La version Mega Club construite jusqu'en 1998 est une alternative crédible à la succession de la Méhari, modèle iconique abandonné en 1987. Avec une bonne partie des avantages de la Méhari, et une technologie plus récente favorisant le comportement routier et la sécurité, la Club aurait pu avoir un destin plus heureux.  


Chipie

Née en 1982 de l'association de Rober Sulpice, styliste chez Renault et de Jean-Louis Cariou, ex- ingénieur chez Matra, la société E3D-Quatex installée à Boulogne propose la Chipie sur un châssis raccourci - neuf ou d'occasion - de Renault 4. Elle est vendue sous forme de kit. Cette transformation s'inspire de la célèbre Jeep, en la stylisant quelque peu.      


Chipie


Heuliez Citroën GS

Yves Dubernard entreprend en 1974 l'étude d'une voiture de conception économique destinée à une clientèle jeune. Ce projet prend appui sur un ensemble mécanique de Citroën GS. Le cahier des charges prévoit notamment la suppression des portes classiques au profit d'une large échancrure. L'accès à bord se fera en enjambant les flancs. Afin de protéger les passagers en cas d'intempérie, des solutions légères comme des portes en toile fixées sur un cadre tubulaire démontable sont envisagées. Mais un autre concept est aussi étudié. Il s'agit d'une vitre latérale descendant dans un caisson qui s'escamote à son tour dans la partie basse du flanc, libérant un large accès à bord. Un principe analogue sera repris par BMW en 1988 sur son roadster Z1.


Heuliez Citroën GS

Ces deux dessins proposent des évolutions possibles de l'idée de base. Sur le premier, on remarque la peinture deux tons, tandis que sur le second on note  un arrière redessiné de manière plus légère, et des sorties d'échappement stylisées.


Heuliez Citroën GS


Heuliez Peugeot 104 Safari

Cette Safari sur base Peugeot 104 est une suggestion du bureau d'études Heuliez à l'attention du constructeur sochalien pour un véhicule de loisirs.


Heuliez Peugeot 104 Safari


Matra M28

Matra rachète Solex en 1979, spécialiste du carburateur et grand fournisseur de l'industrie automobile. Si techniquement l'entreprise a accumulé du retard, son image paraît intacte auprès du grand public, grâce au fameux Vélosolex. Le bureau d'études de Matra commence à réfléchir à ce que pourrait être le Vélosolex des années 80. Le concept initial du deux-roues semble peu approprié à l'évolution récente du marché. Un véhicule minimaliste sur quatre roues paraît plus adapté. Ainsi, le projet P28 se résume à une armature tubulaire apparente supportant un moteur 125 cm3 de 12 ch.  Le prototype atteint 130 km/h. La revente de la société Solex conduit à une mise en veille du projet. Revu et corrigé, il donnera pourtant naissance à la plus ambitieuse Matra M72.


Matra M28


Matra M72

La M72 est dévoilée au Mondial de l'Automobile en 2000. Avec son moteur 750 cm3 d'origine motocycliste de marque Weber et sa puissance de 20 ch, la voiture s'inscrit dans la catégorie des quadricycles à moteur qu'il est possible de conduire à partir de 16 ans. Elle ne dispose que de deux sièges. Des options de carrosserie sont prévues pour mettre à l'abri les passagers en cas d'intempérie. Un prix de vente est annoncé à 45 000 francs pour le modèle de base. Afin d'atteindre un plus large public, la M72 est également étudiée dans une version 50 ch.


Matra M72

L'arrêt de la production de l'Espace à Romorantin et le manque de succès de l'Avantime imposent à Matra de trouver de nouvelles productions pour assurer l'avenir de son site de production. Le projet M 72 tombe à point nommé. Renault, moralement redevable envers Matra, pourrait assurer  la diffusion de la M72 dans son réseau. Hélas, poursuivi par les difficultés financières, Jean-Luc Lagardère doit renoncer en février 2003 à ce projet, et en cours d'année à toute production automobile. En , Pininfarina reprend une partie des activités d'étude de Matra.


Matra M72


Heuliez Talbot Wind

La " Talbot Wind " a été dessinée et réalisée chez Heuliez. Travaillant alors en sous-traitance pour de nombreuses firmes automobiles, le carrossier se rappelle qu'il fabrique des Talbot 1100 utilitaires, et qu'il pourrait bien en extrapoler une version de loisirs attrayante et économique. Tout au long de l'année, Heuliez soumet aux constructeurs des projets plus ou moins audacieux. Certains aboutissent, en tout ou partie, d'autres sont définitivement enterrés. Avec la Wind, Heuliez prouve qu'avec un minimum de goût et d'investissement, on peut proposer quelque chose de nouveau, de gai, d'adapté au marché grandissant des loisirs sans attendre passivement l'attaque des concurrents étrangers.


Heuliez Talbot Wind

La personnalité de la Wind tient à sa décoration : des teintes bleues dégradées, une grille de Matra Rancho blanche, un arceau repliable, des roues blanches à étoiles, etc ...  La vocation de la Wind selon Heuliez ? La plage, la mer, comme en témoignent le support pour planche à voile et le plateau recouvert de matelas en tissu-éponge, tissu que l'on retrouve sur les sièges et les garnitures de porte dans la cabine.


Heuliez Talbot Wind


GPM Eole

L'Eole présentée en 1992 par GPM Automobiles, entreprise installée à Roanne dans la Loire, s'inscrit dans le même esprit que la Citroën Méhari. Elle vise le créneau des voitures de loisirs, occupé au même moment par la Mega Club. L'Eole emprunte son moteur 1360 cm3 de 50 ch Din à la Peugeot 106. Son style est signé PG Design, entreprise installée en Haute-Vienne. Mais entre les croquis et la production série, il a été nécessaire de modifier, voire des simplifier les lignes. L'entreprise aura le temps d'écouler une centaine d'exemplaires de sa voiture avant sa fermeture en 1995.


GPM Eole


Little Cars

Little Cars expose au Mondial de Paris 2010 la Little 4, inspirée par la Mini Moke. Son moteur électrique lui permet d'atteindre 45 km/h, pour une autonomie de 100 km environ. Des licences auraient été vendues en France et à l'étranger, pour produire localement, et ainsi éviter de polluer la planète en transportant loin les voitures fabriquées.


Little Cars


Noun' Electric Nosmoke

C'est en juillet 2012 que la société Nosmoke voit le jour. La volonté de son créateur, Luc Jaguelin, est de proposer un véhicule phare du passé, fiable, sexy et pratique, propulsé par un moteur électrique. La Nosmoke est homologuée dans la catégorie des quadricycles lourds, et donc accessible aux jeunes conducteurs à partir de 16 ans.  L'appartenance à cette catégorie n'impose pas le passage au crash-test pour obtenir l'homologation.


Noun' Electric Nosmoke

L'homme qui s'est lancé dans cette aventure sur ses fonds propres possède une belle expérience dans la distribution des 2 et 4 roues, puis dans le domaine des voitures sans permis après un passage à la direction chez JDM.  Le nom et l'aspect de sa création sont directement inspirés par la mythique Mini Moke, même si aucune cote n'est identique à l'originale D'ailleurs, un nouveau modèle a été déposé.


Noun' Electric Nosmoke

Les deux premières années, les voitures étaient produites en Chine, puis finies à Cerizay dans les Deux Sèvres. Depuis 2014 l'intégralité de la production est assurée sur commande sur l'ancien site Heuliez. Après la fermeture d'Heuliez puis de Mia, autre fabricant de véhicules électriques, la main-d'oeuvre qualifiée ne manque pas dans la région. Souhaitons une longue carrière à la Nosmoke encore en vente en 2020.


Noun' Electric Nosmoke


Hrubon, Schmitt et Charlatte

Concessionnaire Austin et metteur au point reconnu de voitures à moteur BMC à Levallois, Jean-Claude Hrubon (1938/2016) s'est fait un nom en fabriquant un prototype de sa conception en vue de l'édition 1967 des 24 Heures du Mans. La première année, la voiture est retenue par les organisateurs pour les essais. Mais après la rupture d'une conduite d'huile, c'est l'abandon. Tout espoir de pointer sur la grille de départ est anéanti. Une autre tentative similaire ne rencontre pas plus de succès en 1968.


Schmitt

Notre homme fait reparler de lui au Salon de Genève 1980, quand il entreprend de commercialiser un équivalent à la Mini Moke britannique, mais d'une longueur réduite à 2,35 mètres. Diffusée d'abord par Jean-Claude Hrubon lui-même depuis son usine de Taverny, cette voiture est ensuite reprise et fabriquée par la société de Bernard Schmitt, concessionnaire Peugeot et Leyland installé à Guebwiller en Alsace. Le moteur 998 cm3, les freins, les roues et les suspensions sont empruntés à la Mini. L’habitacle accueille deux personnes ainsi qu’un petit espace de chargement. La voiture existe aussi dans une version quadricycle de 49 cm3 baptisée Schmitty.

Finalement, à bout de financement pour maintenir l'activité, l'affaire est revendue en 1985 à un industriel installé à Migennes dans l'Yonne, la société Charlatte, qui commercialise la Schmitt, ex Hrubon, sous le nom de Puce. Environ 200 exemplaires, tous constructeurs confondus, auraient été fabriqués jusqu'à la fin des années 80, vendus en kit ou assemblés. C'est plus le nom de Schmitt que celui de Hrubon ou de Charlatte qui est resté dans les mémoires, sans doute pour en voir produit le plus grand nombre.


Schmitt


Dallas

Le même Jean-Claude Hrubon s'inspire quelques mois plus tard de la Jeep, pour en créer une évocation sous le nom de Dallas. La voiture est présentée en décembre 1981. Le site de production est installé à Neuilly. La mécanique et le châssis - raccourci de 44 cm - sont empruntés à la Renault 4. La Dallas est livrable montée ou en kit. Mais l'affaire vivote, pire elle arrive au bord du dépôt de bilan.

C'est là qu'intervient par l'intermédiaire de la propriétaire d'une Dallas le chanteur Frank Alamo (1941/2012), Jean-François Grandin de son vrai nom, fils du fabricant de postes de radio et télévision éponyme. L'automobile est une de ses passions. Il fait remplacer l'acier de la carrosserie par du polyester plus léger. En même temps, la voiture bénéficie de quelques améliorations esthétiques. Au Salon de Paris 1984, ce sont 800 commandes qui sont enregistrées.

Une ligne de montage est installée dans l'usine des téléviseurs Grandin, à Montreuil, où 250 exemplaires sont assemblés la première année. La voiture reste pénalisée par quelques défauts de conception : tenue de route aléatoire, freinage déficient ... Frank Alamo décide de la réétudier complètement en partant sur une base nouvelle. La Dallas reçoit alors un châssis qui lui est propre, et un moteur, une boîte de vitesses et des trains roulants issus de la Peugeot 205. 

Frank Allamo revend son affaire en 1996. Elle lui survit deux années encore. Près de 3 500 exemplaires auraient été produits jusqu'en 1998, ce qui n'est pas rien ! Même si quelques unités ont été proposées avec une transmission Sinpar pour aborder les chemins de montagne, on a plus vu la Dallas sur le sable des plages méditerranéennes.


Dallas


SCVE Scarlette / Volteis X2 et X4

L'aventure commerciale de la Scarlette débute en mars 2007. Elle est produite par la Société de Construction de Véhicules Electriques (SCVE) installée à Saint-Martin-la-Plaine, dans la Loire, et vendue sous la marque Tender. La Scarlette par son physique évoque un curieux métissage entre une Mini Moke et une Jeep. Avec 3,05 mètres, elle est aussi courte qu'une Mini Austin. Les initiateurs du projet ont l'ambition de produire la Scarlette en grande quantité afin d'obtenir un prix de revient bas, et ainsi de la rendre accessible au plus grand nombre. Mais ce " business plan " ne va pas fonctionner comme prévu.


Volteis X4

L'affaire est reprise en mars 2010 par Electric Car. Cette nouvelle marque est issue de la carrosserie Frappa, fabricant connu de caisses et remorques isothermes pour poids-lourds. Deux versions sont proposées, Volteis X2 à deux roues motrices et un seul moteur électrique sur le train arrière, et Volteis X4 à quatre roues motrices et deux moteurs. La production se poursuit à Davézieux en Ardèche. La carrosserie en aluminium et le châssis en acier inoxydable sont insensibles à la corrosion. Dépourvue de chauffage, couverte d'une simple bâche, la Volteis X4 assume parfaitement son nouveau positionnement marketing haut de gamme. Sur le marché français, elle s'oppose à la Nosmoke. Volteis interrompt ses productions en 2019.  Un peu plus de 200 exemplaires auraient été produits.  


