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Claus Luthe
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NSU Prinz IV - Source : https://fr.wheelsage.org Septembre 1963, NSU Spider Claus Luthe dessine la NSU Spider, dévoilée en 1963. Bien que le projet repose sur la base de la NSU Sport Prinz, initialement esquissée par Franco Scaglione pour Bertone, le styliste allemand réinterprète les lignes afin d'intégrer le moteur rotatif Wankel à l'arrière. Il métamorphose ainsi le petit coupé d'origine en un cabriolet harmonieux. En optimisant l'espace intérieur et en soignant l'implantation des prises d'air, il livre une œuvre de précision. Cette réalisation assoit définitivement sa réputation de designer de premier plan.
NSU Spider Wankel - Source : https://fr.wheelsage.org Septembre 1967, NSU Ro 80 Le développement fulgurant de l'économie ouest-allemande durant les Trente Glorieuses pousse la firme de Neckarsulm à sortir de sa zone de confort pour investir le segment des berlines de prestige. Cette ambition culmine avec la présentation de la NSU Ro 80 au Salon de Francfort en septembre 1967, une automobile qui rompt radicalement avec les standards de l'époque. Sous le capot, le constructeur fait le pari audacieux d'un moteur birotor à pistons rotatifs Wankel, promettant un silence et une souplesse de fonctionnement alors inégalés.
NSU Ro 80 et Claus Luthe - Copyright L'apport de Claus Luthe confère à cette voiture son caractère véritablement révolutionnaire. En tant que chef du design, Luthe dessine une silhouette d'une modernité absolue, dictée par des impératifs aérodynamiques encore rares pour une voiture de série. Il conçoit une ligne en coin, caractérisée par une ceinture de caisse basse, de larges surfaces vitrées et un arrière relevé, aboutissant à un coefficient de traînée de 0,355 exceptionnel en 1967. Ce coup de crayon magistral possède quinze ans d'avance sur son temps, préfigurant avec une précision troublante le style des Audi 100 de 1982 et 80 de 1986.
NSU Ro 80 - Source : https://fr.wheelsage.org Mars 1969, NSU/Volkswagen K70 La genèse de la K 70 repose sur la volonté de NSU de proposer un modèle intermédiaire entre la populaire Prinz et la révolutionnaire Ro 80. Claus Luthe conçoit une berline rationnelle capable de séduire un public plus conventionnel que celui de la Ro 80. S'il s'éloigne des courbes aérodynamiques et futuristes de sa précédente création, Luthe insuffle à la K 70 une identité propre fondée sur la clarté et la visibilité. Il dessine une carrosserie angulaire très équilibrée, caractérisée par une ceinture de caisse basse et des surfaces vitrées particulièrement généreuses.
Volkswagen K70 - Source : https://fr.wheelsage.org Bien que le projet soit intégralement finalisé par NSU, l'histoire bascule lors du rachat de la marque par Volkswagen en 1969. Le géant de Wolfsburg, en quête désespérée d'une remplaçante à ses moteurs arrière refroidis par air, s'approprie le modèle. La commercialisation débute dès l'automne 1970. La K 70 devient la toute première voiture de la marque dotée de la traction avant et d'un moteur refroidi par eau.
Volkswagen K70 - Source : https://fr.wheelsage.org 1971 à 1976, Audi A la tête du design chez Audi NSU Auto Union AG, Claus Luthe supervise le développement stylistique de l’Audi 50, une citadine moderne conçue avec le concours de Marcello Gandini chez Bertone. Dévoilée officiellement en septembre 1974 lors du Salon de l’automobile de Paris, elle marque la première incursion de l'enseigne sur le segment des petites voitures depuis son intégration au groupe Volkswagen. Suivant la stratégie de plateforme commune, sa jumelle technique, la Volkswagen Polo, fait son apparition sur le marché six mois plus tard, en mars 1975. Le succès de cette dernière finit toutefois par éclipser l’Audi 50, dont la production prend fin dès 1978.
Audi 50 - Source : https://fr.wheelsage.org Claus Luthe supervise l'aménagement intérieur de l'Audi 100 de deuxième génération, la C2 produite entre 1976 et 1982. Si le studio Italdesign pose les bases esthétiques de l'Audi 80 de deuxième génération, baptisée B2, produite de 1978 à 1986, c'est bien Claus Luthe qui en peaufine les lignes extérieures. Il assure ainsi la cohérence finale du projet avant de rejoindre BMW en 1976.
