Louis Bionier



Louis Bionier - France - 1898 / 1973


Benoit Pérot, auteur de " Panhard La Doyenne D'avant Garde " écrivait au sujet de Louis Bionier : De cet homme si doué, il faut retenir aussi l'éclectisme puisque après avoir dessiné les riches et grosses " Panoramique " et " Dynamic " de l'avant guerre, il sut, avec les premières Dyna, s'adapter aux petites voitures, se plier - et avec quel ingéniosité - aux contraintes des formes fonctionnelles avec la Dyna née en 1953 pour aboutir à l'élégance d'un coupé moderne avec la nouvelle 24 ... "


1915

Rentre chez Panhard & Levassor en tant qu'apprenti, avant de débuter en tant qu'ajusteur outilleur avenue d'Ivry à Paris.

1929

Paul Panhard lui confie le poste de chef des études carrosseries. A partir de cette date, toutes les réalisations de la société jusqu'en 1967 portent son emprunte.

1934

Panhard Panoramique, aux montants de pare-brise vitrés.


Panhard Panoramique, 1934

1936

La direction de Panhard souhaite en finir avec l'image austère de doyenne des marques automobiles, et présente la Dynamic. Celle ci possède un poste de conduite central, et reprend le principe de la visibilité totale déjà introduit par Louis Bionier sur la Panoramique. Ce principe sera rendu obsolète quelques années plus tard par l'introduction de vitres galbées.


La Panhard Dynamic en impose avec son carénage complet des roues, même à l'avant. Autre audace, la haute calandre se voit reproduite deux fois dans un format moindre, en grilles de phares.

Pendant la guerre

Avec l'ensemble du bureau d'études, il se réfugie Tarbes où le constructeur s'installe dans un ancien hangard de la SNCF.

1946

Le Dynamic d'avant guerre devient Dyna après guerre. Ce diminutif correspond aussi à une réduction d'échelle. Pour Panhard, il s'agit désormais de produire et de vendre des petites voitures, une priorité dictée par les autorités. Mais pas question de confondre la Dyna avec une quelconque Renault ou Citroën. Pour cela, Louis Bionier invente des formes complexes et baroques. Pour qualifier cette Panhard bien singulière, on parle alors communément de style Louis XV.

Sur ce projet, il travaille avec l'ingénieur Jean-Albert Grégoire. La collaboration avec ce dernier ne fut pas toujours simple, chacun défendant ses intérêts (ceux de l'Aluminium Français pour Grégoire), mais les deux hommes partageaient les mêmes idées concernant les avantages offerts par les formes aérodynamiques en matière d'économie et de performances.


Panhard Dyna X, 1951

1948

La Panhard Dynavia dessinée par Louis Bionier est le premier " concept car " de la marque parisienne, et le fruit de nombreuses recherches sur l'aérodynamique. Ses contours en forme de savonnette lui permettent d'atteindre 130 km/h avec 28 petits chevaux.


Panhard Dynavia, 1948

1951

Louis Bionier a fait le choix de la simplicité pour dessiner la Dyna Junior, même si elle reprend la calandre de la berline X. Cette silhouette rudimentaire est alors parfaitement en phase avec sa vocation de petite sportive économique.


Panhard Junior, 1951

1954

Tout à l'apposé de la Dyna X, Bionier dessine une nouvelle Berline Dyna Z aux formes pures, modernes, peaufinées après passage en soufflerie. Son géniteur s'est visiblement inspiré de ses travaux sur la Dynavia. En annonçant 6 places, 6 litres au cent, et 130 km/h, elle affronte avec de solides arguments la concurrence des Frégate, 403 ou Aronde. 


Panhard Dyna Z, 1954

1959

La PL 17 de 1959 apparaît comme un restyling à moindre frais de la Dyna Z. Son allure plus bourgeoise, plus respectable, lui permet de maintenir une position acceptable sur le marché automobile du début des années 60. Malgré cela, la doyenne des marques plonge déjà doucement mais sûrement vers sa perte. 

1963

A partir de 1960, Louis Bionier est assisté dans ses oeuvres par René Ducassou-Péhau, styliste d'origine basque, qui réalise les premières esquisses de la dernière des Panhard.

D'emblée, la Panhard 24 de 1963 présente des formes très modernes, qui ont très bien vieilli. Elle se distingue par des proportions remarquables, une ceinture de caisse basse et tendue, une forte inclinaison du pare-brise et des vitres de custode, une intégration optimisée des optiques avant et arrière, des pare-chocs et des poignées de portes.

Quand la firme Panhard est absorbée en 1965 par Citroën, Louis Bionier est intégré à l’équipe de stylistes du constructeur de Javel.


Panhard 24, 1963

1967

C'est à Louis Bioner et à son collaborateur René Ducassou-Péhau qu'est confiée la délicate mission de maquiller la Citroën 2 CV, qui fut dessinée trente ans plus tôt par Flaminio Bertoni, dans un strict esprit de rationalité. La Dyane se présente avec des formes plus anguleuses et une habilité optimisée. Les phares sont enfin intégrés aux ailes.

Ainsi parée d'une image plus sérieuse, la Dyane mena une honorable carrière jusqu'en 1983. Mais malgré son allure plus moderne, elle n'a jamais bénéficié de la même estime dans l'esprit du public que son aînée la 2 CV qui fit de la résistance jusqu'en 1990.


Citroën Dyane, 1967

1973

Louis Bionier décède en 1973.

Greg Vignale signait dans le numéro 73 de la revue Automobilia (mars-avril 2005) un article sur la Dynavia. Concernant la personnalité de Louis Bionier, il précisait :

... Si son parcours est parfaitement connu au travers de ses réalisations, l'homme qu'il était demeure secret, voire mystérieux. Les différents témoignages de ceux qui l'ont côtoyé le décrivent comme un ingénieur discret et pudique. C'est d'ailleurs pour cette raisin qu'il détestait figurer sur les photos et encore plus discuter avec les journalistes, qu'il n'hésitait pas de qualifier de " baveux ". Surnommé " Dieule père " il appréciait le respect de la hiérarchie et de l'autorité à tel point qu'il fallait obtenir l'autorisation des Panhard pour le déranger dans son bureau. Mais en dehors de sa vie professionnelle, il affectionnait particulièrement la musique (le violoncelle) et la photographie. Fin observateur des éléments naturels, il passera des heures à photographier des gouttes de pluie ou les poissons de son aquarium, une source d'inspiration pour ses études aérodynamiques. Preuve de discrétion, Louis Bionier n'a laissé que peu d'écrits de son oeuvre ....


Louis Bonnier devant la maquette de soufflerie de la Dynavia (document Benoît Pérot)


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