Volteis V+

Electric Car présente au Salon de Genève 2012 un nouveau modèle, la Volteis V+. La base technique est celle de la Volteis X4. Son absence de protection contre les éléments et le cannage synthétique utilisé pour les sièges et la planche de bord suffisent pour la classer dans la catégorie des voitures de plage. Son dessin est signé Philippe Starck, rien de moins. Un superbe coup publicitaire pour cette marque confidentielle. Mais comment les deux parties se sont-elles rencontrées ? Le designer industriel possédait pour sa villa du Cap Ferret une X4. Séduit par cette auto fort sympathique, il a proposé au constructeur des Volteis d'en extrapoler une interprétation personnelle sans demander la moindre rétribution. Tout juste à t'il exigé que les éventuelles modifications apportées à la V+  soient validées par ses soins. 


Volteis V+

Les performances de la V+ sont modestes avec 11 ch répartis entre deux moteurs électriques, un à l'avant, l'autre à l'arrière. Sa vitesse de pointe est limitée à 60 km/h et l'autonomie à environ 60 km. La V+ compense avec un design impeccable. Aucun accessoire, qu'il s'agisse de l'instrumentation, des rétroviseurs, des optiques ou des pédales ne dénote. L'harmonie règne. La finition qui fait appel aux matériaux bruts est à l'avenant. On est toutefois surpris par la présence de deux minuscules portes latérales, hautes de 10 cm.  A 25 000 euros, la V+ est chère au regard de son dénuement et de ses performances limitées, mais cela devient plus acceptable si l'on considère que c'est un objet rare, signé d'un grand nom du design.


Volteis V+


Citroën Berlingo Coupé de plage

Le concept car Citroën Berlingo Coupé de plage présenté en 1997 préfigure déjà dans sa philosophie la Pluriel, présentée cinq ans plus tard. Avec ce pick-up de loisirs, la triste Berlingo de série est totalement métamorphosée. Seules les deux places avant sont recouvertes, l'arrière faisant office de plateau. Le toit peut être équipé d'un support pour transporter les planches de surf.


Citroën Berlingo Coupé de plage


Citroën C-Buggy

Le concept car C-Buggy anime le stand Citroën du Salon de Madrid 2006. C'est alors la vision de ce constructeur pour un objet de loisirs à destination d'adultes en quête d'aventures. L'absence de toit et de pare-brise procure un contact direct avec les éléments. Le champ de vision est totalement dégagé. Il n'y a pas de portes, et l'ouverture dans les flancs rapproche les passagers de la route. Cette découpe permet d'intégrer à la carrosserie un marchepied qui facilite l'accès à bord. La métallisation de la carrosserie peut évoluer dans le temps, en jouant sur la patine de la matière par oxydation du métal. La C-Buggy est équipée d'un moteur essence de 1,6 litre développant 155 ch.


Citroën C-Buggy


Citroën e-Méhari

La Bolloré Blue Summer dérive techniquement de la Bluecar, bien connue des Parisiens pour avoir équipé de 2011 à 2018 le réseau Autolib. Avec son côté fun et décalé, elle s'inspire dans l'esprit - une de plus - de la mythique Méhari. Lors de son lancement en juin 2015, un accord entre le groupe Bolloré et PSA permet de distribuer la Blue Summer via certains concessionnaires Citroën " intéressés ". Le rapprochement avec PSA est encore plus probant quand la production de la voiture est délocalisée en septembre 2015 sur le site Citroën de Rennes la Janais qui manque de charge. L'objectif est mesuré, il s'agit d'assembler quinze voitures par jour.


Citroën e-Méhari

Au passage, et après un lifting approprié, la Bolloré Blue Summer devient la Citroën e-Méhari. Les objectifs de vente s'orientent vers la clientèle des professionnels, des administrations, des structures gérant des terrains de Golf, etc ...


Citroën e-Méhari

Même sans grandes ambitions, l'échec commercial est patent. La voiture souffre d'une esthétique discutable, d'un prix élevé, d'un manque de polyvalence et d'une faible autonomie. Elle ne séduit que 961 clients de 2016 à 2018, dont plus de moitié la première année. Un bide pour les deux partenaires.


Citroën e-Méhari


Rocaboy Morvan

Agent Citroën disposant d'ateliers bien équipés rue de Crimée à Paris, M. Marcel Rocaboy s'associe à un certain M. Kirchner au sein de l'éphémère société Rocaboy pour produire une citadine compacte en polyester stratifié. Le prototype est doté d'un bicylindre Panhard 850. En plus de cette voiturette, M. Rocaboy propose un pick-up " Morvan " réalisé en polyester sur la base d'une Citroën Dyane. Dès 1973, tout projet de production semble avoir totalement disparu.


Rocaboy Morvan


Pichon Parat Vespa

La Vespa aménagée en voiture de plage représente pour le carrossier Pichon Parat installé à Sens une opportunité d'atteindre un public assez large. Il est parvenu à créer un objet séduisant en quelques coups de crayon. Mais seuls une dizaine de véhicules bénéficient de ce traitement entre 1959 et 1961.

Pichon Parat Vespa - source : http://www.vespastyle.fr


Acrea Zest

La voiture de loisirs Acrea Zest est dévoilée en 2006. Elle doit son existence à Stéphane Solbach et Jean-Pierre Josseau, deux anciens de chez Matra, qui ont installé leur entreprise à Plaisir dans les Yvelines. Acrea est le département production d'Etud Integral, la maison mère, une société d'ingénierie fondée en 1984 bien connue dans le milieu automobile.

Les formes rondouillardes de la Zest semblent issues d'un mariage entre une Austin Healey Sprite et un buggy. La carrosserie thermoformée et teintée dans la masse est peu sensible aux aléas de la ballade, et prend appui sur un châssis en aluminium. Son avant et son arrière sont symétriques, ce qui permet de réduire les coûts de production. Cette symétrie est accentuée par le bicolorisme de la carrosserie. Le coffre de 330 litres n'a rien de ridicule dans la catégorie. L'absence d'un vrai pare- brise incite au port de lunettes.


Acrea Zest

Le bicylindre essence Lombardi de 505 cm3 et 21 ch permet d'atteindre 110 km/h. L'adoption d'un variateur facilite la conduite avec une pédale d'accélérateur et une autre de frein. En version deux places, la Zest mesure 3,21 mètres et ne pèse que 380 kg. Sa garde au sol généreuse et ses suspensions à grand débattement l'autorisent à quelques balades dans les dunes. Acrea propose en 2014 une version électrique capable de rouler pendant 200 km à 45 km/h. Entre-temps, le constructeur a aussi proposé une version quatre places dont l'empattement a été allongé de 60 cm. La plus rare version pick-up dispose d'une toute petite benne derrière les sièges avant.


Italie



Fiat 600 Jolly

Les voitures de plage sont nées en Italie au milieu des années cinquante. Dans leur définition initiale, elles roulent peu et sont invariablement construites sur une base de voiture populaire. Fiat est alors le plus grand pourvoyeur de châssis sur ce créneau naissant. La voiture de plage est ouverte car utilisée en période estivale. Les sièges sont en osier, matériau insensible à l'humidité des maillots de bain et au sable, et considéré comme élégant. La présence d'un coffre n'est pas indispensable. La possession d'une voiture de plage classe son propriétaire parmi le gratin de la société. D'ailleurs, cette auto est parfois amenée à embarquer à bord des yachts, et elle est déplacée de port en port sur la Côte d'Azur ou la Riviera italienne. L'archétype de la voiture de plage, c'est incontestablement la Ghia Jolly sur base Fiat 500/600.


Pininfarina Fiat Multipla Eden Roc

Pour agrémenter son bateau, Henry Ford II confie en 1956 à Franco Martinengo, responsable du centre de style chez Pininfarina, le dessin et la fabrication d'une voiture de plage sur base Fiat 600 Multipla opportunément baptisée Eden Roc. Celle-ci est entièrement ouverte, et dépourvue de portières. Elle est équipée de lamelles de tech et décorée de quelques pièces d'accastillage. Les sièges arrière, formés par un banc semi-circulaire comme dans le cockpit d'un voilier, sont en acajou, tout comme le carénage qui court tout autour de la carrosserie. La voiture est exposée au Salon de Genève en mars 1957. Gianni Agnelli, le patron de Fiat, l'aperçoit sur le stand du carrossier. Séduit par cette réalisation, il passe commande d'un exemplaire pour son propre usage.


Pininfarina Fiat Multipla Eden Roc


Francis Lombardi Costa Azzura

Carlo Francesco Lombardi dit Francis Lombardi est né à Gênes en 1897. C'est un as de l'aviation durant la Première Guerre mondiale. La paix revenu, on lui doit quelques exploits aériens sur de longues distances. A partir de 1938, il produit des avions pour l'entraînement des pilotes, et propose des modèles civils jusqu'en 1950. Mais ce marché n'est pas très porteur, et Lombardi s'oriente à partir de 1947 vers la production de carrosseries automobiles. Comme nombre de ses confrères, il se spécialise en imaginant des breaks sur base Fiat et Lancia, puis habille quelques berlines largement inspirées des Studebaker. A partir de 1950, l'entreprise se spécialise dans les versions allongées toujours sur base Fiat et Lancia. Elle produit la fameuse Fiat Lucciola en 1964, version quatre portes avec coffre de la Fiat 850, ainsi que la Fiat 850 Grand Prix dessinée par Pio Manzù, dont sont dérivées l'Abarth 1300 Scorpione et certaines versions de Giannini.


Francis Lombardi Costa Azzura

En attendant ces best-sellers, la carrozzeria multiplie les créations, comme cette voiture de plage Abarth 750 Costa Azzurra présentée au Salon de Turin 1957, caractérisée par ses portes échancrées et sa finition simplifiée. Elle répond à une suggestion soumise par Fiat à plusieurs carrossiers, qui consiste à proposer un modèle original sur la base de la nouvelle Fiat 500. Assemblée plus pour ne pas se froisser avec Fiat que par conviction, cette Costa Azzurra est demeurée une pièce unique.


Francis Lombardi Costa Azzurra


Lombardi Holiday

Ce projet de voiture de plage sur base Fiat 127 est présenté par Lombardi en 1972.


Lombardi Holiday


Daf Kini par Michelotti

Au Salon d'Amsterdam 1967, Giovanni Michelotti expose le prototype Kini sur base Daf. Il s'agit d'une véritable voiture de plage avec ses sièges en osier, que l'on retrouve l'année suivante légèrement transformée sous le nom de Shellette en étant adaptée à une base Fiat 850.


Daf Kini par Michelotti

La Kini se distingue des autres voitures de plage par ses formes spécifiques, sans rapport avec le modèle initial. Un exemplaire de la Kini a été donné par l'usine Daf à la famille royale néerlandaise à l'occasion de la naissance du prince Wilhelm Alexander. Cette automobile a été utilisée pendant de nombreuses années dans leur résidence d'été en Italie.


Daf Kini par Michelotti


Fiat Shellette Michelotti

La Shellette de 1968 sur base Fiat 850 est étroitement dérivée dans son esprit de la Daf Kini. Elle est diffusée en France par GAM, importateur monégasque spécialisé dans les productions hors-série d'origine italienne. Elle tient son nom de la participation à ce projet de Phillip Schell, dessinateur de yachts, frère du pilote Harry Schell.


Fiat Shellette Michelotti

Le châssis de la Fiat 850 est raccourci de 22 centimètres pour la circonstance. Destinée à quelques " happy few ", sa production n'aurait pas excédé les 80 exemplaires entre 1968 et 1970 (jusqu'en 1972 selon une autre source). Comme ses congénères, son usage était par définition très limité. L'une d'entre elles a servi à Maria Callas à Monaco pendant quelques années pour ses déplacements privés en principauté.


Fiat Shellette Michelotti


Michelotti Every 4R


Michelotti Every 4R

Le projet Every 4R élaboré sur une base de Fiat 127 et présenté par Michelotti au Salon de Turin 1978 est le fruit d'un partenariat avec le magazine automobile italien Quattroruote.  L'idée a été de concevoir un véhicule polyvalent, économique, accessible aux jeunes conducteurs. Par l'ajout ou le retrait des portes latérales et/ou du panneau de toit en fibre de verre, cette voiture peut se transformer selon les besoins du moment en véhicule de ville, de campagne ou de bord de mer. Afin de limiter les coûts de production, les pare-chocs avant et arrière sont identiques.


