Daimler, voitures de classe britanniques rachetées par Jaguar


Daimler, filiale britannique de la firme allemande homonyme, acquit très vite son indépendance pour devenir l’une des marques les plus huppées de Grande-Bretagne. Durement concurrencée par Bentley et Rolls-Royce, elle fut rachetée par Jaguar en 1960 et disparut en 2008.


La firme britannique Daimler qui naquit à Coventry en 1896 est initialement une filiale de la firme allemande Daimler créée par Gottlieb Daimler. Alors que celle-ci deviendra Mercedes en 1901 et fusionnera avec Benz en 1926 pour créer la marque Mercedes-Benz, la firme Daimler, doyenne des firmes britanniques, devient à partir de 1910 au sein du groupe BSA - Birmingham Small Arms - un constructeur de voitures de grand luxe, fournisseur en particulier du parc automobile de la monarchie britannique. La Double-Six à moteur douze cylindres des années 30 sera son modèle phare. Cette exclusivité durera jusqu’à la fin des années 50, époque à laquelle Rolls-Royce prend le relais. Le prestige de Daimler en prit un coup, et la firme dut se résoudre à changer son fusil d’épaule. C’est ainsi qu’en 1959, Daimler lança une voiture de sport à moteur V8. Ce type de moteur était devenu très rare dans la production britannique, même s'il équipait les limousines Daimler depuis des décennies.

Après la Première Guerre,  Daimler reprenait la production automobile, fort d'une image de marque égale à celle de Rolls Royce. BSA - son propriétaire depuis 1910 - fit le choix de laisser une certaine autonomie aux dirigeants de Daimler. Contrairement à la plupart des constructeurs qui investissaient dans la production de masse, Daimler préférait encore proposer à ses clients des voitures qui répondaient à leurs besoins individuels, en travaillant avec des carrossiers comme Hooper.

Cette voiture de sport Daimler type SP 250 connut une diffusion des plus confidentielles, et on s’interrogea dès lors sur l’avenir de cette vénérable firme qui semblait au bord du gouffre, les modèles de moyenne gamme - Consort, Regency, Conquest - n’ayant pas rencontré le succès espéré. C’est avec surprise qu’un repreneur se déclara au cours de l’année 1960, il s’agissait de Jaguar. L’autre constructeur de Coventry qui connaissait un estimable succès avec ses voitures de sport type XK et ses berlines sportives MK 1 et 2, lorgnait sur le marché de la voiture de prestige, où ses MK VIII et M KIX avaient connu une carrière plus que discrète. L’affaire fut conclue rapidement, et Daimler devint la propriété de Jaguar. 


1926 : Daimler Double-Six


L’entrée de Daimler dans le monde huppé des voitures d’exception date de 1926. La marque britannique, impressionné par le succès de la Rolls-Royce Silver Ghost produite de 1907 à 1925 à 7 874 exemplaires, souhaita concurrencer ce modèle en concevant un modèle qui devait autant marquer les esprits, et quoi de plus marquant à l’époque qu’un moteur à douze cylindres, la Rolls-Royce n’en comportant que six. Ce nouveau modèle réservé à l’élite fut baptisé logiquement Double-Six, ce nom mettant l’accent sur la particularité de la voiture. Le modèle fut lancé un an après la remplaçante de la Silver Ghost dénommée Phantom, qui restait fidèle au moteur à six cylindres.

La Daimler Double-Six était dans les années 30 une des rares automobiles à douze cylindres de la production mondiale. Le moteur était un 6,5 litres. Le prix très élevé de la voiture limita malheureusement sa diffusion.

Certes, la firme américaine Packard commercialisait un modèle à douze cylindres, la Twin-Six, depuis plusieurs années mais Daimler devançait les marques européennes Rolls-Royce, Hispano-Suiza, Lincoln, Voisin et Lagonda qui lancèrent leurs propres modèles à douze cylindres une dizaine d’années plus tard. Cadillac lança le sien cinq ans après en 1931. Si Daimler continuait à vendre des voitures six cylindres, ce sont bien les douze cylindres 6,5 litres qui ont projeté la marque dans la catégorie des voitures d’exception et qui restent dans toutes les mémoires des passionnés d’automobiles. Ces voitures disponibles en plusieurs versions dont la longueur pouvait atteindre 5,66 m de long marquent l’apogée de la firme britannique. Elles ont poursuivi leur carrière jusqu’en 1938, une durée particulièrement longue pour l’époque.

Cette gamme de voitures au prix astronomique fut progressivement remplacée par les Daimler Straight-Eight à moteur huit cylindres lancées en 1934 et qui représentèrent le haut de gamme de la marque jusqu’en 1953. Le nom Double-Six sera repris sur les voitures Daimler dérivées des Jaguar XJ12 entre 1972 et 1997.

La Daimler Eight lancée en 1934 était une huit cylindres qui, au sein de la gamme du constructeur, était un modèle intermédiaire entre les six cylindres et les douze cylindres. Elle finit par évincer les douze cylindres.


