Renault 5 Turbo

La Renault 5 Turbo, c'est d'abord dans l'Automobile Sportive !

Avec la Renault 5 Turbo, la régie souhaitait assurer un digne héritage aux 4 CV 1063, Dauphine Gordini, R 8  Gordini et autres berlinettes Alpine, qui avaient su à leurs époques respectives attirer l'attention des médias et du public, et inciter monsieur tout le monde à pousser les portes de son concessionnaire local. 

En fait, l'idée d'une Renault 5 de course commercialisable en version routière  (c'est plus souvent l'inverse qui se produit) avait mûrit dès le milieu des années soixante dix dans l'esprit de Jean Terramorsi, alors directeur adjoint du service produit de la Régie, et à ce titre responsable des modèles de petite série. A la suite d'une discussion avec Henri Lherm, son second, il avait envisagé de créer un tel modèle. Son décès prématuré le 27 août 1976 n'allait pas lui permettre de voir son projet aboutir.

Le développement de la Renault 5 Turbo, numéro de projet 822, allait être désormais poursuivi par Renault Sport, un département constitué au début de 1976, et ce sous la responsabilité de Michel Têtu, un ingénieur embauché par Gérard Larousse. Marc Deschamps, futur directeur du style chez Bertone (1979), puis futur patron de Heuliez Torino, alors designer chez Renault sous l'autorité de Robert Opron, traça le premier croquis de la Renault 5 Turbo.


Mai 1976, croquis initial de Marc Deschamps, designer chez Renault sous l'autorité de Robert Opron. La silhouette de la Renault 5 est peu altérée, les volumes ne dépassent pas les normes.

Par la suite, son dessin fut peaufiné et finalisé par Marcello Gandini chez Bertone à Turin, à qui l'on doit aussi l'aménagement intérieur " futuriste " de la première série. La première maquette non roulante fut donc réalisée chez Bertone, puis présentée à Bernard Hanon en janvier 1978. Un prototype roulant était rapidement construit dans les ateliers Alpine de Dieppe. En mars, la première voiture subissait une série d'essais intensifs sur route et sur circuits.

Des tests aérodynamiques furent effectués dans la soufflerie du CNAM à Saint Cyr. Ces tests dictèrent de nouvelles formes. A l'arrivée, la Renault 5 Turbo adoptait une allure plus brutale, avec des voies élargies, des entrées d'air plus conséquentes, des roues plus grandes, des marchepieds en bas de caisse, etc ...


Visualisation des écoulements d'air sur une Renault 5 Turbo à échelle 3/8 (document Heuliez)

Heuliez fut sollicité par Renault pour fabriquer la deuxième maquette non fonctionnelle qui tenait compte des dernières modifications. Contrairement à Bertone qui avait apporté sa touche personnelle sur le premier prototype, Heuliez se conforma strictement aux directives de la Régie, et rendit sa copie en août 1978. Renault avait déjà prévu à l'époque de confier l'étude d'industrialisation à l'entreprise de Cerizay.

Extrait de l'Automobile Magazine N° 409 du mois de juillet 1980 :

Août 1978 : le cahier des charges a évolué, toutes les transformations sont résumées dans une nouvelle maquette que Renault fait exécuter par Heuliez dans les Deux-Sèvres. La R5 Turbo acquiert définitivement ses formes " biomécaniques " dont s'enorgueillit le Centre Style. Contrairement à Bertone, le carrossier français se conforme scrupuleusement aux directives de Renault. La deuxième maquette - toujours non roulante - sort des ateliers Heuliez en août 1978. Elle est destinée à la première présentation au public de la 5 Turbo qui a lieu lors de la conférence de presse de M. Vernier Palliez au Salon de Paris en octobre 1978.


Travail sur maquette de Renault 5 Turbo chez Heuliez en 1978


Le prototype de la Renault 5 Turbo en cours de réalisation chez Heuliez


Août 1978, deuxième maquette (après celle de Bertone) réalisée par Heuliez pour le salon de Paris

La voiture de Heuliez était dévoilée au salon de Paris en septembre. Ce fut un succès auprès du public et du réseau. Une Renault 5 Turbo de pré série était exposée au salon de Francfort un an plus tard en septembre 1979. En janvier 1980, le véhicule définitif était prêt, et présenté au salon de Bruxelles. La 5 Turbo pouvait être commercialisée à partir du mois de juillet, pour l'année modèle 1981.

Heuliez était un intervenant majeur dans le processus de production : les caisses étaient prélevées sur les chaînes Renault de Flins, puis acheminées par camion chez Heuliez à Cerizay, qui modifiait les passages de roues arrière, remplaçait la pavillon de toit, les portes et le hayon par de nouveaux modèles en aluminium, adaptait un capot avant en polyester, allongeait la caisse, installait une jupe arrière, ajustait une cloison pare-feu avec le moteur (qui passait de l'avant à la place de la banquette arrière), etc ... Ces ensembles reprenaient ensuite la direction Flins pour les opérations de cataphorèse, puis de l'usine Alpine à Dieppe où se poursuivait la fabrication sur la même chaîne que la A310, en alternance, à partir du 20 mai 1980. 

La première version de la Renault 5 Turbo fut maintenue au catalogue pendant plus d'un an, avant d'être remplacée par la Turbo 2, moins coûteuse, et dotée d'un habitacle de Renault 5 Alpine ! La carrière de la Turbo 2 s'achevait en 1986. Il fut produit 1378 exemplaires de la première série, et 3183 de la seconde.


On devine sur cette photo prise chez Heuliez le profil de la Renault 5 Turbo


Les carrosseries arrivaient de Cerizay à Dieppe où se poursuivait la fabrication


Cette voiture sponsorisée par Heuliez participa au championnat de France des rallyes, aux mains d'Alain Serpaggi, metteur au point d'Alpine, et de Yves Legal, le designer de la marque.

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