A.C., une anglaise venimeuse


En 1900, John Weller et John Portwine fondent une société de construction automobile rebaptisée en 1904 Autocars and Accessories Ltd. En 1907, elle devient Autocarriers Limited, puis A.C. Cars en 1922. La marque A.C. qui n’a plus effectué de production régulière depuis 2007 est surtout connue par ses voitures de sport de grosse cylindrée, en premier lieu l’A.C. Cobra.


Les débuts de la marque A.C.


La première A.C. était un tricycle qui s'appelait Sociable et un grand fauteuil pour les passagers en était la seule carrosserie. La roue arrière unique était entraînée par un monocylindre refroidi par eau. Ce tricycle très prisé par les commerçants de Londres fut fabriqué en petites quantités jusqu'en 1914.

Publicité presse 1912 - L'AC Sociable protège ses passagers même par grand froid et offre plus de confort qu'une moto ou qu'un sidecar.

L'année précédente, A.C. avait dévoilé une voiture à quatre roues dotée d'un moteur Fivet de 1100 cm3 et d'une boîte de vitesse conventionnellement placée sur le différentiel. Cette voiture réapparut après la Première Guerre mondiale, dotée cette fois d’un moteur Anzani. La production se poursuivit jusqu'en 1927. En 1919, A.C. dévoilait sa première voiture six cylindres équipée d’un double-arbre de 1991 cm3, première véritable incursion dans la catégorie des voitures sportives. Ce modèle n’entrera cependant en production qu’en 1922. Ce moteur performant sera fabriqué pendant plus de quarante ans, jusqu'en 1963, sa puissance passant par étapes successives de 35 ch à 103 ch.


Première faillite de la marque en 1929


Dirigée par Selwyn Francis Edge à partir de 1922, l’entreprise A.C. connaît des difficultés financières vers la fin des années 20. Le krach boursier d’octobre 1929 aggrave la situation dans de telles proportions que la firme britannique se voit dans l’obligation de stopper sa production automobile dès la fin de cette année. Aucune voiture ne sera fabriquée jusqu’en 1931. L’année précédente, William et Charles Hurlock achètent la compagnie et la production reprend avec le modèle six cylindres de 2 litres. Ces jolies voitures connaissent une certaine notoriété en Grande-Bretagne dans les années 30, à l’ombre des MG, Alvis, Jaguar et Bentley. La carrosserie originale est fabriquée à Thames Ditton, sur le site historique de la marque A.C.

A.C. 12 HP Tourer. Les A.C. des années 1920 grâce à leurs qualités techniques acquiert une certaine renommée, qui leur permet de se mesurer aux plus grandes marques.


1947 : lancement d’une nouvelle berline 2 litres


Après la Seconde Guerre Mondiale, la firme A.C. dévoile une nouvelle berline aux lignes arrondies toujours dotée du moteur 2 litres dont les origines remontent à 1922. Le nouveau modèle présente une ligne originale, avec de larges surfaces vitrées, qui doit néanmoins lutter contre une multitude de marques britanniques qui entendent s’imposer sur le marché de la voiture de luxe et de sport. Une dizaine de marques peuvent prétendre alors à cet objectif, mais les résultats seront souvent décevants pour une grande partie d’entre elles.

La firme A.C. lance cette berline 2 litres qui reprend le moteur traditionnel de la marque monté pour la première fois en 1922. Sa carrosserie originale est caractérisée par des lignes arrondies et de vastes surfaces vitrées.

La berline A.C. 2 litres disponible en deux et quatre portes est un modèle de luxe et de sport qui mesure 4,67 mètres de long et 1,70 mètre de large. Le moteur de 1991 cm3 développe 74 ch qui permet d’atteindre une vitesse maximale de 130 km/h. Mais dès 1951, la puissance passe à 85 ch et la vitesse de pointe à 140 km/h, grâce à l’installation de trois carburateurs SU. Le modèle A.C. 2 litres est fabriqué à 1 284 exemplaires de 1947 à 1956, soit environ 145 unités par an, ce qui fait de la marque un acteur marginal sur le marché britannique.


1953 : lancement de l’Ace


En 1953, A.C. dévoile un tout nouveau roadster deux places baptisé Ace, dessiné par John Tojeiro qui a été fortement inspiré par la Siata 208 lancé en 1952 et dont 56 exemplaires seulement seront fabriqués entre 1952 et 1955. Le succès de l’Ace sera plus important puisqu’il s’en produira 728 exemplaires entre 1953 et 1962, ce qui reste toutefois modeste comparé à sa principale concurrente lancée également en 1953, l’Austin-Healey 100.

