Néo-rétro

1. L'évolution des styles, un mouvement perpétuel

D'objet de luxe réservé à une élite, la voiture est devenue dans la seconde moitié du 20ème siècle un objet de consommation courante. Depuis, elle s'est sans cesse adaptée aux évolutions techniques et aux modes. Le renouvellement des formes est devenu une obligation, pour séduire des consommateurs de plus en plus avides de nouveautés.

Le développement dans le temps du design automobile n'a rien de linéaire. Les tendances s'entrechoquent. Elles peuvent se définir dans la continuité, ou au contraire dans l'innovation, dans la simplicité ou dans l'extravagance. Certaines formes tombent dans l'oubli, d'autres ont lancé des modes de courte durée, et d'autres encore sont devenues des mythes, source d'inspiration pour les stylistes en charge de concevoir des engins au style néo-rétro.


Le mythe français par excellence, la Citroën 2 CV


2. L'évolution des styles, dans le temps

L'après guerre fut une période de vaches maigres. Le style était sérieux, voir austère (Renault 4 CV, Peugeot 203 ...). Les matières premières faisaient encore défaut, et la demande de voitures neuves était si forte que l'aspect extérieur n'était pas la préoccupation première. Dès le milieu des années 50, les teintes pastels, les chromes et les ailerons firent leur apparition (Simca Aronde, Fiat 500 ...), procurant au paysage automobile un peu de gaieté.

Les années 60 furent celles des formes plus plates et rectilignes (Chevrolet Corvair, Simca 1000, Peugeot 404, ...). Les années 70, marquées par deux crises pétrolières successives, virent un retour, à l'exception de quelques oeuvres à l'esthétique cunéiforme typée (Fiat X 1/9, Lotus Esprit, Triumph TR7, Citroën BX ...) à un style plus aseptisé, sans originalité, mais avec de nouvelles teintes plus vives et la consécration du noir mat.


Fiat 131, 1974. Ces formes cubiques caractérisèrent les productions Fiat pendant près de vingt ans, de la 124 de 1966 à l'Argenta de 1985.

La recherche d'une automobile plus fonctionnelle symbolisa les années 80. Recherche d'aérodynamisme et bio design faisaient bon ménage. L'ensemble des pièces s'intégraient  mieux au style général. Le développement de l'électronique et la multiplication des équipements posa rapidement le problème de l'augmentation du poids des voitures. L'allègement des matériaux utilisés contribua à palier à cet inconvénient.


L'arrivé des premières Ford Sierra sur le marché marqua une rupture

Les années 90 virent un retour vers des formes plus expressives, plus douces et plus rondes. Les constructeurs commencèrent à se souvenir de la richesse de leur patrimoine. C'est dans ce contexte que le style néo-rétro se développa, après ses vrais premiers pas au milieu des années 80 chez les constructeurs japonais.


3. L'évolution des styles, dans l'espace

Les pays grands producteurs d'automobiles ont marqué chacun à leur manière le design automobile. Les Etats Unis ont longtemps été le pays de l'exubérance. L'Allemagne a depuis toujours privilégié la sévérité et la fonctionnalité. Excepté le cas des roadsters britanniques exportés par bateaux entiers aux States, la Grande Bretagne s'est trop souvent cantonnée dans un design peu lisible en dehors de ses frontières. La France a régulièrement fait preuve d'initiative, en créant des objets anticonformistes, en cassant les codes établis, avec plus ou moins de succès. Si notre pays a été celui des belles carrosseries avant guerre, ce privilège lui a été subtilisé à partir des années 40 par les talentueux italiens, à l'origine de formes unanimement reconnues comme classiques, élégantes et chics. Les japonais, arrivés tardivement sur la scène automobile internationale, se sont contentés de picorer à travers le monde différentes idées, sans réellement imposer leur style. Le mouvement néo-rétro est international, et s'applique tant en Europe qu'aux Etats Unis ou au Japon. Seuls les pays où la production de masse est un phénomène plus récent  (Corée, Chine, Amérique du Sud ...) sont restés pour le moment à l'écart de cette tendance.


Les français ont longtemps cultivé leur différence, comme en témoigne la Renault 16 et sa fameuse cinquième porte.


4. La préhistoire du néo-rétro

Le style néo-rétro peut se définir comme une alliance entre l'ancien et le moderne, entre des lignes du passé et la technologie du moment. Le renouvellement perpétuel de la mode alimente ce phénomène. Un véhicule " rétro " ne peut exister que si en son temps un véhicule " néo " a vu le jour. Ettore Bugatti fut par exemple un précurseur de cette tendance, en étant le premier à dessiner des carrosseries dont les lignes s'inspiraient ... des fiacres hippomobiles. 


Ettore Bugatti dessina lui même cette carrosserie pour un modèle de Type 13

Après quelques tentatives sans lendemain durant les années 50 et 60 (Gaylord, Duesenberg ...), le style néo-rétro s'imposa à partir de la fin des années 80 comme une alternative crédible aux formes modernes. Il puisait parfois son inspiration dans l'avant guerre, mais plus certainement dans les trente glorieuses.


Gaylord, 1955


5. Les sources d'inspiration

L'Europe qui possède une riche culture automobile sert parfois de source d'inspiration pour les américains ou les japonais. Mais ceux ci sont aussi capable de puiser leurs idées dans leur propre passé.

Une automobile au style néo-rétro imite le plus souvent un modèle ayant déjà existé. Mais il arrive que le rapprochement avec une voiture ancienne précise soit impossible à réaliser. Dans ces cas, les stylistes se sont simplement inspirés d'une tendance, liée à une époque et/ou un pays.


La Cadillac Séville de 1980 a cherché son inspiration dans les productions britanniques, sans pour autant imiter un modèle particulier.


6. Réplique ou style néo-rétro ?

Il convient de séparer l'idée de réplique de celle d'automobile au style néo-rétro. La réplique est une copie plus ou moins fidèle d'un modèle ancien. L'automobile au style néo-rétro part d'un dessin complètement nouveau, tout en reprenant une part de l'ADN esthétique d'un modèle du passé. L'Excalibur, la De la Chapelle 55, la BMW 328 de Sbarro ou les premières PGO sont des répliques. Souvent, il est difficile d'en faire des voitures utilisables au quotidien.

Au contraire, la New Beetle, la Fiat 500 ou la Mini de BMW sont des automobiles au style néo-rétro, avec toutes les caractéristiques d'une voiture moderne. Leur tenue de route est parfaite, leur systèmes de sécurité au top, leur motorisation flatte les plus exigeants ...


De la Chapelle 55 - Photo Kevin G.


PGO Cevennes


7. A la frontière de deux mondes

Certaines créations jouent sur les deux tableaux, et semblent hésiter entre deux époques, celle des années 30 avec ses imposantes calandres et ses ailes rebondies, et l'époque contemporaine avec sa technologie de pointe. Citons à titre d'exemple l'Imperia GP, la HMC Hidalgo, la Wiesmann, voir même la nouvelle Morgan Aero Coupe.


Imperia, 2008


HMC Hidalgo, 2010


Wiesmann, 2006


Morgan Aero Coupe, 2012


8. Custom néo-rétro

Dans le même esprit que la Prowler effectivement commercialisée à petite échelle par le groupe Chrysler, Buick (marque haut de gamme de la General Motors)  et Holden (filiale australienne de la GM) remirent au goût du jour l'idée du hot rod, par le biais de deux concept-cars, la Blackhawk en 2001 et la Efiji en 2005. Cette dernière, qui phonétiquement peut se prononcer " effigie ", était plutôt un hommage à la Holden FJ, modèle légendaire de la marque. Au moins trois exemplaires auraient été assemblés et vendus contre un million de dollars l'unité.