Audi 80 " B2 " - Source : https://fr.wheelsage.org Avril 1976, Il rejoint BMW Claus Luthe succède à Paul Bracq à la tête du design BMW dans un contexte de consolidation majeure. La marque bavaroise s'appuie alors sur un catalogue solidement structuré autour des Séries 3, 5 et 6, bientôt couronné par l'arrivée de la prestigieuse Série 7 (1977). BMW offre au créateur l'opportunité de piloter l'intégralité du département stylistique et d'en orchestrer l'expansion. Sous son impulsion, les effectifs triplent pour atteindre une centaine de collaborateurs. Ce transfert suscite toutefois l'amertume de la direction d'Audi. Ferdinand Piëch, alors responsable du développement technique de la firme aux anneaux, aurait mal vécu le départ de ce talent. Avril 1981, BMW Série 5 E28 Sa première tâche d'envergure consiste à actualiser la berline intermédiaire sans engager les frais colossaux d'un nouveau développement structurel. Pour répondre à cet impératif d'économie, Luthe choisit de conserver l'intégralité de la cellule centrale et de la structure de l'ancienne E12. Il concentre ses efforts sur une modernisation visuelle des extrémités, affinant la proue et relevant la ligne du coffre pour améliorer l'aérodynamisme. Cette stratégie de transition prudente aboutit en 1981 à la naissance de la Série 5 type E28, qui dissimule sous une silhouette familière des innovations techniques majeures, notamment l'introduction de l'ABS dès son lancement, et le premier moteur diesel de l'histoire de la marque en 1983. Malgré cette continuité stylistique presque timide, le modèle parvient à asseoir la réputation de fiabilité et de dynamisme de BMW durant toute la décennie.
BMW Série 5 E28 - Source : https://fr.wheelsage.org Septembre 1982, BMW Série 3 E30 Lorsque la BMW Série 3 E30 apparaît au Salon de Francfort en septembre 1982, elle rompt avec l'héritage stylistique des années soixante-dix, en abandonnant l'inclinaison négative de la calandre. Claus Luthe est parvenu à imposer une face avant plus verticale et des lignes d'une grande pureté. Ce nouveau dessin cache une efficacité aérodynamique redoutable puisque le coefficient de pénétration dans l'air progresse de 15 % par rapport à la E21 précédente. Le designer parvient à moderniser la Série 3 tout en préservant ses proportions compactes et sportives. Pour transformer ce succès d'estime en véritable triomphe commercial et répondre aux besoins des familles, la gamme s'étoffe avec l'introduction d'une carrosserie à quatre portes en septembre 1982, et d'un break Touring en janvier 1988.
BMW Série 3 E30 - Source : https://fr.wheelsage.org Août 1986, BMW Série 7 E32 Le style de la Série 7 E32 commercialisée en août 1986 est attribué à Ercole Spada qui travaille sous la direction de Claus Luthe. Son dessin est plus lisse et plus profilé que celui de la précédente génération, la E23, sans se départir d’un certain conservatisme qui caractérise la marque bavaroise. Cette berline se distingue surtout par l'apparition du moteur V12 de cinq litres sur la version 750i en 1987, une première en Allemagne depuis l'après-guerre, ce qui permet à BMW de concurrencer frontalement Mercedes-Benz sur le segment du très haut de gamme. La ligne de la E32 se reconnaît notamment à ses naseaux élargis sur les versions à douze cylindres et à ses feux arrière en forme de L. Elle est déclinée en version longue avec un empattement accru de onze centimètres pour privilégier le confort des passagers arrière. Elle est remplacée par la E38 en 1994.
BMW Série 7 E32 - Source : https://fr.wheelsage.org Septembre 1989, BMW Série 8 Sous la direction de Claus Luthe, BMW lance au Salon de Francfort 1989 la Série 8 E31 pour succéder à la Série 6 E24, dont le style élégant mais vieillissant porte la signature de Paul Bracq. Bien que Claus Luthe supervise le design global de la firme, c’est le styliste Klaus Kapitza qui dessine les lignes spécifiques de ce coupé haut de gamme. La Série 8 impose le respect par ses dimensions généreuses et son aspect massif, mais elle dissimule cette stature derrière une silhouette aérodynamique particulièrement travaillée. Sa proue, caractérisée par une calandre extrêmement fine intégrée au bouclier et des projecteurs escamotables, s'inspire de l'esthétique de la M1. L'absence de montant central, ou pilier B, permet d'offrir un profil d'une grande pureté lorsque les quatre vitres latérales sont abaissées.
BMW Série 8 E31 - Source : https://fr.wheelsage.org 1990 L'ascension fulgurante de Claus Luthe au sein de l'industrie automobile allemande connaît un coup d'arrêt brutal et tragique au sommet de sa carrière. En avril 1990, alors qu'il dirige le design de BMW, une violente dispute éclate à son domicile avec son fils aîné, Ulrich, âgé de 33 ans. Ce dernier, en proie à de graves problèmes de toxicomanie, menace physiquement son père. Dans un mouvement de panique et de colère, le designer saisit un couteau de cuisine et poignarde mortellement son fils. Cet événement met immédiatement fin à ses fonctions chez le constructeur bavarois, bien que la direction de l'entreprise lui conserve un soutien moral discret par la suite. Lors de son procès, la justice examine les circonstances atténuantes liées au climat familial délétère et à l'instabilité de la victime. Claus Luthe est reconnu coupable d'homicide involontaire et écope d'une peine de 33 mois de prison. Il ne purge finalement qu'une partie de sa condamnation avant de bénéficier d'une libération conditionnelle.
Claus Luthe - Source : https://www.stern.de
Claus Luthe termine sa carrière
professionnelle en tant que consultant pour BMW. |