Paolo Martin

Paolo Martin - Italie - 1943


1961

Après avoir achevé ses études, son premier emploi le dirige vers le bureau d'études de Michelotti. Il collabore avec Giovanni Michelotti en raffinant ses propres techniques de dessin, d'études et de réalisation de prototypes.


1967

De juillet 1967 à juillet 1968, séjour chez Bertone.


1968

Responsable du style chez Pininfarina à partir de juillet 1968. Il dirige la naissance de plusieurs concept cars et voitures de série.

Avant son entrée chez le carrossier italien, il a déjà imaginé la Dino 206 C Berlinetta Competizione, présentée au Salon de Francfort  1967. Ce concept car est pourvu d'un grand pare-brise bombé et d'un imposant aileron arrière. Les portes papillon sont articulées sur l'axe longitudinal du pavillon. Il s'agit plus d'un véhicule d'étude  aérodynamique que d'une véritable voiture de compétition.


Dino 206 C Berlinetta Competizione, 1967

Au Salon de Paris 1967, Pininfarina expose une séduisante étude de style sur base mécanique Fiat Dino, la Parigi (Paris en italien). Cette voiture aux allures de break de chasse offre une immense surface vitrée.


Dino Fiat Parigi, 1967

La BMC 1800 est l'aïeule des diverses berlines aérodynamiques réalisées par Pininfarina à partir de 1967. Elle sera suivie en 1968 par la BLMC 1100, de taille et de motorisation moindre. Ces deux voitures n'ont pas manqué d'influencer de façon déterminante l'évolution de la berline moyenne en Europe durant les années soixante dix. On pense notamment à la Citroën GS de 1970, à l'Alfasud de 1971, à la Lancia Beta de 1972, à la Citroën CX de 1974 ou à la Rover 3500 de 1976. Le volume de ces deux prototypes est traité comme un bloc unique modelé en surfaces continues, sans autre décoration que la grille à lamelles du montant latéral, laquelle est d'ailleurs justifiée par les besoins de la ventilation.


BMC 1800, 1967


BLMC 1100, 1968

La Dino Genevra exposée au Salon de Genève en mars 1968 a été développée à partir de la Fiat Dino. Ses lignes sont assez proches de celles du coupé Parigi présenté quelques mois plus tôt à Paris.


Dino Ginevra, 1968

L'Alfa Romeo P/33 Roadster est une étude de style dévoilée au Salon de Turin en novembre 1968.  On remarque l'imposant spoiler positionné derrière l'habitacle, les projecteurs avant parfaitement intégrés, le petit saute vent, et les deux portes dites en " ailes de coccinelle ". L'idée du profil en coin qui se développe en compétition est exploitée pour la première fois par Pininfarina.


Alfa Romeo P/33 Roadster, 1968

Ici, le thème de la voiture de loisirs est libéré de presque un siècle d'automobilisme adulte. Présentée au Salon de Turin 1968, la Teenager s'inscrit dans la continuité d'autres véhicules à la conception rude, sans formalisme. On pense notamment à la Jeep ou à la 2 CV .


Fiat 128 Teenager, 1969

Avec la Sigma Grand Prix exposée à Genève en mars 1969, Paolo Martin s'intéresse au problème de la sécurité automobile, par le biais de la Formule 1. La compétition sert ici de prétexte à des recherches destinées à rendre les voitures de tous les jours plus sûres. Les propositions de Paolo Martin ont d'ailleurs constitué une source d'inspiration pour la rédaction de certaines règles édictées par la Commission Sportive Internationale.


Ferrari Sigma Grand Prix, 1969

La carrosserie de la Modulo est constituée de deux parties symétriques séparées par une ligne de ceinture qui pénètre jusqu'à l'extrémité des pare-chocs. Elle fait partie depuis longtemps des icônes du style automobile. Paolo Martin n'a que vingt trois ans quand il en réalise les premières esquisses. Après avoir vaincu les réticences de Sergio Pininfarina qui juge la Modulo trop extravagante, le prototype est exposé au Salon de Genève en 1970. 


Ferrari 512 Modulo, 1970

La Fiat 130 Coupé présentée à Genève en mars 1971 a malheureusement été privée du succès commercial auquel elle pouvait prétendre, avec seulement 4491 voitures produites jusqu'en 1977. Face à la concurrence allemande de BMW ou Mercedes, le constructeur turinois manque de légitimité sur ce segment de marché. Par ailleurs, la conjoncture issue de la première crise pétrolière n'est pas favorable à ce type de modèle haut de gamme. Enfin, la voiture a connu quelques déboires mécaniques qui ont sérieusement écorné son image. Sur le plan stylistique, il s'agit néanmoins de l'une des voitures les plus mémorables de la décennie, grâce à sa ligne classique, d'un goût sans failles, signée Paolo Martin.


