Néo-rétro
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Le mythe français par excellence, la Citroën 2 CV. Copyright L'évolution des styles, dans le temps L'après guerre fut une période de vaches maigres. Le style était sérieux, voir austère (Renault 4 CV, Peugeot 203 ...). Les matières premières faisaient encore défaut, et la demande de voitures neuves était si forte que l'aspect extérieur n'était pas la préoccupation première. Dès le milieu des années 50, les teintes pastels, les chromes et les ailerons firent leur apparition (Simca Aronde, Fiat 500 ...), procurant au paysage automobile un peu de gaieté. Les années 60 furent celles des formes plus plates et rectilignes (Chevrolet Corvair, Simca 1000, Peugeot 404, ...). Les années 70, marquées par deux crises pétrolières successives, virent un retour, à l'exception de quelques oeuvres à l'esthétique cunéiforme typée (Fiat X 1/9, Lotus Esprit, Triumph TR7, Citroën BX ...) à un style plus aseptisé, sans originalité, mais avec de nouvelles teintes plus vives et la consécration du noir mat.
Fiat 131, 1974. Ces formes cubiques caractérisèrent les productions Fiat pendant près de vingt ans, de la 124 de 1966 à l'Argenta de 1985. Copyright La recherche d'une automobile plus fonctionnelle symbolisa les années 80. Recherche d'aérodynamisme et bio design faisaient bon ménage. L'ensemble des pièces s'intégraient mieux au style général. Le développement de l'électronique et la multiplication des équipements posa rapidement le problème de l'augmentation du poids des voitures. L'allègement des matériaux utilisés contribua à palier à cet inconvénient.
L'arrivé des premières Ford Sierra sur le marché marqua une rupture. Copyright Les années 90 virent un retour vers des formes plus expressives, plus douces et plus rondes. Les constructeurs commencèrent à se souvenir de la richesse de leur patrimoine. C'est dans ce contexte que le style néo-rétro se développa, après ses vrais premiers pas au milieu des années 80 chez les constructeurs japonais. L'évolution des styles, dans l'espace Les pays grands producteurs d'automobiles ont marqué chacun à leur manière le design automobile. Les Etats Unis ont longtemps été le pays de l'exubérance. L'Allemagne a depuis toujours privilégié la sévérité et la fonctionnalité. Excepté le cas des roadsters britanniques exportés par bateaux entiers aux States, la Grande Bretagne s'est trop souvent cantonnée dans un design peu lisible en dehors de ses frontières. La France a régulièrement fait preuve d'initiative, en créant des objets anticonformistes, en cassant les codes établis, avec plus ou moins de succès. Si notre pays a été celui des belles carrosseries avant guerre, ce privilège lui a été subtilisé à partir des années 40 par les talentueux italiens, à l'origine de formes unanimement reconnues comme classiques, élégantes et chics. Les japonais, arrivés tardivement sur la scène automobile internationale, se sont contentés de picorer à travers le monde différentes idées, sans réellement imposer leur style. Le mouvement néo-rétro est international, et s'applique tant en Europe qu'aux Etats Unis ou au Japon. Seuls les pays où la production de masse est un phénomène plus récent (Corée, Chine, Amérique du Sud ...) sont restés pour le moment à l'écart de cette tendance.
Les français ont longtemps cultivé leur différence, comme en témoigne la Renault 16 et sa fameuse cinquième porte. Copyright La préhistoire du néo-rétro Le style néo-rétro peut se définir comme une alliance entre l'ancien et le moderne, entre des lignes du passé et la technologie du moment. Le renouvellement perpétuel de la mode alimente ce phénomène. Un véhicule " rétro " ne peut exister que si en son temps un véhicule " néo " a vu le jour. Ettore Bugatti fut par exemple un précurseur de cette tendance, en étant le premier à dessiner des carrosseries dont les lignes s'inspiraient ... des fiacres hippomobiles.
Ettore Bugatti dessina lui même cette carrosserie pour un modèle de Type 13. Copyright Après quelques tentatives sans lendemain durant les années 50 et 60 (Gaylord, Duesenberg ...), le style néo-rétro s'imposa à partir de la fin des années 80 comme une alternative crédible aux formes modernes. Il puisait parfois son inspiration dans l'avant guerre, mais plus certainement dans les trente glorieuses.
