Daimler Empress Mk II

1. Les origines de Daimler

En 1896 fut levée en Angleterre l'obligation pour toute automobile d'être précédée d'un homme muni d'un drapeau rouge. C'est aussi cette année là que fut fondée la firme britannique Daimler par Frederick Simms. Il s'agissait alors d'une filiale du groupe allemand Daimler, créé par Gottlieb Daimler. Des bâtiments furent achetés à Coventry, ville alors située au coeur de l'industrie du cycle et de la mécanique. Les premières Daimler étaient construites en 1897, sur la base de châssis Panhard & Levassor.

La première voiture de la famille royale fut une Daimler achetée par le prince de Galles, futur Edouard VII. La marque bénéficiait déjà d'une image flatteuse concernant la qualité de ses réalisations, et ce noble parrainage ne pouvait que renforcer la notoriété de Daimler, qui allait devenir le fournisseur attitré de la famille royale pendant l'entre deux guerres. Daimler était intégré en 1910 à la compagnie BSA (Birmingham Small Arms). Le groupe allemand Daimler fusionnait pour sa part avec Benz en 1926 pour créer le groupe Daimler Benz. Chacune des deux entités Daimler allaient poursuivre indépendamment leur chemin.


Source : http://www.britcycle.com

Le géant BSA s'était attelé à la construction automobile, sans rencontrer le succès escompté. Ce rapprochement avec Daimler allait enfin permettre à BSA de s'affirmer dans un secteur automobile en pleine croissance. La  participation à l'effort de guerre pendant le premier conflit mondial obligea un temps Daimler à s'orienter vers la production de poids lourds et de moteurs d'avions. Après la guerre, Daimler reprenait la production automobile, fort d'une image de marque égale à celle de Rolls Royce.

Le nouveau propriétaire fit le choix judicieux de laisser une certaine autonomie aux dirigeants de Daimler. Contrairement à la plupart des constructeurs qui investissaient dans la production de masse, Daimler préférait encore proposer à ses clients des voitures qui répondaient à leurs besoins individuels. Pour cela, la firme de Coventry faisait appel si nécessaire à des carrossiers, parmi lesquels Hooper figurait déjà en bonne place.

2. Daimler après la seconde guerre

Après la seconde guerre, Daimler présentait une nouvelle gamme. Ces modèles très coûteux ne pouvaient séduire qu'une clientèle couronnée extrêmement marginale. De plus, l'essentiel des ventes se faisait dans l'empire britannique. En dehors de son pré carré, la marque ne jouissait d'aucun prestige particulier. Dans cette optique, l'accès au marché américain qui constituait alors l'Eldorado des constructeurs d'outre Manche paraissait bien illusoire.


Daimler 2 1/2 Litre Consort Saloon

3. L'influence de Lady Norah Collins

Le mariage du président de Daimler et de BSA, Sir Bernard Docker, avec Lady Norah  Collins, veuve du milliardaire Sir William Collins, président de Fortnum & Mason et des sels Cerebos, marqua l'histoire du vénérable constructeur auto mobile. Cette femme prit part de manière effective aux affaires de son mari, en l'incitant à revoir la politique commerciale de Daimler.


Sir Bernard Docker, avec Lady Norah  Collins et son fils - Source : http://boomer-cafe.net

Selon Lady Docker, il était urgent de démocratiser les productions de Daimler, et ainsi de toucher une clientèle fidèle à Jaguar, Armstrong Siddeley, Wolseley ou Humber. La Conquest (conquête en français) présentée en 1953 répondait à cette définition. La Regency, un cran au dessus, complétait l'offre. Elle évoluait en Regency II puis en Daimler One-O-Four (104) sans grande influence sur le succès de ces voitures d'un autre âge.


Daimler Conquest


Daimler Regency


Daimler One-O-Four

Malgré les efforts consentis pour diversifier l'offre, le volume des ventes demeurait médiocre, et n'assurait en aucun cas la rentabilité de l'affaire.

4. La Daimler Empress MK II

La Daimler Empress MK II fut proposée dans ce contexte difficile. Cette carrosserie très britannique fut imaginée et fabriquée chez Hooper sur un châssis Daimler One-O-Four. Ce dessin, connu sous le nom de " Empress line ", fut décliné sur de nombreuses Rolls Royce et Bentley contemporaines.


Daimler Empress MK II

5. Sir Bernard Docker remercié

Sir Bernard Docker fut accusé d'une mauvaise gestion de la firme dont il avait la charge. Les créations initiées par le couple Docker, avec notamment la construction d'une série de Daimler spéciales destinées à la promotion de la marque, contribuèrent à plomber les comptes de la compagnie. Le luxe tapageur dont le couple faisait étalage au quotidien avait fini par irriter les administrateurs. Sir Bernard Docker était remercié sans ménagement en 1956. Un nouveau président, Jack Sangster, ancien responsable des motocyclettes Triumph appartenant au même groupe BSA que Daimler, prenait sa place.

6. L'offre est renouvelée

Daimler présentait la limousine Majestic en 1958, puis le surprenant roadster Dart en 1959, qui ne rencontraient pas plus de succès que leurs prédécesseurs.


Daimler Majestic


Daimler Dart

7. Jaguar au secours de Daimler

Pour le groupe BSA, Daimler était devenu une charge trop lourde à porter. Dès lors, quand Jaguar manifesta son intérêt pour la vieille marque britannique, les dirigeants de BSA ne se firent pas trop prier. La dynamique firme de Sir William Lyons était à l'époque un peu à l'étroit dans ses usines de Coventry. Elle cherchait à s'agrandir. L'usine Daimler allait parfaitement faire l'affaire. Le 18 juin 1960, Jaguar achetait la marque Daimler et son usine. La suite, nous la connaissons. A l'exception de la Limousine DS 420, les Daimler sont depuis le début des années 60 des versions luxueuses sortant des usines Jaguar.


Daimler V8 250

Quesako - Similitude - Sommaire du site