Michelotti Every 4R


Frua Fiat 127 Dinghy

Pietro Frua riche de ses multiples expériences chez différents carrossiers prend son indépendance en 1937. En 1944, il fonde la Carrozzeria Pietro Frua. Ses clients ont pour nom Maserati, Alfa Romeo, Lancia, Renault, Panhard ... Giovanni Savonuzzi quitte Ghia en 1957. Luigi Segre qui dirige la carrosserie italienne ne trouve pas en interne le candidat idéal pour le remplacer. Préférant assurer ses arrières, il signe un accord de coopération avec Frua qui intègre les locaux de Ghia. La Carrozzeria Pietro Frua est mise en liquidation. Seule la marque est conservée. Officiellement, Pietro  Frua est le nouveau responsable du style de Ghia. Libéré de toutes les contraintes d'une gestion quotidienne, il peut donner libre court à ses talents de styliste et de meneur d'hommes.


Frua Fiat 127 Dinghy

En 1959, souhaitant retrouve sa liberté, Frua se détache de Ghia et ouvre un nouveau bureau d'études indépendant, Studio Technico Pietro Frua. Les années soixante et soixante-dix seront riches en créations diverses et variées, comme cette voiture de plage sur base Fiat 127 apparue en 1977.


Frua Fiat 127 Dinghy


Ghia Fiat 500/600 Jolly


Fiat 500/600 Jolly

En 1957, Ghia expose au Salon de Turin le prototype d'une voiture de plage dénommée Jolly sur la base de la toute nouvelle Fiat 500. Même si Pinin Farina a ouvert la voie avec la Multipla Eden Roc, c'est le dynamique directeur de Ghia, Luigi Segre en personne, qui lui emboîte le pas. En observant les grosses voitures utilisées pour faire la navette à Capri et à Ischia, il se dit qu'on peut faire sans trop de difficulté quelque chose de plus ludique et de relativement économique. C'est ainsi que naît la petite Fiat en reprenant une formule appelée à un certain succès : l'avant et l'arrière de la voiture restent inchangés, le toit est enlevé, les portières sont supprimées, et remplacées par une large échancrure de chaque côté, les sièges sont en osier ou en plastique sur les versions moins coûteuses. Une espèce d'ombrelle bordée de franges façon Rickshaw chapeaute l'ensemble. Un réseau de tubes chromés aide à s'extraire de l'habitacle sans trop de contorsions.

La clientèle visée est d'abord celle des hôtels de luxe en Europe, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud. Quelques particuliers peu soucieux de leur fin de mois s'en offrent aussi. Cette première Jolly va ouvrir la voie à une multitude de réalisations du même type, sur base Fiat, Renault ou Volkswagen, en suivant à chaque fois la même formule. Le châssis est dans tous les cas dûment renforcé, afin d'éviter une trop grande flexion de celui-ci qui nuirait à la tenue de route.


Fiat 600 Jolly

Le démarrage commercial des Ghia Jolly est poussif. Le succès leur sourit enfin quand des magazines publient la photo de célébrités comme Yul Brynner ou Lyndon Johnson à leur bord. En peu de temps, la Jolly devient la favorite des jeunes femmes aisées de la Côte d'Azur, de la Riviera ou des côtes californiennes. La Fiat 500 Jolly aurait été produite à environ 600 exemplaires, et la 600 à environ 700 unités, et ce jusqu'au milieu des années soixante.


Fiat 500 Jolly


Ghia Fiat 600 Multipla Jolly

La formule Jolly est aussi appliquée avec succès à la Fiat 600 Multipla. La Fiat Multipla de série est apparue au Salon de Genève 1956. Elle préfigure déjà ce que seront les monospaces des années 80/90. Sa plateforme qui offre une habitabilité exceptionnelle au regard de sa taille attire les professionnels de la carrosserie. L'avant et l'arrière de la 600 Multipla Jolly sont empruntés au modèle de série. Le toit disparaît, les côtés sont ouverts et sans portes, la grille de calandre est supprimée. Celle-ci fait partie de l'installation de chauffage sur la voiture de série, et n'a donc plus de raison d'être. Ghia assemble pour l'évènement " Italia 61 " qui commémore le centenaire de l'unification de l'Italie et qui se tient à Turin une trentaine de Fiat 600 Multipla Jolly, destinées à transporter les visiteurs.


Ghia Fiat 600 Multipla Jolly


Ghia Jolly, autres réalisations

Pour profiter à plein des températures estivales de nos bords de mer, est si l'on est un Français un tantinet chauvin, rien ne vaut une Renault 4 CV Jolly. Curieusement, chez Ghia, on a attendu 1961 pour s'intéresser à la voiture de la Régie, qui vit cette année-là ses dernières heures avant son remplacement par la Renault 4. Une cinquantaine d'exemplaires sont ainsi transformés à destination du marché américain. Par son caractère ludique affirmé, la 4 CV Jolly préfigure la Renault 4 Plein Air lancée en 1968. Il ne sera alors plus question d'un véhicule fabriqué sur mesure, mais d'une petite série.


Ghia Renault 4 CV Jolly

Plus rare parce que produite à un seul exemplaire en 1960 et que sa commercialisation n'a jamais été envisagée, la Coccinelle Jolly a deux géniteurs, Ghia pour le dessin et Karmann pour l'assemblage.


Ghia Volkswagen Coccinelle Jolly


Siata Spring

Siata est un petite constructeur italien d'automobiles né en 1926. Au lendemain de la guerre, la marque s'oriente vers la production de voitures complètes pour la course ou le grand tourisme sur base Fiat. Les Siata les plus désirables pour les amateurs d'italiennes sont fabriquées durant les années cinquante et ont pour nom Daina, 208, Amica ...


Siata Spring

En mai 1967, Siata propose un spider Spring deux places à pare-brise rabattable qui reprend pour partie les lignes de l'un de ses anciens modèles, la Rallye de 1951. Son allure délibérément rétro s'inspire aussi des tendances britanniques d'avant-guerre, façon MG. La Spring est animée par le moteur de la Fiat 850 Spécial. Quelques dizaines d'exemplaires sont vendus en France au sein du dynamique réseau Chardonnet.


Siata Spring


Vignale Fiat 600 Multipla Spiaggia

Vignale fait partie de la grande famille des carrossiers italiens à avoir proposé sa 600 Multipla pour les bords de mer. Sa première réalisation sur cette base est présentée en 1956. Les deux sièges avant sont rembourrés à destination du chauffeur et de son éventuel accompagnateur. Les passagers arrière disposent de deux sièges pliants et d'un banc en bois, insensibles comme il se doit à l'eau de mer.


Vignale Fiat 600 Multipla Spiaggia


Vignale Fiat 600 Multipla Spiagetta

Une nouvelle version dessinée par Michelotti et dénommée Spiagetta (et  non Spiaggia) est exposée au Salon de Genève en mars 1957. Le caractère marin est renforcé par un  habillage en acajou de la carrosserie. Une fois n'est pas coutume, c'est un toit rigide soutenu par des montants très fins qui abrite les passagers des rayons du soleil.


Vignale Fiat 600 Multipla Spiagetta


Vignale Fiat 600 Multipla Marina

Vignale réinterprète une dernière fois le thème de la voiture de plage en 1963. L'aspect pratique est mis en avant par l'installation de deux bancs arrière positionnés dos à dos. Le plancher en acajou est percé afin de permettre l'évacuation de l'eau. Les sièges sont en osier, et un rail métallique ceinture une partie de la voiture afin de prévenir toute chute, comme sur un voilier.


Vignale Fiat 600 T Multipla Marina


Vignale Gamine

Vignale produit au coeur des années soixante des carrosseries pour plusieurs constructeurs de voitures de luxe : Maserati 3500 GT Spider, Sebring, Mexico, Lancia Flavia Convertible ou Jensen Interceptor. Parallèlement, le carrossier développe sa propre gamme, vendue en direct sous son nom. En France, c'est le garage GAM de Monaco qui assure l'importation de ses productions.


Vignale Gamine

La 500 Gamine sur base Fiat 500 présentée au Salon de Paris 1967 et produite pendant trois ans est l'une des voitures proposées au catalogue Vignale. Une fois décapotée, c'est la voiture idéale pour se balader en bord de mer, où elle attire la sympathie des badauds.


Vignale Gamine

Sa carrosserie présente des ailes marquées et une face avant aux phares rapportés. Ses lignes de style rétro, avant que cela ne devienne une mode, évoquent la Fiat Ballila Coppa d'Oro.


Vignale Gamine


Boano 500 Spiaggia

Entre son départ de chez Ghia en 1954 et sa prise en charge du département style de Fiat en 1958, Mario Boano exploite sa propre société dans la banlieue de Turin, la Carrozzeria Boano. Il y fabrique de nombreux modèles hors-série, tant sur des châssis européens qu'américains, pour des stylistes comme Virgil Exner ou Raymond Loewy, ou pour son propre compte. 

Fiat invite en 1957 les principaux carrossiers italiens - c'est un usage qui perdurera jusqu'aux années 80 pour d'autres modèles nés à Turin et nous l'avons déjà évoqué sur cette page lors de la présentation de la Costa Azzura de Lombardi - à proposer à l'occasion du Salon de Turin une interprétation originale sur base  Fiat 500. Boano fait partie de cette " short list ". Il présente dans ce cadre la 500 Spiaggia sur le thème très à la mode des voitures de plage. Quand il ferme son officine en 1958 pour reprendre en charge le centre de style Fiat, il cède les droits sur cette auto  à la carrosserie Savio, une ancienne maison créée en 1919, qui poursuit  sa production pendant encore deux années sous la désignation Spider Elegance.


Boano 500 Spiaggia


Boano Fiat 600 Marina Torpedo

Comme Pinin Farina, Ghia et Vignale, Mario Boano imagine une voiture de plage sur base Fiat 600 Multipla. La carrosserie ouverte est totalement repensée. A l'arrière, le carrossier a installé deux rangées longitudinales de trois sièges positionnées face à face. Pour un usage adapté aux hôtels et aux centres de villégiature qui souhaitent conduire leurs clients à la mer, les sièges sont en osier, tandis que le plancher en acajou résiste sans faillir au supplice des pieds mouillés.


Boano Fiat 600 Marina Torpedo


Savio Seat 600

En 1961, Savio sur une idée de Pietro Frua propose une ultime interprétation de la voiture de plage sur base Fiat 600 Multiplia. Ce projet arrive hélas un peu tard sur le marché, car les grandes fortunes de l'époque sont déjà passées à autre chose. Par chance, le projet attire l'attention des décideurs de Seat, filiale ibérique de Fiat. Passée en Espagne, la voiture change de badge. C'est un autre usage qui l'attend, puisque ce prototype est utilisé jusqu'aux années soixante-dix pour transporter les visiteurs de haut rang au sein des usines Seat.


Savio Seat 600


Fissore Fiat 600 Multipla Marinella

Sur la base bien connue de la 600 Multipla, Fissore présente la Marinella au Salon de Turin 1957. Le dessin de la carrosserie est signé du prolifique Giovanni Michelotti. Comme d'usage, la carrosserie est ouverte et les assises sont en osier. Un toit en toile peut prendre appui sur le cadre qui cercle l'auto dans sa partie haute. Avant de s'asseoir, les passagers enjambent un faux placage de type nautique. La Marinella n'a pas dépassé le stade du prototype unique.


Fissore Fiat 600 Multipla Marinella, Turin 1957

Fissore fait évoluer à deux reprises la Marinella, à l'occasion du Salon de Turin 1960, puis à Genève en mars 1961 .


Fissore Fiat 600 Multipla Marinella, Turin 1960

Le concept est repris par le cousin espagnol Seat en 1968, sur la base du fourgon Fiat 850 T. Il porte alors le nom de Patricia. On le retrouve avec un nouvel habillage en 1970, toujours en tant que voiture de plage, et ce sont de jeunes femmes en tenue qui posent à son bord.


Seat Patricia


Farris Fiat 1100 Spiaggia

Constructeur d'autocars basé en Sardaigne, Farris produit quelques voitures de plage dans les années cinquante à la manière des Ghia Jolly. Elles sont pour l'essentiel utilisées dans les hôtels de la région. Cette Fiat 1100 a traversé les années pour se retrouver en vente chez Bonhams.


