Austin Allegro Estate


Austin Allegro Estate

1. Le coach et la berline Allegro

Présentée en mai 1973, l'Austin Allegro avait la lourde tâche de succéder aux Austin / Morris 1100/1300, énorme succès commercial de la BMC durant les années soixante et oeuvre d'Alec Issigonis. Deux carrosseries furent immédiatement proposées, un coach deux portes et une berline quatre portes, avec un vaste choix de motorisation, du 1100 cm3 au 1750 cm3.


Austin Allegro Berline

La nouvelle compacte d'Austin ne connut pas la même réussite que son prédécesseur. Cette carrière en demi teinte peut s'explique par plusieurs facteurs. 

Les premières voitures connurent des problèmes de fiabilité et de manque de mise au point. Leur qualité de construction était médiocre. De mauvaises langues lui attribuèrent le surnom d'All-Aggro, All étant traduit par " tout ", et " Aggro " par aggravation. Pour sa défense, reconnaissons lui le mérite d'avoir traversé les  multiples crises et conflits sociaux que connaissait alors la British Leyland.

Commercialisée en parallèle à sa cousine Morris Marina, ces deux voitures étaient bien représentatives de l'errance dans laquelle s'enfonçait la British Leyland à partir des années 70. L'Allegro était souvent citée en exemple pour dénigrer la mauvaise gestion du géant automobile britannique durant ces années sombres. La rumeur disait que la qualité de l'Allegro était inversement proportionnelle aux investissements qui avaient été réalisés pour accoucher de ce laideron.

Pendant ce temps, la part de marché des produits de la British Leyland se contractait inexorablement. Les concurrents de toujours, Ford et Vauxhall, proposaient des modèles plus attrayants. Le marché britannique s'ouvrait de plus en plus à la concurrence européenne et japonaise. Si l'Allegro ne peut pas être désignée comme la seule coupable de la longue agonie de l'industrie auto mobile outre Manche, elle en fut pourtant l'un des symboles. 

L'Allegro n'étaient pas dotée d'un hayon. Si l'on se réfère aux exemples des Renault 5, Fiat 127 ou Volkswagen Golf, c'était pourtant devenu une condition de réussite sur le marché des voitures populaires en Europe. La British Leyland avait fait le choix malheureux de décerner ce rôle uniquement à la peu gracieuse Austin Maxi. Il fut nécessaire d'attendre le confidentiel break Allegro pour voir apparaître ce hayon, mais sur une version trois portes.

Les lignes de l'Allegro ne firent jamais l'unanimité. Alors que l'évolution du style automobile tendait vers des traits tendus, sous l'influence de quelques designers italiens, tel Giugiaro chez Ital Design, chez Austin on fit le choix inverse, en imposant des formes à contre courant des tendances du moment, en espérant imposer un style très personnel, moins sensible aux aléas des modes, un peu comme la Mini de 1959.

Certains esprits malins prétendaient que l'étude de style avait été menée de telle sorte que l'Allegro soit plus aérodynamique en marche arrière qu'en marche avant. Un autre surnom couramment attribué à l'Allegro était celui de " flying pig ", que l'on traduit par " cochon volant ".

Les dirigeants de la British Leyland firent preuve d'inconscience, ou au mieux eurent une audace extraordinaire, en commercialisant une voiture si décalée esthétiquement, tout en rêvant d'en faire une best seller. Tandis que la concurrence visait juste afin de séduire un large public, le seul mérite que l'on pouvait accorder à l'Allegro était qu'il était difficile de la confondre avec une voiture d'une autre marque.


Austin Allegro Berline

Au final, la carrière commerciale de l'Allegro s'étala sur dix ans, performance honorable. Elle parvint même, en 1979, à se classer en cinquième position dans le palmarès des meilleures ventes en Grande Bretagne. Techniquement, la voiture se bonifia dans le temps, et la piètre qualité des premiers modèles fut rapidement corrigée. Mais pour l'image de l'Allegro, le mal était déjà fait.

A début des années 80, l'Allegro allait souffrir de la concurrence interne de la Triumph Acclaim - un autre cauchemar de l'industrie automobile d'outre Manche -, et dans une moindre mesure de sa petite soeur Austin Métro. La Maestro remplaçait l'Allegro en 1983.

2. L'Allegro Estate

Le break Allegro commercialisé à partir de juin 1975 n'était pas un break ordinaire ! On aimait ou on détestait !


Austin Allegro Estate

Vu sous l'angle positif, on pouvait qualifier son design de soigné, avec une longue vitre de coffre courbée à son extrémité, et un toit incurvé au niveau du hayon qui lui conférait une petite touche d'élégance, voir de sportivité. Le break Allegro pouvait alors prétendre au rôle de digne héritier de la Triumph Herald.


Austin Allegro Estate et Berline

La voiture mesurait 3,94 mètres. Son coffre affichait une longueur utile de 1,54 mètre. A l'usage, l'Allegro break soumis à de lourdes charges avait une tendance marquée à s'affaisser excessivement à l'arrière. Un comble pour ce type de carrosserie. Le break Allegro, comme le coach deux portes et la berline quatre portes, fut commercialisé sur la base des trois séries qui marquèrent l'existence de l'Allegro : Allegro (1973-1975), Allegro 2 (1975-1979), Allegro 3 (1979-1983). Le distributeur Austin vendait dans l'hexagone non pas un break, mais une ber line trois portes, dénomination officielle. En Grande Bretagne, on la désignait sous le vocable " Estate ".


Austin Allegro Estate

L'Allegro break fut au final peu diffusée en France, sans doute en raison des problèmes d'image évoqués ci-dessus, mais aussi parce que le marché était encore peu mature pour ce type de carrosserie, à mi chemin entre un usage travail et loisirs. Alfa Romeo proposa à la même époque un véhicule assez similaire sur base Alfasud.


Austin Allegro Estate

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