Daimler DB18 (1939), Consort (1949)


Daimler lance une nouvelle berline en 1939 à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le type DB18. Son moteur 2,5 litres a été utilisé pendant la guerre sur des engins blindés Daimler et le sera encore après-guerre sur divers autobus britanniques. Ce modèle de 4,60 m de long perpétue la lignée des berlines Daimler à six cylindres, avec ici une cylindrée de 2,5 litres. Après la fin des hostilités, dès 1946, la marque britannique reprend sa production.

La Daimler DB18 à moteur six cylindres est lancée en 1939. Les carrosseries tout acier sortaient des ateliers Mullliner à Birmingham.

L’intérieur des DB18 était toujours aménagé avec un certain luxe, et faisait appel au cuir et aux placages de bois polis. Illustrations extraites du catalogue 1946.

On distingue au second plan une DB18 Special Sports habillée par Barker, et présentée en 1948. Elle vise une clientèle plus jeune que les berlines traditionnelles. Devant elle, la calandre d'une Daimler DB18 Straight Eight habillée par Hooper. La Consort Saloon, la version la plus diffusée, est présentée dans les pages intérieures de ce dépliant.

La DB18 est rebaptisée Consort à l'automne 1949. Elle bénéficiait de quelques améliorations en adoptant une carrosserie tout acier et non plus avec une structure en bois, des freins hydrauliques à l’avant, des freins au fonctionnement plus silencieux et une suspension avant indépendante. La Consort ne disposant que d’une puissance de 70 ch n’était pas un foudre de guerre et devait être conduite par un chauffeur à une allure de sénateur … Sa vitesse maximale n’excédait pas 132 km/h, ce qui somme toute était assez courant à l’époque, même pour une voiture de cette cylindrée. La carrosserie la plus diffusée restait la Saloon, berline à quatre portes produite dans l'usine de Coventry. L'amateur de limousine faisait aussi le choix d'une ligne " razor edge " si caractéristique des voitures britanniques de la fin des années 40. Mais on pouvait encore commander le châssis seul pour l’habiller chez un carrossier selon ses goûts. 

La carrosserie de la Consort, modèle initialement réservé à l'exportation, était encore fabriquée chez Mulliner. Les évolutions de style étaient mineures comparées à sa devancière, la DB18.

Au début des années 50, ce modèle commençait à paraître démodé, et selon les journalistes spécialisés de l’époque il paraissait " sévère mais digne ", comme une vieille aristocrate distinguée. La Consort est devenue une voiture populaire parmi les maharadjas puisqu’une centaine d’exemplaires ont été exportés en Inde, sans doute en raison d’un prix bien inférieur à celui des Rolls-Royce qui avaient connu une certaine popularité en Inde au cours des années 20 et 30. Au total, 5 000 DB18 et 4 250 Consort ont été produites entre 1939 et 1953, dont un millier avant la guerre.


1946 : Daimler DE27, DE36


En 1946, Daimler dévoile le Type DE, une limousine qui perpétue alors la lignée des modèles de la marque à huit cylindres lancés en 1934, connus sous l’appellation Straight Eight. Les Daimler DE étaient les plus grandes et les plus chères des voitures de la marque à l’époque. Deux versions étaient disponibles : la DE27 à empattement normal qui se contentait d’un moteur six cylindres de 4,1 litres et la DE36 à empattement long qui adoptait un huit cylindres en ligne de 5,4 litres.

La Daimler DE27 lancée en 1946 fait un peu double emploi avec la DB18, mais son moteur est un 4,1 litres et non pas un 2,5 litres. Ce modèle disparaîtra dès 1951, soit deux ans avant la DB18. Ici une DE27 carrossée par Hooper en 1950.

La Daimler Green Goddess était un grand cabriolet sur châssis DE36 dévoilé au Salon de Londres 1948. Les phares étaient logés sous une plaque en plexiglas, le capot était à ouverture électrohydraulique et les vitres électriques. C'est une cinq places dont trois à l'avant. Ces caractéristiques seront reprises sur toutes les futures Daimler Docker, sauf la dernière. Proposée à 7000 £, c’était la voiture la plus chère du salon de Londres 1948. Huit exemplaires ont été fabriqués.

Les DE36 ont eu parmi leurs clients les têtes couronnées d’Afghanistan, d’Ethiopie, des Pays-Bas, de Monaco, d’Arabie Saoudite et de Thaïlande, sans oublier bien évidemment la monarchie britannique en vertu d’un mandat royal que Daimler détenait depuis 1900 ! La plupart des DE ont été vendues en châssis nu que devaient habiller les plus réputés des carrossiers, principalement Barker,  Hooper, Freestone & Webb et quelques autres. 

Le châssis DE a servi également de base à l’ambulance Daimler DC27 produite à cinq cents unités par les carrossiers Barker et Hooper.