Plymouth Prowler


Buick Blackhawk, 2001


Holden Efiji


9. Un cas à part, Mituoka

Le plus souvent, ce sont les " grands " constructeurs qui proposent des véhicules néo-rétro : BMW, Fiat, Volkswagen, Chevrolet, Chrysler ... Mais un petit constructeur japonais indépendant a fait de ce créneau son fond de commerce, en puisant sans état d'âme dans le passé des géants. Il s'appelle Mitsuoka.


Libre interprétation du japonais Mitsuoka à partir de l'oeuvre de William Lyons


10. Du rêve à la réalité, de la petite à la grande série.

Sauf à de rares exceptions (PT Cruiser, New Beetle, Fiat 500, Mini ...), les projets d'automobiles au style néo-rétro n'atteignent pas le stade de la très grande série. Souvent, leur production est volontairement limitée (8000 exemplaires de la Nissan Figaro) ou confidentielle (une centaine d'Aston Martin DB7 Zagato). Plus nombreux sont les engins au style néo-rétro peuplant les salons à demeurer des exemplaires uniques. Pire encore, ces projets ne quittent parfois pas les écrans d'ordinateur.


La Panthera avec un " h ", conçue sur ordinateur par le designer Stefan Schulze en 2007 


Le Chrysler PT Cruiser est un exemple de concept-car à avoir atteint le stade de la grande série


11. Le néo-rétro qui ne s'affiche qu'en demi teinte

Certains constructeurs, avec plus de nuances, font appel à la mémoire de leurs clients ou à un passé plus glorieux. Renault en proposant sa Velsatis préféra évoquer la Renault 40 CV des années 20 plutôt que la Renault 25 des années 80.


La Velsatis, que Renault préférait présenter comme une digne héritière de la prestigieuse Renault 40 CV, que comme le modèle qui succéda aux R 30, R 25 et Safrane ... Le bide fut tout de même au rendez vous !

De même, Citroën associe plus volontiers sa C6 à l'image de la DS de 1955 qu'à la XM de 1989. Les coupés et cabriolets BMW Z3/Z4 se réfèrent avec bonheur à l'univers des années 30, tandis que la Porsche Boxster fait subtilement référence à la 356 Speedster. Rover, avant de mourir, eut un ultime sursaut en dévoilant sa 75, qui brillait de mille feux aux reflets de ses chromes d'un autre âge.

Dans le cadre d'une exposition qui commémorait les 50 ans de la disparition de Le Corbusier, Renault présentait en octobre 2015 à la villa Savoye de Poissy le concept car Coupé C. Cette voiture ne s'inspirait pas de la fameuse " voiture minimum " de l'architecte imaginée en 1936, mais multipliait les références au style de Le Corbusier, avec des ruptures de surfaces, de multiples ouvertures et des lignes brisées.


Renault Coupé C, en hommage à Le Corbusier


12. Mixité de l'ancien et du moderne

Une nouvelle tendance se développe ces dernières années. Elle réunit à la fois des aspects anciens et nouveaux. Les éléments classiques sont réinterprétés de manière à paraître traditionnels, tout en produisant un effet très actuel, grâce à de nouvelles proportions et des détails innovants. Les marques de prestige (Lancia, Maserati, Bentley, Rolls Royce ...) ont adopté ce style sur plusieurs de leurs productions.


Bentley Mulsanne de 2013, un exemple de mixité entre style nouveau et style ancien


Cette imposante calandre Maserati nous ramène plus d'un demi siècle en arrière


13. Ressortie du placard

Le fin du fin en matière de style néo-rétro fut atteint pas la Bristol Blenheim Speedster. En présentant cette voiture en 2006, Bristol exhumait un vieux prototype des années 50 qui n'avait jamais vu le jour en production. A l'époque l'usine préféra en effet se concentrer sur sa spécialité, les gros coupés destinés à une clientèle de lords anglais, et laissa à d'autres le soins d'aborder ce marché restreint des sportives pures et dures (AC Cobra, TVR ...). Le prototype des années 50 fut modernisé en utilisant des composants issus de la Blenheim contemporaine. Avec cette automobile, la compagnie s'offrait le luxe de surfer au sommet de la vague néo-rétro. Une production d'une quinzaine de voitures fut envisagée.


14. Le néo-rétro vu de l'habitacle

L'exploitation du passé ne touche pas que la forme des carrosseries. Dans les années 80, les constructeurs à la recherche d'une forte image de standing pour leurs intérieurs puisèrent sans retenue dans deux matières nobles, le bois et le cuir, en souvenir des anciennes voitures de prestige.


Le bois et le cuir soulignent le prestige de cette Lancia Thema de 1988


15. Les appellations rétro

En dehors du style, ce sont aussi les appellations qui ressurgissent régulièrement du passé. Jaguar n'hésitent pas à dénommer ses coupés sportifs XK, Citroën à ressortir la mythique DS, même si celle-ci s'appelle désormais DS3, DS4 ou DS5, et Pontiac à baptiser GTO des voitures modernes gonflées aux anabolisants. La Giulietta fait encore les beaux jours d'Alfa Romeo, Multipla est comme dans les années 50 le nom du monospace Fiat, la grande Rolls Royce s'appelle toujours Phantom, Honda a présenté à Détroit en janvier 2012 sa nouvelle NSX, etc ... Et surtout, ne demandez pas à Porsche, même après 50 ans de carrière, d'appeler sa 911 différemment. De la même manière, depuis toujours, le 4 x 4 Toyota s'appelle Land Cruiser et le nom Quattroporte s'impose pour la berline Maserati.


Giulietta, un nom évocateur de Dolce Vita

La puissance commerciale de la désignation d'un modèle de voiture, et le parfum de nostalgie qu'elle suscite peuvent être si forts que l'automobile en question devient elle même une marque. Land Rover et Mini, désormais deux marques indépendantes, étaient auparavant des modèles de la British Leyland, puis de Rover. La Jeep qui fut produite successivement par Willys, AMC et Renault est désormais une marque du groupe Chrysler qui propose une large variété de modèles. Dans d'autres cas, ce sont d'anciennes marques qui ressurgissent du passé : Maybach, Bugatti, Abarth ... Mais il s'agit là d'une autre histoire qui vous est comptée par ailleurs.


Le Rover " Land Rover " est devenu Land Rover " Defender " en 1990


16. Choix rationnel pour les constructeurs, coup de coeur pour les consommateurs

Ceux qui considèrent que les stylistes n'ont plus d'idées, manquent d'inspiration et doivent se retourner vers le passé pour renouer avec le succès semblent se tromper. Il n'y a aucune raison que la capacité à innover ait subitement quitté les bureaux de style. Quant il s'agit de produire une voiture aux lignes néo-rétro, c'est plutôt pour les grands constructeurs une vision stratégique, un choix délibéré et mûrement réfléchi, correspondant à une attente de la clientèle.

Désormais, celle-ci place les critères de l'identité d'une marque et du style d'une voiture à un niveau aussi élevé, voir plus élevé, que celui de la consommation en carburant, de la sécurité, des équipements, de la motorisation ... Dans un marché très concurrentiel, la plupart de ces voitures aux lignes néo-rétro connaissent bien plus qu'un succès d'estime. Ces réussites commerciales donnent raison aux industriels qui hésitent de moins en moins à orienter leur design vers le passé.

