mia, les années 2010

Plan de la page

1. 2010
2. 2011
3. 2012
4. 2013

5. 2014


1. 2010

Juin

En 30 juin 2010, le tribunal de commerce de Niort validait le rachat du carrossier de Cerizay grâce à un partenariat franco allemand. Le site industriel était physiquement divisé en deux parties indépendantes, et les activités séparées en deux sociétés totalement distinctes.

Le développement du projet Friendly était intégré dans une nouvelle société, du nom de mia electric. Dès les débuts de la commercialisation de la mia, Heuliez SAS demeurait un des fournisseurs de mia Electric, en assurant toute l'activité de ferrage et de peinture des caisses. Celles ci arrivaient sur la chaînes de montage de la mia à l'aide d'un convoyeur aérien installé entre les deux sites.

Le nouveau président de mia electric était Edwin Kohl. Cet industriel avait fondé Kohlpharma en 1979 en Allemagne, un groupe familial de 1300 personnes en 2010. La région Poitou-Charentes prenait une participation de 12 % au capital.


Edwin Kohl, président de mia Electric de 2010 à 2013

En août 2010, Laurent Buffeteau, ex colonel de l'armée française puis ancien cadre de Michelin, où il occupa différentes fonctions (responsable d'un site de production, communication et gestion de crise, déploiement logistique en Europe)  était nommé directeur Général de mia electric. Il avait en charge la fin des études de la voiture électrique, la planification de son industrialisation, la promotion du produit et sa distribution.


Laurent Buffeteau - Source : http://www.lanouvellerepublique.fr

mia possède un centre de design intégré. Il est dirigé par Murat Günak. Ce designer de nationalité allemande et d'origine turque s'est fait un nom dans le monde du design automobile chez Mercedes, Peugeot (avec Gérard Welter de 1995 à 1999) et Volkswagen (de 1999 à 2006). Homme clef du projet Friendly devenu mia, il fut sollicité par messieurs Quéveau pour faire évoluer les lignes de la future citadine. Murat Günak joua de son carnet d'adresses pour faire aboutir le projet, et occupa une place centrale dans bon nombre d'offres de reprise d'Heuliez.


Murat Günak

Patrick Largeau est alors directeur Projets et Développement de la Friendly, futur mia. Ancien de France Design, société du groupe Heuliez, il a participé à la conception et à la mise en production des premières voitures électriques pour le compte de PSA chez Heuliez au début des années 90.

Le bureau d'études en R & D est au service des projets futurs de l'entreprise, mais constitue aussi un centre de profits complémentaires pour mia electric, puisqu'il propose ses services dans son domaine d'expertise à d'autres acteurs de la mobilité électrique.


Patrick Largeau et Murat Günak.

Pour convaincre face à des constructeurs mieux armés tels que Renault, Nissan ou Peugeot la mia a toujours mis en avant son poids plume qui lui permet de se contenter d'une puissance moindre par rapport à ses concurrentes. Moins coûteuse à fabriquer, elle se veut aussi plus attractive financièrement.

01/07/2010 : Vidéo officielle de " mia by Heuliez "
22/10/2010 :
Ségolène Royale souligne l'importance de son intervention
30/01/2011 :
Visite du site mia Electric

2. 2011

Mars

Après de nouvelles péripéties (la séparation d'Heuliez en deux entités), le programme mia prenait du retard. La voiture était de nouveau présente au salon de Genève en mars 2011 sous la marque mia electric. Au changement de nom correspondait aussi quelques modifications cosmétiques, et une nouvelle définition des longueurs effectivement commercialisées.


La mia dans sa version définitive

Juin

La production de la mia démarrait effectivement en juin 2011.
 

29/06/2011 : La production de la mia a démarré

Juillet

Armé pour produire jusqu'à 12 000 unités par an, le constructeur mia electric livrait ses quatre premières voitures à Cannes le 25 juillet 2011. Celles ci étaient mises à disposition d'agents de la collectivité locale dans le cadre de l'autopartage.

Septembre

mia electric organisait le 2 septembre une journée porte ouverte. Environ 2000 personnes manifestèrent leur intérêt en se déplaçant sur le site de production.


Ségolène Royale, candidate à la primaire socialiste, dévoilait en septembre 2011 sur le site industriel de la mia son plan de reconquête industrielle, fondé sur la croissance verte - © VT
 

02/11/2011 : Porte ouverte chez mia Electric

La vente était étendue aux particuliers en septembre 2011. Le mois suivant, 45 mia étaient immatriculées en France.

mia dévoilait au Salon de Francfort la mia Paris. Cette nouvelle version huppée était dotée d'une carrosserie ABS noir métallisé, d'une calandre spécifique, d'une finition chrome, de jantes en alliage aluminium de 16 pouces, d'une sellerie cuir, d'une planche de bord et d'un volant gainé cuir, de vitres de custode et d'un volet arrière surteintés.

L'une des premières tâches de mia electric fut de se constituer un réseau de distribution en France. Une quarantaine de revendeurs indépendants couvraient l'hexagone début 2012. Parallèlement se mettait en place une équipe capable d'assurer l'après vente. Cette tâche fut confiée pour les flottes d'entreprises à la société Aprolis installée à Créteil. Ses camions ateliers peuvent intervenir sur tout le territoire français, à la manière du réseau Carglass.
 