Une variante du châssis DE27 est devenue le châssis DH, sur lequel cinquante limousines DH 27 ont été construites pour Daimler Hire, une société de location de voitures avec chauffeur, alors filiale de Daimler. A noter que dans les années 50, Daimler Hire possédait également une flotte d'Humber Pullman et Humber Super Snipe, car Daimler avait revendu cette filiale à la société Thomas Tilling Limited en 1949. En 1958, Daimler Hire était cédée à la société de location Hertz.

Les Daimler DE possédaient quelques équipements spécifiques, comme les vitres à commande électrique, la vitre de séparation intérieure, des éclairages intérieurs qui s’allumaient lorsqu’une portière ou le couvercle du coffre étaient ouverts, etc… L’intérieur était bien sûr garni de cuir et de bois poli, et une épaisse moquette tapissait le sol. Au total, 205 Daimler DE27/DE36 ont été produites entre 1946 et 1953, la DE27 ayant été supprimée dès 1951.

Daimler reste au début des années 50 un constructeur marginal. Ses modèles très coûteux ne peuvent séduire en dehors des rois et des princes qu'une clientèle extrêmement réduite. L'essentiel des ventes se fait dans l'Empire britannique. En dehors de son pré carré, la marque ne jouit d'aucun prestige particulier. Dans cette optique, l'accès au marché américain qui constituait alors l'Eldorado des constructeurs d'Outre-Manche paraissait bien illusoire.


1949-1955 : Les Daimler " Docker " 


A partir de 1939 et durant la Seconde Guerre mondiale, Daimler s'est reconverti dans la fabrication de matériel militaire. Puis la firme se retrouve dans la deuxième moitié des années 40 dans un contexte d'austérité économique. A cette époque, l'administrateur en chef du groupe BSA et membre de la Midland Bank est Sir Bernard Docker qui épousa en 1949 la tumultueuse Norah Collins (du nom de son dernier mari) à qui il confie la direction de la filiale chargée des modèles les plus exclusifs de la marque : le carrossier Hooper.

Sir Bernard Docker, directeur général de BSA, et administrateur de nombreuses sociétés, connu pour son immense fortune, fait en 1948 la rencontre de Norah Collins. Celle-ci a déjà été mariée en l'espace de cinq ans à deux millionnaires qui ont eu le bon goût de décéder l'un après l'autre en lui léguant leur fortune.  Cette femme va prendre part de manière effective aux affaires de son mari en l'incitant notamment à revoir la politique commerciale de Daimler.

Norah Docker entreprend alors de mettre au goût du jour l'image un peu terne de la firme et en profite pour faire réaliser par Hooper cinq voitures de salon entre 1951 et 1955 - les fameuses Daimler " Docker " - d'un luxe ostentatoire et extravagant dont elle s'arroge l'usage. Pour l'anecdote, Norah Docker fait également passer sur ses exorbitantes notes de frais une robe de Christian Dior constellée de pierres précieuses officiellement destinée à jouer les ambassadrices de la firme dans les salons automobiles.

La Daimler Golden Zebra exposée au Salon de Londres 1955 est la dernière de la série Docker et donc la dernière folie de Lady Docker. Il s’agit d’un coupé décoré de filets d’or dont l’intérieur (sièges et panneaux de portes) est recouvert de peau de zèbre. La mascotte sur la calandre est une sculpture de zèbre miniature plaquée or. Les phares ne sont pas sous plexiglas mais sont surmontés d’un capuchon.

Ses extravagances font régulièrement les gros titres de la presse à sensation. La publicité générée par ses excès, assimilables à des abus de biens sociaux, est finalement contreproductive. Tout d’abord, Daimler perd le privilège de fournir les voitures de la maison royale d'Angleterre dont la marque bénéficiait depuis le début du siècle. La jeune reine Elisabeth II craint en effet l'impopularité associée à de tels goûts très " nouveau riche " et choisit de donner le patronage officiel de Buckingham Palace à la rivale de toujours, la firme Rolls-Royce.

Ensuite, sa clientèle aristocratique s'offusque de cette nouvelle image de marque bling-bling. Du coup, Sir Bernard Docker est dessaisi de tous ses mandats d'administrateur en 1956 et son épouse quitte la direction du carrossier Hooper. Les ventes de Daimler déjà faibles s'effondrent. Quant au carrossier Hooper, dont les origines remontaient à 1805, il cesse toute activité en 1959.

La Daimler Stardust exposée au Salon de Londres 1954 se distingue par sa couleur bleu royal et son cannelage d’étoiles d’argent. Comme toutes les précédentes Daimler Docker, ses phares sont regroupés sous une plaque en plexiglas. Mais la Stardust est basée sur la DK400 et non plus sur la DE36. Un tapis de fourrure recouvre le sol et quatre valises en peau de crocodile sont aménagées dans le coffre. Un cocon sur mesure pour Norah Docker.