Celle-ci est un peu plus longue - 4,00 mètres contre 3,86 mètres pour l’Ace - mais moins fortement motorisée avec un quatre cylindres de 2,7 litres contre un six cylindres de 2 litres pour l’Ace. Les puissances des deux rivales sont quasiment équivalentes, respectivement 102 et 103 ch. Les deux modèles vont d’ailleurs se stimuler l’un l’autre, car l’Austin-Healey va adopter rapidement un six cylindres de 3 litres développant 117 ch et l’Ace sera de son côté dotée d’un moteur six cylindres Bristol de 2 litres développant 105 ch puis 120 ch, permettant de filer à 187 km/h, contre 166 km/h pour la version initiale avec moteur A.C.

En 1953, la firme A.C. change complètement sa stratégie en lançant un élégant roadster deux places concurrent de l’Austin-Healey 100. Ce modèle est l’ancêtre de l’A.C. Cobra lancée en 1962.

Le problème est que la firme A.C. est un petit constructeur indépendant alors qu’Austin-Healey bénéficie du réseau immense d’Austin, le premier constructeur de Grande-Bretagne à cette époque. C’est ainsi qu’Austin-Healey pourra vendre plus de 30 000 exemplaires de son roadster entre 1953 et 1959 en quatre et six cylindres alors que la firme A.C. n’atteindra même pas les 1 000 ventes avec son modèle Ace entre 1953 et 1962.

Bristol ayant décidé de stopper la production de ses propres moteurs en 1961 pour se tourner vers les motorisations Chrysler, A.C. cherche un nouveau motoriste pour équiper ses modèles. Le sauveur sera le constructeur américain Ford qui accepte en 1961 de lui fournir le six cylindres de sa berline britannique Zephyr, un 2553 cm3 développant 170 ch sur l’Ace, ce qui permet au roadster d’atteindre la vitesse maximale exceptionnelle de 210 km/h, une performance bien supérieure aux 180 km/h de l’Austin-Healey 3000. Et la firme A.C. ne va pas s’arrêter là puisqu’en 1962 elle lance la Cobra encore plus puissante.


1954 : lancement de l’Aceca 


Basé sur le roadster deux places A.C. Ace, le coupé Aceca apparaît en 1954. Fabriquée à la main, dans la tradition britannique, comme le roadster Ace, l’Aceca réalisée sur une structure en tubes d'acier et bois de hêtre, est l’une des premières voitures sportives à être équipée d’un hayon arrière, après l’Aston Martin DB2/4 de 1953. Le modèle long de 4,06 mètres ressemble aux premiers coupés Ferrari, mais il recueillera peu de commandes, puisqu’il s’en vendra 328 exemplaires au total, de 1954 à 1963, soit deux fois moins que le roadster Ace.

En 1954, le roadster Ace donne naissance au coupé Aceca deux places. Ce type de carrosserie qui rappelle certaines Ferrari ou Pegaso de l’époque n’existe pas chez Austin-Healey.

Comme celui-ci, l’Aceca initialement proposé avec le traditionnel six cylindres 2 litres A.C. sera disponible avec un six cylindres Bristol à partir de 1956 puis avec un six cylindres Ford à partir de 1961. La ressemblance avec les premières Ferrari proviendrait du fait que l’Aceca serait dérivée d’un projet de Pininfarina proposé à A.C. à la fin des années 40 et refusé alors par la direction de la firme britannique. Le coupé Aceca sera épaulé en 1959 par un coupé plus ambitieux, le Greyhound.


1959 : lancement de la Greyhound 


A.C. lance en 1959 le coupé Greyhound qui est en quelque sorte la version 2+2 du coupé Aceca lancé cinq ans plus tôt. Il succède de ce fait à l’ancienne 2 litres supprimée en 1956 mais sous une carrosserie bien plus moderne et bien plus sportive. Basé sur les Ace et Aceca, le coupé Greyhound adopte un empattement plus long, la longueur totale de la voiture atteignant 4,45 mètre soit une quarantaine de centimètres de plus que l’Aceca qui est une stricte deux places.

Source : https://www.classicandsportscar.com - En 1959, le coupé Aceca donne naissance à un coupé plus gros baptisé Greyhound. Ce coupé 2+2 pourtant plus harmonieux que l’Aceca ne rencontrera malheureusement pas les faveurs du public.