La mia en vidéo

3. 2012

Gamme

Pour 2012, première année pleine de production et de commercialisation, la gamme mia se présentait de la manière suivante :

Deux variantes de batterie, 8 kWh et 12 kWh, avec des autonomies respectives d'environ 80/90 km et 120/130 km.

Trois versions de carrosseries :
- mia, trois places assises, longueur 2,87 mètres, 750 kg.
- mia L, quatre places assises, longueur 3,19 mètres, 784 kg.
- mia U, à vocation utilitaire, une place assise, longueur 3,19 mètres, 759 kg.
La mia Paris intégrait la gamme en tant que modèle à part entière.


mia, trois places assises, longueur 2,87 mètres, 750 kg.


mia L, quatre places assises, longueur 3,19 mètres, 784 kg.


mia U, à vocation utilitaire, une place assise, longueur 3,19 mètres, 759 kg.

Trois teintes figuraient au catalogue, un blanc crème, un noir aspect carbone, et un gris d'aspect aluminium brossé.


L'espoir renaît à Cerizay

Janvier

A partir du 15 janvier, la mia était distribuée sur internet par aramisauto, leader de la vente automobile sur le web.

2630 voitures électriques ont été immatriculées en France en 2011. Avec 249 unités vendues, mia se trouvait en cinquième place.

Février

mia partait à la conquête de la Belgique et du Luxembourg par le biais d'importateurs indépendants. Le 24 février, moins de six mois après le démarrage de la production, la 1000ème mia sortait de l'usine de Cerizay.

Mars

Après avoir exposé fin 2011 à Francfort la très chic mia Paris, le constructeur dévoilait début mars 2012 à Genève le concept car mia rox. 


mia rox

 

Genève, mars 2012
Conférence d'Edwin Kohl
Murat Günak présente la mia rox

A partir du 15 mars 2012, une partie des équipes de production était mise en chômage partiel. Le stock des voitures finies grossissait sur le parking face à l'unité de montage. Il était nécessaire d'adapter le rythme d'assemblage à celui de la courbe des ventes. Afin de mieux coller au marché, et à l'offre de ses concurrents, mia décidait de revoir son mode de commercialisation, en proposant d'une part la voiture à la vente, et d'autre part les batteries en location. La partie était encore loin d'être gagnée, face en particulier à la force de frappe des Renault, Nissan et autre Peugeot, qui semblaient alors regarder la mia avec une certaine condescendance.

Du dimanche 1er avril au samedi 14 avril, la mia était présentée sur la chaîne d'information LCI avec un spot de 15 secondes..

Publicité mia sur LCI

Avril

La mia est référencée auprès de la centrale nationale de la location U, un des principaux loueurs courte durée en France. On peut donc louer sa mia dans certains Super U. Cela peut constituer un bon moyen de faire découvrir la voiture électrique au plus grand nombre. Les supermarchés de Cerizay, Thouars, Mauléon-Moncoutant et Niort furent parmi les premiers à faire l'acquisition de la voiture électrique locale.

Mai

Après la Grande Bretagne, la Belgique, le Luxembourg et la Norvège, la mia poursuivait sa conquête de l'Europe en abordant le marché néerlandais. A partir du 15 mai, elle y était distribué par Still, société bien connue pour ses appareils de manutention électriques, et équipée d'une réelle expertise dans la maintenance de ce type de matériel. Une équipe de vente était organisée, dédiée à la distribution de la mia.

Juin

Depuis juin 2012, les propriétaires parisiens de mia peuvent profiter des stations d'Autolib pour recharger leur véhicule, moyennant un abonnement équivalent à 15 euros par mois. Ce tarif offre également la possibilité de stationner deux heures par jour sur les emplacements Autolib.

Le 1er juin 2012, mia ouvrait un show room au 252 boulevard Saint Germain. Cette adresse est bien connue chez Heuliez, qui possédait déjà un show room à cette adresse dans les années 90. Ce fut aussi le siège de l'éphémère Heuliez New World. L'inauguration eut lieu le 18 septembre 2012. Dans ces locaux sont accueillies les personnes qui souhaitent procéder à un essai de la mia dans les rues de la capitale, ou qui veulent simplement se renseigner.


La mia Paris face au 252 Boulevard Saint Germain à ... Paris

Juillet

Le 25 juillet 2012, le gouvernement annonçait, dans le cadre du plan de soutien au secteur automobile, que le bonus écologique pour les véhicules électriques passait de 5000 à 7000 euros. Une lueur d'espoir pour le développement des ventes de la mia ... La mia 3 places de 8 kWh devenait ainsi disponible pour les particuliers à partir de 11 500 euros, plus 49 euros par mois de location de batterie.

Octobre

Le 29 septembre 2012, mia était pour la première fois présent au Mondial de l'Automobile de Paris sur un stand de 250 m2. Outre la gamme des mia, mia L et mia U, on y retrouvait la mia Paris présentée en 2011 à Francfort.

Mais l'attraction principale était la mia miamore, une série limitée de 50 voitures blanches à trois places, dotée de jantes en alliage de couleur orange et de plusieurs rappels de cette teinte sur la carrosserie.