Daimler DF300 Regency (1951), DF304 Regency (1954), DF310 One-O-Four (1955)


En octobre 1951, au Salon de Londres, Daimler dévoile le type DF300 qui marque un net progrès en matière esthétique puisque cette limousine de 4,95 m de long adopte une ligne semi-ponton à trois volumes, dessinée par le carrossier Barker, assez moderne pour l’époque. Elle remplace la DE27. La silhouette s’inspire en réalité de la Lanchester Fourteen plus compacte lancée un an plus tôt. La DF300 dite " Regency " reçoit un moteur six cylindres de 3 litres de cylindrée qui évolue en un 3,5 litres en 1954, avec le type DF304.

La Daimler Regency lancée en 1951 est une limousine au style modernisé dessinée par Barker qui rajeunit l’image du constructeur. Vendue plus cher que sa concurrente la Jaguar MK VII lancée l'année précédente, il fallait un gros travail de persuasion des vendeurs ou compter sur un indéfectible attachement à la marque pour vendre un tel modèle.

Sur base de DF300 Regency, la Daimler Empress lancée en 1951 adopte une carrosserie dessinée par Hooper dans le style traditionnel dit " razor edge ".

Les voitures découvrables de luxe ont leur clientèle fidèle. Daimler propose en 1952 un cabriolet décapotable sur la base de la DF300 Regency, avec parmi les raffinements inattendus une capote hydraulique et des vitres électriques. Elle remplace la DB18 Special Sports.

En 1955, la voiture évolue encore en One-O-Four - en référence à sa vitesse de pointe, 104 MPH - de type DF310. La puissance moteur passe de 105 ch à 137 ch, ce qui permet d'atteindre une vitesse maximale de 155 km/h contre 135 km/h pour la DF300 et 145 km/h pour la DF304. Cela en fait une voiture véritablement sportive tout en offrant un grand confort à ses passagers.

Ce modèle est aussi proposé dans une version Sportsman à quatre glaces latérales au lieu de six, qui correspond mieux à son tempérament. Cette carrosserie spécifique est dessinée par les établissements Mulliners de Birmingham. Malgré cela, Daimler ne délaisse pas sa clientèle âgée et conservatrice, en ajoutant à sa gamme DF la version Empress carrossée par Hooper qui conserve le style " razor edge ".

La berline Sportman se veut moins protocolaire et plus sportive que les autres Daimler, sans rien perdre de son luxe. Elle dispose d'une lunette arrière en trois parties très enveloppante.

Au total, les Daimler Type DF ont été produites à 955 exemplaires entre 1951 et 1958, dont 51 DF300, 345 DF304 et 559 DF310, marquant ainsi un net repli par rapport aux Daimler Type DB. Dans ce total, les Empress ont représenté une centaine d’unités.


1954 : Daimler DF400 Regina / DK400


La remplaçante des imposantes Daimler DE27 et 36 est dévoilée en octobre 1954, au Salon de Londres, sous la désignation de DF400 " Regina ". Cette limousine de 5,51 m de long, souvent habillée par Hooper ou Carbodies, troque le moteur six cylindres de 4,1 litres de la DE27 et le huit cylindres de 5,4 litres de la DE36 contre un six cylindres de 4,6 litres développant 127 ch. Reconnaissable à ses phares à capuchon, elle conserve le style " razor edge " des grandes Daimler traditionnelles, à l’opposé des limousines Regency qui s’adressent à une clientèle moins conservatrice.

C’est la dernière Daimler à être équipée de la fameuse transmission hydraulique dite " à volant fluide ". De par ses dimensions, sa silhouette, son luxe et son prix, la Daimler DF400 entre en concurrence avec l’Austin Princess réalisée chez Vanden Plas. Comme elle, la DF400 est dotée de sièges repliables entre les sièges avant et les sièges arrière. En octobre 1955, la DF400 est rebaptisée DK400 et abandonne le nom de Regina. Son moteur voit sa puissance passer de 127 ch à 167 ch.

Lancée en 1954, la Daimler DF400 Regina rebaptisée DK400 en 1955 perpétue la lignée des grandes limousines Daimler mais elle abandonne le huit cylindres pour se contenter d’un six cylindres de 4,6 litres. Ce modèle n’aura pas le même succès que ses prédécesseurs. La majeure partie des 132 exemplaires produits sont habillés par Hooper dans le style cher au carrossier britannique

Malgré cet effort consenti par le constructeur, les DF400 et DK400 ne parviendront pas à s’imposer sur le difficile marché de la limousine de luxe, puisque 93 exemplaires (132 selon une autre source) seulement seront produits jusqu’en 1959, date de son retrait du catalogue. Ce volume représente moins de la moitié de celui des DE27 et DE36, sans doute en raison des extravagances de Norah Docker qui ont perturbé une bonne partie de la clientèle de Daimler. Deux exemplaires carrossés par Hooper ont toutefois été achetés par la Maison Royale britannique dont un exemplaire a été utilisé régulièrement par la reine mère.


