Simca 1000 Coupé


Le Coupé, une tradition dans la gamme Simca


La Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile (Simca) est fondée par H.T Pigozzi en 1935. Elle construit des Fiat sous licence avant de proposer ses propres modèles originaux dans les années 50. L'Aronde lui permet d'accéder définitivement au rang de grand constructeur français. Depuis 1949, Simca a toujours proposé à son catalogue des coupés et cabriolets, d'abord sur base Simca 8, puis sur châssis Aronde. Ces voitures étaient assemblées chez Facel, et se caractérisaient par l'élégance de leurs carrosseries.


Simca Aronde Plein Ciel

Au début des années 60, l'Aronde est en passe d'être remplacée à la fois par la Simca 1000 (en 1961) et la Simca 1300 1500 (en 1963). Le constructeur français compte bien maintenir ses positions sur le marché des petites sportives. C'est ainsi qu'il expose au Salon de Genève, en mars 1962, le coupé Simca 1000. Celui-ci reprend la plateforme de la berline présentée quelques mois plus tôt. Le 4 cylindres de 944 cm3 développe 52 ch, soit 2 ch de plus que sur la berline. Il autorise une vitesse de pointe de 140 km/h.


Bertone face à Facel


Après avoir mis en concurrence Facel et Bertone sur le projet, c'est la proposition du carrossier italien qui a été retenue. Le fait que le neveu et bras droit de Pigozzi, Aldo Nascimbene, soit un ami personnel de Nuccio Bertone, semble avoir contribué à faciliter les relations entre le constructeur français et le carrossier italien. Ce choix de Bertone ne sera pas neutre dans la descente aux enfers que va connaître Facel au début des années 60, empêtré dans ses difficultés d'après-vente avec son modèle Facellia. La Carrozzeria Bertone est au contraire dans ses plus belles années. Elle vient de recruter un jeune designer de talent, Giorgetto Giugiaro, qui a travaillé sur le projet du coupé Simca. Par ailleurs, l’entreprise s'installe dans une nouvelle usine de Grugliasco. La mise au point du coupé Simca 1000 n'est pas encore terminée lors de sa présentation. De plus, l'outil industriel doit encore se mettre en place chez Bertone. La production des caisses débute en Italie au cours de l'hiver 1962/63. En sortie de chaîne, elles prennent la direction de Poissy où il reste à les peindre, à monter la mécanique et à assurer la finition.


Une voiture de femme


Le coupé Simca 1000 commercialisé au début de l'année 1963 n'a aucune prétention sportive. Il mise avant tout sur l'élégance de ses lignes tendues, sur ses proportions équilibrées et ses larges surfaces vitrées. Au même titre que la Renault Caravelle, sa principale concurrente sur le marché français, le petit coupé Simca acquiert l'image d'un voiture destinée à une clientèle féminine et essentiellement urbaine.


Simca 1000 Coupé

Bertone s'est en effet abstenu d'ajouter des artifices à caractère sportif qui pourrait suggérer la présence d'une grosse cavalerie sous le capot. Il n'y a ni grille d'aération, ni bossage sur le capot, ni bande décorative ... Le designer italien s'est largement inspiré des lignes du coupé Sport Prinz dessiné trois ans plus tôt, mais a opté pour un style épuré en abandonnant le pare-brise légèrement panoramique et les ailerons arrière de la NSU. Le coupé Simca 1000 demeure cher puisque son prix avoisine de double d'une berline Simca 1000 de base.


Malmené par la concurrence


L'amateur de coupé un rien viril s'intéresse alors plutôt à la nouvelle Panhard 24 disponible à partir de 1964, mais aussi à certaines voitures étrangères qui sont désormais plus présentes dans l'hexagone grâce à l'ouverture des frontières, grâce à la mise en œuvre du Marché Commun. Simca doit ainsi composer avec la rivalité des coupés Glas et BMW, des NSU Prinz et Alfa Romeo Giulia Sprint GT, du coupé Karmann Ghia sur base VW, mais aussi des roadsters britanniques proposés par Triumph ou MG.


Simca 1000 Coupé

Le coupé Simca est commercialisé à une époque mouvementée chez Simca, avec la prise de participation majoritaire de Chrysler en 1963, l'arrivée la même année d’un nouveau président, Georges Héreil et la présentation des berlines 1300/1500, la disparition de H.T. Pigozzi en 1964, et l'étude du futur best-seller 1100. Clairement, le coupé Simca 1000 ne fait pas partie des priorités du moment. Bien qu'il ait pu compter en France sur la puissance d'un réseau de distribution dense (au contraire de ses rivales étrangères), la carrière du coupé 1000 sera extrêmement discrète jusqu'en 1967. Le niveau des ventes est bien inférieur aux prévisions. Les concessionnaires réclament une voiture plus performante, capable de tenir tête aux NSU TT, Alpine ou autres Renault 8 Gordini.


Le coupé 1200 S


En mai 1967, Simca répond à ces attentes, et dévoile le coupé 1200 S, nettement plus sportif. Le 944 cm3 avec un carburateur simple de 40 ch Din a laissé sa place à un 1204 cm3 à deux carburateurs double-corps de 80 ch. Le dessin du coupé 1200 S adopte par ailleurs des lignes plus viriles que celles de son prédécesseur. Malgré les efforts de Simca, et des débuts prometteurs aidés par une presse spécialisée enthousiaste, le coupé 1200 S connaît au final une carrière en demi-teinte. Son assemblage est transféré dans l'usine Chrysler de Rotterdam en 1970, afin de laisser de la place à Poissy pour la nouvelle Simca 1100, porteuse de plus d'espoirs.


Simca 1
200 S

Par ailleurs, la commercialisation des Matra 530 - une automobile bien plus radicale - par le réseau Simca à la fin des années 60 fait de l'ombre à la 1200 S,dont la production est finalement arrêtée en 1971. Simca concentre désormais ses efforts sur ses autres produits à vocation sportive, les Simca 1000 Rallye et les Matra. Il a été produit 10 124 Coupé 1000 et 14729 Coupés 1200 S.

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