Gaylord, 1955. Copyright Les sources d'inspiration L'Europe qui possède une riche culture automobile sert parfois de source d'inspiration pour les américains ou les japonais. Mais ceux ci sont aussi capable de puiser leurs idées dans leur propre passé. Une automobile au style néo-rétro imite le plus souvent un modèle ayant déjà existé. Mais il arrive que le rapprochement avec une voiture ancienne précise soit impossible à réaliser. Dans ces cas, les stylistes se sont simplement inspirés d'une tendance, liée à une époque et/ou un pays.
La Cadillac Séville de 1980 a cherché son inspiration dans les productions britanniques, sans pour autant imiter un modèle particulier. Copyright Réplique ou style néo-rétro ? Il convient de séparer l'idée de réplique de celle d'automobile au style néo-rétro. La réplique est une copie plus ou moins fidèle d'un modèle ancien. L'automobile au style néo-rétro part d'un dessin complètement nouveau, tout en reprenant une part de l'ADN esthétique d'un modèle du passé. L'Excalibur, la De la Chapelle 55, la BMW 328 de Sbarro ou les premières PGO sont des répliques. Souvent, il est difficile d'en faire des voitures utilisables au quotidien. Au contraire, la New Beetle, la Fiat 500 ou la Mini de BMW sont des automobiles au style néo-rétro, avec toutes les caractéristiques d'une voiture moderne. Leur tenue de route est parfaite, leur systèmes de sécurité au top, leur motorisation flatte les plus exigeants ...
De la Chapelle 55 - Photo Kevin G
PGO Cevennes. Copyright A la frontière de deux mondes Certaines créations jouent sur les deux tableaux, et semblent hésiter entre deux époques, celle des années 30 avec ses imposantes calandres et ses ailes rebondies, et l'époque contemporaine avec sa technologie de pointe. Citons à titre d'exemple l'Imperia GP, la HMC Hidalgo, la Wiesmann, voir même la nouvelle Morgan Aero Coupe.
Imperia, 2008. Copyright
HMC Hidalgo, 2010. Copyright
Wiesmann, 2006. Copyright
Morgan Aero Coupe, 2012. Copyright Custom néo-rétro Dans le même esprit que la Prowler effectivement commercialisée à petite échelle par le groupe Chrysler, Buick (marque haut de gamme de la General Motors) et Holden (filiale australienne de la GM) remirent au goût du jour l'idée du hot rod, par le biais de deux concept-cars, la Blackhawk en 2001 et la Efiji en 2005. Cette dernière, qui phonétiquement peut se prononcer " effigie ", était plutôt un hommage à la Holden FJ, modèle légendaire de la marque. Au moins trois exemplaires auraient été assemblés et vendus contre un million de dollars l'unité.
Plymouth Prowler. Copyright
Buick Blackhawk, 2001. Copyright
Holden Efiji. Copyright Un cas à part, Mituoka Le plus souvent, ce sont les " grands " constructeurs qui proposent des véhicules néo-rétro : BMW, Fiat, Volkswagen, Chevrolet, Chrysler ... Mais un petit constructeur japonais indépendant a fait de ce créneau son fond de commerce, en puisant sans état d'âme dans le passé des géants. Il s'appelle Mitsuoka.
Libre interprétation du japonais Mitsuoka à partir de l'oeuvre de William Lyons. Copyright Du rêve à la réalité, de la petite à la grande série Sauf à de rares exceptions (PT Cruiser, New Beetle, Fiat 500, Mini ...), les projets d'automobiles au style néo-rétro n'atteignent pas le stade de la très grande série. Souvent, leur production est volontairement limitée (8000 exemplaires de la Nissan Figaro) ou confidentielle (une centaine d'Aston Martin DB7 Zagato). Plus nombreux sont les engins au style néo-rétro peuplant les salons à demeurer des exemplaires uniques. Pire encore, ces projets ne quittent parfois pas les écrans d'ordinateur.
La Panthera avec un " h ", conçue sur ordinateur par le designer Stefan Schulze en 2007. Copyright
Le Chrysler PT Cruiser est un exemple de concept-car à avoir atteint le stade de la grande série. Copyright Le néo-rétro qui ne s'affiche qu'en demi teinte Certains constructeurs, avec plus de nuances, font appel à la mémoire de leurs clients ou à un passé plus glorieux. Renault en proposant sa Velsatis préféra évoquer la Renault 40 CV des années 20 plutôt que la Renault 25 des années 80.
