Paris 1956

Depuis peu, les constructeurs ont pris l'habitude de lancer leurs nouveaux modèles plusieurs mois avant l'ouverture du Salon. Si cette pratique présente des avantages à court terme sur le plan commercial, elle peut légitimement entraîner une certaine frustration pour les visiteurs qui font le déplacement au Grand Palais. La Renault Dauphine dévoilée en mars illustre cette pratique. Une autre source de déception pour les visiteurs peut être la discrétion des constructeurs étrangers, qui sont peu enclins à présenter dans la capitale leurs nouveautés. Notre marché est si bien protégé par les barrières douanières qu'ils n'ont aucune raison, malgré le prestige de la France, de réserver leurs productions nouvelles à l'exposition parisienne. Pour cela, les Salons de Genève ou de Bruxelles sont plus pertinents, car ils se tiennent dans deux pays plus largement ouverts aux importations, faute de constructeurs nationaux d'envergure.

Cette année, Peugeot poursuit avec doigté sa mutation lente du programme 203 à celui de la 403, ouvrant un éventail à mesure qu'il referme l'autre. Ainsi, pour succéder à la 203 Cabriolet, le constructeur lance la 403 Cabriolet aux lignes dépouillées de toute fioriture, dessiné chez Pinin Farina. Son prix de 1 250 000 francs - contre 750 000 pour la berline avec toit ouvrant - la met hors de portée de nombreux acheteurs. Sa clientèle sera certainement plus snob que sportive. La présentation est soignée, sinon luxueuse, avec garnissage des sièges et des contre-portes en cuir, tapis de sol en moquette et non plus en caoutchouc, présence de phares antibrouillard de série, etc ....


Peugeot 403 Cabriolet

Autre nouveauté chez Peugeot, les breaks 403 Limousine Familiale et Limousine Commerciale qui remplacent les versions équivalentes dans la gamme 203, et qui s'inscrivent dans la même tradition d'austérité chère à la marque, sans aucune recherche d'élégance. Par rapport à la berline, l'empattement de ces breaks est supérieur de 24 cm. La Familiale est équipée d'une banquette arrière supplémentaire. La Commerciale dispose d'une hauteur intérieure de 90 cm et d'une largeur intérieure de 145 cm. Sa charge utile est de 500 kg. Son équipement est plus sommaire que celui de la Familiale. Les 203 utilitaires survivent pour l'instant sous la forme d'un fourgon tôlé et d'un plateau bâché, avant l'arrivée des 403 avec ces mêmes carrosseries. 


Peugeot 403 Limousine Familiale

Citroën, habituellement écartelé entre l'immobilisme - le plus souvent - et la marche en avant - en 1934 avec la Traction, 1948 avec la 2 CV et 1955 avec la DS - adopte pour ce Salon de Paris la marché arrière en présentant un modèle moins puissant, moins bien équipé et moins moderne que la DS dont il dérive. Cette curieuse ID est appelée à satisfaire les anciens adeptes de la Traction rebutés par le prix élevé de la DS et/ou par son extrême sophistication. Aucun tarif n'est annoncé pour l'instant et il n'est pas encore possible de passer commande. Le moteur de l'ID est emprunté à la Traction. Il ne délivre que 66 ch au lieu de 75. Le freinage et la direction ne sont plus assistés, on revient à un embrayage traditionnel, la finition est plus spartiate et  fait largement appel au plastique, nombre d'enjoliveurs - jantes, cercles de phares, panneaux de custode - ont disparu, l'insonorisation du coffre est inexistante, et la liste des équipements absents est conséquente : moquette, accoudoirs, sièges coulissants, etc ... Heureusement, on a conservé la suspension hydraulique !


Citroën ID

C'est le premier Salon de Paris pour la Dauphine. La Régie tient là une arme de forte puissance. Son seul problème consiste à pouvoir monter en cadence, six mois après sa présentation. On en produit aujourd'hui 600 unités par jour. L'objectif est fixé à 900 en fin d'année, et 1000 à court terme. La Dauphine représente près des 2/3 de la production du constructeur national. Elle laisse le dernier tiers à la 4 CV qui profite un moment des délais à rallonge pour se faire livrer une Dauphine, au break Dauphinoise (ex Juvaquatre) et à la Frégate. Cette dernière dans ses différentes versions peine à dépasser les 10 000 exemplaires à l'année. De nouveau la Régie, comme aux plus beaux jours de l'après-guerre, se retrouve avec un carnet de commandes équivalant à près d'une année de production.