Installer un nouveau modèle sur un marché saturé est un travail de longue haleine, nécessitant d'énormes investissements en communication. L'intuition et la chance sont le plus souvent nécessaires à la réussite. Utiliser l'image d'un produit ayant déjà fait ses preuves permet de limiter les risques de rejet du public. Paradoxalement, il peut s'avérer qu'un client achète un produit aux formes néo-rétro sans en avoir conscience. Son jeune âge par exemple peut le conduire à ignorer l'image forte chez ses aînés d'un objet du passé.


En avril 2011, Renault lançait son concours Renault 4 Ever, destiné à célébrer le 1/2 siècle de la 4L. Le designer David Obendorfer proposa ce modèle, fidèle à la philosophie originale.

Le choix d'acquérir un véhicule aux formes néo-rétro ne répond pas d'un choix rationnel, comme peut l'être l'achat d'un break pour un brocanteur, d'un monospace pour un père de famille ou d'une Smart pour un citadin ... Un véhicule néo-rétro joue sur l'émotion. Il est essentiellement un produit marketing. Sa principale raison d'être s'affirme surtout par le biais de lourdes campagnes de promotion.

Ce phénomène de retour vers les valeurs du passé est considéré par certains comme une nécessité de retrouver des repères fiables, de renouer avec l'authenticité, de se protéger des incertitudes du futur. Il peut traduire un certains malaise dans un monde jugé agressif qui évolue trop rapidement. L'objet d'aspect rétro leur apporte de l'assurance dans leur choix. En plus de l'objet, le consommateur achète un récit, une histoire avec des émotions, du rêve, de la mélancolie. Il peut aussi avoir le sentiment de dire non au progrès technologique sans fin. C'est sa manière de compenser la folie consumériste, voir de faire valoir sa fibre écologique.


Le succès de la Mini depuis le début des années 2000 de se dément pas, et a donné des idées à de nombreux concurrents.

Contrairement à d'autres tendances stylistiques (le style aviation des Cadillac des années 50, le style carré des Fiat 124/125, le style en coin de la Triumph TR7, le style New Edge de la Ford Cougar ...), le style néo-rétro est appelé à renaître sans fin. Les succès commerciaux d'aujourd'hui feront sans doute l'objet des versions néo-rétro dans quarante ans ...


17. L'omniprésence du néo-rétro dans la société de consommation

Le phénomène néo-rétro n'est pas propre à l'automobile. Il touche d'autres modes de transports (les cycles, scooters et motocyclettes ...), mais aussi l'électroménager, les produits alimentaires, les textiles, les bijoux, les accessoires ... Les plus jeunes générations utilisent volontiers le terme " vintage " pour désigner ces produits à l'aspect rétro. Ce mot fut un temps utilisé pour indiquer tout ce qui avait plus de vingt ans. Aujourd'hui, il désigne de nombreux produits industriels, dotés des techniques actuelles mais à l'aspect rétro.


Cycle " vintage " fabriqué chez Blume en Italie


18. Quelques délires captés sur le Web

Si vous souhaitez exposer une de vos oeuvres ici : mariobonao@gmail.com


Tucker - http://romain.bourbon.blogspot.fr


Buick - http://romain.bourbon.blogspot.fr


Bugatti Stratos - http://hypercars.fr


19. Définir une segmentation, un exercice périlleux

Il est tentant de définir trois grands groupes d'automobiles au style néo-rétro. Le premier rassemble les automobiles qui s'inspirent manifestement d'un modèle ayant déjà existé. C'est le cas des Fiat 500, VW New Beetle, Mini de BMW, Camaro 2009, Ford GT, et des concept-cars Renault Fiftie, Volkswagen Microbus, etc ...

Le deuxième intègre d'autres automobiles pour lesquelles seuls quelques détails stylistiques rappellent un ancêtre. La Chrysler 300 C, la Lancia Thesis, la Toyota Origin, les concept-cars Peugeot 4002 et Lincoln Mk X, etc ...

Enfin, un troisième groupe réunit des voitures dont seul l'esprit général et la philosophie peuvent se rapprocher d'un modèle du passé. Aston Martin DB7 Vantage Zagato, Mazda MX-5, Cadillac Séville, Nissan Figaro, Jaguar XJ S par Pininfarina, etc ...

Cette diversité montre à quel point le style néo-rétro n'a rien de restrictif, et peut rassembler un large éventail de créations. 


20. Statistiques

L'inventaire qui suit constitué de 65 cas n'a aucun caractère définitif. Il se limite aux modèles qui peuvent faire l'objet d'un rapprochement avec un véhicule du passé.  Si vous souhaitez émettre un avis, si vous en connaissez d'autres ... : marioboano@gmail.com

Une statistique sur cet échantillon montre que 32 % des modèles exposés ici sont américains, 20 % italiens, 14 % allemands, 12 % japonais, 11 % britanniques et seulement 6 % français. Environ 40 % ont atteint le stade de la moyenne ou grande série. 90 % des voitures de cette liste trouvent leur inspiration dans la période d'après la seconde guerre mondiale. Les années 50 et 60 semblent être une source d'inspiration sans fin.


Année de présentation du modèle original

Le phénomène néo-rétro n'est pas pas pour l'instant près de s'épuiser, chaque année apportant son lot de " nouveautés " dans ce domaine. 77 % des modèles de ce dossier sont postérieurs à l'année 2000.


Année de présentation du modèle néo-rétro

Dans notre échantillon, en moyenne, 45 années passent entre le modèle original et sa version néo-rétro.


Nombre d'années entre le modèle initial et le modèle néo-rétro


21. Inventaire

Interlagos (1961), Willys AW 380 (2014)

La présentation de cette voiture au Salon de Bologne en décembre 2014 fut de nature à troubler les esprits, à une époque où l'on ne cessait d'évoquer le retour d'Alpine sur le devant de la scène. Sans l'accord de Renault, et évidemment sans la moindre concertation avec le constructeur français, deux anciennes gloires disparues de la carrosserie italienne, Viotti et Maggiora, présentaient une interprétation " néo rétro " de la Berlinette Alpine A110, sous le nom de Willys AW 380 Berlineta, en référence aux Willys Interlagos des années 60.


Aston Martin DB5 (1963) / David Brown Automotive (2014)

L'Aston Martin DB5 a été rendue célèbre grâce à James Bond. Elle fut produite à 1021 exemplaires de 1963 à 1965, en coupé et en cabriolet, mais aussi dans une rarissime version Shooting Brake. David Brown, qui n'a aucun lien de parenté avec le " véritable "  David Brown (1904/1993), le PDG d'Aston Martin de 1947 à 1972, profite de son homonymie pour faire revivre ce mythe des années 60. Son modèle Speedback est basé sur la Jaguar XK. Les lignes sont clairement inspirées de son aînée, même si la  grille de calandre n'adopte pas la forme traditionnelle.


BMW 328 (1936) / BMW 328 Hommage Concept (2011)

L'emblématique BMW 328 a servi de caution à ce concept car mi rétro, mi futuriste, présenté en 2011 au célèbre Concours d'Elégance de la Villa d'Este, 75 ans après l'original. La calandre en double haricot, les ceintures du cuir sur le capot, le pare-brise en deux parties sont autant de clins d'oeil au passé. Le dessin est attribué à Adrian van Hooydonk, successeur de Chris Bangle à la tête du style BMW.


Chevrolet Camaro (1967) / Chevrolet Camaro (2009)

La Chevrolet Camaro apparaissait sur le marché US en 1967, pour contrer la Ford Mustang qui faisait alors un tabac depuis 1964 dans la catégorie nouvelle des " pony car ". Après quatre générations, la Camaro prenait une retraite méritée en 2002, avant que la General Motors ne décide de raviver la flamme en 2009, avec une nouvelle version rappelant étrangement son ancêtre né 42 ans plus tôt.