Farris Fiat 1100 Spiaggia


Elio Maragliano Fiat 600

Elio Maragliano est installé avec son frère à Gênes. C'est au début des années soixante qu'il propose cette voiture de plage sur base Fiat 600, avec l'ambition de la fabriquer en petite série. Le projet est abandonné après la production de ce modèle unique. 


Elio Maragliano Fiat 600


Moretti BMW Isetta

Moretti s'est attaqué à l'improbable BMW Isetta pour créer cette voiture de plage. L'Isetta est réputée pour sa fameuse porte frontale, elle est ici condamnée. L'accès à bord pour les quatre passagers se fait par une large échancrure latérale. Il s'agit d'un modèle unique.


Moretti BMW Isetta


Moretti Fiat Multipla Mare

Le carrossier a signé un nombre incalculable de créations à partir de la Fiat 600 : berline, coach, coupé, break, cabriolet ... agrémentées le plus souvent d'une finition haut de gamme. A l'exception de cette Mare à moteur 600 D de 767 cm3, Moretti ne s'est pas intéressé à la 600 Multipla. On y retrouve tous les ingrédients qui font le charme de ces autos : échancrure latérale, fauteuils en osier, toit symbolique, etc ...


Moretti Fiat Multipla Mare


Spada / Zagato Fiat 500 Zanzara

Ercole Spada est responsable du style chez Zagato depuis 1960. On lui doit de nombreuses créations majeures : Aston Martin DB4 GT, Alfa Romeo 2600 SZ, Giulia Tubolare puis Junior Z, Lancia Flavia Sport ... Il entreprend en 1966 de dessiner sur son temps libre la Zanzara. Son ambition est de réaliser une automobile certes exclusive, mais économique et accessible au plus grand nombre. Zanzara signifie moustique un italien. Il s'agit sans doute d'une référence à son museau pointu, même si ses gros yeux ronds et ses cuisses puissantes évoquent plus sûrement une grenouille. Dans l'esprit, la Zanzara s'inspire des créations de type buggy alors très en vogue aux Etats-Unis. Ici, point de châssis VW, mais un ensemble mécanique issu de la Fiat 500 F. Les longerons sont renforcés et un arceau arrière intégré à la structure protège les passagers contre tout retournement.


Spada Fiat 500 Zanzara, 1967

Deux versions de la Zanzara sont réalisées, l'une en 1967, l'autre en 1969. La première en tôle d'aluminium est peinte en orange. Elle est fabriquée par quelques tôliers formeurs bénévoles de chez Zagato après leur journée de travail. Ce travail n'a pas pu rester très longtemps secret. Ugo Zagato a pris le temps d'examiner la Zanzara dans le détail, avec l'idée d'en fabriquer quelques exemplaires.

La seconde est habillée d'une carrosserie en polyester de couleur vert pomme. Il s'agit désormais d'une vraie voiture Zagato, non plus d'un prototype personnel. Arborant le signe Z, elle est exposée au Salon de Turin en 1969. Hélas, la Zanzara aussi sympathique soit-elle n'a pas connu de suite sur le plan industriel et commercial.


Zagato Fiat 500 Zanzara, 1969


Zagato Honda Hondina

Finalement, Honda rachète les droits de la Zanzara, et confie à Zagato la création de la Hondina. Son moteur est emprunté à la petite N360. Le dessin d'Ercole Spada est assez sérieusement reconsidéré, et la Hondina paraît plus rectangulaire. Honda est encore un jeune constructeur, et ses préoccupations plus axées sur la grande série relèguent au second plan la Hondina, produite malgré tout à quelques unités (3 ou 10 selon la source), puis abandonnée.


Zagato Honda Hondina


Piazzi Bikini

En 1965, le magazine automobile Quattroruote parraine le projet de l'ingénieur Piazzi, ce qui lui  permet de construire un prototype qui est exposé la même année au Salon de Turin sous le nom de Bikini. L'objectif est de démontrer qu'il est possible de proposer un véhicule de loisirs avec un engagement financier minimum. La base technique est celle de la Fiat 500 Giardinetta.  La Bikini est assemblée par le spécialiste milanais des monoplaces, Wainer Montavoni.  Aucune suite commerciale n'a été envisagée. 


Piazzi Bikini


Savio Jungla

La Jungla 600 sur base Fiat 600 D apparaît au Salon de Turin 1965. Sur le plan du style, elle semble avoir inspiré à une échelle différente la Volkswagen 181 de 1969. C'est l'un des premiers petits véhicules tout chemin produit en Italie en quantités significatives, et à ce titre le précurseur d'une mode qui prendra des proportions plus importantes durant les années soixante-dix. La formule réside dans la construction d'une carrosserie ouverte aux formes simples, dotée d'une mécanique standard, de portes amovibles, d'un pare-brise rabattable et d'un toit en toile.


Savio Jungla

La Jungla roule à 95 km/h et peut franchir des pentes de 36,5 %. Elle accueille quatre passagers. Les premières voitures sont vendues en mai  1966 en Italie d'abord, puis sur quelques marchés européens. Le succès est au rendez-vous. Quand Fiat cesse la production de la 600 en décembre 1969, Savio se fournit chez Seat en Espagne. Les dernières Jungla sont produites sur base Fiat 126 jusqu'en 1974. La carrosserie est à peine retouchée pour s'adapter aux nouvelles dimensions.


Savio Jungla


Savio Albarella

En 1967, dans le sillage du succès remporté par la Jungla 600, Savio propose l'Albarella sur base Fiat 500 F. Ce modèle se singularise par la présence de la roue de secours sur la face avant. Contrairement aux prévisions, l'Albarella ne bénéficie pas la même réussite commerciale que la Jungla. Bien qu'elle soit demeurée au tarif officiel de Savio durant de nombreuses années, sa production n'a été assurée qu'en petit nombre et sur commande. 


Savio Albarella


CAP Scoiattolo

La Scoiattolo (écureuil en italien) a été conçue en 1967 par la Carrozzeria Arrigo Perini (CAP), du nom de son fondateur, un mécanicien automobile de Riva del Garda dans le nord de l'Italie. Elle rejoint la grande famille des voitures de loisirs. La base technique est celle de la  Fiat 500. La fabrication de la carrosserie simplifiée n'a requis que des investissements réduits. Les portes latérales sont amovibles. Le pare-brise est rabattable pour profiter au mieux du grand air. Au Salon de Turin 1969, Arigo Pereni a présenté une version 4 x 4 sous le nom de Super Scoiattolo. Environ 250 Scoiattolo et 50 Super Scoiattolo ont été produites jusqu'en  1973.


CAP Scoiattlo


Fissore Fiat 127 Scout

Bernardo Fissore ouvre son atelier en 1921 avec l'aide de son frère Antonio. En 1936, Bernardo prend seul la direction de la société et se spécialise dans la production de carrosseries spéciales : commerces ambulants, véhicules funéraires, ambulances, fourgons ... La carrozzeria acquiert rapidement une renommée qui dépasse les frontières de l'Italie.  En 1971, elle présente au Salon de Turin une voiture tout chemin dénommée Scout réalisée à partir d'un soubassement mécanique de Fiat 127. La Scout sera aussi fabriquée sous licence en Grèce par Auto Indutrie Hellenica et en Espagne par Emelba, sous le nom de Samba.


Fissore Fiat 127 Scout


Baldi

En 1971, grâce à ses entrées chez Fiat à Turin, Nino Baldi, ancien coureur cycliste et pilote automobile à ses heures, obtient un accord assez avantageux pour la fourniture de groupes mécaniques avec l'objectif de construire des véhicules de loisirs. Il fonde la société Baldi Team GAMC à Sanremo en Ligurie. Ses deux modèles Betty et El Sabry sont exposés au Salon de Genève en 1972. Le premier s'appuie sur une mécanique de Fiat 500, le second sur celle de 850. Suivent en cours d'année deux autres versions, Tilly et Ricky.


Baldi El Sabry


Sibona & Basano Decathlon

La société Sibona & Basano est fondée à Turin en 1957 par les frères Giovanni et Pietro Sibona et par Walter Basano. Tous trois viennent de chez Ghia. Professionnels qualifiés disposant de bons contacts dans l'automobile, ils oeuvrent en tant que sous-traitants, en particulier pour Abarth, et se spécialisent dans l'utilisation de la fibre de verre. On leur doit la fabrication de plusieurs prototypes, comme la fameuse Mercer Cobra de Virgil Exner, ou l'Autonova Fam de Pio Manzù. En 1963, ils présentent la Decathlon sous leur propre nom au Salon de Turin, une voiture de plage entièrement ouverte réalisée sur une base de Fiat 500 D. La Decathlon est restée en production pendant quelques années, jusqu'au retrait des frères Sibona de l'affaire en 1966.


Sibona & Basano Decathlon


Automirage 595 Pick-wick

Auto Bologne installé à ... Bologne présente en 1974 une voiture de loisirs, à mi-chemin entre le buggy et la voiture de plage. Dénommée Pick-wick, elle ne s'appuie pas comme c'est alors l'usage sur un ensemble mécanique Volkswagen, mais sur celui d'une Fiat 500 ou 126. La voiture est vendue avec une carrosserie ouverte et un toit en toile. L'acquéreur peut néanmoins opter pour un toit rigide en fibre de verre.


Automirage 595 Pick-wick


Pininfarina Fiat 128 Teenager

Pininfarina présente au Salon de Turin 1969 ce prototype réalisé à partir d'un châssis et d'une mécanique de Fiat 128. La Teenager est une voiture totalement ouverte, sans portes. L'accès aux sièges est facilité par la forme du châssis. L'équipement comprend une radio avec enregistreur, un appareil émetteur et récepteur de type Talkie Walkie.


Pininfarina Fiat 128 Teenager


Pininfarina Autobianchi A 112 Abarth Giovanni

Imaginée pour plaire à un public jeune, l'A112 Giovanni est présentée  par Pininfarina au Salon de Genève 1973. Sa mécanique provient de la pétillante A112 Abarth. La carrosserie signée Diego Attina qui travaille pour Pininfarina ne doit rien au modèle d'origine. Elle se caractérise par des angles vifs, a l'opposé de ce que l'on observe sur la plupart des buggies, tout en rondeurs.


Pininfarina Autobianchi A 112 Abarth Giovanni

Le niveau d'équipement est succinct. L'A 112 Giovanni ne pèse que 660 kg, pour une longueur hors-tout de 3,32 mètres. Hélas, aucun responsable de chez Autobianchi n'a manifesté le moindre intérêt pour lancer une production, même limitée, de ce gros jouet.


Pininfarina Autobianchi A 112 Abarth Giovanni


Osi Cross Country

Esthétiquement proche de la Méhari qui n'apparaîtra que deux ans plus tard, l'Osi Cross Country exposée au Salon de Turin 1966 est réalisée sur la base de la toute nouvelle Fiat 124.


Osi Cross Country


Osi Week-end

Osi toujours à la recherche de nouveaux débouchés pour alimenter son site de production présente au Salon de Genève 1967 un prototype à mi-chemin entre le véhicule tout chemin et la voiture de plage, basé sur un châssis de Fiat 850 et baptisé Week-end.


Osi Week-end

Cette voiture découvrable dispose de quatre sièges en plastique. la carrosserie aux formes rectilignes aurait été simple à produire en série. D'ailleurs, l'officine a eu des projets dans ce sens. Un tarif et une gamme de teintes ont été annoncés. Mais les difficultés économiques ont conduit Osi à cesser toute activité de constructeur automobile en 1968, pour se concentrer sur des opérations de sous-traitance.


Osi Week-end


Bertone Fiat 127 Village

Point de GT délirante, crise du pétrole oblige. Bertone s'est assagi à l'occasion du Salon de Genève 1974, et s'est tourné vers la voiture de loisirs, utilisable aussi bien à la campagne qu'en bord de mer. La Village, en français dans le texte, est basée sur une mécanique de Fiat 127. Etudiée pour être produite à moindre coût, elle n'a cependant pas dépassé le stade du projet. 


Bertone Fiat 127 Village


Moretti Fiat Minimaxi

Constructeur à part entière entre 1925 et le milieu des années cinquante, Moretti installé à Turin réoriente ensuite ses activités vers la transformation de modèles Fiat. Un accord est signé avec Gianni Agnelli : Moretti renonce à son métier de constructeur, et en contrepartie le géant de Turin lui laisse prendre en charge la conception et l'assemblage de carrosseries inédites sur base Fiat. Cette activité s'avère plus rentable car elle ne nécessite plus d'investissements massifs dans la conception de châssis et de mécaniques. Moretti a même le droit de signer ses productions de son nom.


