30 millions d'amis


" Quelles reprises ! Notre 15-6 est devenue un véritable pur-sang. Avant que Marcel, notre mécanicien la règle aux petits oignons, c'était un veau ". Avez vous remarqué qu'on utilise beaucoup le monde animal pour illustrer ou baptiser une voiture ? Nous vous invitons à suivre un cours de zoologie automobile.

Tout a commencé au 19ème siècle. Pour qualifier la force d'une machine mécanique, l'homme a choisi le cheval vapeur. Cet animal asservi par celui-ci symbolisait la puissance comme le boeuf ou l'âne. Le cheval a été préféré aux autres mammifères pour représenter la force qui permet d'élever un poids de 75 kg à un mètre de hauteur en une seconde.


2 chevaux ! - Source : http://www.cancoillotte.net

Quand les premiers constructeurs automobiles ont cherché un nom pour désigner une marque ou un modèle, beaucoup ont utilisé des noms d'animaux. Mais ils se sont rapidement limités à des races ou familles symbolisant la vitesse, la puissance, la force ou la bestialité, voire la grâce. Voici pourquoi, il n'y a jamais eu de véhicules appelés bœuf, escargot, âne ou cochon. 

Araignée, seiche, mouette ...

Avez vous remarqué que l'on s'est tout de même beaucoup servi de la faune pour désigner une voiture. Elle est souvent qualifiée de veau si elle manque de reprise ou au contraire de pur-sang si elle est puissante et rapide. Par sa forme, on l'identifie également fréquemment à l'animal. L'inusable Ford T parce qu'elle était noire et haute sur pattes était surnommée l'araignée. La première série des DS dont les formes dérangeaient nos habitudes était qualifiée de crapaud. L'Alfa Romeo Duetto à arrière long était désignée avec le terme os de seiche. L'Austin Healey Sprite aux phares exorbités était comparée à la grenouille.


Citroën DS et le crapaud, source : http://www.fdesouche.com

Par la cinématique de ses originaux ouvrants, la Mercedes 300 SL a été appelée portes papillon en France, ou ailes de mouette (gullwing) aux Etats Unis.

Les années folles de l'automobile ont connu pas mal de marques ou modèles faisant référence à nos amis les bêtes. Il y a eu la Ponette chez de Dion Bouton au début du siècle, temps où une marque allemande s'était baptisée Colibri (1908/1911) et un autre constructeur britannique Swift (passereau), dénomination depuis reprise par Suzuki.


Swift 10 HP de la fin des années 20

En France, la firme Le Zèbre s'est faite une excellente réputation en produisant une petite voiture économique dessinée par Jules Salomon, le père de la Citroën 5 HP, aux alentours des années 1910 lorsque le monde découvrait l'automobile.


Publicité Zèbre

Licorne, Aigle et compagnie

Née en 1901 à Puteaux, la marque française La Licorne a rencontré un certain succès jusqu'en 1949. Durant près d'un demi siècle, l'entreprise a réalisé plus de 200 modèles différents, et produit un peu plus de 33 000 voitures.


Affiche La Licorne

Née la même année à Gennevilliers, Chenard et Walcker avait choisi l'aigle comme emblème. Après la seconde guerre, ce petit constructeur par le biais de Chausson son repreneur (en 1936) fabriqua une fourgonnette adoptée par Peugeot qui remplaça le moteur deux temps original par celui de la 203 plus volumineux, exigeant l'allongement de la face avant dont la proéminence lui valu de surnom de " nez de cochon ".


La fourgonnette Chenard & Walcker

Tant qu'on évoque l'aigle, vous n'ignorez pas qu'aux Etats Unis, la marque Eagle a brièvement existé chez AMC, désignant une gamme de voitures à quatre roues motrices puis une étonnante Renault 21 " chryslérisée " appelée Medallion qui ne laissa pas de grands regrets dans l'histoire de l'automobile.


AMC Eagle

Du chien au serpent

Barzoï est le nom d'une race de lévrier russe au profil très léger. André Marcadier et son compère André Fournier construisaient près de Lyon de petites barquettes sportives vendues en kit. Inspiré par un ami, Marcadier choisit le nom de ce lévrier pour baptiser la version fermée en 1967. Cette voiture sportive équipée d'un moteur de R8 se caractérisait par sa très faible hauteur de 98 cm, et ses portes papillon. Vendue à un nombre que Marcadier n'a jamais voulu révéler, elle a été remplacée en 1977 par une version Barzoï 2 aux curieuses lignes cunéiformes réalisée cette fois sur une base Simca Rallye 2.


