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Wolfgang Egger
Wolfgang Egger - Allemagne - 1963 Copyright. Ce site est gratuit et sans publicité. Je n'en retire aucun bénéfice financier. C'est le fruit d'une démarche totalement désintéressée. Si vous êtes détenteur d'un copyright non mentionné, je vous invite à me contacter. Ce fait est involontaire. Le document en question sera immédiatement retiré. Merci donc pour votre indulgence, pour ce qui n'est qu'un travail amateur. Né à Oberstdorf en Bavière, Wolfgang Egger grandit auprès de son père Anton, menuisier, de sa mère et de sa sœur. Il entretient un rapport difficile avec l’école, préférant cultiver sa passion pour le violon plutôt que pour les matières traditionnelles. Il aime sculpter le bois dans l’atelier paternel. Le contact avec la matière, le travail du polissage et la plasticité du bois sont des notions avec lesquelles il renouera quelques années plus tard, en tant que designer. A dix-neuf ans, il obtient tout de même son baccalauréat scientifique. Sa résolution est prise. Il partira en Italie pour réaliser son rêve. En 1983, il s'installe à Florence pour apprendre l'italien, avant d'intégrer l'International College of Arts and Sciences de Milan pour cinq années d'études en design industriel. Bien que le cursus ne soit pas spécifiquement dédié à l'automobile, il vit au rythme de la ville où naissent les Alfa Romeo, griffonnant sans cesse des formes marquées par l'écusson de la marque. 1989, Alfa Romeo Un de ses professeurs perçoit son enthousiasme et l'oriente vers un stage au Centre de Style du Portello, alors dirigé par Walter de'Silva. Il y entre en avril 1989. Il s'immerge dans le travail de modelage, participe au restylage de la 164 et étudie les volumes. Wolfgang Egger absorbe chaque aspect du métier, du dessin technique au travail du plâtre, fasciné par la dimension physique des maquettes. Cette approche tactile, où la solution surgit du contact direct entre les doigts, va définir durablement sa méthode de travail. Séduit par ce jeune talent, Walter de'Silva lui propose, en novembre 1989, un emploi au sein du nouveau siège d'Arese, marquant ainsi le début officiel de sa carrière chez Alfa Romeo. Rapidement intégré à l'équipe de Walter de'Silva, il se consacre initialement aux croquis, aux plans de forme et au travail manuel sur les maquettes. Cependant, Walter de'Silva, conscient de l'importance croissante du design virtuel, perçoit en Egger le profil idéal pour développer ce secteur. Pour Egger, l'outil informatique doit rester un complément précieux, capable de traduire les aspects de la carrosserie, mais il ne doit pas se substituer à la sculpture manuelle, qui demeure l'essence même de son approche créative. Egger analyse l'architecture des Alfa Romeo " classiques ", telles que la 1900 ou la Giulietta, cherchant à identifier les fondamentaux de la marque : le pavillon fuselé, l'attitude trapézoïdale et le rapport tôle-verre. Il développe une méthode axée sur la tension des surfaces et l'équilibre des volumes, cherchant à créer une sculpture dynamique, où les lignes convergent pour souligner le caractère sportif, même à l'arrêt. Cette philosophie imprègne notamment son travail sur la 166, son premier projet complet. Au-delà de la production, Egger s'investit dans la recherche pure au sein de l'Advanced Design. En 1995, cette quête d'innovation aboutit au projet Nuvola, une interprétation moderne de la sportivité Alfa Romeo. Au fil du temps, une complicité professionnelle se forge entre Wolfgang Egger et Walter de'Silva, basée sur une communication intuitive et une vision partagée du travail d'équipe. En 1997, il participe activement au programme de la 147, s'inspirant des traits de la Nuvola pour définir l'identité de cette compacte.
Alfa Romeo Nuvola, 1996 - Source : https://fr.wheelsage.org 1998, Seat Une nouvelle opportunité se profile. Malgré son attachement viscéral à Alfa Romeo, il accepte en septembre 1998 de rejoindre Walter de'Silva chez Seat, à Barcelone. C'est dire la qualité de la relation entre les deux hommes. Cette parenthèse espagnole lui offre une perspective nouvelle et l'apprentissage de la gestion d'un centre de style. 2001, Lancia, puis Alfa Romeo Après trois années fructueuses en Espagne, le chapitre italien se rouvre en juin 2001 lorsqu'il est recruté à la direction du design Lancia à Turin. Mais ce retour ne dure que trois mois. En septembre, Egger voit son rêve d'enfant se réaliser pleinement. Il est nommé responsable du Centre de Style Alfa Romeo, succédant à Andreas Zapatinas. Il prend enfin les rênes de la marque qui a guidé ses premiers pas en automobile. Au Centre de Style d'Arese, le défi est de taille. Il faut insuffler une nouvelle dynamique créative à une équipe dont certains projets, bien qu'intéressants, tournent au ralenti. Egger se concentre d'abord sur deux priorités de production : la 147 GTA, dont il finalise le design, et le programme 939, future 156. Il pilote le projet de la 8C Competizione, présentée sous la forme d'un concept car à Francfort en 2003.
