Ferrari, 50' à 70'

1. Années 50, Fontana

Source : http://www.aonclassiccar.fr

En février 1951, l'écurie italienne Scuderia Marzotto fait l’acquisition auprès de Ferrari du châssis d’un modèle 212 Export (numéro de série 0086E) et le confie à la carrosserie Paolo Fontana à Padoue. Il ressort de l’atelier de l’artisan sous la forme d'un curieux spider aux formes maladroites. Cela n’empêche pas Vittorio Marzotto et son copilote Paolo Fontana de débuter avec celui-ci en course le 1er avril 1951 lors du Tour de Sicile et d’y décrocher la victoire. Quelques mois  plus tard, Vignale, plus inspiré, rhabille l'auto toujours sous la forme d'un spider. Cette deuxième vie sera courte. La Scuderia Marzotto  projette en effet de participer à la Carrera Panamericana qui doit débuter en novembre 1951. L'équipe a besoin d'un véhicule d'assistance rapide. La 212 Export  0086E fera l'affaire. Il suffit de lui dessiner une carrosserie plus utilitaire. Fontana est de nouveau sollicité. Avec plus de temps pour parfaire le projet, il réussit un dessin plus soigné, et offre là à une Ferrari la première carrosserie " shooting brake " de l'histoire de la marque. Hélas, le projet de participation à la Carrera Panamericana tombe à l'eau. La 0086E est de nouveau transformée en spider par Fontana. Il ne reste aujourd'hui de ce break de chasse que deux photos !


Ferrari 212 Export par Fontana

2. 1968 : Ferrari 330 GT par Vignale

Vignale expose au Salon de Turin de 1968 un break de chasse sur base Ferrari 330 GT 2 + 2. Le modèle qui sert de base a été produit en 1965 et expédié aux Etats-Unis à destination de l'importateur américain, la Luigi Chinetti Motors, dans le Connecticut. Vendu neuve à un client américain, la 330 GT 2+2 s'est retrouvée deux ans plus tard entre les mains de Luigi Chinetti junior, dit " Coco ".


Ferrari 330 GT par Vignale

Le peintre et illustrateur Bob Peak souhaite vivement acquérir un break de chasse Ferrari. La demande qu'il formule à Maranello se heurte à un refus net. L'artiste décide alors de consulter Chinetti junior, afin de produire le break de chasse tant convoité et imaginé par ses soins. Après étude, les deux hommes contactent Alfredo Vignale pour donner forme à ce projet. Le break de chasse sur base 330 GT 2 + 2 ne reprend aucun panneau de carrosserie du modèle de série. Une des conditions posée par Vignale à la réalisation de ce modèle unique est de pouvoir l'exposer sur son stand au Salon de Turin 1968. 


Ferrari 330 GT par Vignale au Salon de Turin 1968

Des grilles dissimulent les phares avant. A l'arrière, un imposant arceau à l'esthétique discutable divise le toit en deux parties. Pour Vignale, au bord du gouffre financier, cette voiture résonne comme un chant du cygne. Ce type de carrosserie marginale ne présente en effet aucun potentiel commercial. Qui plus est, la 330 GT qui lui sert de base vient de  disparaître du catalogue Ferrari. Après sa présentation à Turin, ce break de chasse regagne le territoire américain. A la fin des années 90, un collectionneur français, Jean Claude Paturau, ajoute cet objet peu ordinaire à sa collection personnelle, après l'avoir fait restaurer conformément au modèle d'origine.


Ferrari 330 GT par Vignale

Alfredo Vignale (1913-1969) a débuté sa carrière en 1930 aux Stabilimenti Farina. Il fonde la carrosserie Vignale en 1948. La qualité du travail de cette entreprise familiale lui permet d'intégrer l'élite des carrossiers italiens. Au cours des années 50 et 60, Vignale travaille pour les plus grands : Alfa Romeo, Lancia, Maserati, Fiat et Ferrari. Alfredo Vignale fait la connaissance d'Enzo Ferrari au début des années 50. La première voiture au cheval cabré à être carrossée par Vignale est une 340 America en 1951. Luigi Chinetti, futur importateur Ferrari aux USA, signe d'ailleurs une victoire à la Carrera Panamerica cette même année sur une Ferrari Vignale. Mais dès 1952, Enzo Ferrari entame une collaboration avec Battista PininFarina. Celle-ci devient bientôt exclusive, mettant ainsi hors-jeu Vignale. Ce dernier, à l'issue de sa coopération avec Ferrari en 1954, aura exercé ses talents de carrossier sur environ 140 voitures de Maranello.