Renault Dauphine

Le prix de vente des Frégate augmente, malgré l'insuccès de ce modèle qui semble avoir définitivement raté le coche. Déçue par le manque de mise au point de cette voiture, la clientèle se tourne de plus en plus vers la concurrence où le choix ne manque pas, avec la Peugeot 403, la DS Citroën ou la Simca Versailles. La Régie qui semble désemparée a cru bon de modifier le nom de sa berline Affaires qui devient Caravelle. Une allusion au déjà célèbre aéroplane de Sud Aviation ?


Renault Caravelle

Objet de toutes les curiosités sur ce Salon et présentée sur un plateau tournant hélas un peu en arrière-plan dans le stand, l'Etoile Filante de Renault est un prototype qui reflète bien la fascination de l'industrie automobile pour l'aéronautique.


Renault Etoile Filante

Cette voiture de record a été développée sous l'autorité de Fernand Picard, directeur technique de la Régie, et d'Albert Lory, le père des Delage de compétition les plus brillantes. Cette " automobile " est propulsée par une turbine Turboméca de 270 ch. Elle a atteint le 5 septembre 1956 la vitesse de 308,9 km/h sur le lac salé de Bonneville.


Renault Etoile Filante

Pour sa deuxième participation au Salon de l'automobile, le petit constructeur Alpine est un peu mieux considéré par les organisateurs. Son stand s'est rapproché de l'espace réservé aux grands constructeurs. Deux modèles sont exposés, le coach A 106 déjà connu et un cabriolet inédit dessiné et réalisé dans les ateliers des frères Chappe, qui fabriquent par ailleurs la carrosserie du coach A 106. Pourvu d'un capot plongeant se terminant par une fausse calandre, d'un pare-brise panoramique et d'ailerons arrière très prononcés, ce cabriolet ne manque pas d'allure. Le prix annoncé de 989 000 francs paraît attractif dans la catégorie. Il devrait permettre à Alpine d'élargir sa clientèle.


Alpine cabriolet par Chappe

Brisonneau est Lotz est l'un des spécialistes français de la fabrication de matériel ferroviaire. Cette année, l'entreprise entame une diversification vers l'automobile depuis son usine de Creil, sous sa propre marque. Elle présente donc à Paris un cabriolet sur base 4 CV à carrosserie en plastique, étudié en collaboration avec le coureur automobile Louis Rosier. Le prix annoncé de 750 000 francs, qui paraît raisonnable dans sa catégorie, devrait lui assurer des ventes satisfaisantes, et combler le vide laissé par l'arrêt de production du cabriolet Panhard Junior.


Brisonneau & Lotz " Louis Rosier "

Après la disparition des châssis Delahaye, Delage, Salmson, Talbot ou Hotchkiss, Chapron ne doit sa survie qu'à la transformation de modèles de grande série. Franay vient de fermer. Le sort de Figoni est on ne peut plus incertain. Chapron est le dernier survivant réellement en activité. Isolé, il ne renonce pas, et expose à Paris deux nouveautés sur base Renault Dauphine, un cabriolet et un coupé " Mouette ". Sur le même stand, on retrouve trois autres voitures déjà connues, un coupé Grégoire Sport, un coupé Frégate et un coupé Autobleu sur base 4 CV. Ce dernier sera remplacé en cours de Salon par le cabriolet Mouette, d'où la présence effective quel que soit le jour de la visite de quatre voitures.


Chapron Mouette

L'année dernière Chapron a exposé une première interprétation d'un coach Simca Versailles sous le nom de " coach de luxe Orsay ". De nouveau cette année il revient avec son coach Orsay dans une version revisitée sans montants latéraux, d'apparence plus élégante. Chapron saura t'il séduire la direction de Simca pour lancer avec son assentiment une production en petite série ? 