Fiat 500 (1957) / Fiat 500 (2007)

LE succès incontesté de la nouvelle vague néo-rétro. Fiat a su avec brio dessiner une auto aux charmes indéniables, techniquement pertinente, lancée commercialement grâce à un marketing moderne. Depuis 2007, la Fiat 500 a redonné des couleurs à son constructeur, qui ne proposait jusqu'alors que la Nème version de la Punto, la tout sauf sexy Croma, la nippo italienne Sedici, l'étrange Multipla, la camionnette Ulysse ...


Chrysler 300 C (1957) / Chrysler 300 C (2004)

Née en 1955, la Chrysler 300 fut ainsi nommée en raison des 300 ch issus de son V8 Hemi. Modèle le plus puissant du groupe, elle se fit une belle réputation sur les plus prestigieux circuits américains. En 1957, elle devenait 300 C, et connut une descendance régulière jusqu'au milieu des années 60.  Depuis 2004, cette sculpture sur roues impose sa gueule d'enfer dans nos rétroviseurs ...


Aston Martin DB4 GT Zagato (1960) / Aston Martin DB7 Vantage Zagato (2002)

La relation entre Aston Martin et Zagato, c'est une longue histoire d'amour qui a débuté au Salon de Londres en 1960, avec la DB4 GTZ, rare (19 exemplaires), belle, légère, et puissante. Après plus de vingt ans de silence, et une traversée du désert pour les deux marques, une nouvelle Aston Martin V8 Zagato voyait le jour en 1986 (89 unités). Aston et Zagato remettaient le couvert en 2002 avec cette DB7 Zagato, (99 voitures produites).


AC Cobra (1962) / Ford Shelby Concept (2004)

Carroll Shelby (11/01/1923 - 10/05/2012), vainqueur des 24 Heures du Mans 1959 sur Aston Martin, cessait pour raison de santé la compétition en 1960, et se consacrait au développement d'une voiture américaine capable de battre les Ferrari. Ce fut l'AC Cobra, croisement d'un châssis britannique et d'un V8 Ford Fairlane. En 2004, Ford nous rappelait à ces lointains souvenirs avec un concept-car aux lignes hélas trop neutres.


Mercedes 300 SLR (1955) / Mercedes SLR Stirling Moss (2008)

En 2008, la Mercedes SLR fut déclinée dans une ultime version SLR Stirling Moss, en mémoire au célèbre pilote du même nom né en 1929, qui remporta les Mille Miglia 1955 au volant d'une 300 SLR. Dépourvue de pare-brise et de tout vitrage, il s'agissait d'une véritable barquette. Mercedes prévoyait d'en produire soixante quinze exemplaires, à 750 000 euros l'unité.


Chevrolet Nomad (1956) / Chevrolet Nomad Concept (2004)

Nomad, c'est le nom d'un concept car datant de 1954, sur base Corvette. Son style fut adapté en 1955 sur la Bel Air, pour en faire au sein de la gamme Chevrolet un véhicule porteur d'une image forte, réservé à quelques " happy few ". Le succès fut mitigé avec 22375 exemplaires produits en trois ans.  Si l'esprit était encore bien présent, les lignes du concept-car de 2004 paraissaient bien dénaturées car trop lisses par rapport à l'original.


Alfa Romeo 1900 Disco Volante (1952) / Alfa Romeo Disco Volante Touring (2012)

Alfa Romeo et Touring créaient en 1952 la Disco Volante sur base Alfa 1900. La dizaine de modèles de course assemblés se distinguèrent en compétition, aux mains, entre autres, de Fangio. Le faible rapport poids / puissance (760 kg / 250 ch) fit des merveilles. Touring, qui renaît de ses cendres depuis 2007, exposait à Genève en mars 2012 une carrosserie conçue pour habiller un châssis moderne d'Alfa Romeo 8C, qui rappelle son ancêtre né soixante ans plus tôt,


Renault 4 (1963) / Nissan PAO (1987)

Nissan dévoilait la PAO (prononcez Pow) au Salon de Tokyo en 1987. Cette Micra habillée façon rétro fut vendue sur réservation à partir de 1989, et succès aidant, en seulement trois mois. Environ 10000 exemplaires virent le jour jusqu'en 1991. Ses lignes évoquaient les petites voitures européennes des années 60, en particulier la Renault 4. A Tokyo, il était aussi chic de se balader en PAO qu'en 4L Parisienne dans notre capitale, vingt ans plus tôt.


Alfa Romeo Giulia TZ2 (1965) / Alfa Romeo TZ3 Stradale (2011)

Zagato, désormais un spécialiste des petites séries de prestige, dévoilait en 2011 l'Alfa Romeo TZ3 Stradale, dotée du V 10 de la Dodge Viper. Le carrossier prévoyait d'en assembler neuf exemplaires, plus sûrement dotés d'un V8 Maserati. Zagato s'est inspiré pour cette création de l'Alfa Romeo Giulia TZ2, une version de compétition de 1965, conçue et produite en douze exemplaires dans ses ateliers quarante six ans auparavant.


Volkswagen Combi (1950) / Volkswagen Microbus (2003)

Présenté en 2003, le projet Microbus de Volkswagen devait être commercialisé à l'horizon 2007.  Ses proportions et son museau tout en rondeur évoquaient le fourgon Volkswagen des origines (1950), devenu durant les " sixties " le véhicule symbole de la culture hippie. Avec son V6 de 235 ch, il aurait essentiellement visé le marché nord américain. Hélas, le constructeur allemand en décida autrement.


Ford Bronco (1973) / Ford Bronco Concept (2004)

Avec les Chevrolet Blazer et Dodge Ramcharger, le Ford Bronco était à la base de l'offre en 4 x 4 des Big Three durant les années 70 et 80. Présenté en 1965, et régulièrement remis au goût du jour, sa production fut arrêtée en 1996. Ford exposait en 2004 une nouvelle mouture, qui tentait de se réapproprier l'esprit d'origine, avec toutefois une certaine maladresse tant l'engin faisait penser à un gros jouet pour enfant. Heureusement, aucune commercialisation ne fut sérieusement envisagée sous cette forme.


Ferrari Testa Rossa (1958) / Pininfarina Rossa (2000)

La Ferrari 250 Testa Rossa de 1957 est avec la GTO l'un des modèles les plus titrés du constructeur au cheval cabré. Grâce à son V12 de 300 ch, elle s'imposa au Mans en 1958, 1960 et 1961. Pininfarina, lié depuis toujours avec Ferrari, ne pouvait ignorer une telle légende. A défaut de lui ressembler, la Pininfarina Rossa de 1999 construite sur une base de Ferrari 550 Maranello en reprenait l'esprit.


BMW 507 (1955) / BMW Z8 (2000)

Oeuvre du designer allemand Albrecht von Goertz, la BMW 507 exposée au salon de Francfort en 1955 ne fut pas à la hauteur des espoirs que les dirigeants de la firme portaient en elle. Produite à 254 exemplaires jusqu'en 1959, elle contribua par un prix de revient trop élevé à plomber encore un peu plus les finances déjà en péril de son constructeur. Heureusement, sa grande soeur, la Z8, rencontra un succès plus net avec 5703 voitures fabriquées entre 2000 et 2003.


Peugeot 402 (1935) / Peugeot 4002 (2002)

La Peugeot 402 née en 1935 s'inscrivait dans le style" Streamline " initié aux Etats Unis par la Chrysler Airflow. Elle fut l'une des rares automobiles européennes à suivre ce mouvement. Sa carrière s'acheva au début de la guerre. La 4002 présentée en 2002 au Mondial de Paris était un concept-car non motorisé, issu d'un concours de design ouvert au public, qui adoptait comme son ancêtre le principe des feux cachés derrière une calandre inclinée. 