Feuillet publicitaire Barzoï

Traversons l'Atlantique pour retrouver Carroll Shelby qui n'avait pas pensé à baptiser sa nouvelle voiture AC à moteur Ford V8 du nom d'un serpent dont le terrible venin est capable de foudroyer une personne. Dès les premiers essais, la grondante AC de Shelby respirait une telle force en ruant de son essieu arrière comme le serpent Cobra fouette l'air violemment de sa queue, que son nom s'est imposé naturellement à l'esprit de l'essayeur. Ce fameux serpent à lunette est devenu le sigle de cette voiture mythique produite à seulement 1011 exemplaires pour les versions originales, et infiniment plus si on compte toutes les répliques qui fleurissent depuis 40 ans un peu partout dans le monde.


Page de couverture du dépliant AC Cobra

En revanche, ce n'est pas par hasard si Chrysler a appelé Viper son roadster à moteur V10. Une autre serpent salement venimeux. Les concepteurs de ce véhicule sportif ne cachaient pas qu'ils s'étaient fortement inspirés de l'esprit de la regrettée Cobra restée sans descendance. D'où le choix du nom de ce serpent pas très sympathique à tête triangulaire. On n'imagine pas une voiture sportive se faire baptiser couleuvre ...


Dodge Viper

De la Topolino à la Jeep

Quelques voitures ont pris le nom d'un personnage interprété ... par un animal. En 1973, Matra a appelé Bagheera son nouveau coupé sportif à trois places. C'était alors un nom très populaire emprunté à la panthère charmeuse du célèbre roman de Rudyard Kipling " Le livre de la jungle " que le récent dessin animé de Walt Disney avait largement popularisé.


Matra Bagheera

Quand au nom de Cheetah qui était la raison sociale d'une petite marque sportive américaine qui produisit des sportives à mécanique Chevrolet entre 1963 à 1966, on pourrait imaginer qu'il prend sa source dans Tarzan d'Edgard Rice Burroughs, où il désigne une petite guenon. " Moi Tarzan, toi Cheeta " (l'orthographe était cependant différente) ! A moins que l'américaine est ainsi été nommée en faisant référence à Cheetah, un terme d'origine hindi qui désigne le guépard ?


Super Cheetah, 1965

Moins évidente est l'origine du mot Jeep. D'après certains, il est le fruit de la prononciation à l'américaine des initiales de general purpose (usage général), nom générique de ce type de véhicule. D'autres prétendent que c'est une référence à l'animal espiègle " Eugene the Jeep " de la bande dessinée Popeye, le célèbre mangeur d'épinard. En voyant la petite Willys, le sergent T-O'Brian aurait lancé " on dirait jeep ", surnom qui lui serait resté au sein de la compagnie avant de devenir un nom générique.


Popeye et son compagnon Eugene the Jeep - Source : http://www.sinhvienboston.org

C'est ce qui est arrivé à la petite Fiat 500 lancée en 1935, vite surnommée Topolino qui était le surnom de la petite souris de Walt Disney en Italie, plus connue sous le nom de Mickey chez nous. Son esthétique rondouillarde et surtout ses gros phares ronds faisaient songer aux oreilles de la célèbre souris du dessin animé.


Fiat Topolino

Plus complexe est l'origine du surnom de la Volkswagen Coccinelle. Son premier nom fut KDF, initiales allemandes pas forcément très romantiques du " travail dans la joie ", avant de prendre celui de voiture du peuple où si vous préférez Volkswagen. Cette désignation n'était pas agréable à énoncer surtout à la fin des années 40. Ses formes sympathiques et arrondies lui valent bientôt le surnom de Coccinelle en France, de Beetle en Grande Bretagne ou Käfer en Allemagne (traduction de scarabée).


Volkswagen Coccinelle / Beetle / Käfer

Pour la Golf, le géant allemand avait choisi de la baptiser Rabbit aux USA, ce qui signifie lapin. En Europe, c'est cette appellation qui fut utilisée pour écouler la dernière série de Golf 1 qui restait en stock depuis le lancement de la nouvelle génération. Grâce à une publicité originale montrant un lapin coiffé d'un casque en cuir souple et équipé de lunettes sur le nez, appuyée par un prix écrasé, la Rabbit fit un tel tabac chez nous que les stocks furent épuisés en quelques semaines seulement. 


Publicité presse Volkswagen Golf Rabbit

Pour une voiture à connotation populaire, il n'est pas conseillé de choisir un animal agressif. Pour sa Panda, petite voiture qui a vu le jour en 1980, Fiat a choisi cet animal débonnaire himalayen à la fourrure crème et noire assez proche physiquement de l'ours, mais en plus sympa. Ce rapprochement a certainement joué un rôle positif dans la carrière exceptionnelle de la petite italienne. 