Moretti Fiat 500 Minimaxi

Si Savio a été l'un des précurseurs dans la catégorie des voitures tout chemin de grande diffusion, notamment avec sa Jungla, reconnaissons à Moretti de l'avoir suivi avec une certaine réussite en présentant au Salon de Turin 1970 la Minimaxi, d'abord produite sur base Fiat 500 F, puis peu de temps après sur un châssis de Fiat 126.

Le dessin de cette voiture de loisirs est signé Dany Brawand (1934-2012). Entré chez Michelotti en 1952, il est arrivé chez Moretti en 1966, où il a pris en charge la responsabilité du style jusqu'à la fermeture de l'entreprise en 1987.


Moretti Fiat 126 Minimaxi


Moretti Fiat 127 Midimaxi

Après la Minimaxi, la Midimaxi (prononcez midimassi) sur base Fiat 127, plus spacieuse, complète l'offre de Moretti. Elle est présentée au Salon de Turin 1971. Sa production s'échelonne de 1973 à 1984, en suivant les changements d'aspect de la 127 en 1977 et 1982. En fait, le seul lien de parenté visuel avec la voiture donneuse est la face avant, tous les autres éléments de la carrosserie étant inédits. L'avenir selon Dany Brawand est dans la production de véhicules de loisirs, d'un prix de revient inférieur à celui des coupés. Le style anguleux de la Midimaxi permet de limiter les coûts de production, en effet, Moretti emboutit les tôles avec une simple presse à cintrer.


Moretti Fiat 127 Midimaxi

On retrouve dans l'habitacle la planche de bord et le volant de la 127. L'inspiration Citroën Méhari n'est jamais très loin, avec un pare-brise rabattable, une capote et des portières démontables. La Midimaxi est évidemment plus adaptée aux balades sur la plage qu'aux escalades en montagne. Cela sera le dernier et le plus gros succès de Moretti, qui va en écouler près de 6 000 exemplaires en une dizaine d'années.


Moretti Fiat 127 Midimaxi

Dans les années soixante-dix, Moretti a de plus en plus de mal à imposer ses créations originales, en l'occurrence des coupés sur base Fiat, face au succès grandissant des versions de série du géant italien. Le coupé Fiat 128 illustre parfaitement cette situation. Les Minimaxi et Midimaxi permettent à Moretti de maintenir un niveau d'activité suffisant.


Indestor Croisette

Quand Osi abandonne en 1968 la production automobile pour se concentrer exclusivement sur des travaux de sous-traitance, le PDG Giacomo Bianco quitte l'entreprise et fonde son propre studio de design qu'il nomme INDESTOR, pour INdustrial DESign TORINno. Il travaille en tant que consultant pour différents constructeurs automobiles. La seule voiture qu'il a réellement présentée sous sa marque est la petite Croisette. Le public la découvre au Salon de Genève 1974. Elle est basée sur un ensemble mécanique de Fiat 126. A l'initiative de Fiat, ce projet connaîtra une seconde vie en 1976 avec un nouveau dessin et une nouvelle désignation : Cavaletta.


Indestor Croisette


Fiat 126 Cavalletta

La Fiat 126 Cavalletta (criquet en italien) est présentée au Salon de Turin en 1976. Il s'agit d'un véhicule polyvalent bien adapté aux zones de bord de mer. Pour mener à bien cette étude, Fiat s'est appuyé sur les travaux d'Indestor et sur les nombreuses réalisations des carrossiers qui lui sont liés depuis une vingtaine d'années.


Fiat 126 Cavalletta

Un toit rigide peut être adapté pour les périodes de l'année moins clémentes. Malgré l'aspect sympathique du prototype, la Cavaletta n'est jamais rentrée en production, ni chez Fiat, ni chez l'un des nombreux carrossiers italiens. 


Fiat 126 Cavalletta


Ferrari 365 GTC/4 par Felber


Ferrari 365 GTC/4 par Felber

En 1976, Giovanni Michelotti et Willy Felber transforment en trois mois un coupé Ferrari 365 GTC/4 en voiture de plage, et la présentent au Salon de Genève. Dotée de deux places, elle ne dispose ni de toit ni de portes. Cette voiture unique répond à la commande d'un client du Moyen Orient, peut être nostalgique des Ghia Jolly, mais refusant d'être transporté à bord d'une " populaire ".


Ferrari 365 GTC/4 par Felber


Navetta 2000 / Vernagallo Stile

Giovanni Vernagallo, un spécialiste de l'automobile qui a mené une partie de sa carrière chez Michelotti, Stola et quelques autres studios de création fonde en 1999 la société Navetta 2000. Il se spécialise dans la construction de voitures destinées aux lieux de villégiature. La recette est bien connue depuis près d'un demi-siècle. Le toit disparaît, les portes sont remplacées par de vastes échancrures. Vernagallo exerce ses talents sur les Renault Twingo, Fiat Cinquento/Ceicento ou Autobianchi Bianchina. Bien entendu la carrosserie est renforcée pour ne rien perdre en rigidité.


Navetta 2000 Renault Twingo De Plage

En 2008, Giovanni Vernagallo présente en collaboration avec Fiat un projet plus ambitieux, dénommé Portofino, sur la base d'un utilitaire Fiorino. Cette même année, il modifie les statuts de son entreprise. Navetta 2000 devient Vernagallo Stile. La nouvelle entité propose en plus de son catalogue traditionnel des petites séries approuvées par les grands constructeurs, en particulier sur base Piaggo Porter, Subaru Libero E12 et Fiat 500. En 2020, Vernagallo Stile est toujours en activité.


Navetta 2000 Fiat Fiorino Portofino


Innocenti Mini Mare

Innocenti produit depuis 1965 sa propre version de la Mini anglaise, avec un niveau de finition que ne connaît pas sa soeur. Cette Innocenti Mini Mare aux origines inconnues conserve l'intégralité de sa structure. L'emplacement des portes est habillé d'une cadre en bois, une originalité dans le petit monde des voitures de plage. L'osier est utilisé pour les sièges, la calandre, le couvercle de coffre, et même les pare-chocs.


Innocenti Mini Mare


Gavello Fiat Panda Open Air

Giuseppe Gavello créé en 1980 un atelier spécialisé dans la conversion de berlines et d'utilitaires légers. Il propose entre autres des pick-up Fiat et des plateaux à benne basculante qui ne figurent pas au catalogue des grands constructeurs, qu'il s'agisse de Fiat, Mercedes, Land Rover, Jeep ou Suzuki. Au début des années 90, il commercialise sous sa propre marque une version plage de la Fiat Panda.


Gavello Fiat Panda Open Air


Fiat Marrakech

Le prototype Marrakech présenté par Fiat au Salon de Genève 2003 emprunte avec ses portes échancrées et ses barres de maintien tubulaires certains traits aux voitures de plage des années cinquante. Pour ne pas s'enfoncer dans le sable, ce prototype dispose de quatre roues motrices. Il est basé sur la Panda (projet 169 chez Fiat) de deuxième génération commercialisée cette même année 2003.


Fiat Marrakech


Fiat Panda Jolly Capri

Le thème est exploitable à l'infini. Le Centro Stile de Fiat propose en 2006 cette voiture de plage réalisée par la carrosserie Stola, un des leaders mondiaux de la construction de concept-cars, à partir d'une Fiat Panda de deuxième génération. Le design intérieur est signé du décorateur d'intérieur Paolo Lenti, qui a utilisé des matériaux empruntés au monde de la plaisance. Cette jolie voiture n'a pas connu de descendance.


Fiat Panda Jolly Capri


Castagna Mini Tender

Carlo Castagna fonde la carrosserie éponyme en 1849. La qualité de ses travaux le fait apprécier par la famille royale italienne dont il habille les carrosses. Au début du 20ème siècle, l'automobile apparaît comme le prolongement naturel des engins hippomobiles. L'atelier lombard atteint son apogée durant les années 20, les commandes affluent du monde entier. Ultime signe de reconnaissance, le prestigieux constructeur Duesenberg fait de Castagna son carrossier attitré. Le fascisme et la Seconde Guerre mondiale conduisent la marque aux oubliettes.


Castagna Mini Tender

Les années 90 sont celles du " revival " des grands noms de l'automobile. En 1994, Giocchino Acampora, ancien designer chez Ital Design et Pininfarina, décide de remettre au goût du jour le concept de la voiture sur mesure, et récupère les droits sur la marque Castagna.

En 2006, soit un demi-siècle après l'apparition des Jolly de Ghia, il propose la Tender sur le même thème. Celle-ci est réalisée à partir d'un cabriolet Mini BMW. L'ensemble est rallongé de 70 cm après l'axe des roues arrière. Le client peut marier les couleurs et les matières à l'extérieur comme à l'intérieur selon ses goûts. Les ouvrants largement échancrés et marquetés de bois précieux donnent accès à un intérieur luxueux. La capote en néoprène est conçue pour résister aux assauts du sable, du soleil et du sel.


Castagna Mini Tender


Castagna Fiat 500 Tender 2

A partir de l'expérience acquise avec la Mini Tender, Castagna renouvelle l'opération en 2008 à partir de la nouvelle Fiat 500. La découpe des portes est ici plus franche, plus ambitieuse. Le résultat est plus agréable à l'oeil. Le moteur thermique est remplacé par un groupe électrique produit par la société suisse MES-DEA.


Castagna Fiat 500 Tender 2


Castagna Fiat 500 Capri Blue

En 2011, Castagna revisite une nouvelle fois le concept de la voiture de plage. Comme sur l’Innocenti Mini Mare, la Capri Blue conserve l'intégralité de la structure. Le carrossier l'a renforcée par un imposant poteau latéral. La Capri Blue offre quatre places assises dans un environnement ou prédomine le cuir et le bois. Même le cadre des portes est habillé de ce matériau naturel.


Castagna Fiat 500 Capri Blue


Castagna Fiat 500 Ischia

La 500 n'en finit pas d'inspirer Castagna. En 2015, la version Ischia adopte sans détour le style des Ghia Jolly, en particulier la fente creusée entre l'emplacement de la porte et les arches de roues. Cuir et bois sont omniprésents à bord. Contrairement à la Tender 2  et à la Capri Blue, il s'agit ici d'un vrai cabriolet.


Castagna Fiat 500 Ischia


Castagna 500 Abarth Tender

Indéniablement, c'est son fonds de commerce. Toujours en 2015, Castagna propose une nouvelle Tender à partir de l'Abarth 595. Curieux paradoxe que le mêler la douceur et la force. Le dessin de la carrosserie est inédit à défaut d'être élégant. Seule la face avant est conservée du modèle d'origine. Un réfrigérateur de 40 litres est installé sous la banquette. Entre les passagers, un emplacement est prévu pour accueillir un seau à Champagne et ses flûtes en cristal.


Castagna 500 Abarth Tender


Garage Italia Fiat 500 Spiaggina

En 2017, Fiat s'associe avec l'officine Garage Italia pour le design et Pininfarina pour la structure afin de célébrer les soixante ans de la Ghia 500 Jolly. Ensemble, ils imaginent un revival de la petite voiture de plage, sans toutefois retenir le principe des portes échancrées. Sur le prototype, un saute- vent remplace le pare-brise, le toit est supprimé au profit d'un simple arceau qui permet de ne rien perdre en rigidité, une plateforme de chargement au revêtement en liège remplace les places arrière. Une douche est même intégrée ! Garage Italia envisageait lors de la présentation une petite série de 250 exemplaires.


Garage Italia Fiat 500 Spiaggina


Grande Bretagne


Austin Mini

Peut être piquée au vif par l'intérêt que suscite en Italie les Ghia Jolly, la British Motor Corporation (BMC) construit en 1961 et 1962 une quinzaine d'exemplaires de cette " beach car " sur base Mini Austin. Cette rare version a été imaginée par Dick Burzi, l'un des concepteurs de la Mini apparue en 1959. Fabriquées artisanalement par le département expérimental de l'usine de Longbridge, la plupart auraient pris la direction des Etats-Unis, afin de servir de véhicule promotionnel chez les dealers Austin Morris lors du lancement Outre-atlantique de la Mini.


Austin Mini Beach Car

Trois exemplaires auraient été construits sur la base de la version avec coffre apparent, le type de carrosserie utilisé sur les Riley et Wolseley. 