Tentative de démocratisation : Daimler Conquest / Century


Pour succéder à la Consort, la firme Daimler dévoile la Conquest en 1953, qui est en fait une Lanchester Fourteen rebadgée, la marque Lanchester faisant alors partie du groupe BSA comme Daimler. Esthétiquement, il s’agit d’une berline compacte de 4,50 m de long, plus courte de 10 cm que la Consort, qui évoque une Regency en réduction, la Conquest étant dotée elle aussi d’une carrosserie semi-ponton et de trois glaces latérales. La ligne de la voiture semble toutefois assez démodée car elle reprend trait pour trait une carrosserie commercialisée depuis 1950.

La Daimler Conquest lancée en 1953 est une limousine compacte de 4,50 m de long, sorte de Regency en réduction. Elle emprunte sa carrosserie à la Lanchester Fourteen.

Outre sa calandre spécifique, la différence se trouve sous le capot, la Lanchester étant dotée d’un quatre cylindres de 2 litres alors que la Daimler est équipée d’un six cylindres de 2,5 litres développant 75 ch, puis 100 ch à partir de 1954 sous le nom  de Conquest Century. La Conquest Century pouvait atteindre 140 km/h alors que la Conquest ne pouvait dépasser les 130 km/h. Les Daimler Conquest et Lanchester Fourteen sont fabriquées dans la même usine de Coventry, mais les Lanchester autrefois situées tout en haut de la hiérarchie des voitures britanniques vont disparaître dès 1954, le groupe BSA ayant décidé de se concentrer sur la marque Daimler.

L'appellation commerciale Conquest peut faire l'objet de deux interprétations. D'une part, il s'agit pour Daimler d'une voiture de conquête. D'autre part, son prix de vente est fixé à 1066 livres. Hors, 1066, c'est aussi l'année de la bataille d'Hastings, qui donna le trône d'Angleterre à Guillaume le Conquérant. 

La Conquest n’a pas vraiment atteint son objectif puisque 9 739 exemplaires furent produits de 1953 à 1958, soit un volume proche de celui des Daimler DB18 et Consort qu’elle était censée remplacer. Dans ce total, on dénombre 288 cabriolets Drophead Coupé et 65 roadsters, commercialisés seulement à partir de 1955. Les différentes versions de la Conquest sont supprimées en 1958 sans être remplacées. 


1958 : Daimler Majestic


Les limousines à carrosserie semi-ponton Type DF300, 304 et 310 " Regency " sont remplacées en juillet 1958 par la Daimler " Majestic " de type DF316 qui est dotée malheureusement de la même carrosserie légèrement retouchée, avec des ailes mieux intégrées. Les constructeurs privilégient maintenant les lignes à angles vifs où les ailes sont totalement intégrées. Or la Daimler Majestic conserve un style ponton aux ailes avant apparentes et aux formes arrondies. C’est sans doute par manque de moyens financiers suite à la baisse constante de ses ventes que le constructeur reprend la carrosserie à peine retouchée de la " Regency ", ce qui incite les experts à s’interroger sur le devenir de Daimler qui selon eux pourrait faire faillite dans un délai très court. D’autant plus que le non-remplacement de la Conquest est un autre signe inquiétant.

La Daimler Majestic est dotée d’un nouveau moteur six cylindres de 3,8 litres développant 147 ch qui lui permet d’atteindre une vitesse maximale de 162 km/h. L’intérieur est toujours doté de cuir et de bois verni, qui ajouté au silence de fonctionnement et de la suspension sophistiquée des Daimler procure un grand confort aux passagers. Malheureusement, la Majestic est vendue au prix de 2 495 £ alors que sa concurrente directe, la Jaguar Mark IX, est tarifée 1 995 £. A ce tarif-là, la Majestic a du mal à se vendre. Seulement 1 490 exemplaires trouvent preneur entre 1958 et 1962. A titre de comparaison, la Jaguar Mark IX s’écoule à 10 009 exemplaires entre 1958 et 1961.


1959 : Daimler SP 250


En 1959, Daimler lance son nouveau roadster SP 250 à moteur V8 de 2,5 litres développant 140 ch, permettant une vitesse maximale de 193 km/h, qui succède au roadster Conquest commercialisé entre 1955 et 1958. Le moteur de la SP 250 est le premier V8 de la marque, qui s’inspire des moteurs du même type très courants aux Etats-Unis à cette époque-là. Daimler vise en effet le marché d'Outre-Atlantique pour son nouveau modèle à tendance sportive, suivant en cela la même démarche que Jaguar, Sunbeam, Austin Healey, Triumph ou MG.

Le roadster SP 250 succède en 1959 à l’infortuné roadster Conquest. Son V8 de 2,5 litres équipera en 1962 les Jaguar Mk II donnant ainsi naissance à la Daimler V8 250, modèle commercialisé de 1962 à 1969.

Le moteur est initialement prévu pour une berline Daimler à moteur V8, la DP 250, mais le projet, faute de moyens financiers, est abandonné par la direction du groupe BSA. Ce refus provoque la cessation d’activité du carrossier Hooper qui devait participer activement à la réalisation de ce modèle.