Toyota Land Cruiser Station Wagon (1967) / Toyota FJ Cruiser (2003)

Le Land Cruiser de Toyota est sur le marché du 4 x 4 aussi emblématique que la Jeep ou le Land Rover. Une version plus volumineuse, le FJ, fut proposée à partir de 1967. Au Salon de Détroit 2003, le constructeur japonais revisitait à sa manière ce véhicule. Face à une forte demande, Toyota décidait de la produire en série. Il est diffusé à dose homéopathique en France via des concessionnaires indépendants du réseau officiel Toyota.


Chrysler d'Elegance (1953) / Chrysler Chronos Concept (1998)

La naissance de la Chrysler d'Elegance est due aux talents conjugués de trois fortes personnalités : Virgil Exner, patron du style chez le troisième constructeur américain, Mario Boano et Luigi Segre, dirigeants de la carrosserie Ghia en Italie. Ses formes basses et fluides, sa calandre béante et ses ailes rebondies furent reprises avec succès sur le concept car Chronos en 1998.


Pontiac GTO (1969) / Pontiac GTO Concept (1999)

Aux States, GTO est synonyme de " muscle car ". La GTO américaine qui n'a rien à voir avec la GTO de Maranello doit son existence à la volonté du célèbre John De Lorean, alors ingénieur en chef de la division Pontiac, de sortir la marque de son marasme. Le constructeur n'avait pas prévu l'engouement immédiat pour ce type de véhicule, et se trouva dans l'obligation de réviser ses estimations de production. Trente ans plus tard, le  style Pontiac semblait bien à la dérive avec le concept-car GTO, agressif, baroque, caricatural, qui avait plus sa place dans un jeu vidéo que sur la route. 


Chevrolet Corvette (1963) / Rossi SixtySix (2010)

La Chevrolet Corvette de 1963 présentait la particularité d'être équipée d'une vitre arrière en deux parties. Il s'agissait aussi de la première année de production pour cette deuxième génération de Corvette (1963-1967), dessinée sous l'autorité de Bill Mitchell. Ces deux particularités en font un modèle encore aujourd'hui très désirable. La Rossi SixtySix, sorte de réplique artisanale, tarde à voir le jour, malgré un prix annoncé proche de 100 000 dollars. Au programme V8 de 6 litres et 400 ch.


BMW Turbo (1972) /  BMW M1 Hommage (2008)

Après avoir travaillé avec le styliste français Philippe Charbonneaux, puis chez Mercedes (le style des 600 et SL Pagode, c'est lui) et Brissoneau et Lotz, le bordelais Paul Bracq prenait la tête du style BMW en 1970. Son concept car " Turbo " de 1972 marquait durablement les esprits. Il inspira en 1978 le dessin de la M1. Un hommage pour le moins douteux était rendu à ces deux voitures en 2008 par le biais du concept-car " M1 Hommage ".


Jaguar Type E (1961) / Vizual Tech Growler E (2011)

Malgré le mythe qui entoure la Jaguar E (1961-1975), et contrairement aux AC Cobra, Ferrari GTO et autre Porsche Speedster, celle-ci ne fut que rarement " répliquée ". Vizual Tech, une entreprise suédoise, aborda la question différemment, en dessinant une version inédite, aux lignes  modernisées, dotée d'un moteur Jaguar XJR Supercharged. Les créateurs de la Growler E se mirent en quête de riches amateurs susceptibles de financer une production à petite échelle.

Par bonheur, le prototype évolua pour donner naissance à la Lyonheart (2015), disponible en coupé et en cabriolet, équipée d'un V8 Jaguar poussé à 575 ch chez Cosworth. Vendue 360 000 euros pièce, elle ne devrait pas être produite à plus de 250 exemplaires.


Hot Rod (années 40/50) / Plymouth Prowler (1993)

Un hot-rod est une voiture ancienne, largement modifiée tant au niveau du moteur que de l'apparence extérieure. Le phénomène hot-rod était profondément ancré dans la culture de la jeunesse américaine, essentiellement après la seconde guerre mondiale. La Plymouth Prowler se voulait une interprétation contemporaine de ces engins. Mais pour la première fois, il s'agissait d'une production en série et non pas de constructions unitaires, puisque 11 702 exemplaires virent le jour entre 1997 et 2002.


BMW 328 Mille Miglia (1939) / BMW Mille Miglia Coupe Concept (2006)

Les Mille Miglia (1000 miles romains, soit environ 1500 kg) était une célèbre course disputée sur route ouverte en Italie. Il y eut vingt quatre éditions de cette compétition entre 1927 et 1957. Un coupé 328 habillé par Touring remportait la victoire en 1940. En mémoire de cet évènement, BMW présentait en 2006 à Brescia, au départ de l'édition historique de la course, un concept car évoquant son aînée. Le très controversé Chris Bangle était encore à la tête du design BMW ...


 Toyopet Crown (1955) / Toyota Origin (2000)

La Toyota Origin puise son inspiration dans les gènes de son illustre aïeule, la Toyopet (ancien nom de Toyota) Crown de 1955. L'Origin commémorait la cent millionième voiture produite par la marque. Elle disposait de toute les technologies les plus modernes, de l'ABS au système de navigation, en passant par un performant six cylindres Lexux.


Volkswagen Beetle (1938) / Volkswagen Beetle (1994)

La voiture du peuple (Volkswagen), voulue par Adolph Hitler, et conçue par Ferdinand Porsche, fut produite de 1938 à 2003. C'est avec la Ford T un des best-sellers de tous les temps (plus de 21 millions d'exemplaires). En 1994, alors que l'originale était encore en production au Brésil (elle avait disparu des chaînes allemandes en 1978), VW présentait la Concept 1, prototype annonçant la New Beetle. Les premières livraisons du modèle de série débutaient aux Etats Unis en 1998. Sa production était assurée dans une nouvelle usine installée à Puebla au Mexique.


Volga M21 (1955) / Volga A:Level (2001)

La Volga M21 était une voiture russe, d'inspiration américaine, produite à partir de 1955. La M21 et ses dérivés alimentèrent pendant plusieurs décennies le parc des administrations, et servaient aux déplacements des cadres du parti. On la vit peu en dehors des frontières de l'est. Le constructeur indépendant A:Level proposait en 2001 un modèle inspiré par l'esthétique de la M21, mais avec une mécanique d'origine BMW 850 CSi.


Daimler Empress MK II (1951) / Cadillac Séville (1979)

La seconde génération de Cadillac Séville dévoilée au mois de septembre 1979 s'inspirait des créations britanniques des années 50. Le constructeur américain avait puisé ses idées dans un passé et une histoire qui ne lui appartiennent pas. En effet, ce type de ligne était plutôt en vogue sur les Daimler, Rolls Royce ou Bentley d'après guerre, le plus souvent produites par de prestigieux carrossiers comme James Young, Hooper ou Freestone & Webb.


Bizzarini Grifo 5300 (1966) / Bizzarini Guepardo Concept (2006)

Giotto Bizzarrini est un personnage clé dans l'histoire automobile italienne. Après des premiers pas chez Alfa Romeo en 1954, il rejoignait Enzo Ferrari en 1957, où il participa à la conception de la GTO. Il fit partie de l'équipe de huit ingénieurs qui rompirent en 1961 avec fracas les ponts avec le Commendatore. Après avoir été consultant pour différentes officines (ATS, Lamborghini, Iso Rivolta ...), il fondait sa propre marque. La Grifo 5300 était une de ses créations. Depuis, Giotto Bizzarrini n'a jamais cessé de concevoir des automobiles. La Ghepardo, dessinée dans l'esprit de la Grifo, fut présentée en 2006.