Simca Versailles coach de luxe Orsay par Chapron

Chez Simca, le nouveau coupé Plein Ciel et le cabriolet Océane ont été présentés à la fin de l'été, dans un style qui rappelle les récentes Facel Vega à une échelle moindre. Ce sont les premières voitures françaises de série pourvues d'un pare-brise panoramique. Ces deux modèles succèdent au Coupé de Ville et au cabriolet Week-end. Les versions définitives sont présentées au Grand Palais et par rapport aux prototypes dévoilés en septembre, elles arborent une grille croisillonnée.


Simca Océane

Lors de l'arrivée sur le marché de la 2 CV en 1948, Jean Dagonet fut immédiatement séduit par cette voiture dont il devina tout le potentiel. Même si sa mécanique était poussive, il savait que sa tenue de route inégalable laissait présager de réelles perspectives en compétition. Il suffisait de gonfler le moteur en augmentant sa cylindrée et d'optimiser d'autres éléments tels que l'alimentation, les amortisseurs ou l'échappement, pratiques auxquelles il s'est attelé depuis 1952 dans son atelier de Faverolles, près de Reims. Après la technique, Jean Dagonet s'est intéressé à partir de 1954 à l'esthétique de la 2 CV. L'usage du polyester lui permet désormais de donner libre cours à son imagination. Il présente aujourd'hui le prototype d'une 2 CV totalement inédite, avec deux portes et  un pare-brise panoramique. Son tarif malheureusement très élevé de 730 000 francs - deux fois celui d'une 2 CV " ordinaire " - handicape ce modèle. Dans cette catégorie de prix, la 403 est affichée à 735 000 francs, la berline Renault Caravelle à 761 500 francs et la Simca Aronde Grand Large à 724 000 francs. 


Citroën 2 CV par Dagonet

Avec son nouveau Cabriolet Dyna, Panhard suit la tendance générale de ce Salon. Mais à 1 050 000 francs, il coûte lui aussi deux fois le prix d'une berline. Lors de la conception de la Dyna commercialisée depuis 1954, une gamme complète avait été projetée. Un cabriolet devait notamment suivre la sortie de la berline. Des difficultés de mise au point, notamment au niveau des ouvrants, avaient retardé sa présentation. Panhard a alors préféré se concentrer sur la production de la berline, repoussant momentanément la mise à disposition d'un cabriolet.

Le cabriolet Dyna que l'on découvre cette année est finalement issu de travaux menés de manière indépendante par le carrossier belge Albert d'Ieteren. Il a été réalisé à la demande de l'importateur belge de la marque, et présenté en janvier 1956 au Salon de Bruxelles. La direction de Panhard séduite a décidé de le reprendre à son compte, avec pour objectif une production d'une centaine d'exemplaires par mois. De fait, D'Ieteren voit des perspectives intéressantes d'un assemblage en petite série lui échapper. Le cabriolet Dyna propose quatre vraies places, une finition et une sellerie plus soignées que sur la berline et deux sièges séparés à l'avant.


Panhard Dyna Cabriolet

La SMS, pour Société des Moteurs Salmson, est dans une situation financière bien préoccupante. L'entreprise est passée sous le contrôle du constructeur belge Minerva en 1954, qui peine à relancer l'affaire. Ce ne sont en effet qu'une dizaine de coupés 2300 Sport qui ont été produits depuis le début de l'année. Le constructeur de Billancourt présente à Paris une nouvelle berline de prestige conçue sur la base de l'ancienne Randonnée. Malgré ses dimensions imposantes, elle ne pèse que 1180 kg, ce qui laisse deviner l'utilisation de métaux légers dans sa fabrication. La carrosserie réalisée par Motto en Italie est grise et bleue. La cassure de l'enjoliveur latéral allonge la ligne qui se singularise par ailleurs par une surface vitrée très importante. L'auto est équipée de roues Rudge. Ces efforts seront-ils suffisants pour donner un nouveau souffle à Salmson ?


Salmson par Motto

Facel Vega dévoile l'Excellence, sans aucun doute le plus beau fleuron de la production française en cette année 1956. Ce modèle qui reprend un maximum d'éléments du coupé FV3 est encore à l'état de prototype. Le moteur provient de chez Chrysler et la boîte de chez Pont-à-Mousson. L'Excellence se distingue par ses quatre portes sans montant central et par ses ailerons arrière pointus, inspirés par les productions américaines. Avec son V8 de 250 ch, elle atteint 190 km/h, laissant derrière elle ses concurrentes Bentley S1 ou Cadillac Fleetwood qui ne  dépassent pas les 170 km/h. Son prix de 2 868 875 francs équivaut à celui de trois Citroën DS.