Le roadster a failli s’appeler Daimler Dart. C'est sous cette désignation commerciale qu’il est présenté en 1959 au Salon de New York. Mais face à la vive protestation du groupe Chrysler qui avait déposé ce nom pour sa marque Dodge, le constructeur britannique dut se résoudre à l’appeler SP 250.

La ligne de la SP250 est une évolution du roadster Conquest qui s’inspire des dernières réalisations britanniques, mais l’ensemble paraît tourmenté, en particulier la large calandre ovale surmontée de phares globuleux qui est totalement incongrue sur ce type de véhicule. Prévu pour une production de 3 000 unités par an, le roadster SP250 ne parvint jamais à ces objectifs puisqu’il s’en vendit seulement 2 654 exemplaires entre 1959 et 1964. Il faut dire qu’après le lancement de la fabuleuse Jaguar Type E en 1961, la SP 250 perdit tout son intérêt. Seul son moteur connut une belle carrière, grâce à une seconde vie sous le capot des berlines Jaguar entre 1962 et 1969. Ces fameuses Daimler V8-250 furent produites à 17 620 exemplaires.

La production de la SP 250 a cessé en janvier 1964. Pour autant en fin d'année au Salon de Paris, deux voitures figuraient sur le stand du constructeur. Des invendues sans doute !


1960 : Majestic Major / rachat de Daimler par Jaguar


Des négociations ont lieu à partir du printemps 1960 entre Jaguar et BSA pour tenter de sauver la firme Daimler. La marque automobile Daimler ne doit sa survie qu'au maintien de certains contrats militaire, et à la fabrication d'autobus, son autre spécialité. Le groupe BSA est alors lui-même en grande difficulté, car ses trop nombreuses diversifications ont amené l’ancien fabricant d’armes à une situation inextricable. Sa branche moto autrefois prospère est ainsi sévèrement attaquée par les constructeurs japonais - Honda, Suzuki, Yamaha, Kawasaki - beaucoup plus compétitifs et les constructeurs italiens - Piaggio, Lambretta - qui ont popularisé le scooter dans les années 50.

BSA n’a alors pas les moyens de sauver Daimler, après avoir sacrifié Lanchester quelques années plus tôt. C’est pour éviter une disparition définitive que Jaguar consent à racheter Daimler. Une des premières décisions du nouveau propriétaire est de lancer la Majestic Major (Type DQ 450) dotée d’un nouveau moteur V8 de 4,5 litres, mais qui conserve la carrosserie désuète de la Majestic à peine retouchée. Ce modèle est produit à 1 191 exemplaires entre 1960 et 1968.

Présentée au Salon de Londres 1959, la Majectif Major peut être considérée comme la dernière vraie Daimler, avant le rachat du constructeur par Jaguar. Sa carrière s'effectuera donc sous l'aile de son nouveau protecteur. Comparée à la Majestic (tout court), elle dispose d'un V8 de 4561 cm3 et d'un coffre arrière allongé.

En 1961, la Majestic Major est proposée dans une version à empattement long dite " Limousine " de Type DR450 qui s’écoule à 867 exemplaires entre 1961 et 1968. Cette voiture de 5,74 mètres qui conserve le V8 4,5 litres prend la suite de l'ancienne DK400 supprimée en 1959 et laissée sans héritière. Elle ne concurrence aucun modèle Jaguar puisque la marque fondée par Sir William Lyons ne possède pas de limousine sept/huit places qui se soit positionnée sur le marché des Vanden Plas Princess voire des Rolls-Royce Phantom V.

Lancée en octobre 1961, la Daimler DR450 limousine perpétue la tradition des grandes Daimler. Il s’agit en réalité d’une version allongée de la Majestic dont la longueur est portée à 5,74 m. Son moteur demeure le six cylindres de 3,8 litres.

Les Daimler dotées du moteur V8 de 4,5 litres peuvent atteindre une vitesse maximale de 182 km/h, soit 10 km/h de moins que la Jaguar Mark X  à cinq places lancée en 1961, mais 20 km/h de plus que les Daimler Majestic à moteur six cylindres. En 1961, une Daimler DR450 est tarifée 3 995 £ contre 2 393 £ pour une Jaguar Mark X. En 1966, une Daimler DR  450 vaut 3 558 £ alors qu’une Rolls-Royce Phantom V est facturée 10 700 £ et une Vanden Plas Princess 3 100 £.  


1962 : Daimler V8 250


En 1962, Jaguar lance la Daimler V8 250 qui reprend la carrosserie de la Jaguar Mk II et le moteur du roadster SP250 en voie d’extinction. Elle se positionne sur le même segment que la Conquest supprimée du catalogue en 1958 et devient donc son héritière légitime. A part le moteur, la Daimler se différencie de la Jaguar par sa calandre nervurée et sa finition intérieure. Ce modèle de 4,57 m de long qui est issu d’un jeu de mecano obtient étonnamment un bon succès, puisqu’il s’en vend 17 620 unités entre 1962 et969, soit le meilleur score jamais réalisé par une Daimler. Précisons que les Jaguar Mk II - incluant les versions ultimes 240 et 340 - ont été produites à 68 053 exemplaires entre 1959 et 1968.  