Pendant le salon, huit mia furent mises à disposition du grand public dans un centre d'essai, afin de lui faire découvrir ses qualités en circulation urbaine, et ainsi peut être lever les dernières réticences. 364 personnes eurent l'occasion de prendre les commandes de la mia dans les rues de Paris. On comptabilisait 39 ventes à l'issue de l'évènement parisien.


mia miamore


Cette oeuvre de street art accueille le visiteur à l'entrée sud d'Heuliez à Cerizay - 2012, © ALR


mia est installé au coeur du site historique Heuliez - Octobre 2012, © ALR

Novembre


Parcourir 40 000 Km en un an avec une mia, c'est l'équivalent d'un tour du monde.

Le 10 novembre 2011 vers 16 heures, Bérangère et Vincent prenaient possession de leur mia. Avec cette décision, ils faisaient un pas vers l'inconnu en rentrant dans le monde de demain. Pour la première fois, ils achetaient une voiture neuve, une mia electrique. Une mia trois places 12 kwh, modèle court de couleur grise avec des jantes rouges. Bérangère et Vincent se rendaient directement à Cerizay dans les Deux-Sèvres, lieu de fabrication des mia, à quarante kilomètres de leur lieu de travail et de villégiature.

Un an après, voici le compte rendu d'une expérience unique, l'Odyssée électrique vécue en autopartage par deux infirmiers libéraux en milieu rural, ni ingénieurs électriciens, ni spécialistes en automobile, sans partenariat publicitaire ni sponsor, ni assistance technique, tout en consacrant leur journée de labeur à la population nécessiteuse de leurs bons soins.

" Le 9 novembre 2012, après 12 mois, 365 jours, leur mia a atteint 40 000 kilomètres au compteur, soit une moyenne de plus de 109 km par jour (plusieurs journées à plus de 200 km et d'autres journées plus nombreuses sans bouger), dans le même département des Deux Sèvres, et plus précisément en Gâtine, sur des routes sinueuses d'un réseau secondaire d'une qualité très médiocre, essentiellement en milieu rural, à une vitesse moyenne largement supérieure à celle d'une voiture citadine, sans pouvoir fournir avec précision cette donnée mais en affirmant des vitesses avoisinant très régulièrement les 80 / 90 km/h.

A l'aide du câble de cinq mètres livré avec la voiture,  et sur une simple prise de courant de 220 v, ces 40 000 km ont été parcourus avec un montant d'électricité d'environ 580 euros. Cela représente 4800 kwh au total, soit 12 kwh tous les cent kilomètres. Ces données ont été vérifiées sur plusieurs semaines avec un appareil de contrôle de consommation électrique. Le prix TTC du kwh était de 12,1 centimes d'euros (référence facture d'électricité de juillet 2012). Une charge de 12 kwh est consommée en réalisant de 20 à 30 visites à domicile, ce qui nécessite de relancer au moins 20 à 30 fois la mia avant qu'elle ne retrouve une force d'inertie. La charge complète de la voiture prend entre 4 h 30 et 5 heures.

40 000 kilomètres, c'est un véritable Tour du Monde en voiture électrique, une expérience unique, une " performance " qu'ils veulent partager, pour bien faire comprendre aux sceptiques de la voiture électrique que ce moyen de locomotion, s'il n'est pas le meilleur de tous, n'en est pas moins fiable et intéressant à condition d'en connaître les limites et de les apprivoiser.

La mia est une auto aux qualités routières tout à fait honorables, à la tenue de route exceptionnelle sur les petites routes de campagne sinueuses. Avec un centre de gravité très bas et bien centré, grâce à la localisation et au poids des batteries, cette voiture permet aussi d'affronter les routes enneigées avec confort et sécurité. La mia a parcouru en février 2012, avec quatre pneus neiges, les routes blanches des Deux Sèvres pendant plus de huit jours.

Silence et souplesse de conduite apportent au chauffeur une sérénité et un certain repos durant la conduire. C'est comme une voiture automatique mais sans les petits à-coups ressentis avec les boîtes automatiques. "

Décembre

mia devient le partenaire exclusif de la ville d'Angoulême lors de la mise en place de son système d'autopartage. Douze mia, réparties dans cinq stations de la ville, ont été mises à disposition du public. L'inauguration a eu lieu le 3 décembre en présence de Laurent Buffeteau, directeur général de mia. Il s'agit après Nice et La Rochelle de la troisième ville française à adopter la mia pour son système d'autopartage. 

4. 2013

Janvier

mia a vendu 826 voitures en 2012, dont 431 en France. Sur un marché total de 5663 unités, cela positionne le constructeur de Cerizay en cinquième position  derrière les Citroën C-Zéro, Peugeot iOn, Bolloré Blue Car (pour Autolib à Paris) et Nissan Leaf. Cette performance a été réalisée avec un réseau commercial moins étendu que celui de la concurrence, et des moyens de promotion moindres. 

Le marché total de 2012 a plus que doublé (+ 115 %) par rapport à 2011, preuve que petit à petit la voiture électrique devient une alternative possible et réaliste.

mia commercialisait en janvier 2013 une nouvelle série limitée à 100 exemplaires, la Blue Star. Il s'agissait d'une version au look exclusif de la mia U, proposée à un tarif particulièrement compétitif de 7632 euros HT.


mia Blue Star

Février

Le 19 avril, suite à un appel d'offre remporté par mia, l'Union des Groupements d'Achat Public (UGAP) annonçait que l'état et les collectivités locales pourraient acquérir environ 500 mia sur les trois prochaines années. L’UGAP est une centrale d’achat à destination des collectivités publiques qui leur permet d’acheter des biens en dispense totale des procédures de publicité et de mise en concurrence prévues par le Code des marchés publics. Cette offre de la mia au catalogue de l'UGAP s'inscrivait dans la continuité du plan automobile présenté par le Ministre du Redressement Productif en juillet 2012, qui précisait que 25 % des véhicules achetés par l'Etat seraient électriques ou hybrides et que les véhicules à usage urbain seraient électriques.

