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Louis de Fabribeckers
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TurboTraction 2 - Source : https://louisdef.eu Au milieu des années 2000, pour tester le jeune designer Louis de Fabribeckers et mettre à l'épreuve les capacités de modelage du nouveau studio milanais, Touring lance un projet confidentiel à taille réelle. L'équipe fabrique alors un prototype roulant de la TurboTraction 2, issue de la bande dessinée d'André Franquin. Ce travail sert d'exercice fondateur et de banc d'essai avant le retour officiel de la carrosserie sur la scène internationale. Repéré grâce à des réseaux de passionnés ayant connecté la famille D'Ieteren au groupe repreneur, le styliste belge rejoint l'aventure dès ses débuts et se voit confier la concrétisation de cette icône franco-belge.
TurboTraction 2 - Source : https://louisdef.eu Pour mener à bien cette création, le designer interprète d'abord les dessins de Franquin en réajustant les proportions et les perspectives irréalistes du trait 2D afin d'élaborer une modélisation cohérente. Il réalise ensuite les croquis, puis supervise le modelage d'une maquette en argile à l'échelle 1 à Milan. Le véhicule prend la forme d'un prototype véritablement fonctionnel, construit sur un châssis et une mécanique d'origine Porsche 924. La carrosserie en aluminium est façonnée à la main sur une structure tubulaire, dans le respect pur de la tradition Superleggera. La réussite de la TurboTraction 2 démontre la viabilité du studio tout comme le talent du styliste, nommé directeur du design de Touring à la suite de ce succès. 2006, Touring, le retour Sur le plan économique, Touring repose sur une structure d'une trentaine de personnes, dont une vingtaine d'artisans dédiés à la restauration et à la fabrication manuelle, ce qui limite les coûts fixes et garantit la rentabilité de l'entreprise. La stratégie marketing se concentre sur des événements ciblés à très forte visibilité auprès des collectionneurs, notamment le Salon de Genève. Touring devient aussi une figure incontournable du concours d'élégance de la Villa d'Este. Maserati Lors de l'édition 2008 du Concours d'élégance de la Villa d'Este, Touring signe un retour remarqué sur la scène automobile internationale. A cette occasion, l'officine milanaise dévoile deux créations inédites sur base Maserati. La première est la Bellagio Fastback, un élégant break conçu sur le châssis de la berline Quattroporte. La seconde est l'A8GCS Berlinetta, un coupé sportif aux lignes néo-rétro qui rend hommage à la Maserati A6GCS de compétition des années 1950. Ces deux projets concrétisent la renaissance de la Carrozzeria Touring Superleggera. 2008, Maserati Bellagio Fastback La Maserati Bellagio Fastback emprunte son nom au village situé sur les rives du lac de Côme, en face du domaine de la Villa d'Este. Cet élégant break à la ligne de toit allongée repose sur la plateforme de la Quattroporte, dessinée à l'origine par Pininfarina. Le projet ne relève pas d'une transformation officielle au catalogue du constructeur au trident. L'acquéreur commande au préalable son exemplaire de série avant de le confier aux ateliers Touring, qui exécutent la conversion entièrement sur mesure. Au total, le carrossier produira quatre exemplaires.
Maserati Bellagio Fastback - Source : https://fr.wheelsage.org 2008, Maserati A8GCS Berlinetta La Maserati A8GCS Berlinetta réinterprète de manière contemporaine les lignes de la Maserati A6GCS/53, dessinées par Aldo Brovarone pour Pinin Farina en 1953. Plutôt que de céder à la surenchère de gabarit et d'agressivité visuelle propre aux supercars contemporaines, le design privilégie une compacité athlétique et épurée. La silhouette affirme sa personnalité à travers un capot étiré, un habitacle très reculé et une poupe tronquée. L'emploi de matériaux composites permet de réduire drastiquement la masse tout en façonnant des lignes complexes et sculpturales. La face avant rend un hommage direct au modèle original grâce à sa calandre béante et abaissée. Conçue sur la base mécanique de la Maserati GranSport, l'A8GCS Berlinetta demeure un prototype unique.