Facel Vega Excellence

Pichon Parat participe pour la sixième fois au Salon de Paris, où il expose deux nouveautés. Il s'agit d'abord d'un élégant cabriolet sur base 4 CV, prolongement de l'Izoard. Celui-ci n'a rien à envier aux réalisations italiennes contemporaines, mais son coût élevé risque d'en limiter la diffusion. La seconde est un curieux coupé Simca Aronde muni d'un pare-brise panoramique. L'allègement obtenu est d'environ 200 kg, de quoi rendre cette auto plus performante que la voiture produite à Poissy.


Simca Aronde par Pichon Parat

l'Avolette qui fut présentée pour la première fois au Salon de Paris 1955 est une version française de la voiturette allemande Brütsch. Elle est de nouveau exposée cette année. En dehors d'un changement technique lié à la direction, on note surtout le remplacement des deux phares par un unique phare central. Le dessin des ailes a évolué, elles supportent désormais des clignotants et sont reliées aux bourrelets qui entourent la carrosserie par des raccords au dessin tourmenté. Une gamme de cinq moteurs est disponible, d'origine Ydral, Sachs ou Maico.


Avolette

Aston Martin et Touring négocient actuellement l'utilisation pour le coupé anglais qui doit succéder à l'actuelle DB 2/4 l'utilisation du procédé " Superleggera " (des tubes métalliques de petit diamètre, assemblés entre eux par soudure). C'est dans ce contexte que l'importateur parisien d'Aston Martin expose ce Spyder Aston Martin " Superleggera "  habillé en Italie. Celui-ci associe des lignes très sobres qui ne sont pas sans rappeler celles de la Lancia B24 à quelques originalités près comme les fausses prises d'air à la naissance des ailes arrière.


Aston Martin Spyder par Touring

Les marques américaines sont particulièrement présentes cette année. Leurs voitures sont plus grandes que jamais. Les " populaires " affichent 200 ch, les intermédiaires aux environs de 275 ch et les voitures de luxe entre 300 et 400 ch. On découvre à Paris les récentes Lincoln Première, Mercury Montclair, Dodge Kingsway et Custom Royal, ainsi que la Studebaker Golden Hawk ... Cette " faucon d'or " s'appuie sur un dessin initié en 1953 avec la Starliner, mais avec quatre ans plus tard une calandre bien plus imposante, presque verticale. Suivant la mode du moment, des ailerons verticaux sont ajoutés sur les ailes AR. Cette Golden Hawk équipée d'un V8 Packard s'affiche comme une concurrente crédible à la Chrysler 300 B. 


Studebaker Golden Hawk

Chez Daimler-Benz, on table depuis longtemps sur la qualité et le confort pour créer des voitures qui, sans sortir de la série, s'apparentent néanmoins aux voitures de luxe. Ce coupé 2-4 places Mercedes 220 S qui s'inscrit dans cette continuité est la nouveauté Mercedes au Grand Palais. Il complète une gamme qui compte déjà une berline et un cabriolet. Son 6 cylindres dont la puissance a été portée à 110 ch lui permet d'atteindre 160 km/h.


Mercedes 220 S Coupé

Après la XP-21 Firebird de 1954 qui avait toutes les apparences d'une voiture de record de vitesse, la Firebird II a été conçue comme une voiture " familiale " à quatre places utilisable sur n'importe quelle route. La carrosserie en en titane. Elle n'est pas peinte. Une fois poli, elle ne bouge plus, et résiste aussi bien à la corrosion. Plus léger que l'acier, le titane possède une grande résistance. Une suspension hydropneumatique maintient la voiture à hauteur constante, quelle que soit la charge.


GM Firebird II

Au tableau de bord, un premier écran de télévision permet de voir ce qui se passe à l'arrière (et remplace donc le rétroviseur), tandis qu'un second est destiné à la réception des cartes routières et des signaux qui pourraient être émis par les tours de contrôle des autoroutes du futur. Le véhicule mis sur la piste, le guidage se ferait automatiquement sans intervention du pilote. Avec ce prototype, M. Harley J. Earl, vice-président au sein de la GM, a voulu montrer au monde où en est son groupe dans le domaine de la voiture à turbine, et frapper l'imagination en démontrant de façon pratique ce que pourrait être une voiture à quatre places adaptée à usage quotidien dans les prochaines décennies. Hélas, sur le stand de la GM, la Firebird II est posée là, de manière statique. Aucune démonstration n'est faite, aucune explication technique n'est donnée à la foule des curieux,  pas le moindre film n'est projeté sur écran.