Avril

Le 16 avril 2013, Mme Kirsten Roennau succédait à Laurent Buffeteau (démis de ses fonctions le 30 mars) au poste de directeur général de l'entreprise. Cette femme issue du monde de l'automobile a travaillé au sein du marketing de grandes marques comme Fiat, Alfa Romeo ou Europcar. Sa maîtrise de sept langues devait lui permettre de contribuer au futur rayonnement international de mia.

Le 18 avril 2013, un mia concept store ouvrait au coeur de la ville d'Anvers en Belgique. Plusieurs voitures y sont en permanence à la disposition du public. Plutôt que de longs discours, l'importateur belge préfère parier sur l'efficacité d'un essai pour convaincre les acquéreurs potentiels.
 
Juin

En 2012, mia a vendu 337 voitures. Entre janvier et juin 2013, ce nombre était de 205 unités, dont proportionnellement plus important. Depuis ses débuts et jusqu'au mois de juin 2013, environ 1500 mia ont été produites, ce qui est bien éloigné de l'objectif annuel initialement fixé à 12 000 unités. Le point mort est estimé à environ 400 exemplaires par mois. Le constructeur occupe pourtant la troisième place sur le podium des vendeurs de véhicules électriques en France, après Renault et Nissan. La progression du marché est réelle mais demeure très lente. 

Nouveau bouleversement en ce mois de juin : Edwin Kohl, qui possédait 88 % du capital de mia Electric, lassé par le manque de réussite de la mia sur un marché de la voiture électrique atone, préférait renoncer, après avoir épongé les pertes pendant trois ans.

Par chance pour les salariés de mia, le passage de relais avec le nouveau propriétaire était réalisé très rapidement, en moins d'un mois. Le 5 juin, la transition était validée par le conseil d'administration de l'entreprise. Le 10 juin, le comité d'entreprise de mia electric donnait son accord au transfert de propriété de l'actionnaire principal Edwin Kohl vers le nouveau repreneur.

Sur le plan de l'emploi, le nouvel actionnaire s'engageait à garder la totalité des salariés, environ 220 personnes. Le conseil régional du Poitou-Charentes conservait sa participation minoritaire. Ségolène Royal était de nouveau au premier plan sur ce dossier, et ne manquait pas d'afficher sa présence face aux médias.

Mme Michelle Boos devenait la nouvelle présidente de mia, et succédait donc à Mme Kirsten Roennau. Cette dernière déclarait le 13 juin : " Deux missions principales m’avaient été données lors de ma nomination, celle de donner un nouvel élan à mia electric notamment dans son développement à l’international avec l’arrivée d’un nouvel importateur en Grande Bretagne, et de poursuivre la recherche d’un partenaire permettant d’accélérer le développement de mia electric. Ces missions achevées, je quitte la présidence de mia electric à compter de ce jour ".

Michele Boos est une femme d'affaire, en l'occurrence la seule femme au monde à diriger une entreprise automobile,  d'origine coréenne, née en 1966 à Séoul, qui a passé une grande partie de sa vie en France. Orpheline, elle a grandi à partir de 5 ans à Strasbourg, avant de s'installer avec son père ingénieur aux Etats Unis. Elle a débuté ses études supérieures à New York, avant de les poursuivre en France pour y étudier le droit.

Son mari est allemand. Les idées du couple vont à l'encontre de l'ordre établi outre Rhin, de la vision d'une Allemagne forte et arrogante. A ce sujet, Michele Boos demeure assez critique sur la stratégie selon elle peu adaptée au produit suivie par Edwin Kohl, qui a investi à perte 82 millions d'euros.

Contrairement à son prédécesseur, elle a décidé de consacrer la majeure partie de son temps à mia. Elle veut rendre la voiture plus séduisante, et réveiller une usine qui semble s'être assoupie. Cette remise en question des modes de fonctionnement ne pourra évidemment se faire qu'avec l'accord du personnel et de leurs représentants. Selon la nouvelle boss (!), la conception doit s'approcher de la production, sans doute pour mieux appréhender les difficultés rencontrées au quotidien sur la chaîne ... quand elle tourne. Cela doit se voir que c'est à Cerizay que l'on produit la mia. Cerizay doit devenir la ville de mia, comme Munich est celle de BMW ou Maranello celle de Ferrari !

Elle a l'appui d'un consortium d'investisseurs, Focus Asia Gmbh dont les capitaux sont d'origines diverses : Autriche, Belgique et Corée. Ceux ci se sont engagés à soutenir l'entreprise pendant au moins trois ans, même si les ventes tardent à décoller.


Michelle Boos - Source :  http://www.lepoint.fr

Après avoir relancé la production qui était à l'arrêt, avec ce que cela suppose en terme d'organisation, Michelle Boos a décidé d'ajuster les prix à la baisse. L'objectif est d'accroître le volume des ventes de mia sur le long terme grâce à une politique tarifaire plus agressive. Ainsi, l'utilitaire ne vaut pas plus de 8033 euros TTC + 75 euros par mois de location de batterie 12 kWh, toutes déductions faites. Une mia trois places est vendue à partir de 10 469 euros bonus déduit en achat complet avec une batterie de 8 kWh. Dans les mêmes conditions, une 4 places avec batterie de 12 kWh est vendue 12805 euros. Des objectifs chiffrés ont été définis : ventes mensuelles entre 70 et 100 voitures jusqu'en fin d'année, avec pour ambition d'écouler 200 voitures par mois en 2014.