La Velsatis, que Renault préférait présenter comme une digne héritière de la prestigieuse Renault 40 CV, que comme le modèle qui succéda aux R 30, R 25 et Safrane ... Le bide fut tout de même au rendez vous ! Copyright De même, Citroën associe plus volontiers sa C6 à l'image de la DS de 1955 qu'à la XM de 1989. Les coupés et cabriolets BMW Z3/Z4 se réfèrent avec bonheur à l'univers des années 30, tandis que la Porsche Boxster fait subtilement référence à la 356 Speedster. Rover, avant de mourir, eut un ultime sursaut en dévoilant sa 75, qui brillait de mille feux aux reflets de ses chromes d'un autre âge. Dans le cadre d'une exposition qui commémorait les 50 ans de la disparition de Le Corbusier, Renault présentait en octobre 2015 à la villa Savoye de Poissy le concept car Coupé C. Cette voiture ne s'inspirait pas de la fameuse " voiture minimum " de l'architecte imaginée en 1936, mais multipliait les références au style de Le Corbusier, avec des ruptures de surfaces, de multiples ouvertures et des lignes brisées.
Renault Coupé C, en hommage à Le Corbusier. Copyright Mixité de l'ancien et du moderne Une nouvelle tendance se développe ces dernières années. Elle réunit à la fois des aspects anciens et nouveaux. Les éléments classiques sont réinterprétés de manière à paraître traditionnels, tout en produisant un effet très actuel, grâce à de nouvelles proportions et des détails innovants. Les marques de prestige (Lancia, Maserati, Bentley, Rolls Royce ...) ont adopté ce style sur plusieurs de leurs productions.
Bentley Mulsanne de 2013, un exemple de mixité entre style nouveau et style ancien. Copyright
Cette imposante calandre Maserati nous ramène plus d'un demi siècle en arrière. Copyright Ressortie du placard Le fin du fin en matière de style néo-rétro fut atteint pas la Bristol Blenheim Speedster. En présentant cette voiture en 2006, Bristol exhumait un vieux prototype des années 50 qui n'avait jamais vu le jour en production. A l'époque l'usine préféra en effet se concentrer sur sa spécialité, les gros coupés destinés à une clientèle de lords anglais, et laissa à d'autres le soins d'aborder ce marché restreint des sportives pures et dures (AC Cobra, TVR ...). Le prototype des années 50 fut modernisé en utilisant des composants issus de la Blenheim contemporaine. Avec cette automobile, la compagnie s'offrait le luxe de surfer au sommet de la vague néo-rétro. Une production d'une quinzaine de voitures fut envisagée.
Bristol Blenheim Speedster. Copyright Le néo-rétro vu de l'habitacle L'exploitation du passé ne touche pas que la forme des carrosseries. Dans les années 80, les constructeurs à la recherche d'une forte image de standing pour leurs intérieurs puisèrent sans retenue dans deux matières nobles, le bois et le cuir, en souvenir des anciennes voitures de prestige.
Le bois et le cuir soulignent le prestige de cette Lancia Thema de 1988. Copyright Les appellations rétro En dehors du style, ce sont aussi les appellations qui ressurgissent régulièrement du passé. Jaguar n'hésitent pas à dénommer ses coupés sportifs XK, Citroën à ressortir la mythique DS, même si celle-ci s'appelle désormais DS3, DS4 ou DS5, et Pontiac à baptiser GTO des voitures modernes gonflées aux anabolisants. La Giulietta fait encore les beaux jours d'Alfa Romeo, Multipla est comme dans les années 50 le nom du monospace Fiat, la grande Rolls Royce s'appelle toujours Phantom, Honda a présenté à Détroit en janvier 2012 sa nouvelle NSX, etc ... Et surtout, ne demandez pas à Porsche, même après 50 ans de carrière, d'appeler sa 911 différemment. De la même manière, depuis toujours, le 4 x 4 Toyota s'appelle Land Cruiser et le nom Quattroporte s'impose pour la berline Maserati.
Giulietta, un nom évocateur de Dolce Vita. Copyright La puissance commerciale de la désignation d'un modèle de voiture, et le parfum de nostalgie qu'elle suscite peuvent être si forts que l'automobile en question devient elle même une marque. Land Rover et Mini, désormais deux marques indépendantes, étaient auparavant des modèles de la British Leyland, puis de Rover. La Jeep qui fut produite successivement par Willys, AMC et Renault est désormais une marque du groupe Chrysler qui propose une large variété de modèles. Dans d'autres cas, ce sont d'anciennes marques qui ressurgissent du passé : Maybach, Bugatti, Abarth ... Mais il s'agit là d'une autre histoire qui vous est comptée par ailleurs.