A la fin des années 60, Vignale lance le petit roadster " Gamine " sur base de Fiat 500. Son prix élevé et ses performances décevantes sont à l'origine de son échec commercial, qui met à mal les finances du carrossier. Vignale est cédée à Ghia fin 1969, alors que ce dernier est sous le contrôle de De Tomaso depuis 1967. C'est aussi en 1969 que disparaît Alfredo Vignale, qui se tue dans un accident de la circulation à bord de sa Maserati, trois jours après avoir vendu sa compagnie. En 1970, Ford prend une participation de 80 % chez Ghia. En 1972, De Tomaso lui cède les 20 % restant. Par voie de conséquence, le nom de Vignale devient la propriété de Ford. La carrosserie Vignale n'existe plus en tant que telle.


Ferrari 330 GT par Vignale


La 330 GT " de série " dessinée par Tom Tjaarda - source : http://forza-rossa.over-blog.com

3. 1975 : Ferrari Daytona Sport Wagon par Panther et Chinetti

Luigi Chinetti Junior, toujours lui, est à l'origine de ce break sur base Ferrari 365 GTB 4 " Daytona ". Du modèle d'origine, il n'y a que le capot et le pare-brise qui sont conservés.


Ferrari Daytona Sport Wagon par Panther et Chinetti

Philippe Pernodet, nous apporte les précisions suivantes au sujet de cet engin :

" Cette voiture fut réalisée par Panther en 1975 sur une commande de Luigi Chinetti Junior. Elle a été extrapolée d'un dessin de style qui représentait une Cadillac break coupé, un projet avorté qui traînait dans les cartons de Chinetti. Sur l'insistance d'un commanditaire mystérieux " obsédé " par l'esthétique de ce dessin, et qui désirait une version " ultra sportive " de ce projet, Chinetti chargea les gens de chez Panther d'exécuter une " version Ferrari "  de cette composition exotique. "


Ferrari Daytona Sport Wagon par Panther et Chinetti

" En dépit de ce qui a pu être dit, écrit ici et là (et y compris imprimé sur certains dépliants publicitaires Panther) la " 365 sport wagon " n'a jamais été équipée d'un turbo ! De nombreux documents parlent d'une puissance de 700 ch (ou plus !) ainsi que d'une vitesse de pointe supérieure à 230 mph ... Tout cela est rigoureusement faux ! La réalité est que le commanditaire avait l'intention de faire modifier le moteur et que la solution du turbo a été proposée par Robert Jankel (patron de Panther à cette époque), ce dernier a extrapolé une puissance " possible à atteindre " ainsi que la vitesse de pointe " théorique " qui en découlait, mais ces belles intentions sont restée lettre morte, le commanditaire ayant décidé de conserver les prestations d'origine ... Et ce n'est déjà pas si mal : La Panther Nart, ainsi nommée par la majorité des amateurs qui fantasment sur ce break " frôlant les 400 km/h ", conserve en fait les performances d'une classique Daytona ! "


Ferrari Daytona Sport Wagon par Panther et Chinetti

4. 1977, Ferrari 365 GTC/4 par Felber et Michelotti

Cette Ferrari 365 GTC/4 a été métamorphosée par le carrossier suisse Felber, sur une proposition de Michelotti. Elle a été exposée au Salon de Genève en mars 1977. Le modèle de série, la Ferrari 365 GTC/4, est apparue au Salon de Genève en mars 1971. Son style s'apparente à celui de la Daytona de 1968, mais avec une habitabilité accrue et un vrai coffre à bagages. Sa courte carrière s'arrête dès la fin 1972, après la présentation de sa remplaçante, la 365 GT4 2+2, future 400 et 412. Durant cette carrière éphémère, 500 exemplaires ont vu le jour, dont une majorité a été exportée vers les Etats Unis.  


Ferrari 365 GTC/4 Felber - Source : Les Ferrari de route et de rêve, Antoine Prunet, 1980


Ferrari 365 GTC/4, qui sert de base à la réalisation de Felber

5. Ferrari 365 GT4 par Felber

Felber a également réalisé un break de chasse sur base Ferrari 365 GT4, dénommé Croisette.


Felber Ferrari Croisette

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