Parallèlement, un travail de fond est réalisé avec les fournisseurs, afin de réduire les prix d'achat, et ainsi de dégager une marge. Mme Boos ne s'interdit pas de renforcer l'actionnariat de mia, et pourquoi pas à terme d'aller en bourse. Désormais, le développement commercial s'appuie essentiellement sur les collectivités locales et l'exportation. En dehors des marchés européens, l'entreprise ne s'interdit pas de trouver des partenaires dans des pays plus exotiques vus de l'hexagone, comme par exemple la Corée du Sud ! La mia, nouvelle world car ?

Si 80 % des ventes sont réalisées auprès d'entreprises, la clientèle des particuliers n'est pas pour autant négligée. Michelle Boos souhaite que mia possède en permanence un stock d'une centaine de voitures pour répondre aux achats coup de coeur, pour des clients qui ne voudraient pas attendre.

Depuis plusieurs mois, le bureau d'étude planche sur l'utilisation de piles à combustible (générateur d'électricité à partir d'hydrogène). Ce type de pile est alimentée en hydrogène à l'état gazeux sous pression. Le nombre de batterie serait divisé par deux pour faire de la place à cette pile et au réservoir d'hydrogène. La pile interviendrait en tant que prolongateur d'autonomie. La mia fonctionnerait préférentiellement grâce à l'énergie de ses batteries, qui seraient rechargées de manière classique et en cours de roulage par la pile à combustible. Cette solution permettrait d'accroître l'autonomie de la mia jusqu'à 500 km, mais aussi la disponibilité de l'auto grâce à un remplissage rapide du réservoir d'hydrogène.

La nouvelle présidente n'a pas renoncé à ce projet initié bien avant son arrivée, bien au contraire, puisqu'elle possède depuis 2006 des intérêts au sein de Magnum, société allemande qui fabrique des piles à combustible. Après la fabrication de quelques prototypes, aucun constructeur n'est jamais parvenu à vendre en série une voiture dotée de cette technologie. Souhaitons plus de réussite à la mia.

Parallèlement à cette actualité très mouvementée, mia lançait le 3 juin 2013 une édition limitée à 500 exemplaires, la mia cadabra, offrant aux clients la possibilité de créer une mia unique avec plus de 480 combinaisons extérieures au choix. Le lancement de cette série était soutenu par un plan de communication sur un ton décalé associant des personnages ayant exercé une très grande influence dans le monde de l'électricité : Thomas Edison, André Marie Ampère, Alexandro Volta et Zeus !

Octobre

Les salariés de mia ont observé avec émotion la fin de Heuliez SAS, en s'associant au moins en pensée à leurs anciens collègues de travail.

Novembre

mia tente de poursuivre son chemin. L'entreprise a annoncé l'arrivée d'un nouvel actionnaire, mia Electric Asia, une société d'investissement présidée par Mark Rho. Celui-ci rentre à hauteur de 10 % dans le capital du fabriquant de voitures électriques. Dans l'opération, le  principal actionnaire, Focus Asia Gmbh, voit sa participation passer de 88 à 78 %. L'engagement de la région Poitou-Charentes demeure inchangé avec 12 %.

Le nouvel arrivant aura en charge la distribution des mia dans la région Asie Pacifique. Mark Rho vise un objectif de 2500 ventes dès 2014. Ces prévisions sont ambitieuses, si l'on tient compte que l'entreprise n'est parvenu à immatriculer en France que 156 mia (soit 2,29 % de part de marché) depuis début 2013, avec pour contexte l'arrivée d'un challenger de taille, Renault.

Celui-ci a sur la même période vendu 4442 Zoe et 17 Fluence. Les chiffres des autres constructeurs sont de 958 ventes pour la Nissan Leaf, 358 pour la Bluecar, 196 pour la Smart Fortwo, 104 pour la Peugeot Ion et 52 pour la Citroën C Zero.

Parallèlement, mia confirme un contrat de vente de 100 voitures signé avec EDF.

Décembre

Les dirigeants de mia continuent de voir les choses en grand. En janvier 2013, une délégation mexicaine avait été reçue à Cerizay. Celle ci souhaitait s'informer sur les projets de voitures électriques comme mia, et comprendre l'intérêt de la Région Poitou-Charentes dans cette thématique écologique. Accessoirement, la Région jouait un rôle d'ambassadeur pour le constructeur de Cerizay. Début décembre 2013, deux élus régionaux ont effectué le voyage pour présenter aux acteurs économiques de la ville de Mexico et aux instances publiques mexicaines la mia, ainsi que les actions mises en place par la Région en faveur de la protection de l'environnement.

A Mexico, on cherche différentes solutions pour réduire les effets de la pollution urbaine. La mia, moins chère que ses concurrentes, pourrait s'avérer compétitive, et intéresser les compagnies de taxi. Il a été évoqué un projet visant à développer une flotte de 1000 taxis électriques pour les personnes en situation de handicap. Le constructeur de Cerizay pourrait être sollicité dans le cadre d'un tel projet. Mais il y a du chemin à parcourir pour passer du projet à la réalité.