Le Rover " Land Rover " est devenu Land Rover " Defender " en 1990. Copyright Choix rationnel pour les constructeurs, coup de coeur pour les consommateurs Ceux qui considèrent que les stylistes n'ont plus d'idées, manquent d'inspiration et doivent se retourner vers le passé pour renouer avec le succès semblent se tromper. Il n'y a aucune raison que la capacité à innover ait subitement quitté les bureaux de style. Quant il s'agit de produire une voiture aux lignes néo-rétro, c'est plutôt pour les grands constructeurs une vision stratégique, un choix délibéré et mûrement réfléchi, correspondant à une attente de la clientèle. Désormais, celle-ci place les critères de l'identité d'une marque et du style d'une voiture à un niveau aussi élevé, voir plus élevé, que celui de la consommation en carburant, de la sécurité, des équipements, de la motorisation ... Dans un marché très concurrentiel, la plupart de ces voitures aux lignes néo-rétro connaissent bien plus qu'un succès d'estime. Ces réussites commerciales donnent raison aux industriels qui hésitent de moins en moins à orienter leur design vers le passé. Installer un nouveau modèle sur un marché saturé est un travail de longue haleine, nécessitant d'énormes investissements en communication. L'intuition et la chance sont le plus souvent nécessaires à la réussite. Utiliser l'image d'un produit ayant déjà fait ses preuves permet de limiter les risques de rejet du public. Paradoxalement, il peut s'avérer qu'un client achète un produit aux formes néo-rétro sans en avoir conscience. Son jeune âge par exemple peut le conduire à ignorer l'image forte chez ses aînés d'un objet du passé.
En avril 2011, Renault lançait son concours Renault 4 Ever, destiné à célébrer le 1/2 siècle de la 4L. Le designer David Obendorfer proposa ce modèle, fidèle à la philosophie originale. Copyright Le choix d'acquérir un véhicule aux formes néo-rétro ne répond pas d'un choix rationnel, comme peut l'être l'achat d'un break pour un brocanteur, d'un monospace pour un père de famille ou d'une Smart pour un citadin ... Un véhicule néo-rétro joue sur l'émotion. Il est essentiellement un produit marketing. Sa principale raison d'être s'affirme surtout par le biais de lourdes campagnes de promotion. Ce phénomène de retour vers les valeurs du passé est considéré par certains comme une nécessité de retrouver des repères fiables, de renouer avec l'authenticité, de se protéger des incertitudes du futur. Il peut traduire un certains malaise dans un monde jugé agressif qui évolue trop rapidement. L'objet d'aspect rétro leur apporte de l'assurance dans leur choix. En plus de l'objet, le consommateur achète un récit, une histoire avec des émotions, du rêve, de la mélancolie. Il peut aussi avoir le sentiment de dire non au progrès technologique sans fin. C'est sa manière de compenser la folie consumériste, voir de faire valoir sa fibre écologique.
Le succès de la Mini depuis le début des années 2000 de se dément pas, et a donné des idées à de nombreux concurrents. Copyright Contrairement à d'autres tendances stylistiques (le style aviation des Cadillac des années 50, le style carré des Fiat 124/125, le style en coin de la Triumph TR7, le style New Edge de la Ford Cougar ...), le style néo-rétro est appelé à renaître sans fin. Les succès commerciaux d'aujourd'hui feront sans doute l'objet des versions néo-rétro dans quarante ans ... L'omniprésence du néo-rétro dans la société de consommation Le phénomène néo-rétro n'est pas propre à l'automobile. Il touche d'autres modes de transports (les cycles, scooters et motocyclettes ...), mais aussi l'électroménager, les produits alimentaires, les textiles, les bijoux, les accessoires ... Les plus jeunes générations utilisent volontiers le terme " vintage " pour désigner ces produits à l'aspect rétro. Ce mot fut un temps utilisé pour indiquer tout ce qui avait plus de vingt ans. Aujourd'hui, il désigne de nombreux produits industriels, dotés des techniques actuelles mais à l'aspect rétro.