Alfa Romeo 8C Competizione - Source : https://fr.wheelsage.org Wolfgang Egger cherche à diversifier l'offre d'Alfa Romeo au début des années 2000 afin de répondre aux nouvelles attentes du marché. Sous sa direction, le constructeur italien lance le projet Kamal, un prototype de SUV dévoilé au salon de Genève en mars 2003. Ce véhicule se distingue par un design mêlant l'esprit sportif de la marque à la polyvalence d'un tout-terrain, capable d'accueillir confortablement cinq passagers tout en conservant une allure athlétique. Bien que le Kamal suscite un vif intérêt lors de sa présentation, il ne débouche pas immédiatement sur une production en série, Alfa Romeo préférant se concentrer sur d'autres segments durant cette période. Il faut attendre le mois de novembre 2016 pour que la marque concrétise enfin cette ambition avec le lancement officiel du Stelvio, son premier SUV de série.
Alfa Romeo Kamal, 2003 - Source : https://fr.wheelsage.org 2007, Audi La carrière de Wolfgang Egger chez Audi débute en mai 2007 lorsqu'il succède à Walter de'Silva au poste de responsable du design pour la marque Audi, ce dernier étant promu à la tête du design de l'ensemble du groupe Volkswagen.
Audi S5 - Copyright Durant son mandat, Egger exerce une influence majeure sur l'identité visuelle de la marque aux anneaux. Son travail se concentre notamment sur l'évolution de la calandre Singleframe (ou calandre à cadre unique), élément devenu central dans le design du constructeur depuis son introduction en série sur l'Audi A8 en 2004. Il supervise également la création de prototypes, tels que l'Audi Quattro Concept de 2010 et la gamme e-tron, qui préfigurent les orientations technologiques et stylistiques de la marque. Face à un portefeuille de produits en pleine expansion, il cherche à mieux distinguer les différentes catégories d'automobiles au sein de la gamme, marquant de son empreinte plusieurs générations de modèles. Ses réalisations contribuent largement à renforcer le positionnement premium d'Audi à travers le monde.
Audi S7 - Copyright 2014, Ital Design A la fin de l'année 2013, dans le cadre d'une réorganisation interne du groupe Volkswagen, Wolfgang Egger quitte ses fonctions de directeur du design d'Audi pour rejoindre Italdesign à Turin. Cette filiale du groupe, acquise en 2010, lui permet d'élargir son champ d'action au-delà de l'automobile pour aborder des projets industriels et de transport plus vastes. Pour lui succéder chez Audi, la marque nomme Marc Lichte, un designer issu de Volkswagen chargé de poursuivre l'évolution stylistique de la firme allemande.
Italdesign Clipper, 2014 - Source : https://fr.wheelsage.org Au sein d'Italdesign, Wolfgang Egger concentre ses activités sur deux axes majeurs : il assure la direction créative de ce studio mondialement reconnu pour ses concepts automobiles et industriels, tout en supervisant le développement de modèles marquants. Parmi ses réalisations figurent notamment le Clipper, présenté au salon de Genève en 2014, qui préfigure une vision de mobilité électrique et familiale, ainsi que le concept GEA, une berline de luxe autonome explorant des solutions de propulsion électrique et l'usage de matériaux intérieurs durables. 2016, BYD La scène automobile mondiale connaît une mutation alors que plusieurs grands noms du design européen délaissent les constructeurs historiques pour rejoindre les géants chinois. Ce mouvement traduit une ambition décomplexée de la Chine, celle de conquérir les marchés internationaux en gommant l'image de la copie pour imposer celle de la création. Pour ces designers chevronnés, le défi s’avère particulièrement stimulant. Ils bénéficient chez les constructeurs chinois de budgets conséquents, d'une liberté créative affranchie des lourdes procédures occidentales et d'une agilité technologique tournée à cent pour cent vers l'électrique. Cette page blanche leur permet d'explorer des langages inédits, libérés des contraintes liées aux moteurs thermiques et aux traditions stylistiques séculaires.
Zeekr X, 2023 - Source : https://fr.wheelsage.org Wolfgang Egger incarne cette évolution de manière exemplaire. Dès son arrivée chez BYD en 2016, il prend la direction d'une équipe de près de 1 200 designers à Shenzhen. Sous son impulsion, le conglomérat fondé en 1995, initialement spécialisé dans les batteries rechargeables avant de se lancer dans l'automobile en 2003, forge son identité visuelle. Egger insuffle une cohérence stylistique internationale à des modèles comme la Seal ou l'Atto 3, tout en déployant des langages graphiques transversaux tels que le Dragon Face, l'Ocean Aesthetics ou le Time Gate. A travers le développement des marques Denza et Yangwang, il prouve que le luxe dépasse la simple dimension esthétique pour s'imposer comme une véritable philosophie de conception.
Yangwang, 2023 - Source : https://fr.wheelsage.org |