Armstrong Siddeley

John Davenport Siddeley, né en 1866, débute sa carrière en 1892 en tant que dessinateur chez Humber. En 1905, on le retrouve à la direction de Wolseley, puis en 1909 à la tête de la Deasy Motor Company, compagnie spécialisée dans la construction aéronautique. La société Siddeley Deasy de Coventry est achetée en 1919 par Sir W.G. Armstrong Whitworth, constructeur d'automobiles depuis 1906 à Newcastle. C'est donc en 1919 que la nouvelle compagnie ainsi constituée aborde la construction automobile. John Davenport Siddeley se retire en 1935, et cède sa participation à Thomas Sopwith, lui-même à la tête de l'avionneur Hawker.

Au cours des années 20 et 30, Armstrong Siddeley est déjà apprécié et reconnu pour ses voitures familiales robustes fabriquées de manière artisanale, et dotées d'un haut niveau de finition, même si celui-ci est situé un cran en dessous de celui d'une marque comme Rolls-Royce. La production annuelle ne dépasse guère 3000 voitures.


Armstrong Siddeley, 1919


Armstrong Siddeley, 1928

Après la guerre, dès 1945, le constructeur britannique est parmi les premiers à annoncer la sortie de nouveaux modèles : le cabriolet Hurricane et la limousine Lancaster. A défaut d'audace dans ses choix techniques et esthétiques, le constructeur affirme son rang dans le domaine des voitures de luxe par une finition du plus haut niveau.


Armstrong Siddeley Hurricane


Armstrong Siddeley Lancaster

Ces modèles sont rejoints par un coach baptisé Typhoon dérivé du cabriolet Hurricane. Ces noms de baptême font à chaque fois référence à des avions de guerre. En 1949, une berline à quatre glaces Whitley complète la gamme.


Armstrong Siddeley Typhoon


Armstrong Siddeley Whitley

La production avoisine désormais les deux mille voitures par an. La marque s'exporte vers les pays du Commonwealth, ainsi que vers deux pays d'accueil par tradition, la Suisse et la Belgique, où plusieurs voitures sont assemblées localement. Quelques exemplaires semblent avoir été vendus en France par un importateur indépendant.

Mais les lignes de 1945 se démodent rapidement, et les dirigeants de la firme britannique doivent songer à la relève. Surtout, le groupe Hawker Siddeley doit être capable de produire des automobiles reflétant le haut niveau technologique qu'il atteint dans la construction aéronautique, comme le font à l'époque des firmes aussi réputées que Bristol ou Rolls-Royce. C'est ainsi qu'est présentée en octobre 1952 la nouvelle Armstrong Siddeley Sapphire, dotée d'un 6 cylindres de 3435 cm3 plus généreux que les versions précédentes. La désignation Sapphire 346 lui est attribuée à partir de 1955. Les modèles de l'immédiat après-guerre disparaissent petit à petit du catalogue jusqu'à leur élimination complète en 1954.


Armstrong Siddeley Sapphire 346

Malgré - ou à cause de - son dessin suranné au caractère typiquement britannique, avec une calandre haute, un pavillon tendu et des ailes marquées, cette nouvelle voiture plaît. Le plus surprenant est que 90 % de la production part vers l'étranger, conformément à la politique économique dictée par le gouvernement travailliste de l'époque, afin de ramener les devises nécessaires à la reconstruction du pays. Deux types de carrosseries sont disponibles, la quatre glaces ou la six glaces, toute deux livrables au même tarif. La six glaces représente 95 % des volumes. La finition de ces limousines est au-dessus de tout reproche, avec cuir et marqueterie dans les moindres recoins.

La production automobile n'est pas stratégique pour la survie du groupe industriel auquel appartient Armstrong Siddeley. Cela n'empêche pas ses dirigeants de vouloir maintenir leur rang dans le domaine de la voiture de tourisme, et pourquoi pas d'élargir leur offre, afin de toucher une clientèle peu sensible aux formes très mondaines et un tantinet dépassées de la Sapphire.


Armstrong Siddeley Sapphire 346

L'objectif fixé est désormais de proposer une voiture plus légère, moins onéreuse, au dessin plus moderne. Cette réflexion aboutit à la présentation en octobre 1955 au Salon de Londres des nouvelles Sapphire 236 et 234. La première est équipée d'un six cylindres de 2,3 litres, la seconde du même moteur amputé de 2 cylindres. Paradoxalement, la quatre cylindres est plus puissante que la 6 cylindres.


Armstrong Siddeley Sapphire 236/234

Mais le public demeure perplexe face aux lignes sans grâce de ces nouvelles voitures, qui souffrent de la comparaison avec la toute nouvelle Jaguar 2.4 Litre, dans la même gamme de prix, et à l'élégance indiscutée. Un terme est mis à la production de cette série à la fin de l'année 1958, après moins de trois saisons. La 236 a été fabriquée à 301 unités et la 234 à 806 unités.


La Jaguar 2.4 Litres, une concurrente plus moderne et redoutable pour les Sapphire 236 et 234

En octobre 1958, Armstrong Siddeley présente à Londres celle qui succède à la Sapphire, la Star Sapphire. La carrosserie a la même apparence que sa devancière. Pourtant, peu de pièces sont communes. Après l'échec de la série 236/234, la marque britannique joue la prudence. Mais cette Star Sapphire va être le chant du cygne du constructeur britannique.


Armstrong Siddeley Star Sapphire

La politique suivie par le gouvernement d'alors pousse les industriels du secteur aéronautique à se concentrer. C'est dans ce cadre que les groupes Hawker Siddeley et Bristol Aero Engines fusionnent en 1959, pour créer une nouvelle entité Bristol Siddeley. L'activité automobile de Bristol devient alors indépendante du secteur aéronautique. Par contre, Armstrong Siddeley met un terme à son métier de constructeur automobile au cours de l'été 1960. Il a été produit 7697 Sapphire et 902 Star Sapphire entre 1952 et 1960.

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