Cycle " vintage " fabriqué chez Blume en Italie. Copyright Quelques délires captés sur le Web Si vous souhaitez exposer une de vos oeuvres ici : mariobonao@gmail.com
Tucker - http://romain.bourbon.blogspot.fr
Buick - http://romain.bourbon.blogspot.fr
Bugatti Stratos - http://hypercars.fr Définir une segmentation, un exercice périlleux Il est tentant de définir trois grands groupes d'automobiles au style néo-rétro. Le premier rassemble les automobiles qui s'inspirent manifestement d'un modèle ayant déjà existé. C'est le cas des Fiat 500, VW New Beetle, Mini de BMW, Camaro 2009, Ford GT, et des concept-cars Renault Fiftie, Volkswagen Microbus, etc ... Le deuxième intègre d'autres automobiles pour lesquelles seuls quelques détails stylistiques rappellent un ancêtre. La Chrysler 300 C, la Lancia Thesis, la Toyota Origin, les concept-cars Peugeot 4002 et Lincoln Mk X, etc ... Enfin, un troisième groupe réunit des voitures dont seul l'esprit général et la philosophie peuvent se rapprocher d'un modèle du passé. Aston Martin DB7 Vantage Zagato, Mazda MX-5, Cadillac Séville, Nissan Figaro, Jaguar XJ S par Pininfarina, etc ... Cette diversité montre à quel point le style néo-rétro n'a rien de restrictif, et peut rassembler un large éventail de créations. Statistiques L'inventaire qui suit constitué de 65 cas n'a aucun caractère définitif. Il se limite aux modèles qui peuvent faire l'objet d'un rapprochement avec un véhicule du passé. Si vous souhaitez émettre un avis, si vous en connaissez d'autres ... : marioboano@gmail.com Une statistique sur cet échantillon montre que 32 % des modèles exposés ici sont américains, 20 % italiens, 14 % allemands, 12 % japonais, 11 % britanniques et seulement 6 % français. Environ 40 % ont atteint le stade de la moyenne ou grande série. 90 % des voitures de cette liste trouvent leur inspiration dans la période d'après la seconde guerre mondiale. Les années 50 et 60 semblent être une source d'inspiration sans fin.
Année de présentation du modèle original Le phénomène néo-rétro n'est pas pas pour l'instant près de s'épuiser, chaque année apportant son lot de " nouveautés " dans ce domaine. 77 % des modèles de ce dossier sont postérieurs à l'année 2000.
Année de présentation du modèle néo-rétro Dans notre échantillon, en moyenne, 45 années passent entre le modèle original et sa version néo-rétro.
Nombre d'années entre le modèle initial et le modèle néo-rétro Inventaire Interlagos (1961), Willys AW 380 (2014) La présentation de cette voiture au Salon de Bologne en décembre 2014 fut de nature à troubler les esprits, à une époque où l'on ne cessait d'évoquer le retour d'Alpine sur le devant de la scène. Sans l'accord de Renault, et évidemment sans la moindre concertation avec le constructeur français, deux anciennes gloires disparues de la carrosserie italienne, Viotti et Maggiora, présentaient une interprétation " néo rétro " de la Berlinette Alpine A110, sous le nom de Willys AW 380 Berlineta, en référence aux Willys Interlagos des années 60.
Aston Martin DB5 (1963) / David Brown Automotive (2014) L'Aston Martin DB5 a été rendue célèbre grâce à James Bond. Elle fut produite à 1021 exemplaires de 1963 à 1965, en coupé et en cabriolet, mais aussi dans une rarissime version Shooting Brake. David Brown, qui n'a aucun lien de parenté avec le " véritable " David Brown (1904/1993), le PDG d'Aston Martin de 1947 à 1972, profite de son homonymie pour faire revivre ce mythe des années 60. Son modèle Speedback est basé sur la Jaguar XK. Les lignes sont clairement inspirées de son aînée, même si la grille de calandre n'adopte pas la forme traditionnelle.
BMW 328 (1936) / BMW 328 Hommage Concept (2011) L'emblématique BMW 328 a servi de caution à ce concept car mi rétro, mi futuriste, présenté en 2011 au célèbre Concours d'Elégance de la Villa d'Este, 75 ans après l'original. La calandre en double haricot, les ceintures du cuir sur le capot, le pare-brise en deux parties sont autant de clins d'oeil au passé. Le dessin est attribué à Adrian van Hooydonk, successeur de Chris Bangle à la tête du style BMW.