Austin Mini Beach Car - Source : https://driiive.com


Crayford Carnival

Au début des années 60, l'offre des constructeurs britanniques en cabriolets sur des bases de modèles populaires tend à se réduire. Austin Morris ne propose pas de version cabriolet de la récente Mini. C'est ce créneau que David McMullan et Jeffrey Smith entreprennent d'occuper par le biais de leur nouvelle société baptisée Crayford. Nombre d'autres  modèles sont transformés en  cabriolets sur des bases Vauxhall, Ford UK, Austin, Morris, Audi, Mercedes ou VW. Une dernière fois Crayford s'intéresse à la Mini en 1980. Celle-ci est habillée en voiture de plage et exposée au Salon de Birmingham. Il s'agit d'un exemplaire unique dénommé Carnival, offert à Lord Joseph Patrick, fondateur du Patrick Motors, client régulier du carrossier, pour son départ à la retraite. La Carnival fut conservée sur son yacht amarré à Saint Tropez pendant quelques années.


Crayford Carnival


Mini Moke

L'étude de la Moke débute en 1958. Moke désigne un bourrin, un baudet, dans la langue de Shakespeare. Il s'agit de répondre à une demande des militaires britanniques à la recherche d'un véhicule facile à transporter, voire à parachuter, qui puisse servir les forces d'intervention sur différents territoires. La Mini Moke est suffisamment légère pour être portée par quatre soldats à bout de bras en cas de nécessité. Mais les autorités britanniques ne sont pas convaincues de ses qualités de résistance. A défaut de séduire les militaires, la Moke s'attaque au marché civil. A partir de 1964, elle est disponible sous la marque Austin, puis l'année suivante sous la désignation Morris. Hélas, c'est là aussi un échec. Seulement 14 158 Mini Moke sont produites jusqu'en octobre 1968.


Austin Mini Moke

La Mini Moke entame en mars 1966 une carrière parallèle en Australie, sous la marque Morris puis Leyland. Hélas, là encore, le succès s'estompe une fois l'effet nouveauté passé. En 1975, la production de la Moke est transférée depuis l'usine de Zetland qui ferme ses portes vers celle de PMC (Pressed Metal Corporation) à Enfield, près de Sydney. Cinq de ces modèles australiens arrivent en France pour une tentative d'homologation qui est refusée par le service des mines, notamment en raison de la forme de la carrosserie jugée trop agressive. En novembre 1981, PMC cesse toutes ses activités. L'aventure australienne se solde par 26 142 exemplaires fabriqués.

La production démarre parallèlement en 1980 à Setubal, au Portugal, dans une filiale de la BMC. Le petit constructeur britannique Dutton assure l'importation de la Moke outre-Manche. 8 171 exemplaires sont encore fabriqués jusqu'en juillet 1989. Puis en 1990, c'est le constructeur italien de moto Cagiva qui prend le relais en rachetant à la BMC les droits sur la voiture et son site portugais de Ventas Novas pour y poursuivre la fabrication. Ce dernier épisode se solde par une production de 2 071 Moke jusqu'en 1992.


Moke Australia


Mini Beachcomber Concept

Propriétaire de la marque Mini, BMW poursuit l'exploration du potentiel de la petite " anglaise " en s'appuyant sur son riche passé. Après avoir fait revivre le break Clubman, BMW présente au Salon de Détroit 2010 un nouveau concept de voiture de plage baptisé Beachcomber. Un hommage aux réalisations de Dick Burzi ? La carrosserie de ce concept-car est largement ouverte sur l'extérieur, tout en conservant ses deux arches structurelles pour conserver la rigidité. Des portes souples, une toile ou un hard-top peuvent être installés pour protéger les passagers. La garde au sol légèrement surélevée permet de s'aventurer dans les dunes. 


Mini Beachcomber Concept


Foulkes Impala

Foulkes installé à Dartmouth dans le Devon propose en 1981 une petite voiture de loisirs dénommée Impala. Sous une carrosserie en polyester renforcée de fibre de verre, elle utilise des pièces mécaniques empruntées à des Fiat 500 ou 126 d'occasion, ainsi que les sièges et divers équipements.


Foulkes Impala

Economique à l'achat grâce à un équipement réduit, facile à monter, sa production s'est poursuivie de manière confidentielle jusqu'au début des années 90.


La Foulkes Impala et son inventeur Alan Foulkes


Allemagne


Trabant Tramp

La millionième Trabant sort d'usine en décembre 1973. En 1978 le constructeur propose une version Tramp - clochard en anglais ! - dérivée de la Trabant Kübel de 1966 étudiée pur les forces de police et l'armée. Avec ses portes échancrées, ses chaînes de maintien latéral et l'absence totale de toit,  elle peut légitimement revendiquer son appartenance à la catégorie des voitures de plage, option mer Baltique.


Trabant Tramp

On s'interroge sur la personnalité des acheteurs qui pouvaient s'offrir un tel luxe, quand l'acquisition d'une simple Trabant " de base " représentait des années de labeur. Quelques-uns des 496 exemplaires produits ont été exportés en Grèce et au Danemark.


Trabant Tramp


Volkswagen 181

A la fin des années 60, Volkswagen est sollicité par les autorités militaires allemandes. Celles-ci souhaitent trouver une succession à la Jeep Munga produite par Auto Union depuis 1957. VW a absorbé ce constructeur en 1964. Le cahier des charges fait mention d'un engin tout chemin polyvalent, robuste et nécessitant peu d'entretien. Afin de faire vite et de limiter les coûts, Volkswagen puise dans sa banque d'organes. Les stylistes dessinent une carrosserie ouverte à quatre portes sans fioritures. L'habitacle est tout sauf luxueux. Il n'y a vraiment que le strict minimum. Pour rentabiliser l'étude, VW en extrapole une version civile sous la désignation 181.


Volkswagen 181

La Volkswagen 181 est présentée au Salon de Francfort 1969. Elle rappelle de manière assez évidente le type 82 Kübelwagen de 1940,  qui n'a pas laissé que des bons souvenirs dans la mémoire collective. La production est assurée par l'usine de Wolfsburg jusqu'en 1974, puis par celle d'Hanovre jusqu'en 1983. Le site de Puebla au Mexique est également sollicité de 1970 à 1980. Aux Etats-Unis, la VW 181 se voit affublée de la curieuse dénomination commerciale " the Thing " (la chose), un moyen peut être de désamorcer les critiques touchant à l'aspect assez discutable de la carrosserie. Elle y fait le bonheur des surfeurs sur les côtes Atlantiques et Pacifiques.


Volkswagen " the Thing " Acapulco

La série limitée Acapulco est produite à 400 exemplaires au Mexique en 1974 à destination du marché US. Elle s'inspire d'un certain nombre de VW personnalisées en 1972 à l'usage de l'Hôtel Princess d'Acapulco pour transporter ses clients depuis l'aéroport. Des touristes américains séduits auraient fait pression sur VW afin qu'une petite série soit lancée dans le même esprit. Au total, la VW 181 a été produite à 70 519 exemplaires en Allemagne et 20 364 exemplaires au Mexique.


Karmann Gipsy

Karmann expose au Salon de Paris 1971 la Gipsy sur base Volkswagen Coccinelle, dans l'esprit des Méhari et Rodéo françaises. Mais le constructeur allemand ne s'intéresse pas à la proposition du carrossier, préférant miser sur la 181.


Karmann Gipsy


Fiberfab Sherpa

Quand la Méhari apparaît en 1968 sur le marché, Citroën Allemagne effectue les démarches nécessaires auprès du TUV pour y homologuer la nouvelle Citroën. Mais l'organisme officiel refuse ce dossier, au prétexte que la matière ABS de la carrosserie présente une température d'embrasement trop faible. La demande pour des véhicules de loisirs est pourtant réelle.

Jörgfrieder Kuhle s'intéresse au sujet. Il dispose déjà d'une sérieuse expérience acquise au sein de la société Fiberbab installée aux Etats-Unis, spécialisée dans la fabrication de voitures vendues en kit sur base Triumph, MG ou Austin Healey. Lorsqu'il rentre en Allemagne en 1966, c'est pour créer une filiale de Fiberfab. Il propose quelques créations originales, qui connaissent plus ou moins de succès. L'une d'entre elles est restée dans les mémoires, le coupé Bonito qui s'est vendu à plus d'un millier d'exemplaires.

Kuhle sait que pour durer une diversification s'impose. Aucun constructeur allemand ne propose de voiture tout chemin, sauf VW avec son inélégante et grosse 181. L'idée d'une Méhari à l'allemande s'impose. Il suffit de greffer sur un châssis de 2 CV une carrosserie en fibre de verre. Cela fera d'entrée une très bonne tout chemin, sans avoir besoin de recourir à la transmission intégrale. Kuhle dessine la carrosserie. C'est dans le cadre d'une discussion familiale qu'est trouvé le nom de Sherpa, en référence aux porteurs tibétains.


Fiberfab Sherpa

Présentée au Salon de Francfort 1975, la Sherpa n'est alors disponible qu'en kit, à monter sur une plateforme de Dyane ou de 2 CV d'occasion ou accidentée. Les moins doués peuvent confier cette tâche à Fiberfab. Le succès aidant, la petite entreprise prend contact avec Citroën pour se faire livrer depuis la France des châssis neufs.

La Sherpa est vraiment adaptée à de multiples usages, voiture pour la chasse, pour le transport de petites charges .... En bord de mer, sa carrosserie ne craint pas la corrosion. En Allemagne, elle partage le marché avec la Namco Pony, autre dérivé Citroën produit en Grèce, et avec la Fiat 127 Scout, un modèle plus cossu produit par Fissore et distribué par Fiberfab ! La concurrence nouvelle de véhicules de loisirs moins coûteux car fabriqués industriellement - Suzuki Jimny et Lada Niva en tête - porte un coup fatal aux ventes de la Sherpa. Elle disparaît en 1982 après avoir été produite à 250 exemplaires environ.


Volkswagen up ! Azzura sailing team

Ital Design est intégré au groupe Volkswagen depuis 2010. Au Salon de Francfort 2011, l'équipe de Giorgetto Giugiaro se voit confier par VW l'étude d'une voiture de plage sur la base de la up !, modèle économique que le groupe allemand vient tout juste de commercialiser. Le projet est baptisé azzurra sailing team, en référence à l'équipe de course de yachts du même nom.


Volkswagen up ! Azzura

Les matériaux utilisés évoquent les bateaux de luxe. En effet le plancher, les barres latérales de maintien et le tableau de bord sont en acajou. Les sièges sont en cuir blanc. L'inspiration Ghia Jolly est indéniable. Walter da Silva, patron du design VW de 2007 à 2015, s'est joint pour l'exercice aux talents de Giugiaro.


Volkswagen up ! Azzura


Japon


Mazda Bongo Beach

La Mazda Bongo est présentée en mai 1966. Ce petit utilitaire est initialement animé par un moteur 782 cm3 refroidi par eau qui entraîne les roues arrière. Sa production prend fin en 1975.


Mazda Bongo Beach

Entre-temps, Mazda en a extrapolé une version " Bongon Beach " qui n'a rien à envier aux productions italiennes du même type sur base Fiat 600 Multipla.


Mazda Bongo Beach


Honda Vamos

Si les brochures publicitaires la montre volontiers dans un milieu agricole ou en tenue kaki, la Vamos dévoilée en novembre 1970 semble tout aussi à l'aise en bord de mer. Pour bien affirmer sa double vocation utilitaire / loisirs, la Vamos est dépourvue de portières. On la croirait sans peine sortie d'une carrozzeria italienne telle que Fissore, Moretti ou Savio. En France où elle n'a jamais été importée, elle aurait pu rivaliser sans peine avec la Mini Moke, la Renault 4 Plein Air ou la Méhari.


Honda Vamos

Au choix du propriétaire et selon les besoins du moment, la Vamos peut être utilisée en deux ou quatre places assises. Elle est motorisée par le petit 356 cm3 Honda refroidi par air. Sa production sur trois ans est proche des 2 500 exemplaires.


Mitsubishi Minica GP

Cette petite Jeep a été imaginée à partir d'une base mécanique de Mitsubishi Minica. Présentée sous forme de prototype au Salon de Tokyo 1970, cette amusante voiturette n'a jamais atteint le stade de la série.


Mitsubishi Minica GP


Toyota Me.We

Fruit d'une collaboration entre le Toyota European Design & Development et le designer français Jean Marie Massaud, le concept-car Me.We est exposé pour la première fois dans le show-room de la marque sur les Champs-Elysées en avril 2013. Son nom synthétise deux notions au coeur de sa conception, la liberté individuelle (me, moi) et la responsabilité sociale (we, nous).