Lancée au Salon de Londres en 1962, la Daimler V8 250 est issue d’un jeu de mécano : carrosserie de Jaguar Mk II et moteur de Daimler SP250. Ce modèle sera le plus vendu de la marque jusqu’à l’arrivée de la XJ6.

Le petit V8 s’avère plus compact et plus léger que le moteur XK6 de Jaguar, mais la Mk II reste plus rapide - 200 km/h contre 180 km/h - car elle est bien plus puissante, avec 220 ch contre 140. Cette nette différence ne gêne absolument pas les clients de Daimler habitués à rouler à un train de sénateur … En 1966, une Daimler 2.5 V8 est tarifée 1 647 £ soit un peu moins qu’une Rover P5 3 litres qui vaut 1 770 £. Sir William Lyons ayant décidé de remplacer les Jaguar 240, 340, 420 et Type S par un seul modèle appelé XJ6 et prévu pour 1968, la Daimler V8 250 est prévue pour être remplacée un an plus tard par une nouvelle berline qui adoptera la carrosserie de la Jaguar XJ6 dotée d’une calandre nervurée.

Pour bien marquer son appartenance à la famille Daimler, la V8 250 est habillée d'une calandre personnalisée grâce aux cannelures typiques de la marque.


1966 : Daimler Sovereign


La Daimler Sovereign est introduite au Salon de Londres, en octobre 1966. Elle est semblable à la Jaguar 420 présentée au même moment. Ces deux berlines dérivent de la Jaguar Type S commercialisée depuis 1963 et qui reprend la carrosserie de la Mk II avec un arrière allongé, dans le style de la grande Mk X lancée en 1961.

Lancée en 1966, la Daimler Sovereign est la version huppée de la Jaguar 420 qui reprend l’arrière de la Type S et la partie avant inspirée de la grande Mark X. Ce modèle ne sera commercialisé que pendant trois ans.

Par rapport à la Type S, les 420 et Sovereign voient leur partie avant totalement différente car directement inspirée de la partie avant de la Mk X. La calandre n’est ainsi plus ovale mais rectangulaire, ce qui change la physionomie du modèle. Les 420 et Sovereign longues de 4,76 m et dotées du moteur Jaguar XK de 4,2 litres auront une durée de vie assez courte puisqu’elles seront supprimées en 1968 pour l’une et 1969 pour l’autre, après avoir été produites à 16 060 exemplaires dont 10 236 Jaguar et 5 824 Daimler.

Ce chiffre est très inférieur au volume de la Jaguar Type S qui s’est écoulé à 24 900 exemplaires entre 1963 et 1968, ce modèle n’ayant pas connu de dérivé Daimler. Cette différence peut s’expliquer par le prix de la Type S inférieur à celui de la 420, ses moteurs étant de moins forte cylindrée (3,4 litres et 3,8 litres). Toute la série des 240, 340, 420, Type S sera supprimée peu après le lancement de la Jaguar XJ6 en octobre 1968, au Salon de Paris. Chez Daimler, les V8-250 et Sovereign 4,2 litres subiront le même sort en 1969, peu après le lancement de la berline Daimler basée sur la XJ6.  


1968 : Daimler DS420


En 1966, Jaguar-Daimler fusionne avec BMC - British Motor Corporation - pour créer le groupe BMH, qui fusionne à son tour avec Leyland - Triumph Rover - pour créer le groupe BLMC - British Leyland Motor Corporation - qui nomme à sa tête l’ancien patron de Leyland, Lord Stokes. Pour Jaguar, l’année 1968 est aussi l’année du lancement de la XJ6 alors que pour Daimler c’est l’année du lancement de la limousine DS420 qui reprend la base de la Jaguar Mark X sensiblement allongée puisque la DS420 mesure 5,74 m de long au lieu de 5,13 m pour la Mark X.

Lancée en 1968, la Daimler DS420 limousine succède à la DR450. Son moteur est le XK Jaguar de 4,2 litres monté dans la Mark X. La DS420 reprend d’ailleurs la plateforme de la Mark X, sensiblement allongée.

Son moteur provient aussi de la Mark X puisqu’il s’agit du XK de 4,2 litres. Au centimètre près, la DS420 est aussi longue que l’ancienne DR450 qu’elle remplace. Dans l’ensemble du groupe BLMC, la Daimler DS420 remplace également la très démodée Vanden Plas Princess limousine. Elle est d’ailleurs fabriquée dans l'usine Vanden Plas de Kingsbury, jusqu'alors uniquement concentrée sur l’assemblage de la Vanden Plas 1100/1300.

L'espace alloué au chauffeur est mesuré, ce qui en dit long sur l'esprit volontiers discriminant de ses concepteurs. Par contre, le paysage environnant est un régal pour ses yeux, et ceux de son maître.