Autobianchi A112 (1969) / Nissan BE-1 (1985) Autobianchi, filiale de Fiat, commercialise la citadine A 112 en 1969. Celle-ci connaît une très belle carrière puisque la dernière série (la huitième) est dévoilée en 1985. C'est précisément cette année-là que Nissan présentait la BE-1. Ce modèle hors du commun, à mi-chemin entre l'A 112 et l'Austin Mini, s'inscrit dans un nouveau courant néo rétro qui a vu aussi naître chez le même constructeur les Pao, Figaro et S-Cargo.
Chevrolet Camaro (1967) / Chevrolet Camaro (2009) La Chevrolet Camaro apparaissait sur le marché US en 1967, pour contrer la Ford Mustang qui faisait alors un tabac depuis 1964 dans la catégorie nouvelle des " pony car ". Après quatre générations, la Camaro prenait une retraite méritée en 2002, avant que la General Motors ne décide de raviver la flamme en 2009, avec une nouvelle version rappelant étrangement son ancêtre né 42 ans plus tôt.
Fiat 500 (1957) / Fiat 500 (2007) LE succès incontesté de la nouvelle vague néo-rétro. Fiat a su avec brio dessiner une auto aux charmes indéniables, techniquement pertinente, lancée commercialement grâce à un marketing moderne. Depuis 2007, la Fiat 500 a redonné des couleurs à son constructeur, qui ne proposait jusqu'alors que la Nème version de la Punto, la tout sauf sexy Croma, la nippo italienne Sedici, l'étrange Multipla, la camionnette Ulysse ...
Chrysler 300 C (1957) / Chrysler 300 C (2004) Née en 1955, la Chrysler 300 fut ainsi nommée en raison des 300 ch issus de son V8 Hemi. Modèle le plus puissant du groupe, elle se fit une belle réputation sur les plus prestigieux circuits américains. En 1957, elle devenait 300 C, et connut une descendance régulière jusqu'au milieu des années 60. Depuis 2004, cette sculpture sur roues impose sa gueule d'enfer dans nos rétroviseurs ...
Aston Martin DB4 GT Zagato (1960) / Aston Martin DB7 Vantage Zagato (2002) La relation entre Aston Martin et Zagato, c'est une longue histoire d'amour qui a débuté au Salon de Londres en 1960, avec la DB4 GTZ, rare (19 exemplaires), belle, légère, et puissante. Après plus de vingt ans de silence, et une traversée du désert pour les deux marques, une nouvelle Aston Martin V8 Zagato voyait le jour en 1986 (89 unités). Aston et Zagato remettaient le couvert en 2002 avec cette DB7 Zagato, (99 voitures produites).
AC Cobra (1962) / Ford Shelby Concept (2004) Carroll Shelby (11/01/1923 - 10/05/2012), vainqueur des 24 Heures du Mans 1959 sur Aston Martin, cessait pour raison de santé la compétition en 1960, et se consacrait au développement d'une voiture américaine capable de battre les Ferrari. Ce fut l'AC Cobra, croisement d'un châssis britannique et d'un V8 Ford Fairlane. En 2004, Ford nous rappelait à ces lointains souvenirs avec un concept-car aux lignes hélas trop neutres.
Mercedes 300 SLR (1955) / Mercedes SLR Stirling Moss (2008) En 2008, la Mercedes SLR fut déclinée dans une ultime version SLR Stirling Moss, en mémoire au célèbre pilote du même nom né en 1929, qui remporta les Mille Miglia 1955 au volant d'une 300 SLR. Dépourvue de pare-brise et de tout vitrage, il s'agissait d'une véritable barquette. Mercedes prévoyait d'en produire soixante quinze exemplaires, à 750 000 euros l'unité.
Chevrolet Nomad (1956) / Chevrolet Nomad Concept (2004) Nomad, c'est le nom d'un concept car datant de 1954, sur base Corvette. Son style fut adapté en 1955 sur la Bel Air, pour en faire au sein de la gamme Chevrolet un véhicule porteur d'une image forte, réservé à quelques " happy few ". Le succès fut mitigé avec 22375 exemplaires produits en trois ans. Si l'esprit était encore bien présent, les lignes du concept-car de 2004 paraissaient bien dénaturées car trop lisses par rapport à l'original.
