Ashley

Après-guerre, la pénurie de l'offre de voitures neuves était une réalité en Grande Bretagne comme dans la plupart des pays européens. L'essentiel de la production était destinée à l'exportation. Pour la jeunesse qui avait quelques moyens, la meilleure solution pour se faire plaisir consistait à acheter une Austin ou une Ford d'avant-guerre, et de la faire rhabiller sous forme de petite sportive avec une carrosserie en fibre de verre. Cette matière nouvelle présentait bien des avantages, en particulier sa légèreté, et sa parfaite adaptation à de petits volumes de production.

Nombre d'artisans se lancèrent sur ce créneau porteur, mais qui connut aussi ses limites à l'aube des années 60. De nouvelles règles fiscales édictées en 1961, mais surtout l'arrivée sur le marché de sportives bon marché produites industriellement, comme la Triumph Herald en 1959, l'Austin Healey Sprite Mk II ou la MG Midget en 1961, cassèrent la demande auprès des petits constructeurs. En attendant, quelques-uns d'entre eux s'étaient fait un nom, comme Lotus, Ginetta, TVR ou Ashley.

Ashley Laminates était fondé par Keith Waddington et Peter Pallandine en 1955. La dénomination Ashley fut choisie car elle  faisait référence au nom de la demeure de Pallandine : Ashleigh à Woodford Green. En janvier 1957, Peter Pallandine quittait son associé pour créer une nouvelle structure baptisée Falcon Shells.

La société initialement installée à Loughton en dehors de ses propres modèles produisait divers éléments pour les nombreux petits constructeurs qui sévissaient en Grande Bretagne : des réservoirs, sièges, pièces de suspensions, pompes à eau, radiateurs ... Mais ce qui assura l'essentiel des revenus de Ashley jusqu'à sa fermeture en 1972, ce fut la multitude de hardtops proposés à son catalogue pour les Austin Healey, MG ou Triumph.


En s'habillant d'un hardtop, l'Austin Healey Sprite devient une Ashley GT Sprite

En 1958, Ashley déménageait dans la zone urbaine " The Potteries " à Upshire, faisant du site de Loughton un magasin d'exposition. Le constructeur déménageait une nouvelle fois en 1961, et prenait alors la direction de Harlow.


Ashley annonce sa nouvelle implantation à Harlow

Quatre modèles furent fabriqués par Ashley de 1955 à 1962 :

Le premier assemblé à partir de 1955 était un roadster dénommé 750. Il était destiné à habiller des châssis Austin Seven d'avant-guerre, équipé d'un moteur de ... 747 cm3. Deux empattements étaient disponibles. Pallandine en quittant Ashley début 1957 emporta avec lui les droits sur la version courte. Ashley continua donc de proposer la version longue. Son prix était fixé en 1958 à 78 £. Contre 25 £ de plus, un hardtop était disponible.

La Racer Sports a été produite pendant quelques mois à partir de 1956, jusqu'au départ de Pallandine. Elle est alors devenu la Falcon Mark II. Elle était essentiellement conçue pour un usage compétition, et pouvait être accouplée à un châssis Elva.

La 1172 née en 1958 était disponible sur deux longueurs de châssis : 7'6" (229 cm) dans un premier temps, puis 7'10", sur base Ford (Anglia, Popular, Prefect). Elle était vendue sous forme de cabriolet avec hardtop en option, puis ultérieurement de coupé, en deux et quatre places selon le châssis retenu. Ces voitures pouvaient recevoir le Ford 1172 cm3 dont les origines remontaient à 1932, mais aussi le moteur de la MGA ou celui de la " A series " de la BMC. Les droits de fabrication de la 1172 furent rachetés par Reliant, qui sur cette base donna naissance à la Sabra, produite en Israël par Autocars, puis plus tard par Reliant en Angleterre.


En 1958, seul le châssis 7'6" est disponible sur la 1172 qui se présente comme un roadster. La 750 sur base Austin Seven 1932/39 est plus économique à l'achat. 


La 1172 et le hardtop pour la Sprite constituent l'essentiel de l'offre de Ashley en 1960


La 1172 en coupé et en cabriolet, sur châssis 7'6" et 7'10"


L'Ashley 1172 GT Saloon présente une face agressive peu en phase avec son gros sac à dos !

La Sportiva de 1960 était une version améliorée de la 1172, mieux finie et restylée tant à l'avant qu'à l'arrière. Elle était disponible avec une carrosserie de coupé et de cabriolet. Elle fut victime dès 1962 de l'effondrement de la demande pour ces kit cars.


Basée sur le modèle 1172, la Sportiva a bénéficié d'un sérieux lifting


La Sportiva produite à Harlow est basée sur un châssis de 8' (244 cm)

Il est difficile de quantifier le niveau de production d'Ashley, les données variant en fonction des sources : 500 à 600 " 750 " produites par Ashley et Falcon, quelques centaines de 1172, et quelques unités de la Racer Sport et de la Sportiva. Au plus fort de son activité, Ashley employa jusqu'à une vingtaine de salariés.

La production de modèles originaux cessait en 1962. Seule la production de hardtops permettait à la petite société de survivre. Keith Waddington mourrait prématurément au milieu des années 60. L'entreprise était liquidée en 1972.


La fourniture de hardtops pour les Triumph Spitfire, Austin Healey Sprite et MG Midget permit à Ashley de traverser les années 60 sans dommage, mais ce n'était plus à proprement parler un constructeur automobile depuis 1962.

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