Maserati A8GCS, 2008 - Source : https://fr.wheelsage.org 2010, Bentley Continental Flying Star En mars 2010, Touring Superleggera confirme son retour sur le devant de la scène internationale en dévoilant au Salon de Genève la Bentley Continental Flying Star, un break de chasse conçu par Louis de Fabribeckers. Cette réalisation marque une nouvelle étape pour le carrossier italien récemment réactivé puisqu'il s'agit de sa toute première collaboration officielle avec un constructeur automobile majeur depuis sa renaissance. Développée sur la base d'un cabriolet Continental GTC à la demande initiale d'un amateur fortuné, cette création carrossée à la main sur une structure tubulaire légère associe le moteur W12 biturbo et la transmission intégrale d'origine à l'artisanat traditionnel du formage de l'aluminium.
Ce projet en commun se conforme aux critères les plus rigoureux du constructeur de Crewe, qui apporte à Touring un soutien technique complet pour valider l'étanchéité, l'ingénierie et la qualité globale de l'automobile. Preuve de cette exigence et de ce travail d'excellence, le modèle conserve la garantie officielle Bentley, tout en introduisant une innovation fonctionnelle inédite pour la marque britannique avec l'intégration de sièges arrière rabattables offrant un coffre au plancher plat. Dix-neuf exemplaires auraient été assemblés, personnalisés à la commande.
Bentley Continental Flying Star - Copyright 2011, Gumpert Tornante Gumpert se fait connaître en 2004 grâce à l'Apollo, une supercar brutale dont l'esthétique est entièrement sacrifiée sur l'autel de la performance pure et de l'aérodynamisme. Cependant, la crise financière de 2008 modifie les attentes des acheteurs, désormais en quête de confort, de raffinement et de luxe. Pour réorienter sa stratégie et concevoir la Tornante, un modèle plus civilisé capable de concilier hautes performances et grand tourisme, le petit constructeur allemand fondé par Roland Gumpert sollicite Touring.
Gumpert Tornante, 2011 - Copyright Au-delà du design, ce partenariat sert d'atout commercial, car le prestige de l'officine milanaise doit ouvrir à Gumpert les portes du marché américain et séduire les collectionneurs. Dévoilée au Salon de Genève en mars 2011, la Tornante repose sur un châssis tubulaire en alliage d'acier chromoly associé à une cellule en fibre de carbone, et abrite en position centrale arrière un V8 biturbo Audi de 700 ch. Toutefois, le projet se heurte rapidement à de lourdes difficultés financières. Faute de liquidités et d'investisseurs, Touring se concentre progressivement sur d'autres réalisations. Le dépôt de bilan de Gumpert à l'été 2012 met un terme définitif à l'aventure, laissant la Tornante à l'état d'exemplaire unique.
Gumpert Tornante, 2011 - Copyright 2012, Alfa Romeo Disco Volante En dévoilant la Disco Volante au Salon de Genève sous forme de maquette en 2012, puis dans sa version roulante définitive en 2013, Touring réinterprète l'Alfa Romeo 1900 C52 de 1952, une œuvre conçue par l'officine soixante ans plus tôt. Louis de Fabribeckers adapte les lignes caractéristiques de cet illustre ancêtre aux proportions d'une plateforme d'Alfa Romeo 8C Competizione. La silhouette gagne en finesse grâce à une ligne de caisse soulignée par un jonc en aluminium. Ce travail d'une élégance rare reçoit le précieux Design Award pour une voiture contemporaine au Concours d'élégance de la Villa d'Este.
Alfa Romeo Disco Volante, 2019 - Source : https://fr.wheelsage.org Pour donner vie à cette création d'exception, chaque acquéreur doit fournir un exemplaire de la 8C originale servant de base mécanique. Entre 2013 et 2016, la production reste extrêmement confidentielle et se limite à quinze unités, réparties entre huit coupés et sept spyder. A la tête du design, Louis de Fabribeckers savoure la liberté de création qu'offre ce type de projet, affranchi des contraintes imposées par les équipes marketing des grands constructeurs.
Alfa Romeo Disco Volante Spyder, 2016 - Source : https://fr.wheelsage.org 2014, Mini Superleggera Vision Révélé en mai 2014 au Concours d'élégance de la Villa d'Este, ce prototype naît d'une collaboration entre le studio de style de Mini, sous la direction d'Anders Warming, et la carrosserie Touring, guidée par Louis de Fabribeckers. L'étude adopte les proportions d'un roadster biplace. Sa carrosserie prend forme à la main grâce à des feuilles d'aluminium façonnées sur une structure tubulaire légère. La calandre hexagonale et les optiques circulaires indissociables de la Mini s'intègrent à une face avant sculptée d'un seul bloc, sans la moindre couture d'assemblage.