Alfa Romeo 1900 Disco Volante (1952) / Alfa Romeo Disco Volante Touring (2012) Alfa Romeo et Touring créaient en 1952 la Disco Volante sur base Alfa 1900. La dizaine de modèles de course assemblés se distinguèrent en compétition, aux mains, entre autres, de Fangio. Le faible rapport poids / puissance (760 kg / 250 ch) fit des merveilles. Touring, qui renaît de ses cendres depuis 2007, exposait à Genève en mars 2012 une carrosserie conçue pour habiller un châssis moderne d'Alfa Romeo 8C, qui rappelle son ancêtre né soixante ans plus tôt,
Renault 4 (1963) / Nissan PAO (1987) Nissan dévoilait la PAO (prononcez Pow) au Salon de Tokyo en 1987. Cette Micra habillée façon rétro fut vendue sur réservation à partir de 1989, et succès aidant, en seulement trois mois. Environ 10000 exemplaires virent le jour jusqu'en 1991. Ses lignes évoquaient les petites voitures européennes des années 60, en particulier la Renault 4. A Tokyo, il était aussi chic de se balader en PAO qu'en 4L Parisienne dans notre capitale, vingt ans plus tôt.
Alfa Romeo Giulia TZ2 (1965) / Alfa Romeo TZ3 Stradale (2011) Zagato, désormais un spécialiste des petites séries de prestige, dévoilait en 2011 l'Alfa Romeo TZ3 Stradale, dotée du V 10 de la Dodge Viper. Le carrossier prévoyait d'en assembler neuf exemplaires, plus sûrement dotés d'un V8 Maserati. Zagato s'est inspiré pour cette création de l'Alfa Romeo Giulia TZ2, une version de compétition de 1965, conçue et produite en douze exemplaires dans ses ateliers quarante six ans auparavant.
Volkswagen Combi (1950) / Volkswagen Microbus (2003) Présenté en 2003, le projet Microbus de Volkswagen devait être commercialisé à l'horizon 2007. Ses proportions et son museau tout en rondeur évoquaient le fourgon Volkswagen des origines (1950), devenu durant les " sixties " le véhicule symbole de la culture hippie. Avec son V6 de 235 ch, il aurait essentiellement visé le marché nord américain. Hélas, le constructeur allemand en décida autrement.
Ford Bronco (1973) / Ford Bronco Concept (2004) Avec les Chevrolet Blazer et Dodge Ramcharger, le Ford Bronco était à la base de l'offre en 4 x 4 des Big Three durant les années 70 et 80. Présenté en 1965, et régulièrement remis au goût du jour, sa production fut arrêtée en 1996. Ford exposait en 2004 une nouvelle mouture, qui tentait de se réapproprier l'esprit d'origine, avec toutefois une certaine maladresse tant l'engin faisait penser à un gros jouet pour enfant. Heureusement, aucune commercialisation ne fut sérieusement envisagée sous cette forme.
Ferrari Testa Rossa (1958) / Pininfarina Rossa (2000) La Ferrari 250 Testa Rossa de 1957 est avec la GTO l'un des modèles les plus titrés du constructeur au cheval cabré. Grâce à son V12 de 300 ch, elle s'imposa au Mans en 1958, 1960 et 1961. Pininfarina, lié depuis toujours avec Ferrari, ne pouvait ignorer une telle légende. A défaut de lui ressembler, la Pininfarina Rossa de 1999 construite sur une base de Ferrari 550 Maranello en reprenait l'esprit.
BMW 507 (1955) / BMW Z8 (2000) Oeuvre du designer allemand Albrecht von Goertz, la BMW 507 exposée au salon de Francfort en 1955 ne fut pas à la hauteur des espoirs que les dirigeants de la firme portaient en elle. Produite à 254 exemplaires jusqu'en 1959, elle contribua par un prix de revient trop élevé à plomber encore un peu plus les finances déjà en péril de son constructeur. Heureusement, sa grande soeur, la Z8, rencontra un succès plus net avec 5703 voitures fabriquées entre 2000 et 2003.
Peugeot 402 (1935) / Peugeot 4002 (2002) La Peugeot 402 née en 1935 s'inscrivait dans le style" Streamline " initié aux Etats Unis par la Chrysler Airflow. Elle fut l'une des rares automobiles européennes à suivre ce mouvement. Sa carrière s'acheva au début de la guerre. La 4002 présentée en 2002 au Mondial de Paris était un concept-car non motorisé, issu d'un concours de design ouvert au public, qui adoptait comme son ancêtre le principe des feux cachés derrière une calandre inclinée.