Le Panda - source : http://www.wallsave.com

Il y a un tigre dans mon moteur

Evidemment, pour les valeurs qu'ils représentent, les félidés ont toujours été très courus pour baptiser une automobile. Le fameux tigre avait été choisi comme animal fétiche par le pétrolier Esso qui offrait sa queue en peluche aux automobilistes du milieu des années 60. Il a également désigné la Sunbeam Alpine " Tiger " produite entre 1964 et 1967, dans laquelle on avait réussi à glisser sous le capot avec l'aide de Carroll Shelby le gros V8 Ford de la Mustang. Hélas, Chrysler qui racheta le groupe Rootes n'apprécia pas beaucoup qu'un de ses modèles soit animé par un moteur Ford et condamna la Tiger fin 1967.


Sunbeam Tiger V8

Déjà, ce félin siglait discrètement depuis 1959 une version affûtée de la Dyna Panhard dont le 850 cm3 avait été poussé pour la circonstance de 42 à 50 ch, notamment grâce à un carburateur plus généreux, permettant d'entraîner cette vaste cinq chevaux fiscaux à 140 km/h.


Panhard PL 17 Tigre

Plus récemment, Opel a utilisé le mot tigre, mais rendu audible à travers le monde en le transformant en tigra, sur un petit coupé réalisé sur la base de la Corsa. Une version ouvrable dénommée TwinTop fut développée à partir de ce modèle, et produite chez Heuliez à Cerizay.

Restons dans les gros félins agressifs avec la Cougar dévoilée en 1966 par la marque Mercury. Il s'agissait d'une voiture sportive et luxueuse réalisée à partir de la Mustang. Plus récemment, dans les années 90, ce nom a qualifié un coupé Ford commercialisé sur le marché européen.


Mercury Cougar, dans sa version 1977

Puma a désigné une marque brésilienne née au début des années 60. Cette petite firme qui avait commencé par des modèles à mécanique DKW, s'était tournée vers la structure de la Coccinelle Volkswagen, joliment habillée d'une carrosserie plutôt réussie. Jusqu'en 1985, année de fermeture de l'usine de Sao Paulo, plus de 20 000 Puma furent construites, avec des pics à plus de 3000 unités par an à la fin des années 70.


Puma GTE/GTS

Libre comme l'oiseau

Véhiculant l'image de la liberté, les noms d'oiseau ont été le fond de commerce de nombreux constructeurs . On se souvient de la mythique Thunderbird qui signifie en français " oiseau de tonnerre ". Cette sportive américaine chargée de concurrencer la Corvette a vu le jour pour le millésime 1955. Cette appellation est issue du folklore des indiens américains pour qui le Thunderbird était un oiseau magique. Ce cabriolet a rencontré un beau succès commercial avant de se muer en grosse voiture à vocation sportive moins affirmée à partir de 1958. L'année 2001 a vu aux USA la renaissance d'une nouvelle T Bird, au style néo rétro, qui a repris l'esprit de la première mouture.


Ford Thunderbird, 1956

Comme ce nom était utilisé par Ford, la General Motors dut se rabattre sur celui de Firebird très proche cependant au plan de sa sonorité, et qui signifiait " oiseau de feu ", pour appeler un modèle sportif dérivé de la Camaro, présenté en février 1967 au sein de la division Pontiac.


Pontiac Firebird, 1968

Le phénix est un oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Chez Chrysler, ce nom a été utilisé sur un modèle de la gamme Dodge produit en Australie de 1960 à 1973. Il a également désigné durant les années 60 un joli roadster à moteur Chevrolet Corvair, produit par l'ancien pilote américain John Fitch.


The Fitch Phoenix

Parmi les automobiles portant un nom d'oiseau de proie, n'oublions pas la célèbre Studebaker Hawk (faucon) dessinée par l'équipe de Raymond Loewy, qui a connu une jolie carrière entre 1956 et 1964.


Studebaker Hawk, 1957

De son côté, Nissan a longtemps produit une berline moyenne qui répond au vocable de Bluebird, qui se traduit par oiseau bleu.


Datsun Bluebird

Enfin, il est possible de passer de l'hirondelle au jaguar. Fondée en 1922 sous le nom de Swallow (hirondelle) Sidecar Company par William Lyons, la société dont les initiales étaient SS adopta en 1945 le nom de Jaguar pour ne pas rappeler les SS allemands de sinistre mémoire.


Extrait d'une brochure de la marque SS de 1931

Restons dans le ciel avec la Wolseley Hornet qui était une Mini endimanchée pas très piquante malgré son nom de frelon en français. Notez que cette désignation Hornet fut également utilisée par l'américain AMC pour désigner l'un de ses modèles entre 1970 et 1977.


Wolseley Hornet

Défier le Cobra

Si la firme britannique Lynx continue à transformer à dose homéopathique quelques Jaguar, Panther né en 1971 a du fermer ses portes. Ce petit constructeur avait connu un certains succès durant les années 70 et 80 en réalisant des répliques réussies de Jaguar, avant de lancer un modèle plus accessible baptisé Kallista, que des capitaux coréens ne sauvèrent hélas pas.