Fiat 130 Coupé, 1970

La NSU Ro 80 " Quartz Quattro " est exposée au Salon de Turin en 1971. Outre la présence de son moteur rotatif, ce concept car se distingue par ses portes arrière " suicide ", dénommées ainsi en raison des risques d'arrachement en cas d'ouverture intempestive à pleine vitesse. Mais dans le cas présent, un dispositif empêche l'ouverture des portes arrière si celles de l'avant ne sont pas ouvertes. Le toit peut être déplacé vers l'arrière, et prendre appui sur le portillon du coffre. Les portes latérales sont renforcées pour faire face à tout impact. On le voit bien, il a été  difficile, même pour le talentueux Paolo Martin, de dépasser le dessin original et plutôt réussi de la Ro 80.


NSU Ro 80 Concept, 1971

La Peugeot 104 a toujours souffert de sa comparaison avec la Renault 5. Cette berline compacte trop sérieuse a pourtant été dessinée sous la direction d'un designer de renom, Paolo Martin. Sa production s'est tout de même échelonnée de 1972 à 1988.


Peugeot 104, 1972

Avec la Montecarlo (écrit à l'italienne), Paolo Martin a conçu un ensemble d'une rare sobriété pour ce genre d'automobile. Ses premiers travaux remontent à 1969. Le dessin définitif a été figé en 1971. La voiture ne sera commercialisée qu'en 1975. Les volumes sont parfaitement maîtrisés sous un aspect compact et des formes anguleuses très à la mode au début des années 70. L'étude de la carrosserie monocoque, y compris le plancher, fut menée intégralement chez Pininfarina.


Lancia Beta Monte Carlo, 1975

Construite en petite série (531 exemplaires) entre 1975 et 1986, le coupé Rolls Royce Camargue dessinée chez Pininfarina par Paolo Martin représente un cas unique : l'interruption de la conception exclusivement insulaire des Rolls Royce, concept à la base d'une bonne partie du mythe de la célèbre marque britannique. Curieusement, la Camargue est régulièrement citée - et bien classée - dans tous les concours des " ugliest cars " (les voitures les plus laides) lancés par divers magazines spécialisés britanniques. Un bel exemple de chauvinisme de nos amis d'Outre-Manche.


Rolls Royce Camargue, 1975


1972

Paolo Martin quitte Pininfarina en janvier 1972. Il passe chez Ghia où il reste jusqu'en 1975 lorsque Alejandro de Tomaso, qui est également propriétaire du groupe Guzzi Benelli, le nomme chef du bureau de style de ce groupe. A moins de 30 ans, l'artiste a déjà signé la plupart des chefs-d'oeuvre de sa carrière. Il va se faire désormais beaucoup plus discret.


1976

Le designer prend son indépendance en avril 1976. Il s'installe à Turin et continue de travailler pour l'automobile, mais aussi pour les constructeurs de deux roues, les industriels de l'aviation (Dassault) ou de la construction navale (Ferretti Kraft, Magnun Marine). A cette époque, il collabore avec l'entreprise de carrosserie italienne Maggiora. Il contribue à développer de nouvelles versions de la Stutz (IV Porte et Royale), initialement dessinée par Virgil Exner


Stutz

Le Fiat Gobi est réalisée par Maggiora en 1984 sur la base d'une Fiat Panda 4 x 4. Elle se distingue par son nez en plastique moulé d'une seule pièce amovible pour accéder au moteur, et par la partie arrière qui peut s'enlever pour transformer la Gobi en un pick-up.


Fiat Gobi, 1984

La Fiat Halley de 1985 prend pour base une Fiat Uno. Ce monospace se singularise par un découpage surprenant des vitrages, et par ce montant incliné qui barre la porte.


Fiat Halley, 1985

Paolo Martin, comme Giorgetto Giugiaro, Nuccio Bertone et Marcello Gandini, est consulté pour imaginer la future Bugatti de Romano Artioli. Comparé aux travaux de ses confrères, sa proposition, baptisée 110 PM1, est quelque peu provocatrice, et sans aucun doute plus fonctionnelle qu'élégante. Au final, le premier prototype de la future EB 110 sera réalisé à partir du projet de Marcello Gandini.


Bugatti 110 PM1, 1989



Paolo Martin en 2014 (source : http://www.vitadistile.com)

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