Comme les Ace et Aceca, la Greyhound est dotée du 2 litres d’origine Bristol puis du 2,5 litres d’origine Ford. Le poids étant plus important sur la Greyhound, les performances sont moins bonnes que sur les Ace et Aceca, 180 km/h pour la version à moteur Bristol contre 187 km/h pour l’Ace dotée du même moteur, ce qui peut expliquer la faible diffusion du modèle, avec seulement 83 exemplaires vendus de 1959 à 1963. La courbure assez complexe de la lunette arrière inspirera fortement celle de l’Alpine A110 lancée en 1962. Malgré sa faible diffusion, on peut trouver la Greyhound mieux proportionnée que l’Aceca et plus harmonieuse. Par son design, elle rappelle un peu les coupés de grand tourisme Aston-Martin de la fin des années 50.


1962 : lancement de la Cobra 


La naissance de l’A.C. Cobra résulte de la rencontre d’un ex-pilote américain, Carroll Shelby, et des dirigeants de la firme de Thames Ditton. Le texan souhaitait développer une voiture américaine capable de rivaliser avec les Ferrari. Les Chevrolet Corvette et Ford Thunderbird lancées au milieu des années 50 ne répondant pas du tout à cet objectif, Carroll Shelby tente de voir quel constructeur européen pourrait répondre à sa demande. A.C. figure très honorablement en compétition : en 1959, l'année même de la victoire de Carroll Shelby et de Roy Salvadori sur Aston Martin au Mans, la marque britannique A.C. remporte la victoire en catégorie 2 litres et se classe septième au classement général. Le moteur de la voiture est un Bristol de 2 litres dérivé du BMW 328 d’avant-guerre, celui-ci étant disponible sur toute la gamme A.C. de l’époque. Mais Bristol stoppe la production de ses moteurs en 1961 et A.C. doit se tourner vers Ford pour la fourniture de moteurs. Le moteur choisi est celui monté sur la Zephyr britannique mais le succès commercial est mitigé et les frères Hurlock, propriétaires d'A.C., accueillent très favorablement la proposition de Shelby qui souhaite leur acheter des châssis pour y monter le nouveau V8 Ford de la Fairlane, dont il négocie au même moment la mise à sa disposition avec le deuxième constructeur américain.

Le roadster AC Cobra lancé en 1962 est dérivé étroitement de l’Ace mais son gros moteur V8 Ford la propulse à plus de 240 km/h. Ce modèle restera le plus mythique de la marque et il sera abondamment répliqué par de nombreux artisans. On reconnaît ici Steve McQueen et Carroll Shelby.

Après quelques modifications du châssis par A.C., à qui Shelby a fait parvenir un groupe moteur-boîte, il présente la première A.C. Cobra, la 260 à moteur V8 de 4,2 litres. La Cobra montre très vite son potentiel sur les circuits américains, notamment face aux Chevrolet Corvette, beaucoup plus lourdes. Sa vitesse maximale atteint les 240 km/h, soit une performance comparable à celle des Ferrari et Jaguar Type E. Son succès est immédiat, le mythe Cobra est né. En 1963, la Cobra 289 Mk II reçoit un nouveau V8 de 4,7 litres développant 270 ch qui permet à la voiture d’atteindre les 250 km/h en vitesse de pointe. En 1965, nouvelle augmentation de puissance, la Cobra 427 Mk III recevant un V8 de 7 litres toujours d’origine Ford développant plus de 410 ch et permettant à la voiture d’atteindre la vitesse phénoménale de 266 km/h pour un poids de 1 150 kilos.

L’A.C. Cobra sous ses diverses motorisations sera produite à 969 exemplaires de 1962 à 1966. L’arrêt de la production de la Cobra suscitera tellement de regrets que la voiture sera répliquée en grandes quantités, par des entreprises très diverses et avec des moteurs très différents. C'est aujourd'hui la voiture de sport la plus répliquée, parfois avec une précision totale, et par Shelby lui-même, sous forme de " continuations ", après l'épisode de l'A.C. " Mark IV " produite à la fin des années 1980 jusqu'au milieu des années 1990 par Brian Angliss, qui avait acquis les droits et l'outillage d'A.C. On trouve aussi de nombreuses répliques livrées en kit.