GM Firebird II

D'abord dévoilée au Salon de Turin, l'Alfa Romeo Superflow réapparaît à Paris dans une nouvelle livrée qui lui vaut l'appellation Superflow II. Pinin Farina a développé ce coupé sur la base d'une Alfa Romeo 6C 3000 CM de compétition (châssis N° 0128). Le dessin des flancs est concave, et les dérives arrière sont dans leur partie supérieure en plexiglas pour ne pas gêner la visibilité.


Alfa Romeo Superflow II

La Ferrari 410 Superamerica a été mise au point en 1955 pour prendre la relève de la 375 America. Elle représente un progrès important, que cela soit pour le châssis ou la mécanique. La puissance du V12 de 4962 cm3 atteint 340 ch. Cela ne peut que plaire à la riche clientèle US avide de grosses cylindrées. Cette voiture n'a pas de concurrente directe, car elle est quasiment unique dans sa catégorie. Son prix forcément élevé est établi " sur devis ". Aucune 410 Superamerica ne ressemble strictement à une autre. Ferrari propose du sur mesure, habillé par Pinin Farina, Ghia ou Boano.

L'une des plus frappantes de ces 410 Superamerica est la version Superfast exposée par Pinin Farina à Paris. Si cette automobile est d'abord un exercice de style, la technique n'est pas en reste. Le V12 est doté d'un dispositif d'allumage inédit. La longueur du châssis est réduite de 20 cm. La caisse est ceinturée assez bas par un jonc chromé, l'effet de coquilles superposées étant renforcé par la peinture deux tons, blanc en haut, vert clair en bas. La large calandre oblongue et les phares carénés innovent. L'ensemble est d'un dessin assez pur, à l'exception des dérives formées par les ailes arrière qui ne répondent pas à tous les goûts. Dernière surprise, le pare-brise sans montant semble s'inspirer du fameux dispositif " Vutotal " créé par Henri Labourdette dans les années trente.


Le pilote Alfonso de Portago pose près de la 410 Superfast

Pour son usage personnel, Henry Ford II a confié à Franco Martinengo, responsable du centre de style chez Pinin Farina, le dessin et la fabrication d'une voiture de plage sur base Fiat 600 Multipla opportunément baptisée Eden Roc. Celle-ci est entièrement ouverte, et dépourvue de portières. Elle est équipée de lamelles de tech et décorée de quelques pièces d'accastillage. Les sièges arrière, formés par un banc semi-circulaire comme dans le cockpit d'un voilier, sont en acajou, tout comme le carénage qui court tout autour de la carrosserie. La voiture est exposée à Paris sur le stand Pinin Farina.


Pinin Farina Fiat Multipla Eden Roc

Assar Gabrielson, un des cofondateurs de Volvo, a rencontré lors de son voyage en 1953 aux Etats-Unis le responsable de la firme Glasspar, entreprise spécialisée dans la fabrication de carrosseries et de coques de bateaux en fibre de verre. Ce matériau est léger et peu coûteux à mettre en oeuvre sur de petites séries. Chevrolet l'utilise depuis 1953 sur la Corvette.


Volvo Sport

A la demande de Gabrielson, Glasspar a réalisé en 1954 un prototype de cabriolet pour étudier la faisabilité d'un tel projet. Après validation par la direction de Volvo, une petite série de 67 voitures a été lancée cette année. La carrosserie repose sur un châssis tubulaire et les éléments mécaniques proviennent de la berline PV444. 


Volvo Sport

Dans un recoin du Salon, le visiteur attentif découvre ce prototype d'une voiture suisse réalisé sur une base de Renault 4 CV, la Soletta 750. Elle mesure moins de 3 mètres de long, et emporte quatre personnes. Son 2 cylindres de 750 cm3 est emprunté à une moto de marque Condor. Cette petite auto était déjà présente en mars à Genève.


Soletta 750

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