Hors, la réalité est plus crue à Cerizay. La presse se fait écho des salaires qui ne sont plus versés régulièrement aux 208 salariés de mia. Quarante huit d'entre eux décident d'entamer mi-décembre une procédure auprès du conseil des prud'hommes, afin d'obtenir le règlement des salaires et des primes en retard. Les articles dans la presse se succèdent, la direction du constructeur règle les salaires avec deux semaines de retard.

Les fournisseurs ne sont apparemment plus réglés non plus. Les livraisons de pièces et matériaux nécessaires se font attendre. La production régulière devient impossible. Les informations largement diffusées dans la presse, desservant la réputation et la crédibilité de l'offre de mia, n'empêchent cependant pas le carnet de gonfler à plus de 250 commandes, indiquant ainsi que la demande de ce type de produit commence enfin à arriver.

Même si cela peut paraître anecdotique dans un tel contexte, les élus régionaux contribuent à leur façon à aider mia, et à soutenir une démarche écologique plus globale. La commune de Sauzé-Vaussais (1602 habitants) a ainsi installé dans un lieu spécialement aménagé une borne de recharge pour deux voitures électriques et mis à disposition du public une mia en autopartage. Une inauguration officielle a eu lieu le 19 décembre 2013. Cette initiative locale anticipe un projet régional plus vaste prévoyant l'installation d'un nombre plus importants de bornes publiques, destinées à sécuriser les pionniers de la voiture électrique.

5. 2014

Janvier


Carte de voeux Mia pour 2014, communiquer malgré tout ...

Le 16 janvier, mia et GoElectrix annoncent la conclusion d'une accord de partenariat commercial pour la mise en oeuvre par ce dernier de Rent-a-mia, un réseau national de location de mia. Rent-a-mia prend appui sur une plateforme web qui permet aux usagers de trouver une mia disponible à la location. GoElectrix France est une société créée en 2009, installée dans les Alpes Maritimes dans la technopole de Sophia Antipolis, dont la vocation est la vente et la location de voitures électriques. En dehors de mia, GoElextric distribue les marques Gem, Aixam, Yamaha, Mega, Goupil et Vectrix. Mais pour l'heure, concernant la location d'une mia, l'offre est limitée à quelques départements, avec quatre agences dans les Alpes Maritimes, et une dans chacun des départements suivants : 13, 83, 43, 94.

Ce type d'annonce paraît bien dérisoire quand on sait ce qu'est la réalité quotidienne à Cerizay. La presse continue de se faire l'écho des difficultés de mia. Fin janvier, les salaires de décembre ne sont toujours pas versés à l'ensemble du personnel, et de nouveaux référés sont déposés auprès du tribunal des prud'hommes par une soixantaine de salariés. On peut comprendre que leurs nerfs soient à vif. Les syndicats communiquent peu, semblent dépourvus de boussole et de carte, et donc contraints de naviguer à vue dans le brouillard, entre la défense des intérêts des salariés et la volonté de ne pas mettre en péril la survie de l'entreprise. Les salariés sont de plus en plus nombreux à douter de l'aptitude de leur énigmatique présidente à conduire la destinée de mia, faute de compréhension de son mode de communication, de son attitude, et de son mode de gestion entrepreneuriale.

Le 22 janvier, Michèle Boos était assignée par le tribunal de commerce de Niort, lui même saisi par le parquet de Niort, pour apporter des éléments d'informations sur les déboires financiers de l'entreprise qu'elle dirige. Deux délégués syndicaux de mia participaient à cet entretien, ainsi que quelques salariés. Le tribunal devait prendre sa décision le 12 février, et statuer sur l'avenir de mia. La poursuite normale d'activité en cas d'apport de nouveaux moyens financiers, une mesure de sauvegarde, de redressement judiciaire, de liquidation faisaient partie des issues possibles selon les textes législatifs du code du commerce.

Le discours de la direction de mia paraissait confus pour tous. D'un côté, l'avocat de Michèle Boos précisait que des investisseurs frappaient à la porte. Pourtant à Cerizay, la situation était figée. Les salariés étaient présents sur le site, sans activité significative. Le rendu d'une décision au 12 février devait être particulièrement pénible à vivre pour tous. Ségolène Royal, présidente de la Région qui possédait toujours 12 % du capital de mia, tendait à prendre désormais ses distances. Elle demandait à Michèle Boos de respecter ses engagements vis à vis de ses salariés. 

Même la communication semblait en panne chez mia. Le site web, d'habitude si prompt à relayer l'actualité et les évènements heureux de la marque, semblait s'être mis au repos depuis début novembre 2013.

Février 

Le 12 février, mia était placé en redressement judiciaire pour une période d'observation de six mois. Les semaines suivantes, aucune bonne nouvelle ne venait remonter le moral des troupes. Michèle Boos était toujours dans l'incapacité d'apporter les fonds nécessaires à une relance de l'entreprise, et semblait manquer de crédibilité dans ses explications sur la façon d'en apporter.

Mars

La SAS mia electric était placée en liquidation judiciaire le mercredi 12 mars 2014 par le tribunal de Niort, sans poursuite de l'activité. Faute de trésorerie et de garanties bancaires, l'entreprise n'était plus en mesure de financer ni ses charges ni ses dettes. Une reprise de la production à l'arrêt depuis fin 2013 était devenue inconcevable à court terme. En effet, 8 à 10 semaines auraient été nécessaires pour relancer les productions de matières premières nécessaires à la fabrication d’une grande partie des pièces de la mia.