1965 : lancement de la 428


Au milieu des années 60, A.C. veut monter en gamme et proposer des modèles de grand tourisme capables de soutenir la comparaison avec les Aston Martin, Ferrari, Maserati et les nouveaux venus comme Lamborghini ou Iso Rivolta. D’après la direction de l’entreprise, cette montée en gamme devrait apporter plus de profits à la marque qui s’est fait une réputation enviable avec la Cobra commercialisée depuis 1962. C’est donc en 1965 qu’est dévoilée l’A.C. 428, un modèle de grand tourisme disponible en coupé et en cabriolet, dont l’élégant dessin est dû à Pietro Frua. Surnommé de ce fait A.C. Frua, le modèle long de 4,47 mètres sur 1,73 mètre de large évoque un peu la Maserati Mistral de 1963 dessinée par le même Frua. Celle-ci est d’ailleurs la concurrente toute désignée de la 428, comme l’Iso Grifo de 1963. Le premier modèle de l’A.C. 428 est la version cabriolet, présentée lors du Salon de l'automobile de Londres de 1965.

Apparu en 1965, le cabriolet AC 428 dessiné par Pietro Frua marque une nouvelle ère pour la firme britannique qui veut viser cette fois les voitures de grand tourisme Ferrari, Maserati, Lamborghini, Iso Rivolta et Monteverdi.

La version coupé est présentée l'année suivante au Salon de Genève. La production de la 428 ne démarre véritablement qu’après l’arrêt de la Cobra, c’est-à-dire à l’automne 1966. Au total, 81 exemplaires sont fabriqués de 1966 à 1973, dont 49 coupés, 29 cabriolets et 3 prototypes d’une berline 4 portes non commercialisée. Le projet de la berline 4 portes n'eut pas de suite à cause des difficultés financières croissantes de la société. Ce projet donnera d'ailleurs naissance après quelques modifications à la Monteverdi 375/4 présentée au Salon de Genève en mars 1971.

Présentée en mars 1966, la version coupé de l'AC 428 permet à la firme britannique de s’attaquer à l’aristocratie automobile. Hélas, la carrière de la 428 s’achève en 1973.

L’A.C. 428 que l’on voit dans la seconde saison de la série " Chapeau Melon et Bottes de Cuir " en remplacement de la Lotus Elan de la première saison, partage son châssis avec l'A.C. Cobra 427 Mk III rallongé toutefois de 15 centimètres. Le châssis était fabriqué en Angleterre, expédié en Italie pour y adjoindre la carrosserie puis renvoyé en Angleterre dans les ateliers d'A.C. Cars pour le montage des organes mécaniques. L'A.C. 428 était équipée d'un moteur Ford V8 de 6997 cm3 développant 345 ch. Sa vitesse maximale était de 227 km/h.


1973 : lancement de la 3000 ME


Le choc pétrolier de 1973/1974 fut fatal à plusieurs marques de luxe et de sport. Le constructeur britannique A.C. avec ses petits moyens financiers faillit passer à la trappe, mais son dirigeant Derek Hurlock fit tout ce qui était possible pour sauver sa marque. Il décida donc de lancer un petit coupé à moteur central qui pouvait s’adresser à une nouvelle clientèle plus large que celle de l’A.C. 428 dont la production venait de cesser. Les coupés à moteur central étaient à la mode en ce début des années 70. Ferrari avec sa Dino avait ouvert la voie dès 1966, et Maserati, Lamborghini, Monteverdi, Iso Rivolta et De Tomaso lui emboîtèrent le pas. Le coupé A.C. à moteur central fut dévoilé au Salon de Londres en 1973. Baptisé ME 3000, il était doté d’un moteur Ford V6 de 3 litres développant 138 ch. Sa longueur ne dépassait pas 3,99 mètres, c'est un modèle très compact. Sa vitesse maximale était de 195 km/h.

Dévoilé en 1973, le coupé AC ME3000 à moteur central cible une nouvelle clientèle, plus jeune et moins fortunée. Mais après un démarrage tardif en production (1979), le modèle ne rencontrera pas le succès face à la Lotus Esprit, sa principale concurrente.

