BMW Touring


BMW Touring

La Bayerishe Motoren Werke (BMW) est fondée en 1916 pour usiner des moteurs d'avion. après avoir fabriqué des motocyclettes, BMW vient à l'automobile en 1928 en faisant l'acquisition de la firme Dixi qui construit jusque-là des Austin Seven sous licence. La marque établit sa réputation en proposant durant les années 30 ses propres modèles au caractère sportif prononcé.

Après-guerre, la Bayerische Motoren Werke (BMW) ne parvient pas à retrouver sa puissance et son prestige de la décennie précédente. Depuis des années, l'entreprise perd de l'argent en produisant des véhicules qui ne correspondent plus aux attentes du marché. Après avoir hésité entre les voitures de très grand prestige - BMW 502, 503 et 507 - et les petites Isetta, 600 et 700, la marque à l'hélice renaît de ses cendres au début des années 60, grâce à la 1500, voiture de milieu de gamme dessinée en collaboration avec le styliste italien Giovanni Michelotti. Cette impulsion est donnée par Herbert Quandt, nouvel actionnaire majoritaire de la firme. Celui-ci est en effet persuadé qu'il y a une place sur le marché allemand et européen pour une automobile de gamme moyenne à tendance sportive, compacte, techniquement évoluée, moins bourgeoise qu'une Mercedes.

Le succès est immédiat lors de la présentation de la 1500 au Salon de Francfort en 1961. La production atteint péniblement les cinquante voitures par jour au début de l'année 1963 et BMW ne parvient pas à satisfaire les besoins qu'il a suscités. Les délais s'allongent. Heureusement, BMW s'équipe petit à petit des moyens industriels nécessaires à la hauteur de ses ambitions.


BMW 1500

Avec le modèle 1500, la fabrication automobile devient enfin devenir une activité profitable, qui permet de dégager des bénéfices. Les craintes d'une fusion avec un groupe plus solide financièrement - on évoque alors Ford, AMC, Fiat et même Mercedes - s'éloignent. La BMW 1500 colle parfaitement à l'attente du marché. La nouvelle classe moyenne, jeune, sportive et d'un excellent niveau d'éducation, née de l'extraordinaire décollage économique de l'après-guerre est séduite par cette voiture. La vocation familiale de la BMW est en phase avec son époque. Nous sommes en plein Baby Boom. Les seniors qui ont connu les BMW d'avant-guerre ne sont pas mis à l'écart pour autant. Cette clientèle à la recherche d'une voiture bien finie qui ne renie pas son prestigieux passé trouve dans la nouvelle BMW la voiture idéale, sans y consacrer un budget colossal.

La gamme peut désormais s'étoffer, avec des augmentations de cylindrée, et une volonté clairement affichée d'amélioration continue. En 1964, les BMW 1600 et 1800 prennent le relais de la 1500. Même si les commandes affluent, les BMW demeurent réservées à une clientèle assez aisée, forcément restreinte, et plutôt bourgeoise. Un modèle de plus petite taille, moins bien équipé, devrait permettre d'atteindre un plus large public. C'est ainsi qu'est présentée au Salon de Genève 1966 la 1600-2, également appelée Jubilée, son arrivée coïncidant avec le cinquantenaire de la marque. La mécanique est celle de la 1600, désormais retirée du catalogue, avec une puissance légèrement accrue.


BMW Série 02

Le nouveau modèle conserve les lignes typiques des 1600 et 1800, mais en moins grand (20 centimètres en moins en longueur, 8,5 cm en largeur, 5 cm pour l'empattement) et avec seulement deux portes. La 1600-2 garde néanmoins les voies larges de ses aînées, ce qui lui procure une bonne assise. Ses lignes sont claires et sans surcharge, la surface vitrée exceptionnelle. La seule carrosserie disponible, un coach deux portes, la rapproche dans l'esprit des coupés, et par voie de conséquence l'éloigne de l'image de familiale qui a bien réussi à la 1500 de 1961. Dans les faits, il s'agit effectivement plus d'une 2 + 2 que d'une véritable quatre places. Rapide, nerveuse, tenant bien la route, la 1600-2 attire de nouveaux clients chez les concessionnaires. Le constructeur allemand assure son avenir en fidélisant un public jeune à la longue espérance de vie et au pouvoir d'achat croissant.  