Mini Superleggera Vision, 2014 - Source : https://fr.wheelsage.org A l'arrière, une arête dorsale rappelle la Jaguar D-Type, tandis que les feux inaugurent une signature lumineuse dessinant le motif de l'Union Jack. La planche de bord se compose d'une unique feuille d'aluminium brossé brut, mariée à un cuir à tannage végétal et à des éléments structurels en aluminium poli laissés apparents. Touring ne fabrique qu'un unique exemplaire fonctionnel de ce modèle.
Mini Superleggera Vision, 2014 - Source : https://fr.wheelsage.org 2015, Touring Berlinetta Lusso La Touring Berlinetta Lusso est dévoilée en 2015 au Salon de Genève. Pour élaborer ce coupé, le carrossier milanais retient comme base technique la Ferrari F12berlinetta. Il conserve le châssis, la cellule centrale, la structure en aluminium ainsi que le moteur V12 atmosphérique de 740 ch. L'approche esthétique et le travail de tôlerie distinguent fondamentalement cette réalisation du modèle de série.
Ferrari F12 de série - Source : https://fr.wheelsage.org Là où la F12 d'origine affiche une ligne très agressive guidée par la recherche d'appui aérodynamique, avec des évidements marqués sur les ailes avant, la Berlinetta Lusso privilégie une voie plus pure et classique. Touring supprime ces canaux aérodynamiques spectaculaires au profit de surfaces lisses. L'officine associe deux matériaux distincts, l'aluminium martelé à la main, fidèle à la tradition Superleggera pour le toit et les grands panneaux de carrosserie, et la fibre de carbone pour le capot, les boucliers ou le couvercle de coffre. Touring produit cinq exemplaires entre 2015 et 2016.
Ferrari Touring Berlinetta Lusso, 2015 - Source : https://fr.wheelsage.org 2017, Artega Scalo Superelletra Créé en 2006 par Klaus Dieter Frers, le petit constructeur allemand Artega dévoile la GT au Salon de Francfort 2007. Ce coupé sportif compact et léger vise à offrir une alternative plus exclusive à la Porsche Cayman. Pour façonner son identité visuelle, le projet est confié au designer danois Henrik Fisker. Grâce à une masse contenue à 1,1 tonne et à son moteur VR6 d'origine Volkswagen, la GT affiche de séduisantes performances. Sa fabrication s'étale de 2009 à 2012 dans l'usine de Delbrück, mais de lourdes difficultés financières interrompent prématurément l'aventure industrielle, scellant le bilan du modèle à 153 exemplaires vendus.
Artega Scalo Superelletra, 2017 - Source : https://fr.wheelsage.org Après la faillite survenue en 2012, la marque passe sous le contrôle de son fournisseur Paragon et amorce un virage technologique. Artega effectue son retour à Francfort en 2015 avec la Scalo, une sportive électrique qui s'impose comme la digne héritière de la GT dont elle reprend très largement le dessin. La marque s'associe en 2017 à Touring pour concevoir la Scalo Superelletra, une supercar dotée de trois places de front. Louis de Fabribeckers injecte dans cette déclinaison un soupçon d'agressivité avec une proue plus expressive, des flancs creusés et un imposant diffuseur arrière. Malgré cet habillage retravaillé qui évoque diverses réminiscences de Ferrari ou de Maserati, le style de la Superelletra convainc moins que les créations habituelles du studio italien, et le concept reste sans suite commerciale.
Artega Scalo Superelletra, 2017 - Source : https://fr.wheelsage.org 2018, Touring Sciàdipersia Touring dévoile la Sciàdipersia au Salon de Genève 2018. Ce nom rend hommage à la Maserati 5000 GT Scià di Persia, produite à seulement trois exemplaires en 1959 à la demande du shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Impressionné par la Maserati 3500 GT, le souverain exige alors une version d'exception animée par un V8 de compétition, dont la maison milanaise façonne la carrosserie. Près de six décennies plus tard, cette dernière revisite l'art du grand tourisme impérial.