Lancia Stratos (1973) / Fenomenon Stratos (2005) / Lancia Stratos Pininfarina (2010)

Victorieuse du Championnat du Monde des Rallyes en 1974, 1975 et 1976, puis au Championnat d'Europe des Rallyes en 1976, 1977 et 1978, la Lancia Stratos n'a plus rien à prouver. Ses lignes en coins furent élaborées dans les studios de Nuccio Bertone. Au salon de Genève 2005, la société britannique Fenomenon présentait une Stratos modernisée, qui demeura au stade de prototype. En 2010, c'est un homme d'affaire allemand, Michael Stoschek, patron d'un important équipementier automobile, devenu propriétaire du nom Stratos, qui passait commande à Pininfarina d'une nouvelle version construite sur la base d'une Ferrari 430.


Mitsubishi 500 (1959) / Nissan Figaro (1989)

La Mitsubishi 500 fit ses premiers pas au salon de Tokyo en 1959. Longue de 3,14 mètres, elle était entraînée par un bicylindre de 493 cm3 et 21 ch positionné à l'arrière. Nissan semble s'en être inspiré en dessinant la Figaro dévoilée en 1989. Le constructeur japonais avait prévu d'en produire 8000 exemplaires. La demande excédant l'offre, les acquéreurs potentiels durent participer à une loterie. Seuls les vainqueurs avaient le droit de passer commande. Finalement, Nissan céda, et environ 12 000 autres Figaro furent fabriquées.


Ferrari 250 GT Nart Spyder (1965) / Ferrari P540SuperfastAperta (2010)

La Ferrari 250 GT Nart Spyder était un modèle unique destiné à un client fortuné. Elle fut habillée en 1965 sous l'autorité de l'importateur Ferrari aux Etats Unis, Luigi Chinetti, propriétaire du North American Racing Team (Nart). La P540 Superfast Aperta de 2010, une autre " one off ", est la réponse de Ferrari et Pininfarina à la demande d'un amateur américain, séduit par les lignes de la version de 1965.


Auto Union (1938) / Audi Rosemayer (2000)

Bernd Rosemayer participa en 1934 à des épreuves organisées par le département course automobile d'Auto Union, qui était à la recherche de jeunes talents. C'est sur le circuit de l'Avus à Berlin qu'il fit ses débuts au volant d'une Auto Union de Grand Prix. Il devint rapidement l'étoile montante de cette écurie. Sa carrière connut une fin tragique en 1938 lorsqu'il se tua pendant une tentative de record de vitesse. Audi dévoilait en 2000 le concept car Rosemayer, en hommage au pilote disparu prématurément. Il s'agissait d'une maquette qui rappelait les voitures Auto Union de records des années 30.


Jaguar E (1961) / Eagle Speedster (2009)

La Jaguar E est une star des swinging sixties. Cette voiture de sport bon marché, du moins comparée aux Aston Martin et Ferrari contemporaines, est née en 1961. Sa belle carrière fut confirmée par plus de 70 000 exemplaires construits jusqu'en 1975. La société britannique Eagle, spécialiste de la Jaguar E depuis 1982, a entrepris de peaufiner dans le moindre détail la Type E, en la modernisant. A l'origine, il ne s'agissait que de répondre à une demande individuelle, mais face au succès, Eagle se déclare ouvert à d'autres sollicitations.


Gaz 69 (1953) / Gaz 3120 Kombat (2004)

Le Gaz 69 étudié à Gorki à la fin des années 40 fut conçu pour répondre tant à des besoins militaires que civils. Sa production démarra en 1953 pour ne cesser que vingt ans plus tard. Sa robustesse et sa facilité d'entretien en firent un engin très populaire en URSS, mais aussi à travers de nombreux pays dans le monde (Asie, Afrique, Amérique Latine ...). Le Gaz 3120 présenté en 2004 demeura au stade de prototype d'étude. La forme de sa calandre était un sympathique clin d'oeil à son ancêtre.


Ford Mustang Shelby GT 350 et GT 500 (1967) / Ford Mustang GT Shelby (2012)

Caroll Shelby, texan pure souche, pilote de renom, père des AC Cobra, répondait à l'appel du pied de Ford en développant à partir de 1965 une version musclée de la Mustang, afin de mieux contrer la GM et Chrysler sur le marché naissant des muscle cars. En 2004, la Mustang était une nouvelle fois remodelée, dans un style proche des modèles de 1966/67. Même si l'appellation tient plus d'une pure démarche marketing, le nom de Caroll Shelby (décédé le 10 mai 2012) reste de nos jours encore associé à celui de la Mustang.


Renault 4 CV (1946) / Renault Fiftie (1996)

La 4 CV, conçue en pleine clandestinité durant le conflit, est par excellence la voiture populaire française d'après guerre. La production des 1 105 547 exemplaires s'échelonna jusqu'en 1961. Elle fut surnommée en son temps " la motte de beurre ", un qualificatif qui correspond aussi fort bien au concept-car Fiftie dévoilé en 1996 pour célébrer le demi siècle de la 4 CV.


Suzuki Fronte (1967) / Suzuki LC (2005)

La Suzuki LC semble tout droit sortie d'une bande dessinée. Sans lui ressembler trait pour trait, elle s'inspire de la Suzuki Fronte de la fin des années 60, avec sa calandre qui nous sourit. Ses ouies d'aérations sont factices (le moteur est à l'avant), ses flancs blancs évoquent les fifties. L'habitacle respecte l'esprit de l'époque, avec un volant à deux branches, un compteur semi circulaire, une planche de bord on ne peut plus simple, l'absence de console centrale, et un habillage en tissus écossais.


Tatra 603 (1957) / Faurecia Premium Attitude (2007)

La Tatra 603, aujourd'hui considérée comme une espèce d'icône underground, fut produite à 20 422 exemplaires en Tchécoslovaquie de 1957 à 1975. Elle se singularisait par ses lignes aérodynamiques, son haut niveau de confort, et son V8 arrière. Bien que présente sur de nombreux salons européens, elle ne parvint pas se faire une place sur nos marchés exigeants. Faurecia, grand équipementier automobile, dévoilait en 2007 à travers son concept-car Premium Attitude (une 603 revitalisée) les innovations d'aménagements intérieur que le groupe était en mesure de proposer aux industriels de l'automobile.


Ford GT 40 (1966) / Ford GT (2002)

La GT 40 est la voiture des quatre victoires successives de Ford au Mans, de 1966 à 1969. Elle répondait à la volonté de Henry Ford II de vaincre face aux Ferrari sur le fameux circuit de la Sarthe. Depuis, la GT 40 a fait l'objet de nombreuses répliques, de plus ou moins bonne facture. Ford présentait au public en 2002 sa version réactualisée de la GT 40, simplement dénommée GT (paradoxalement, le nom GT 40 ne lui appartient plus). Il en fut produit 4038 exemplaires entre 2004 et 2006.


Jaguar XJ (1968) / Bertone Jaguar B99 (2011)

Jaguar qui disposait d'une gamme pléthorique durant les années 60 fit le choix de simplifier son offre pour la décennie suivante. C'est ainsi que voyait le jour en 1968 la berline XJ, dessinée par William Lyons lui même. Sa ligne qui conciliait pureté et classicisme évolua par petites touches successives jusqu'en 2009, lorsque Jaguar présenta l'actuelle génération, qui rompait définitivement avec l'ancienne. En 2011, à l'occasion de ses 99 ans, la carrosserie Bertone rendait un bel hommage à la Jaguar XJ, avec un brin de nostalgie, au travers du concept-car B99.