Au Salon de Francfort en 1967, deux nouvelles versions sont proposées : d'une part la 1600 Ti, plus sportive avec 20 ch en plus, mieux équipée, d'autre part un cabriolet produit en petite série par Baur à Stuttgart. En janvier 1968, à l'occasion du Salon de Bruxelles, la gamme est complétée avec la 2002, une 1600-2 pourvue du moteur de la grosse berline 2000. La 2002 est le premier modèle de cette génération à porter le suffixe 02. En septembre 1968, la 1600 Ti est remplacée par la 2002 Ti. Cette dernière achève de renforcer l'image de BMW, celle d'un fabricant de routières musclées. La 1600-2 devient 1602 en 1971. La même année, la 1802 s'intercale entre la 1602 et la 2002, avec le moteur de la 1800 et l'équipement de la 1602. La 2002 est proposée en version cabriolet, avec ou sans arceau, à partir du Salon d'Amsterdam 1971. En avril 1971, la 2002 Tii à injection de 130 ch succède à la 2002 Ti à carburateurs. Une aspirine ?

De 63 000 unités en 1965, la production de BMW passe à 182 000 voitures en 1972. La génération 02 contribue grandement à la renaissance de la marque, au développement de son mythe, puis à son impressionnant décollage économique, qui permet désormais de classer la firme bavaroise parmi les grands constructeurs spécialisés. Le nec plus ultra, mais aussi le chant du cygne de la série 02, est la 2002 Turbo de 1973, forte de 170 ch, et lancée ... en plein choc pétrolier. Ultime survivante de la série, la 1502, bas de gamme économique de la marque, en fait une 1602 ainsi rebaptisée en février 1975, tire sa révérence en août 1977. La série 02 est secondée depuis juin 1975 par la nouvelle série 3. Celle-ci prend progressivement la relève.


BMW Série 02 Touring

Le break Touring est présenté en février 1971. Ses lignes sobres et largement vitrées sont le fruit d'une étroite collaboration avec Michelotti. Cette nouvelle version est plus courte de 14 centimètres que la berline deux portes dont elle dérive. Elle allie un caractère utilitaire avec un tempérament sportif, ces deux aspects étant traduits dans la forme de l'arrière fastback. Seule cette partie est redessinée comparé à la berline. Un léger surbaissement du pavillon aurait peut être donné à l'ensemble un caractère plus sportif. Les feux arrière ronds dénotent un peu dans cet environnement fait de lignes tendues. 

En raison de la présence d'une troisième porte, le suffixe 02, dont la justification est justement la présence de deux portes au lieu de quatre, n'est pas utilisé sur la série des breaks Touring. Quatre versions sont disponibles, la 1600 Touring de 85 ch, la 1800 Touring de 90 ch lancée quelques mois après les autres modèles, la 2000 Touring de 100 ch et la 2000 Tii Touring de 130 ch, équipée de l'injection, capable d'atteindre 190 km/h. Hélas, le break Touring peine à décoller commercialement. Il se vend environ dix fois moins bien que la berline deux portes classique. On peut clairement parler d'un échec commercial. La clientèle ne semble pas encore prête à accueillir un véhicule de ce type, au style assez novateur pour l'époque. La 1600 Touring n'est plus commercialisée à partir de 1973. En juillet 1974, toutes les Touring sont retirées du catalogue. Environ 30 000 BMW Touring ont été produites en trois ans et demi. 


Publicité presse parue dans " Moteurs " N° 92 de novembre 1971

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