Toyota Land Cruiser Station Wagon (1967) / Toyota FJ Cruiser (2003) Le Land Cruiser de Toyota est sur le marché du 4 x 4 aussi emblématique que la Jeep ou le Land Rover. Une version plus volumineuse, le FJ, fut proposée à partir de 1967. Au Salon de Détroit 2003, le constructeur japonais revisitait à sa manière ce véhicule. Face à une forte demande, Toyota décidait de la produire en série. Il est diffusé à dose homéopathique en France via des concessionnaires indépendants du réseau officiel Toyota.
Chrysler d'Elegance (1953) / Chrysler Chronos Concept (1998) La naissance de la Chrysler d'Elegance est due aux talents conjugués de trois fortes personnalités : Virgil Exner, patron du style chez le troisième constructeur américain, Mario Boano et Luigi Segre, dirigeants de la carrosserie Ghia en Italie. Ses formes basses et fluides, sa calandre béante et ses ailes rebondies furent reprises avec succès sur le concept car Chronos en 1998.
Pontiac GTO (1969) / Pontiac GTO Concept (1999) Aux States, GTO est synonyme de " muscle car ". La GTO américaine qui n'a rien à voir avec la GTO de Maranello doit son existence à la volonté du célèbre John De Lorean, alors ingénieur en chef de la division Pontiac, de sortir la marque de son marasme. Le constructeur n'avait pas prévu l'engouement immédiat pour ce type de véhicule, et se trouva dans l'obligation de réviser ses estimations de production. Trente ans plus tard, le style Pontiac semblait bien à la dérive avec le concept-car GTO, agressif, baroque, caricatural, qui avait plus sa place dans un jeu vidéo que sur la route.
Chevrolet Corvette (1963) / Rossi SixtySix (2010) La Chevrolet Corvette de 1963 présentait la particularité d'être équipée d'une vitre arrière en deux parties. Il s'agissait aussi de la première année de production pour cette deuxième génération de Corvette (1963-1967), dessinée sous l'autorité de Bill Mitchell. Ces deux particularités en font un modèle encore aujourd'hui très désirable. La Rossi SixtySix, sorte de réplique artisanale, tarde à voir le jour, malgré un prix annoncé proche de 100 000 dollars. Au programme V8 de 6 litres et 400 ch.
BMW Turbo (1972) / BMW M1 Hommage (2008) Après avoir travaillé avec le styliste français Philippe Charbonneaux, puis chez Mercedes (le style des 600 et SL Pagode, c'est lui) et Brissoneau et Lotz, le bordelais Paul Bracq prenait la tête du style BMW en 1970. Son concept car " Turbo " de 1972 marquait durablement les esprits. Il inspira en 1978 le dessin de la M1. Un hommage pour le moins douteux était rendu à ces deux voitures en 2008 par le biais du concept-car " M1 Hommage ".
Jaguar Type E (1961) / Vizual Tech Growler E (2011) Malgré le mythe qui entoure la Jaguar E (1961-1975), et contrairement aux AC Cobra, Ferrari GTO et autre Porsche Speedster, celle-ci ne fut que rarement " répliquée ". Vizual Tech, une entreprise suédoise, aborda la question différemment, en dessinant une version inédite, aux lignes modernisées, dotée d'un moteur Jaguar XJR Supercharged. Les créateurs de la Growler E se mirent en quête de riches amateurs susceptibles de financer une production à petite échelle.
Par bonheur, le prototype évolua pour donner naissance à la Lyonheart (2015), disponible en coupé et en cabriolet, équipée d'un V8 Jaguar poussé à 575 ch chez Cosworth. Vendue 360 000 euros pièce, elle ne devrait pas être produite à plus de 250 exemplaires.
Hot Rod (années 40/50) / Plymouth Prowler (1993)Un hot-rod est une voiture ancienne, largement modifiée tant au niveau du moteur que de l'apparence extérieure. Le phénomène hot-rod était profondément ancré dans la culture de la jeunesse américaine, essentiellement après la seconde guerre mondiale. La Plymouth Prowler se voulait une interprétation contemporaine de ces engins. Mais pour la première fois, il s'agissait d'une production en série et non pas de constructions unitaires, puisque 11 702 exemplaires virent le jour entre 1997 et 2002. |