 Citroën Type H (1948) / Citroën Tubik (2011)

Indissociable du paysage automobile français pendant près d'un demi siècle, le Type H de Citroën fut produit en 473 289 exemplaires dans l'usine parisienne de Javel, de 1948 à 1981. Doté de la traction avant, avec sa carrosserie en tôle ondulée très résistante, il fit le bonheur de nombreux commerçants ambulants, et servit accessoirement de panier à salade pour la police. Le Tubik présenté à Francfort en 2011 est évidemment à des années lumières du Type H, mais il n'en demeure pas moins une intéressante interprétation futuriste.


Mini (1959) / Mini (1997)

La Mini originale, conçue par l'ingénieur Alec Issigonis, fut produite à plus de 5 millions d'exemplaires entre 1959 et 2000, sous différentes marques (Austin, Morris, Leyland, Innocenti, Rover ...). En 1994, BMW reprenait les reines du groupe Rover en difficulté, et trouvait dans son escarcelle la Mini. Un premier prototype de la nouvelle Mini fut présenté en 1997. Depuis 2001, la MINI (en majuscule) est une marque à part entière du groupe BMW, qui a déjà fabriqué plus de deux millions de voitures dans plusieurs versions : break, cabriolet, roadtser, SUV et coupé,


Duesenberg Duble Phaeton Cowl (1929) / Chrysler Newport Dual Cowl Phaeton par Le Baron (1941) / Chrysler Phaeton (1997)

La Newport Dual Cowl Phaeton fut présentée en 1941. Cinq exemplaires de cette voiture de la fin de l'époque streamline furent fabriqués, dont deux avec des phares escamotables. Le styliste Alex Tremulis, auteur des lignes de la Tucker, participa à ce projet. Cette Newport constituait déjà à son époque un clin d'oeil à une autre classique, la Duesenberg Double Phaeton Cowl de 1929. La Chrysler Phaeton de 1997 qui s'en inspire est l'un des innombrables concept-cars imaginés par Chrysler durant les années 90. 


Ford Thunderbird (1955) / Ford Thunderbird (2000)

La Thunderbird de 1955 était la réponse de Ford à la Corvette commercialisée par Chevrolet à partir de 1953. Elle demeura un objet extrêmement séduisant jusqu'en 1957, avant de devenir une banal coupé de luxe pour père de famille, et ce jusqu'en 1997. Après une absence de 5 ans, la " T Bird " était de retour sur le marché en 2002, dans un style qui évoquait la version initiale. Après une belle première année de commercialisation, le public se détourna de ce modèle. Ford préféra jeter l'éponge en 2005, après en avoir produit 67 518 exemplaires.


Maybach SW 38 (1938) / Maybach Exelero (2005)

Maybach dévoilait au salon de Francfort 2005 l'Exelero, une étude de style mais surtout une voiture de record, construite à la demande du fabriquant de pneumatiques Fulda. Son style rappelait la Maybach SW 38 de 1938, déjà assemblée à l'époque pour le même industriel du pneumatique. L'Exelero atteignit 350 km/h sur le circuit de Nardo le 1er mai 2005, performance remarquable pour ce monstre de 5,89 mètres de long et de 2730 kg. Le V12 Maybach fut pour l'occasion porté à 700 ch, au lieu de 612 ch sur le modèle de série.


Jaguar Mk II (1959) / Jaguar S Type (1963) / Jaguar S Type (2000)

La Jaguar S Type (1963-1968) se voulait une version plus luxueuse de sa soeur la Mk II (1959-1968), sans pour autant avoir la taille ni le coût d'entretien de l'immense Mark X. Sa dénomination fut reprise pour désigner un nouveau modèle Jaguar en 1999, situé un cran en dessous de la légendaire XJ. La nouvelle S Type permettait au constructeur britannique de démocratiser son offre et de développer ses volumes de vente. L'esthétique de la nouvelle venue était plus proche de celle de la Mk II avec sa calandre bombée et son arrière court.


Lotus Elan (1962) / Mazda Miata MX-5 (1989)

Lorsqu'il s'agit d'évoquer le succès que rencontre depuis 1989 la Mazda MX-5  (vendue sous le nom de Miata aux USA), un rapprochement est généralement établi avec l'image de voiture de sport simple, efficace et abordable qu'a laissé dans l'histoire la Lotus Elan. Esthétiquement, les deux voitures possèdent des formes rondes et sensuelles, sans aucun angle vif. Avec la MX-5, Mazda a su exploiter avant ses concurrents un créneau de marché laissé vacant depuis la disparition des Triumph Spitfire et autre MGB.


Lancia Fulvia (1965) / Lancia Fulvia (2003)

La Lancia Fulvia fut d'abord vendue sous la forme d'une berline moyenne à partir de 1963. Deux ans plus tard, pour respecter les usages de la maison, le coupé fit son apparition. Celui ci ne tarda pas à marquer son époque par de nombreuses victoires en rallye. En version routière, le coupé Fulvia séduisait par l'élégance de ses lignes basses et lumineuses. Sa production s'acheva en 1976 avec environ 170 000 voitures au compteur. Lancia, alors au creux de la vague (en est il sorti aujourd'hui ?), proposait au salon de Genève 2003 une interprétation moderne de son coupé. Cette version fit rêver plus d'un amateur, mais le projet demeura malheureusement dans les cartons.


Lincoln Continental (1961) / Lincoln Sentinel (1995)

Les arêtes vives et les volumes structurés de la Lincoln Sentinel semblent avoir été empruntés à la Continental de 1961, sans doute le chef d'oeuvre esthétique de la marque américaine, du au crayon inspiré de Elwood Engel, chef designer de Lincoln de 1961 à 1974. En effet,après les errements de la fin des années 58/60, la Continental 1961 fit l'objet lors de sa commercialisation d'un véritable engouement par son audace et sa modernité.


Jaguar D Type (1954) / Jaguar XJ 12 Roadster par Pininfarina (1978)

La Jaguar D Type a largement contribué à la notoriété de Jaguar, grâce à ses victoires au Mans en 1955, 1956 et 1957. Elle succédait sur les circuits aux XK 120 et C Type. Son dessin fluide était le résultat des études de l'aérodynamicien Malcom Sayer. La Jaguar XJ 12 Roadster fut présentée au Salon de Birmingham en octobre 1978. Elles réalisait un étonnant compromis entre les lignes traditionnelles de la D Type et les formes plus modernes issues de récentes études aérodynamiques.


Ferrari 330 P3/P4 (1967) / Ferrari P4/5 Pininfarina (2006)

Les Ferrari P désignaient les voitures " sport prototype " engagées par le constructeur italien durant les années 60. Avec la Ford GT 40 et l'AC Cobra, il s'agit de l'une des sportives les plus " répliquée " depuis quarante ans. En 2006, Pininfarina abordait de nouveau ce thème avec une supercar " modernisée ", réalisée en un seul exemplaire pour le réalisateur de cinéma américain James Glikenhaus, déjà propriétaire d'un modèle original.


Shelby Cobra Daytona (1964) / Ford Shelby GR-1 Concept (2005)

La Shelby Cobra Daytona était un coupé basé sur un châssis d'AC Cobra. Elle fut construite pour la course automobile en six exemplaires entre 1964 et 1965, en particulier pour contrer la Ferrari 250 GTO en catégorie Grand Tourisme. Ses formes aérodynamiques lui permettaient de lutter à arme égale avec sa concurrente italienne. Ford présentait en 2005 la Shelby GT1, une interprétation moderne du modèle original. Cette belle voiture argentée demeura au stade de concept-car.