Sa production ne débuta véritablement qu’en 1979, à une époque où une concurrente faisait parler d’elle, notamment parce qu’elle avait été la vedette du film de James Bond " L’espion qui m’aimait " en 1977. Il s’agit bien sûr de la Lotus Esprit lancée en 1976. Durement concurrencée par la Lotus, la ME 3000 rebaptisée 3000 ME ne trouva que 71 clients jusqu’en 1984, et Hurlock à la santé déclinante mit fin à la production du modèle et à celle du site de Thames Ditton. Une nouvelle société vit le jour à Glasgow en Ecosse sous le nom d'A.C. Scotland, dirigée par David Mc Donald qui produisit une trentaine d’exemplaires supplémentaires jusqu’en 1985, date à laquelle la société fut dissoute.


1986 : Rachat par Autokraft 


La suite de l’histoire de la marque A.C. est assez complexe. Brian Angliss, propriétaire d’Autokraft, un atelier de restauration d’A.C. Cobra et de fabrication de répliques de ce modèle, s’est porté acquéreur de la marque automobile A.C. en 1986. Depuis 1982, Angliss avait fabriqué près de 480 répliques d’A.C. Cobra dans son atelier de Brooklands, la plupart étant exportées vers les Etats-Unis. Les premières voitures ont été vendues sous le nom d'Autokraft Mk IV, mais finalement Angliss a acquis les droits d'utiliser le nom A.C. en partenariat avec Ford qui lui fournissait les moteurs. Mais en 1987, Ford rachète Aston Martin et un conflit s’ensuivit sur la future orientation d’A.C. qui ne devait pas marcher sur les plates-bandes de la firme de Gaydon. Angliss gagne finalement son indépendance ainsi que la coopération continue et essentielle de Ford en tant que fournisseur de moteurs.

Dernière tentative pour relancer la marque AC, le roadster Brooklands Ace ne parviendra pas à ses fins. La marque britannique devra se recentrer sur de nouvelles interprétations de son modèle mythique, l’AC Cobra. Mais face aux multiples répliques de ce modèle, la marque britannique restera inaudible.

Angliss cherche alors à concevoir une nouvelle voiture pour compléter et peut-être remplacer la Mk IV. Au Salon de Londres de 1993, il présente un nouveau modèle qu'il nomme A.C. Brooklands Ace. Ce modèle se présente sous la forme d’un roadster deux places de 4,42 mètres de long doté de moteurs puissants, un V8 4,6 litres Ford, un V8 4,9 litres Ford et un V8 3,5 litres d’origine Lotus. Selon la cylindrée, le roadster pouvait filer à 217 km/h pour la version la moins puissante et 249 km/h pour la version la plus puissante. Un total de 58 de ces modèles est produit de 1993 à 2000.  


1996 : Rachat par l’homme d’affaires sud-africain Alan Lubinsky 


Mise sous séquestre en mars 1996 en raisons d’importantes difficultés financières, la société A.C. est revendue en décembre de la même année à l’homme d’affaires sud-africain Alan Lubinsky qui reprend la production du roadster Brooklands Ace qu’il renomme Ace tout simplement, comme le roadster des années 50. La production revient sur le site historique de Thames Ditton. Mais comme on l’a vu, la production du modèle, proposé également en version fermée Aceca, est stoppée en l’an 2000, faute de commandes suffisantes.

Après cette date, la firme A.C. transférée sur l’île de Malte est pratiquement morte, secouée de temps en temps par une annonce d’un lancement d’un nouveau modèle ou par une annonce d’un début de production d’une énième version de la mythique A.C. Cobra. Mais la firme d’origine britannique est concurrencée par tellement de fabricants de répliques que ces annonces deviennent totalement inaudibles. Tout juste peut-on comptabiliser une série d’une quarantaine de modèles A.C. Cobra Mk III " authentiques " fabriqués entre 2002 et 2007, après quoi la production cesse sur l’île de Malte.

En 2008, la marque a annoncé son retour sur la scène internationale, confirmée en 2009 puis reconfirmée en 2010 avec la présentation d’une ultime Cobra baptisée Iconic A.C. Roadster qui devait être fabriquée en Afrique du Sud… Cette Mk V n’est jamais entrée en production. Au Salon de l'automobile de Genève en 2012, A.C. Cars a même présenté trois modèles différents dérivés de la Cobra : l'A.C. Mk VI, l'A.C. Mk II Classic et l'A.C. 378 GT Zagato. Mais aucune production régulière n’est intervenue depuis cette date.

Texte : Jean-Michel Prillieux
Reproduction interdite, merci.

Voir aussi :
http://leroux.andre.free.fr/ukac1.htm
http://leroux.andre.free.fr/xxx1.htm
http://leroux.andre.free.fr/xxx3.htm

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