Panther J 72, réplique de Jaguar

Plus au sud, il serait impardonnable ne pas évoquer la De Tomaso Pantera à mécanique Ford V8 largement diffusée aux Etats Unis, de même que le 4 x 4 japonais Mitsubishi Pajero qui désigne un petit chat sauvage. Pour certains marchés, le nom de ce charmant animal aux griffes acérées est remplacé par Montero, car Pajero désigne aussi un homme qui vit du charme des femmes.

Il y eu des voitures à nom de poisson. Evidemment, on pense à la Matra Murena, dont le nom est une déclinaison de la Murène, poisson à la voracité proverbiale qui n'a pas porté chance à ce coupé sportif qui méritait mieux. Moins connue est le prototype Chevrolet Corvette Mako Shark, terme qui désigne un requin.


Chevrolet Mako Shark II

Et l'Opel Manta ! Cette raie noir hyper venimeuse des mers du sud a été popularisée par le coupé Opel dont plus de de 1,2 millions d'exemplaires ont été vendus entre 1970 et 1988. Un formidable succès.

La terrible Chrysler Barracuda en a eu pas mal (de succcès !) au cours des années 60/70. Cette muscle car qui était au départ dérivée de la Plymouth Valiant était digne de l'appétit vorace de ce gros et pas très sympathique poisson carnivore. Son nom a donné le jour à une génération de Chrysler très méchantes appelées Cuda et Hemi Cuda.


Plymouth Barracuda 1971

Après avoir évoqué le serpent, il ne faudrait pas oublier son ennemi juré, la manguste. La Mangusta désignait un magnifique coupé à moteur V8 que l'argentin Alessandro De Tomaso avait produit avant la Pantera. Dessiné par Giugiaro, il fut assemblé de 1967 à 1971 à 401 exemplaires. Le rusé italien l'avait baptisé ainsi car c'était le seul animal à pouvoir terrasser un cobra. Si la Mangusta était esthétiquement belle, techniquement, c'était une calamité. De Tomaso demanda à Ford de la distribuer aux Etats Unis. Lee Lacocca, bras droit d'Henry Ford II, après avoir essayé la voiture qui l'épouvanta, demanda alors à l'argentin de réaliser un nouveau modèle plus sûr pour concurrencer la Corvette. Un an plus tard, De Tomaso dévoilait la Pantera, qui tout en étant supérieure sur de nombreux points à la Mangusta, révéla vite des vices chroniques qui poussèrent Ford à arrêter l'aventure en 1975.


De Tomaso Mangusta

Cerf, Chamois et Gazelle

Le groupe Rootes pour désigner certains modèles Singer qui étaient les copies conformes des Hillman à longtemps puisé dans le monde animal. On se rappelle des Sunbeam Gazelle et Singer Chamois.

Il faut se méfier des faux amis comme la Lotus Elan qui ne concerne pas l'animal, par contre le nom Stag emprunté par Triumph signifie cerf. Ce nom a été utilisé pour un coupé de grand tourisme qui n'a pas eu la chance qu'il méritait dans sa vie commerciale, à cause essentiellement d'une mécanique qui manquait singulièrement de fiabilité, composée à partir de deux quatre cylindres accolés issus de la gamme moyenne Triumph.


Triumph Stag

Nous terminons avec le taureau et le cheval. L'emblème de Ferrucio Lamborghini qui construisait à l'origine des tracteurs était le taureau. L'idée de baptiser Miura, nom d'un taureau de combat, son fascinant coupé V12 dessiné par Marcello Gandini a été un coup de génie et une attaque directe contre Enzo Ferrari. Au fil des années, la firme de Sant'Agata est restée fidèle à cet animal puisque l'un de ses derniers modèles est appelé Murceliago, qui désigne un autre taureau de race navarraise.


Lamborghini Miura

Nous allons clore cette évocation du monde animal avec le cheval, et en particulier le Mustang. Née de la volonté de Lee Lacocca, la Mustang était en fait une Falcon vitaminée et habillée d'une carrosserie d'aspect sportif, afin de séduire une clientèle plus jeune et plus décontractée. Ce nom fut choisi parmi d'autres, notamment Bronco qui baptise le Mustang lorsqu'il est dressé. Bronco fut par ailleurs utilisé dès 1966 pour désigner un 4 x 4 civilisé concurrent de la Jeep.


Ford Bronco

Tous ces noms d'animaux sauvages n'avaient que la mission de capitaliser autour de la voiture toutes les valeurs physiques et bestiales qu'ils représentaient. C'est la raison pour laquelle l'animal a été également beaucoup choisi comme emblème, signe ou mascotte de calandre ou de radiateur. 


Texte : Patrice Vergès, 2001 - Adaptation 2013 / Carcatalog
Ne pas reproduire sans autorisation de l'auteur.

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