Depuis fin 2013, la situation au quotidien était éprouvante pour les salariés. Psychologiquement, nombre d'entre eux ne supportaient pas de venir quotidiennement au travail, sans la moindre activité. Ils évoquaient une situation destructrice moralement. La fin déclarée de l'entreprise pouvait paradoxalement constituer une forme de délivrance.

Ceux qui étaient encore présents regrettaient qu'il ne se soit rien passé dans l'entreprise en six mois : pas de perspectives, pas de projets d'avenir possibles avec ce type de management, Mme Boos étant la plupart du temps absente du site de Cerizay. Ils déploraient  et condamnaient les choix erratiques de leur présidente, réalisés sous la pression des évènements ou de la colère, mais avec une seule constante apparente : toujours en dépit des règles élémentaires d’une logique d’entreprise Ils regrettaient qu'une société comme la leur puisse mourir avec près de 450 véhicules en commande.

Jean Grellier, député PS des Deux-Sèvres, acteur de premier plan dans la tentative de sauvetage des entreprises Heuliez et mia, n'hésitait pas à dire que Michèle Boos avait trompé son monde en n'amenant pas les investisseurs qu'elle avait promis. Il évoquait un sentiment de colère en rappelant les moyens apportés par les collectivités, et gaspillés.

Sur un autre registre, les opposants politiques de Ségolène Royal, présidente de la région, mettaient le doigt sur les promesses non tenues par celle-ci en 2008. Elle annonçait alors la création d'une filière industrielle régionale du véhicule électrique, lancée à grand renfort de communication, et capable de générer à court terme des emplois par centaines.

Mme le procureur de la république indiquait dans ses réquisitions : " Mme Boos a pris depuis juin 2013 un risque économique, c'est un échec. Elle a pris un risque financier, passif structurel, entreprise non rentable. Le risque social qui concerne les salariés se traduit par : dette sociale augmentée. Perte de confiance dans la Dirigeante qui n'a pas déclaré la cessation de paiements, n'a pas apporté la caution promise et ne démontre pas un projet viable à terme ".

Deux jours plus tard, la présidente de mia faisait appel de cette décision de justice, fait rarissime dans ce genre de situation, et qui laissa bon nombre d'observateurs dubitatifs. Elle persistait dans ses affirmations d'être en mesure de présenter un business plan pour sauver l'entreprise de Cerizay, à condition toutefois d'obtenir une réduction des charges sociales. Michèle Boos exprimait notamment la difficulté de payer des primes d'ancienneté - jusqu'à plus de 25 ans pour certains salariés - et les charges attenantes, héritées de l'époque Heuliez.

Selon Ségolène Royal, de nouveaux repreneurs se seraient manifestés sur ce dossier, certains se proposant même de reprendre la globalité de l'entreprise. Il est vrai que l'outil industriel est demeuré intact, et que la compétence du bureau d'étude est unanimement reconnue. Décidément, on peine à y croire. L'aventure industrielle est pour l'heure terminée. 194 lettres de licenciements étaient expédiées le 31 mars.

Avril

Le 12 mars à 16 h 00, les employées avaient quitté le site dans le silence, dans la dignité, sans avoir le moindre du monde détérioré l'outil de travail. Visiblement dépités, ils n'avaient même pas eu l'opportunité de donner un " dernier coup de presse " comme l'avaient fait leur collègues de Heuliez fin octobre 2013, un moment fort en émotion qui restera dans les mémoires. 

Chez mia comme chez Heuliez, les salariés ont toujours fait profil bas pour ne pas nuire aux intérêts de l'entreprise et aux dernières chances de reprise par un nouvel actionnaire : question de culture. Mais le 1er avril, ils décidaient de s'exprimer par le biais d'une lettre ouverte adressée à Michèle Boos. Leur volonté était claire, rétablir certaines vérités, et contrebalancer enfin les propos sans nuance de leur ancienne patronne.

Ils étaient près de 150 à assumer ce message, et à indiquer leur totale opposition à un éventuel retour de leur ex-présidente. Michèle Boos s'empressa de démentir ces accusations. Elle espérait toujours revenir aux affaires dans cette société avec un effectif réduit à environ 80 personnes, au lieu de plus de deux cent.

Dans la lettre en question, les ex-salariés rappelaient les nombreux et répétés retards de versement des salaires, mais condamnaient surtout l'absence de règlement des cotisations sociales de prévoyance et des cotisations de retraite depuis plusieurs mois. Cet état de fait avait deux conséquences majeures. Certains salariés furent tenus de retarder leur départ en retraite, du fait de cotisations pas à jour, d'autres en arrêt maladie se découvraient non couverts par les organismes de prévoyance. Pire, la quote-part payée par les salariés avait été prélevée sur leurs paies, mais non reversée aux organismes concernés.

Les ex salariés de mia critiquaient aussi ouvertement la gestion managériale de l'ancienne dirigeante et les pressions morales exercées sur certains salariés. Michèle Boos se défendait en précisant avoir voulu " secouer " certains départements, achats et ventes notamment, qui selon elle ne remplissaient pas au mieux leur mission. Effectivement, les uns n’arrivaient plus à obtenir d’autres pièces en provenance des fournisseurs qui attendaient des règlements datant de juillet 2013, règlements bloqués par une présidente sans actionnaire et sans trésorerie depuis son arrivée en juin 2013. Les autres butaient sur l’impossibilité d’annoncer un délai de livraison réaliste aux clients. On appréciera l’équilibre nécessaire dans ce genre de situation.