Toyota Me.We

Il s'agit d'une voiture électrique équipée d'un moteur par roue. La carrosserie présente l'originalité d'être constituée de panneaux mousseux en polypropylène expansé, matériau que l'on retrouve dans les casques de moto, peu sensible aux chocs, léger - la carrosserie ne pèse que 14 kg - et recyclable. Ces panneaux sont interchangeables pour reconfigurer la voiture en fonction des besoins : voiture de plage, citadine, pick-up ou cabriolet.


Toyota Me.We


Daihatsu Costa

La Daihatsu Costa est un concept-car vu au Salon de Tokyo 2005. Elle s'apparente à une voiture de ville dépourvue de portes et conçue pour être emmenée à la plage. Elle pèse 750 kg, et est propulsée par un moteur 3 cylindres turbocompressé de 660 cm3. Comme tant d'autres, la Costa n'a pas dépassé le stade du prototype de Salon.


Daihatsu Costa


Daihatsu Basket

Exposée au Salon de Tokyo 2009, la Daihatsu Basket au look délicieusement rétro semble s'inspirer dans l'esprit d'une autre voiture ludique, l'indéboulonnable Méhari. Le dessin de sa carrosserie vert pâle est presque simpliste. Il en est de même de l'équipement à bord, dépouillé, voire austère : un volant, des sièges et un tableau de bord en toile, un autoradio et un gros compteur de vitesse. Une toile recouvre la petite benne et les places arrière, un hard-top protège les passagers avant. Sa cylindrée et ses faibles dimensions auraient permis à la Basket d'intégrer la catégorie des Keijidōsha fiscalement avantagée au Japon. C'est demeuré un prototype de plus, aperçu le temps d'animer un Salon.


Daihatsu Basket


Daihatsu D-bone

Dévoilée au Salon de Tokyo 2003, la Daihatsu D-Bone (D pour Dynamic, Bone pour os en anglais en référence à l'aspect squelettique de l'objet) est un prototype de petit roadster minimaliste dans l'esprit des buggys des années soixante-dix, s'inspirant toutefois du monde de la moto avec ses phares non encastrés et ses garde-boue. Elle est motorisée par un trois cylindres de 659 cm3 de 64 ch. A défaut de protection contre les intempéries, tous les matériaux utilisés dans l'habitacle sont étanches.


Daihatsu D-bone


Toyota Camatte Concept

A coup de nouvelles variantes régulièrement présentées, dont certaines feraient un malheur en bord de mer, Toyota a construit à partir de 2012 une petite famille autour de son prototype électrique Camatte Concept. Ce qui perdure : la carrosserie en plastique assemblée sans vis comme un jouet, la bouille toujours sympathique et rigolote et les trois places en triangle. Les pédales et les sièges sont ajustables pour les plus jeunes.


Toyota Camatte Concept


Etats-Unis


Jeep Survey


Jeep Survey

Willys présente en 1955 une nouvelle Jeep civile, la DJ-3A (DJ pour Dispatcher Jeep), qui a la particularité de ne disposer que de deux roues motrices. Elle est conçue pour être utilisée en tant que véhicule de livraison bon marché. L'US Mail, la poste américaine, passe commande en nombre. Au terme du contrat en 1959, la DJ-3A ne s'écoule plus qu'à quelques entreprises et particuliers. Henry Kaiser, propriétaire de Willys depuis 1953, pense à l'adapter à un usage tourné vers les loisirs et le tourisme.


Jeep Survey

La marque Kaiser est très présente à Hawaï. Et c'est là qu'est écoulé l'essentiel de la production d'une version inédite baptisée Jeep Surrey. La Surrey est équipée de sièges en tissu et d'un dais à franges rayées. Trois couleurs chatoyantes sont proposées, vert, bleu ou rose, cette dernière étant la plus demandée. De nombreux hôtels dans les stations balnéaires et des sociétés de location s'en équipent. Il n'y a rien de plus typique qu'une balade en Surrey pour faire le tour de l'île. Ce sont environ 1 000 exemplaires qui sont vendus jusqu'en 1964.


Jeep Jeepster Commando Roadster

Jeep propose en 1967 la Jeepster Commando Roadster, particulièrement bien adaptée aux activités de loisirs. C'est avec le pick-up, le cabriolet et le break la quatrième variante de la gamme Commando née en 1966 pour affronter la concurrence des Ford Bronco et autres Toyota Land Cruiser.


Jeep Jeepster Commando Roadster


Jeep XJ001

La Jeep XJ001 est l'une des animations du Salon de New York début 1970. Son étude répond au développement significatif du marché des véhicules de loisirs tout chemins, tiré notamment par la mode des buggys. Dessiné par Jim Anger sur un châssis de CJ5, ce prototype long de 3,65 mètres est équipé d'un peu écologique V8 360 ci.


Jeep XJ001

L'épais pare-brise fait office d'arceau. La teinte et les décorations sont d'un aspect très seventies. Le projet attire l'attention de la presse spécialisée, et de nombreux articles font état de  son existence. La reprise de Jeep par AMC sonne pourtant le glas pour ce projet. L'unique prototype est détruit dans un accident impliquant le camion qui le transporte. 


Jeep XJ001


Ford Splash

Le nom de ce concept-car Ford présenté en 1988 évoque le bruit des vagues qui s'écrasent sur la plage. Voiture de bord de mer par définition à destination des amateurs de sports nautiques, la Splash permet de transporter du matériel de plongée ou de surf tout en embarquant quatre personnes à son bord. Réincarnation moderne des buggys des années 60/70, ce prototype est signé pour son style par un quatuor de jeunes étudiants en design.


Ford Splash

Le profil en coin présente une extrémité avant très basse qui répond à un arrière très haut. De la même manière, au vaste pare-brise avant les concepteurs ont opposé une vitre arrière incurvée. Les amateurs de grand air peuvent ôter les vitres latérales et le panneau de toit. Que le véhicule soit utilisé en été ou en hiver, la cage de sécurité et les ceintures quatre points protègent efficacement les occupants.


Ford Splash


Autres pays


Aro Spartana

En 1957, Aro, constructeur roumain, propose son premier 4 x 4 dénommé IMS, dérivé d'un modèle GAZ de fabrication russe. Le modèle 240 aux faux airs de Jeep Wagoneer prend la relève en 1972. Parallèlement, Aro décide d'étudier un modèle plus léger, moins puissant. Pour la mécanique, le constructeur se tourne assez naturellement vers Dacia qui construit sur place sous licence la Renault 12. Le 4 x 4 Aro 10 est présenté en 1980.


ARO Spartana

Dans son pays d'origine, l'Aro 10 intéresse essentiellement un public de forestiers et d'artisans amenés à se déplacer en terrains difficiles. Les concepteurs ne se sont pas embarrassés de critères esthétiques en adoptant des formes très géométriques.  C'est sur cette base et à partir d'une idée de l'importateur français de la marque qu'est conçue la variante Spartana à deux roues motrices, proche dans l'esprit de la Méhari. Sa mécanique est empruntée à la Twingo de première génération.


ARO Spartana


Namco Citroën Pony

La National Motor Company (Namco), un important concessionnaire Citroën en Grèce, dispose d'une usine d'assemblage à Thessalonique. Séduit par la Baby Brousse, un dérivé tout chemin de la 2 CV produit en Côte d'Ivoire mais aussi en Grèce, Namco décide de concevoir un véhicule proche dans l'esprit, mais sur une base de Dyane 6.


Namco Citroën Pony

Malgré un programme d'exportation vers plusieurs pays d'Europe et d'Afrique du Nord, l'usine prévue pour assembler jusqu'à 3 500 voitures par an n'atteindra jamais cet objectif. La production cesse en 1984.


Volkswagen Country Buggy

Le projet d'une voiture destinée aux armées voit le jour chez Volkswagen Australia au début des années soixante. Les militaires souhaitent un véhicule à quatre roues motrices capable d'affronter l'environnement sec du territoire australien, mais qui soit également amphibie. L'usine VW de Clayton aura en charge sa production. Dès le début, il est envisagé d'en dériver un modèle civil. Les premières esquisses sont tracées en 1964. Plusieurs prototypes roulent de 1965 à 1967. Afin d'obtenir l'approbation de VW Allemagne, deux véhicules y sont expédiés.


Volkswagen Country Buggy

C'est alors que les Australiens découvrent avec surprise que les Allemands travaillent sur un projet similaire, celui de la future 181. Moyennant quelques corrections, VW Allemagne donne son feu vert au projet. L'engin est finalement commercialisé auprès du grand public en avril 1968. Le nom initial aux consonances germaniques de Kuriewagen est abandonné au profit d'une dénomination plus sympathique : Country Buggy. Le cahier des charges ayant dévié, il ne s'agit plus d'un 4 x 4, et encore moins d'un amphibie. L'armée s'est entre-temps mise en retrait du projet.


Volkswagen Country Buggy

A la fin des sixties, Volkswagen Australia est en difficulté. Les financiers délégués sur place recommandent l'abandon de toutes les productions spécifiques au marché australien. L'avenir de VW au pays des kangourous passera désormais par l'assemblage sur place de voitures fournies par les usines allemandes sous forme CKD. VW Australia aura tout de même eu le temps de fabriquer 1 956 Country Buggy jusqu'en 1970, dont 459 seront exportées vers Singapour, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et quelques autres pays du Pacifique. 


Volkswagen Country Buggy


Apal Rancho

Un Uruguayen se présente sur le stand Apal (Application Polyester Armé Liège) au Salon de Genève 1972. C'est un importateur local Renault. Il interroge Edmond Pery, l'un des cofondateurs d'Apal, sur sa capacité à réaliser une carrosserie pour un véhicule tout-terrain qui serait assemblé en Amérique du Sud. Apal a déjà une première expérience dans ce domaine. Il fut en effet l'un des trois constructeurs retenus par Renault pour étudier celle qui allait devenir la Rodéo. C'est finalement ACL/Teihol qui remporta l'appel d'offre.

Edmond Pery répond favorablement à cette nouvelle demande. Hélas, il s'avère assez vite que le prétendant constructeur uruguayen n'a pas les moyens de financer la poursuite de son projet. Pour ne pas tout perdre, la carrosserie imaginée chez Apal est tout de même montée sur un châssis de Renault 4, et la voiture exposée au Salon de Paris 1972 sous le nom d'Apal Rancho. Une cinquantaine d'exemplaires seront produits au compte-gouttes jusqu'en 1974.


Apal Rancho


Apal Corsa

Apal est l'un des précurseurs européens de la production de buggys. Le premier modèle est apparu en 1969. Ensuite, le constructeur a proposé différentes variantes : L à quatre places, RN à mécanique Renault, Auki au look rétro et Jet avec arceau et lignes affinées. Si la Jet se rapproche de la voiture de sport automobile, l'Apal Corsa présentée au Salon de Paris 1972 constitue sans conteste le chaînon manquant entre le buggy et le roadster sportif.


Apal Corsa

Plus complexe qu'un buggy à fabriquer, son prix de vente s'en ressent. Les performances varient en fonction de la motorisation VW choisie, le 1300, le 1600 ou le 1600 modifié. Il s'en vend 43 exemplaires en 1973, mais seulement 3 en 1980, dernière année de production.


 Apal Corsa, Salon de Paris 1972


Mazel JAV X

Sous le capot du Mazel JAV X de 2005, on découvre un beau V8 de 4 litres et 600 ch, puissance transmise uniquement aux roues arrière. En dehors de quelques exercices de style dont la JAV X fait partie et qui permettent de se faire connaître du grand public, Mazel Group installé à Barcelone est un acteur majeur du monde de l'automobile depuis 1988, puisqu'il propose ses compétences en ingénierie à de grandes marques comme BMW, Porsche ou Audi. Au fil du temps, ses activités se sont étendues à l'aéronautique, l'aérospatiale, le transport ferroviaire, les nouvelles énergies ... 


Mazel JAV X


Attica Cabrioletta

La voiture à trois roues Attica 200 est produite en Grèce à partir de 1964. Elle est  directement dérivée de la Fuldamobil allemande, tout un présentant des lignes plus anguleuses. La Cabrioletta qui en dérive est présentée en 1966.


Attica Cabrioletta

Cette étrange voiture de plage dispose des attributs habituels de ce type d'automobile : pas de portes latérales, des sièges en osier, un toit symbolique qui protège du soleil ...  Le pare-brise très bas est dépourvu de cadre. Cinq exemplaires auraient été fabriqués.


