Theodore Wells Pietsch II

Theodore Wells Pietsch II - Etats-Unis - 1912/1993


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Dès son plus jeune âge, Theodore W. Pietsch II nourrit une profonde fascination pour l'automobile. Il grandit dans un milieu aisé où, avant la crise de 1929, la famille se déplace à bord d'une Packard conduite par un chauffeur. Son père, Theodore Wells Pietsch I, célèbre architecte de Baltimore, n'a jamais appris à conduire. A l'inverse, sa mère, Gertrude Carroll Zell, connaît parfaitement cet univers et passe pour la première femme à avoir pris le volant dans l'État du Maryland. Son oncle, Arthur Stanley Zell, y figure d'ailleurs parmi les premiers concessionnaires d'importance. Théodore étudie le design et le dessin technique au Maryland Institute de Baltimore.


1934, Chrysler

Remarqué pour son coup de crayon, il quitte sa ville natale en 1934 pour rejoindre Détroit. Il intègre alors la Chrysler Corporation comme designer junior, avant d'y faire rapidement ses preuves et d'accéder à des responsabilités de designer confirmé.


1940, Hudson

En 1940, il est recruté chez Hudson au poste de concepteur senior, donnant libre cours à ses talents d'illustrateur. Durant la Seconde Guerre mondiale, son activité s'oriente vers l'effort de guerre. Il conçoit des plans d'avions et retouche des photographies destinées aux manuels d'instruction militaires, ce qui lui évite une affectation au combat.


1944, Briggs Manufacturing

Il entre en 1944 chez Briggs Manufacturing, le principal carrossier indépendant mondial. Pour le compte des grands clients de la société, Chrysler et Packard, il imagine de multiples projets et dessine de nombreuses études spéciales qui ne dépassent malheureusement pas le stade de la planche à dessin.

Projet sans suite pour le compte de Chrysler, 1941 - Copyright


1947, Ford

Il frappe à la porte de Ford pour présenter ses créations. Séduits par ses dessins, les responsables de la marque l'embauchent aussitôt. A l'instar de ses concurrents américains, le constructeur commercialise au sortir du conflit des automobiles identiques à celles d'avant-guerre, simplement rafraîchies. Les bureaux d'études développent néanmoins la première véritable nouveauté de l'après-guerre, prévue pour le millésime 1949. Arrivé trop tard pour contribuer à ce projet, Pietsch concentre son travail sur les gammes de 1950 et des années suivantes. Il se consacre plus particulièrement à l'aménagement des habitacles, une tâche qui ne le passionne guère.


1950, Chrysler, période 2

Pietsch retourne chez Chrysler pour travailler sous l'autorité de Virgil Exner, au sein du tout nouveau Chrysler Corporation Advanced Styling Group. Il y joue un rôle déterminant dans le succès des futurs modèles de la marque et s'impose comme un acteur clé de la collaboration avec le carrossier italien Ghia.


1952, Studebaker

Bien que la collaboration avec Exner se montre particulièrement fructueuse, Pietsch n'hésite pas à se lancer dans de nouvelles aventures, poussé par le goût du défi. Il quitte Détroit pour rejoindre à South Bend, dans l'Indiana, l'équipe de Raymond Loewy, dont l'un des principaux clients est Studebaker.

Alors que la lourdeur administrative et la multiplication des échelons hiérarchiques caractérisent les bureaux de style des Big Three, Studebaker privilégie une structure beaucoup plus souple. Sous la direction de Bob Bourke, Pietsch découvre l'utilisation de l'argile pour le modelage des maquettes. En 1954, le mariage de Studebaker avec Packard marque le début d'une période sombre qui conduit, dès l'année suivante, à la rupture du contrat liant le constructeur au studio de Loewy. Refusant d'abandonner un navire en perdition, le designer choisit de rester à South Bend plutôt que de suivre son célèbre patron.

Il prend de l'importance au sein de la nouvelle entité Studebaker-Packard. La situation financière du groupe s'avère toutefois désastreuse et l'effondrement des ventes précipite la suppression de son poste en 1958. Pour la première fois de sa carrière, il ne rebondit pas immédiatement. Après plusieurs mois de recherches infructueuses dans la région, il décroche un emploi à Chicago. Dessiner des chauffe-eau, des fours ou des climatiseurs pour cette entreprise est cependant bien loin de le passionner.

 

Etude pour un camion rapide et un coupé deux tons, Theodore Pietsch, 1956 - Copyright


1959, American Motors

Fin 1959, il revient pour son plus grand bonheur à l'automobile chez American Motors à Détroit. Mais son passage chez ce constructeur est de courte durée.


1960, Studebaker, période 2

Il est rappelé par le responsable du style chez Studebaker, Randal D. Faurot. Celui-ci est en train de reconstituer un département de style. Pietsch travaille dès lors sur le projet d'une nouvelle Lark pour 1962. Mais sa proposition est refusée par l'état-major. En conflit avec son employeur, notamment en raison de son attitude après le rejet de son projet, il est licencié.


1962, Chrysler, période 3

De nouveau sans emploi, Pietsch fait jouer son réseau et réussit à réintégrer le bureau de style de Chrysler. Il déchante toutefois rapidement. L'esprit d'équipe et de camaraderie d'autrefois s'est effacé au profit d'une structure hyper hiérarchisée et impersonnelle dans laquelle il ne se retrouve plus. De surcroît, sa tâche se résume principalement au design d'habitacles, une activité qui le lasse tout autant qu'à la fin des années 1940 chez Ford. En février 1970, il subit un nouveau licenciement économique.


1970, American Motors, période 2

De nouveau, il rebondit chez American Motors, où il travaille pour la marque Jeep. Mais là encore, il est cantonné au calibrage de chiffres pour les instruments de tableau de bord. Dépité par un travail aussi peu passionnant, il décide de prendre sa retraite en 1972.


1993

Theodore Wells Pietsch meurt d'une insuffisance cardiaque le 24 août 1993.


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