Touring Sciàdipersia, 2018 - Source : https://fr.wheelsage.org Pour concevoir ce nouveau coupé quatre places, l'artisan prend comme il se doit pour base une Maserati, en l'occurrence la GranTurismo. Du modèle d’origine, la création ne conserve que la cellule centrale et les portes, tout le reste étant façonné à la main. Le carrossier s'inspire de l'univers du nautisme de luxe, dessinant des flancs lisses accompagnés d'inserts évoquant l'accastillage marin, pour inviter à un grand tourisme contemplatif. L’avant s’allonge de façon plongeante avec de fines optiques encadrées de joncs chromés. La partie arrière adopte des lignes tendues, un coffre très long et un panneau d’aluminium brossé prolongeant l'arceau autour d'un vaste toit vitré.
Touring Sciàdipersia, 2018 - Source : https://fr.wheelsage.org A l'intérieur, le mobilier d'origine s'habille de matériaux nobles comme des essences de bois rares ou une sellerie exclusive, tout en faisant disparaître les logos au trident. La voiture conserve le châssis initial et le V8 atmosphérique de 4,7 litres développant 460 ch. Proposée en coupé et cabriolet, cette digne héritière est réservée à quinze clients fortunés au maximum.
Louis de Fabribeckers / Touring Sciàdipersia Cabriolet, 2019 - Source : https://fr.wheelsage.org Touring Aero 3, 2020 La Touring Aero 3, un coupé biplace long de 4,80 mètres, rend hommage à l'Alfa Romeo 8C 2900 B LM Coupé Berlinetta Aerodinamica des 24 Heures du Mans 1938. Conçue sur la base technique d'une Ferrari F12 Berlinetta, elle en conserve toute la mécanique. Rompant avec la tradition du travail de l'alliage, Touring privilégie la fibre de carbone. L'épaisseur et l'orientation des fibres optimisent le rapport poids-rigidité pour limiter la masse à 1 645 kg sur la balance, ce qui représente un gain de 180 kg par rapport au modèle donneur.
Touring Aero 3, 2020 - Source : https://fr.wheelsage.org Sa calandre évoque l'univers Alfa Romeo, tandis que la lunette arrière cède sa place à un hayon relevable cranté qui intègre un rangement sur mesure pour deux casques. L'imposante nageoire dorsale constitue l'élément de style le plus marquant. Cet aileron de requin ne remplit aucune fonction aérodynamique mais relève d'une pure intention esthétique rappelant les lignes des années 1930. La production reste strictement limitée à 15 exemplaires, commercialisés au tarif de 940 000 € HT, hors fourniture de la voiture d'origine.
Touring Aero 3, 2020 - Source : https://fr.wheelsage.org Touring Arese RH95, 2021 Touring célèbre son 95e anniversaire en dévoilant l'Arese RH95, sa toute première création à moteur central arrière. Nommé en hommage à la commune milanaise où siège l'entreprise, le modèle associe cet ancrage géographique aux initiales de son mécène initial, le designer Roland Heiler. Limitée à 18 exemplaires, cette supercar repose sur la structure et la mécanique d'une Ferrari 488 GTB ou F8 Tributo. Entièrement moulée en fibre de carbone, sa carrosserie reprend une face avant proche de celle de l'Aero 3 et adopte une coque arrière munie d'une prise d'air dorsale fonctionnelle qui optimise le refroidissement du V8. Les portes en élytre intègrent une découpe vitrée sur le toit afin de faciliter l'accès à bord.
Touring Arese RH95, 2021 - Source : https://fr.wheelsage.org Après Touring Louis de Fabribeckers quitte ses fonctions en mai 2022 afin d'élargir son champ d'action au-delà de l'automobile et de se rapprocher de son pays natal. Il rejoint le réputé chantier naval belge Poncelet, " le Riva belge ", fondé en 1932 à Fleurus et célèbre pour ses runabouts en bois. Il y prend la responsabilité de la création et de la communication pour concevoir, aux côtés de la famille, la nouvelle gamme de bateaux haut de gamme de la marque. De son côté, Touring officialise en juillet 2023 la nomination du designer italien Matteo Gentile pour lui succéder à la tête du style. |