Citroën 2 CV Fourgonette (1951) / Nissan S Cargo (1989)

La 2 CV Fourgonnette a été commercialisée en 1951. Elle évolua jusqu'en 1977 parallèlement à la 2 CV quatre portes, avant d'être remplacée par l'Acadiane. La Nissan S Cargo (Small Cargo ou Escargot, comme vous voulez), à défaut de lui ressembler trait pour trait, s'en inspirait. Dotée comme son modèle d'un volant à une branche, l'S Cargo parvint à  séduire environ 12 000 clients, essentiellement japonais. entre 1989 et 1992.


Bertone BAT 5 (1953) / Bertone BAT 11 (2008)

Les BAT 5, BAT 7 et BAT 9 (Berlina Aerodinamica Tehcnica) sont des prototypes de salon, fruit d'une collaboration entre Alfa Romeo et Bertone. Ils furent respectivement présentés en 1953, 1954 et 1955. Il s'agissait pour leurs concepteurs d'imaginer des voitures avec un coefficient de traînée le plus faible possible. En 2008, alors que la prestigieuse maison de carrosserie se débattait dans les pires difficultés, la BAT 11, une évocation moderne des BAT des années 50, était dévoilée à Genève en mars, en dehors du cadre habituel du salon, faute de moyen pour louer un stand.


Dodge Challenger (1970) / Dodge Challenger (2005)

La Dodge Challenger appartient à la faille des " pony car ". Sa version originale fut produite de 1970 à 1974. Elle est aujourd'hui un collector pour les amateurs américains. Son image est si valorisante que le groupe Chrysler n'hésita pas à ressusciter ce modèle en 2008, tout comme Ford avec la Mustang et General Motors avec la Camaro.


Citroën 2 CV Charleston (1983) / Citroën C3 Pluriel Charleston (2008) / Citroën Revolte (2009)

Citroën produisit cette icône de l'industrie automobile française de 1948 à 1990 à plus de 5 millions d'exemplaires. Pour animer les ventes en fin de carrière, quelques séries spéciales furent proposées, dont la Charleston à partir du Salon de l'Automobile 1980. Son succès fut tel qu'il incita Citroën à l'intégrer à son catalogue en 1982. Le constructeur remettait le couvert en 2008 avec la série limitée C3 Pluriel Charleston, qui reprenait les mêmes teintes façon années folles.

De nouveau en 2009, la firme aux chevrons qui jusqu'alors ne nous avait pas habitué à mettre en valeur son patrimoine, dévoilait à Francfort la Revolte, interprétation moderne d'une voiture aux moeurs pourtant paisibles. 


Honda N 360 (1966) / Honda EV-N (2009)

La Honda N 360 présentée au salon de Tokyo 1966 était une petite voiture japonaise (2,97 mètres) dotée à l'origine d'un bicylindre quatre temps de 31 ch. Elle répondait parfaitement à une nouvelle réglementation destinée à désengorger les villes, qui favorisait les voitures de moins de trois mètres et d'une cylindrée inférieure à 360 cm3. En 2009, Honda exposait la EV-N, une voiture électrique à l'état de concept-car. Avec sa bouille sympathique, elle rendait hommage à la N 360.


Bugatti 57 Atlantic (1936) / Chrysler Atlantic (1995)

Grâce à la 57, l'usine Bugatti de Molsheim vécut ses dernières belles années. L'Atlantic, un des modèles les plus rares de cette lignée avec trois voitures produites, fut à l'origine d'un véritable électrochoc visuel. Rien de ce que le monde automobile avait produit jusque là ne lui ressemblait. Equipée d'un compresseur, elle pouvait théoriquement dépasser les 200 km/h, un sommet jamais atteint en 1936 par un modèle non spécifiquement imaginé pour la compétition. Sans aucun complexe, Chrysler reprenait la désignation Atlantic pour désigner un prototype de salon dévoilé en 1995, dont les lignes s'inspiraient de la sublime création de Jean Bugatti.


Ferrari GTO (1962) / Vandenbrink GTO (2006)

Ferrari est unanimement reconnue comme la marque la plus mythique du sport automobile d'après guerre. La GTO est demeurée la voiture la plus mythique jamais construite par Ferrari .... Elle était performante, rapide, robuste, polyvalente et pour ne rien gâcher belle, agressive et sensuelle. Produite à trente neuf exemplaires de 1962 à 1964, la GTO permit à la Scuderia d'être trois fois championne du monde en GT (1962/63/64). Evidemment, depuis 50 ans, la GTO fut " répliquée " avec plus ou moins de bonheur par une multitude d'artisans. Seul la société néerlandaise Vandenbrink osa la redessiner complètement en conservant une part de l'ADN original.


Chevrolet Pick Up (1948) / Chevrolet SSR (2003)

Le Chevrolet SSR (Super Sport Roadster) est issu d'une prototype du même nom exposé au Salon de Détroit en 2000. L'intérêt du public fut immense lors de sa présentation, et incita la GM à proposer chez ses dealers cet engin au design néo-rétro doté d'un toit repliable mécaniquement. La réalité du terrain fut plus rude, car une fois chez les concessionnaires, pas grand monde ne s'intéressa à ce pick-up à la charge utile dérisoire et au confort de conduite relatif. Il fut tout de même produit à 24 150 exemplaires entre 2003 et 2006.


Lancia Aurelia (1950) / Lancia Thesis (2001)

La Lancia Aurelia fut présentée en version quatre portes au salon de Turin en 1950. Elle se démarquait de la sportive Alfa Romeo 1900, sa principale concurrente, par une finition et un confort d'un niveau supérieur. Sa carrosserie sobre et élégante était dominée par une imposante calandre. La Lancia Thesis de 2001 souhaitait renouer avec ce passé prestigieux. Hélas, ses lignes peu conventionnelles ne firent pas l'unanimité, face à une concurrence germanique mieux installée.


Austin FX 4 (1958) / Subaru Pleo Nesta (2003)

A partir des années 90, les japonais commencèrent à habiller des modèles de grande série de calandres à l'ancienne. Ils cherchèrent leur inspiration dans le passé des marques occidentales. On vit ainsi apparaître des Toyota Yaris affublées d'une calandre façon Citroën 2 CV (Modellista VF 130), des Daihatsu Opti Classic avec une face avant de Lancia .. et cette Subaru Pleo Nesta façon taxi Austin FX4.


Lincoln Continental Four Door Convertible (1961) / Lincoln Mk X Concept (2004)

Le concept car Lincoln Mk X avait un temps laissé espérer le retour d'un grand coupé à toit rétractable au sein du label de luxe du groupe Ford. Le dessin de sa calandre prenait la forme d'un clin d'oeil aux modèles de 1961. Hélas, Lincoln fit l'impasse sur cette opportunité, et se concentra sur le marché plus porteur des SUV, allant jusqu'à reprendre cette désignation Mk X dans son catalogue pour un de ces ennuyeux 4 x 4.


Lamborghini Miura (1966) / Lamborghini Miura Concept (2006)

Après avoir produit les conventionnelles 350 GT et 400 GT, Ferrucio Lamborghini allait enfin véritablement marquer les esprits avec la Miura. Jusqu'alors, une voiture de sport, c'était essentiellement un habitacle reculé derrière un long capot. Celui de la Miura était au contraire rejeté vers l'avant, pour faire de la place au moteur central arrière, un type d'implantation alors inédit sur une voiture de grand tourisme. En 2006, à l'occasion des 40 ans de la Miura, le constructeur italien s'égarait un présentant un revival sans grand intérêt de son modèle phare, le temps d'animer quelques salons automobiles.

Retour au sommaire du site