Attica Cabrioletta


Tulio Crespi Spiaggia

L'Argentin Tulio Crespi créé en 1962 son entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de monoplaces. Ses créations portent le nom de Tulia, féminin de Tulio. L'entreprise sort de la confidentialité en présentant deux modèles originaux, la Tulia GT en 1967 sur base Renault Torino vendue en dix exemplaires en trois ans, et la Tulieta sur base Renault 6, mais avec un moteur de R 12. Celle-ci fait sensation au Salon de Paris 1975 où Tulio Crespi a été invité. En dehors de ces deux sportives, on doit à Tulio Crespi une voiture de plage baptisée Spiaggia, construite à partir de 1985 sur un châssis de Renault 4 ou de Renault 6. La carrosserie en plastique s'inspire de la Renault 5, sans en reprendre le moindre embouti. 


Tulio Crespi Spiaggia


Havas Beachcomber

Havas est la marque commerciale d'un garage situé à Hilversum aux Pays-Bas, dirigé par HAns Van AS. Celui-ci propose au début des années soixante-dix les Beachcomber, des voitures de plage sur base Daf 44/55/66. Pour apporter une touche plus glamour aux Beachcomber, Havas abaisse la colonne de direction et les sièges avant. La présence d'un volant sport parfait l'ensemble. Le seuil que l'on franchit pour accéder à l'habitacle est assez haut pour ne pas nuire à la rigidité.


Havas Beachcomber

Au total, une quarantaine de Beechcomber sont sorties complètes des ateliers d'Hilversum, vendues aux Pays-bas évidemment, mais aussi en France, en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Environ 25 kits auraient été diffusés par ailleurs. En 1975, lors de la prise de contrôle totale de Daf par Volvo, le constructeur suédois suspend son approbation à ces réalisations jugées trop exotiques et peu en phase avec la politique de sécurité de Volvo.


Havas Beachcomber


Sbarro Windy

Ce gros jouet pour adultes est présenté par Franco Sbarro en 1984. Il est animé par un moteur Vespa de 220 cm3 et 12 ch. Deux luxueux sièges en cuir accueillent les passagers. La boîte 4 vitesses AV et 4 vitesses AR permet d'affronter les difficultés des chemins alpins ou d'escalader les trottoirs de la Croisette. Le dessin de la Windy s'inspire d'une autre réalisation de Sbarro datant de 1978, l'incroyable Windhound.


Sbarro Windy


King Midget 2

King Midget est fondé en 1946 par Claud Dry et Dale Orcutt avec pour ambition de proposer une voiture très économique, vendue en kit. Le premier modèle ne dispose que d'une place. La marque se fait connaître en insérant dans la presse populaire des encarts publicitaires de petite taille. Cette méthode s'avère efficace, d'autant plus que cette presse n'est pas avare d'articles mettant en avant l'auto. Le Model 2 fait la couverture du magazine Popular Science en 1951. Il s'agit d'un cabriolet pour deux personnes, disponible en kit ou tout assemblé. C'est une voiture extrêmement basique, dépourvue de compteur de vitesse et de marche arrière, vendue à un prix défiant toute concurrence. Le Model 3 est introduit en 1957 sur un empattement légèrement supérieur. Si les formes se modernisent, l'esprit d'économie reste identique.


King Midget 2

A l'heure de la retraite en 1966, les deux fondateurs de King Midget passent le relais à un groupe soutenu par des banquiers. L'ambition des nouveaux arrivants est grande, trop grande. Alors que les anciens propriétaires adaptaient la production aux ventes, la nouvelle direction décide d'accroître les volumes pour réduire les coûts unitaires, et vendre encore plus. Mais la demande ne décolle pas comme prévu et  les stocks gonflent. L'affaire est liquidée en 1969.


King Midget 2


Gray Design Limousine Beach Cruiser

Fondé par le suédois Eduard Gray, ce studio de design est acteur dans de multiples domaines : yachts, matériel audio, immeubles d'habitation, motos et autos ... On lui doit cette étude dénommée  Beach Cruiser, avec l'idée d'offrir un service de transport haut de gamme à la clientèle des grands hôtels de bord de mer. A bord  : cuir Alcantara, aluminium brossé, chromes, horloge Breitling, cristaux Swarovski, système audio Naim ... A l'extérieur,  le toit en toile, les enjoliveurs chromés et les incrustations en bois sont à l'avenant. Au programme (théorique) : V8 de 6 litres, 400 ch et 220 km/h.


Gray Design Limousine Beach Cruiser


Sbarro Rolls-Royce Camargue Custom Falconry Sporting Vehicle

Malgré son apparence de voiture de bord de mer avec ses larges échancrures de portes et son pare-brise rabattable électriquement, la Camargue Custom Falconry Sporting Vehicle construite en 1980 par Franco Sbarro sur la base d'une Camargue de 1978 répond à la demande d'un amateur fortuné de la marque, résidant au Moyen Orient, adepte de chasse au faucon pour laquelle cet engin a été conçu.


Sbarro Rolls-Royce Camargue Custom Falconry Sporting Vehicle


Sbarro Calao

La Sbarro Calao de 1998 a été réalisée à partir d'un utilitaire Citroën Berlingo par une équipe d'étudiants de l'école Espera Sbarro de Pontarlier. Elle paraît tout à fait adaptée à la pratique de la planche à voile, grâce en particulier aux emplacements latéraux aménagés pour accueillir lesdites planches, et aux barres de toit aptes à supporter les mâts et les voiles.


Sbarro Calao


Rinspeed Bamboo

Rinspeed est une société suisse liée au monde automobile dont l'activité a débuté en 1979. Elle promeut de nouveaux concepts de mobilité. Avec ses prototypes régulièrement exposés au Salon de Genève, elle a acquis une renommée internationale. Franck M. Rinderknecht, fondateur de l'entreprise, présente en 2011 la Rinspeed Bamboo, une voiture électrique, qui doit son nom au matériau utilisé pour certaines pièces.


Rinspeed Bamboo

La Bamboo constitue une sorte de vision réactualisée du concept de la Méhari. " C'est une réminiscence des années soixante-dix, du sud de la France et de Saint-Tropez " annonce le dossier de presse. L'artiste peintre de pop art James Rizzi, décédé la même année, a signé son dessin.


Rinspeed Bamboo


Otosan Böcek

Otosan est une entreprise automobile turque fondée à Istanbul en 1967. Avec l'appui technique de la société anglaise Reliant, elle a proposé des automobiles à carrosserie en fibre de verre sous la marque Anadol jusqu'à la fin des années quatre-vingt, avant de se rabattre sur la production de véhicules badgés Ford.

La présentation de l'Anadol Böcek - buggy en turc - précède de neuf ans celle de la Renault Espace de première génération avec laquelle on est tenté de faire un rapprochement. La Böcek doit en partie son existence à la nécessité de répondre à la demande qui émane des nombreux villages de vacances qui fleurissent en Turquie dans les années soixante-dix. La production débute en 1975 en reprenant un maximum de composants déjà utilisés par le constructeur. Hélas, son manque de polyvalence, un prix de revient élevé et un marché forcément restreint condamnent la Böcek après seulement deux années de production. 203 exemplaires ont tout de même vu le jour.


Otosan Böcek


Epilogue

Ici se termine cette escapade dans le petit monde des voitures de plage. Vous avez pu découvrir plus de 125 véhicules différents. Il s'agit de voitures produites en grand nombre, de fabrications plus confidentielles ou de prototypes uniques destinés à animer tel ou tel Salon. Sans tenir compte des volumes produits, quelques grandes familles ressortent dans ce paysage.

Il y a les voitures de plage absolues, qui réunissent tous les ingrédients de la recette, et la plus symbolique d'entre elles est certainement la Ghia Jolly, sur base Fiat 500 ou Fiat 600. Ghia a été inspiré ou a inspiré nombre de ses confrères, de grandes maisons comme Boano, Bosano, Fissore, Frua, Lombardi, Michelotti, Moretti, Osi, Pininfarina, Sibona et Bosano ou Vignale, mais aussi des artisans plus confidentiels tombés dans l'oubli, comme Farris et Maragliano. Même les Japonais se sont emparés du thème avec la Mazda Bongo Beach de 1966.

Puis il y a les voitures de loisirs. Et parce que les loisirs riment avec soleil et plage, on retrouve assez naturellement ces automobiles sur cette page. Deux modèles majeurs ont influencé leur époque, la Mini Moke de 1964 et la Citroën Méhari de 1968. La Mini Moke a inspiré entre autres les Littles Cars, Nousmoke et Schmitt, et cette liste n'est pas limitative.

La Méhari pourrait former un club avec ses nombreuses consœurs. Il y a bien sûr les précurseurs Savio Jungla et Osi Country, mais aussi les suiveuses : Renault Rodéo, Fiberfab Sherpa, Karmann Gipsy, Lombardi Holiday, Fissore Scout, Bertone Village, Moretti Minimaxi et Midimaxi, Michelotti Every 4R, Mitsubishi Minica GP, Aro Spartan, Namco Pony et quelques autres.

Alors que la Méhari a généré une descendance nombreuse, sa tentative de revival avec la e-Méhari s'est hélas soldée par un échec cuisant. Les voitures de loisirs peuvent prendre des formes diverses, en témoignent les Renault 4 Plein Air, Car Système JP4, Mega Club, Heuliez Talbot Wind, Citroën Berlingo Coupé de plage, Sbarro Calao, etc ....

Les buggys ont été écartés d'emblée de cette étude. Pourtant cette forme d'automobile a généré bien des dérivés devenus par la force des choses difficiles à classer. C'est pourquoi les Automirage 595 Pick-wick, Citroën C-Buggy, Daihatsu D-bone, Acrea Zest, Matra M72, Zagato Zanzara, Apal Corsa et autres Otosan Böcek  ont droit de cité sur cette page.

Les véhicules tout chemin et les vrais 4 x 4 quand ils s'allègent ont aussi toute leur place ici. Si les Jeep Survey et Jeepster Commando Roadster ont lancé la partie, nombreux sont les petits constructeurs à s'être inspirés de la mythique Jeep, comme Dallas ou Chipie. Certains n'hésitent pas à brouiller les pistes comme la Volteis X2/X4 qui allie une carrosserie de Mini Moke avec une calandre de Jeep.

Et puis il y a toutes les autres, les inclassables, car décalées ou délirantes. L'extravagant projet Gray Design Limousine Beach Cruiser, l'originale Volteis V+ dessinée par Philippe Stark, le concept-car Me.We de Toyota, la Jeep XX001 ou la Ferrari 365 GTC/4 de Felber peuvent être inscrites sur cette liste.

Style rétro des années 30 et voitures de plage peuvent faire bon ménage. La Siata Spring et la Vignale Gamine illustrent ce mariage heureux. On retient aussi l'étrange proximité de conception entre certains véhicules destinés aux armées et les voitures de plage. Nombre de ces dernières ont pour origine un projet militaire : la Mini Moke, la VW 181, sa cousine le VW Coutry Buggy, la Trabant Tramp et plus directement la Jeep Survey.

La fée électrique s'est manifestée depuis quelques années sur les voitures de plage. En effet, quoi de plus logique que de rouler en silence et de manière la plus écolo possible en bord de mer. La Citroën e-Méhari, la Nosmoke, les Volteix , la Castagna Tender 2, la Toyota Me.We ou la Rinspeed Bamboo ont creusé la voie.

Ce dossier a été l'occasion d'ouvrir plusieurs tiroirs de l'inconnu. Connaissiez-vous les Rocaboy Morvan, Piazzi Bikini, CAP Scoiattlo, Baldi El Sabry, Indestor Croisette, Vernagallo, Gavello Panda Opel Air, Foulkes Impala ou Attica Cabrioletta ?

La formule de la voiture de plage perdure au 21ème siècle. On en veut pour preuve la multiplication d'initiatives récentes. Castagna en est devenu un acteur majeur. Avec ses versions de la Tender, il a ressuscité l'esprit de la Jolly. Fiat ranime la flamme de temps à autre, avec la Marrakech en 2003 puis avec la Panda Jolly Capri en 2006. BMW surprend avec la Mini Beachcomber en 2010. Un an plus tard, Ital Design présente sa VW up! Azzura. L'officine Garage Italia rafraîchit le concept en 2017.

Alors que se termine la rédaction de cet article (le 27 mars 2020), il n'est plus autorisé jusqu'à nouvel ordre d'accéder aux bords de mer et aux plages pour notre simple plaisir. Curieux paradoxe que ce sujet à contre-courant ! Puisse cette page vous avoir fait rêver un peu, en attendant dans quelques semaines de renouer avec des temps meilleurs.

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