Ségolène Royal était nommée Ministre de l'Ecologie le 2 avril 2014. Cela tombait à point nommé pour défendre les intérêts d'une entreprise qui mettait en avant la mobilité propre. Mais son emploi du temps allait-il lui permettre de poursuivre un combat décidemment sans fin pour l'entreprise de Cerizay. 

Jean Marc Guillez, un des pères de cette voiture, s'exprimait ainsi le 15 mars : " Je ne peux pas croire que ces efforts consentis depuis bientôt cinq ans par toute une équipe motivée et compétente pour mettre au point le véhicule le plus abouti de sa catégorie aient été vains. Un jour, je pense, les gens comprendront qu'ils ont raté quelque chose ... " et M. Guillez de poursuivre sur la nécessité de se battre pour continuer l'aventure, en précisant qu'un véhicule aussi intemporel doit avoir sa place dans notre société ".


Mia, la fin ?

Juillet

Le 23 juillet, plusieurs ex-salariés écrivaient collectivement au Préfet, en lui exprimant leur désarroi sur les pratiques de Mme Boos. L'expression de " machination orchestrée " fut même utilisée. Ces salariés mettaient en avant le risque de voir Mme Boos reprendre en mains les actifs de mia lors d'une éventuelle vente aux enchères, au détriment d'autres offres porteuses d'un vrai projet industriel. 

Après bien des reports de décision, le 31 juillet, les quatre offres de reprise formulées étaient refusées par le tribunal de commerce de Niort. L'une de ces offres émanait de mia Genération. L'étape suivante ne pouvait désormais être qu'une vente aux enchères des actifs de la société.

Septembre

Mia Generation est une nouvelle structure créée par Michèle Boos, qui a déposé ses statuts le 23 mai 2014. Cette société est installée à Saint-Michel-Mont-Mercure en Vendée, à 20 km de Cerizay, depuis le 1er septembre 2014, et emploie huit personnes (selon un PV de Gendarmerie !). La volonté de Michèle Boos est de repartir pour une nouvelle aventure industrielle, en partant de zéro ...

La naissance de cette nouvelle société faisait grincer les dents de plusieurs ex-salariés de mia, qui s'exprimaient ainsi : " Quel beau pays que la France, où un patron peut faire des millions de dettes, flouer des clients, des fournisseurs et l'Etat, être contraint à la liquidation et recommencer une activité peu ou prou analogue sans être apparemment inquiété par la justice ".

Babak Shafi et Fereydoun Mahmoudan sont associés au sein de la SCI Les Roseaux. La SCI Les Roseaux, au capital de 3000 euros, est une structure créée en 2005, dont l'activité déclarée consiste en la location de terrains et d'autres biens immobiliers. Babak Shafi est le principal actionnaire de Mia Generation avec 50 % des parts. Focus Asia, ancien actionnaire de mia electric, en détient 15 %.

Les actifs de mia étaient vendus aux enchères les 24 et 25 septembre. Environ 200 personnes se déplacèrent pour cette évènement. Mais à la surprise générale, c'est la SCI Les Roseaux qui rachetait l'outil de production, les brevets, la marque, mais aussi des stocks de pièces détachées, des machines outils et différents matériels  pour les transférer sur le nouveau site Mia Generation.  Le montant de la transaction s'élevait à 1,3 million d'euros. Il était pourtant question de repartir de zéro ...

Les anciens propriétaires de mia electric n'avaient pas le droit de participer à cette vente, directement ou indirectement. Une polémique naquit aussitôt sur la légalité de celle-ci. Comment pouvait on expliquer que la SCI qui n'existe que sur le papier - cela fut vérifié par huissier - puisse s'intéresser à une chaîne de production automobile. Lors de la vente, la SCI avait été dans l'incapacité d'apporter la moindre caution. Mia Generation avait assuré un virement, afin que la SCI puisse déposer la somme demandée.

Octobre

Le 14 octobre, le tribunal de commerce suspendait la vente des lots acquis par la SCI les Roseaux. Les actifs de mia étaient gelés sur décision du procureur de la république.

Novembre

Une nouvelle audience avait lieu le 26 novembre, durant laquelle l'avocat de la SCI les Roseaux tenta de prouver que cette vision des choses était erronée. Un jugement devrait intervenir le 17 décembre 2014. Au cas où la vente serait annulée, toute la question est ensuite de savoir comment le liquidateur va gérer la remise en vente des biens de mia.

A suivre ....

Pour conclure provisoirement cette page, une petite touche de couleurs. Le 24 novembre 2014, un site d'annonce bien connu proposait à la vente (5000 euros tout de même, mais visiblement négociable) ce véhicule d'exposition " certifié salon ". L'annonce précisait qu'il s'agissait d'un exemplaire unique " art déco ", sans carte grise, donc impossible à immatriculer, complet avec ses clefs, un " collector rarissime pour collectionneur ". Le site en question n'ayant pas prévu de case carburant " électrique " (il reste du chemin à faire dans les esprits), la petite mia figurait dans la catégorie diesel. Oui, assurément un collector !

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