La ligne de la DS420 est de style néo-rétro car elle s’inspire manifestement des réalisations Hooper des années 50 tout en offrant le confort et les équipements d’une limousine de très haut de gamme des années 60. Elle est luxueusement aménagée avec du bois poli, des tapis en mohair et une radio avec commandes à l’accoudoir. Le compartiment de conduite peut être doté d’une séparation avec téléphone en option permettant aux passagers de communiquer avec le conducteur. Le siège du conducteur est en cuir mais les sièges arrière sont en tissu, comme sur la plupart des voitures de luxe de l’époque. Bien que moins résistant que le cuir, le tissu est alors considéré comme plus doux envers les vêtements des passagers.

Véritable voiture à vivre avant l'heure, la DS420 dispose d'un compartiment Pullman où une fois le strapontin rabattu on peut prendre ses aises. Bois précieux, cuirs profonds et moquettes épaisses vous submergent.

Pour augmenter le nombre de places assises, deux sièges escamotables sont installés entre les sièges avant et les sièges arrière. La Daimler DS420 reste bien moins chère qu’une Rolls-Royce Phantom VI produite de 1968 à 1991, ce qui lui permet de mieux se vendre qu’elle. 5 044 exemplaires seront écoulés au total. Comme ses ancêtres, la Daimler DS420 est très prisée par les diverses monarchies de la planète et elle est une voiture de représentation très appréciée. En 1992, la DS420 est toutefois supprimée du catalogue sans descendance, au grand désespoir des clients fidèles de ce type de voiture.

Jaguar de manière opportune a souhaité offrir une succession à la Daimler DR450 limousine. En agissant ainsi, Jaguar a joué son rôle de digne protecteur d'une grande institution on ne peut plus britannique.


1969 : Daimler Sovereign II


En octobre 1969, la Daimler Sovereign II qui adopte la carrosserie de la Jaguar XJ6 de 4,81 m de long lancée un an plus tôt avec ses moteurs 2,8 litres et 4,2 litres succède aux V8-250 et Sovereign. A partir de ce moment, les Daimler vont suivre exactement l’évolution des diverses berlines Jaguar XJ.

La Daimler Sovereign est renouvelée en 1969. Elle reprend la carrosserie de la Jaguar XJ6 présentée un an plus tôt. La Daimler reprend bien sûr la calandre nervurée traditionnelle de la marque.

C’est ainsi que la Sovereign II est restylée en 1973 -  calandre moins haute - et qu’une version coupé deux portes apparaît en 1975. Ce coupé uniquement disponible en version 4,2 litres ne sera commercialisé que pendant trois ans. Aussi intéressante, la Daimler sera disponible à partir de 1972 dans une version à douze cylindres qui reprend l’ancien nom Double-Six utilisé par la marque entre 1926 et 1938. Cette Double-Six moderne adopte le moteur 5,3 litres de la Jaguar XJ12 lancée également en 1972. La Double-Six est bien sûr disponible en version coupé, comme la Jaguar XJ12.

Les Daimler Sovereign et Double-Six sont disponibles dans une élégante version coupé deux portes entre 1975 et 1978. Il s’agit donc de modèles fort rares et très recherchés.

Une berline à empattement plus long de 10 cm est proposée la même année, dont la version la plus luxueuse et la plus chère sera gratifiée de l’appellation Vanden Plas entre 1980 et 1984. Le moteur 2,8 litres est remplacé par un moteur 3,4 litres en 1975. Les Daimler Sovereign et Double-Six reçoivent la carrosserie de la nouvelle Jaguar XJ6 Série III en 1979, celle de la XJ 40 en 1986 reconnaissable à ses trois glaces latérales, celle de la X300 en 1994 avec une nouvelle face avant, et enfin celle en aluminium de la X350 en de 2002.

Les Daimler Sovereign et Double-Six sont renouvelées en 1979, comme les Jaguar XJ6 et XJ12 de série III. Les lignes restent très proches de celles de 1973, date du premier restyling de ces modèles.

En 1994, la Daimler Six à moteur six cylindres devient la version " d’entrée de gamme " alors que la Double-Six voit son moteur passer à 6,0 litres. Les Sovereign, Six et Double-Six sont supprimées en 1997, alors qu’apparaissent les Daimler V8 et Super V8 qui adoptent un moteur huit cylindres. En 2002, ces deux modèles sont remplacés par la Daimler Super Eight. L’ensemble des Daimler basées sur les Jaguar XJ a représenté 15% de la production de ces modèles, c’est-à-dire 48 000 unités environ dont 16 000 de la génération 1968-1973. Après 1973, les ventes des berlines Daimler devinrent plus confidentielles jusqu’à la suppression de la marque en 2008.

La dernière Daimler baptisée Super Eight reprend en 2002 la carrosserie tout alu de la XJ type X350. Il s’agit d’un modèle doté d’un moteur huit cylindres, comme les autres berlines Daimler proposées depuis 1997. Ce modèle est supprimé en 2008, officialisant l’extinction de la marque.


La fin de Daimler


Le groupe BLMC dont faisait partie Jaguar Daimler depuis 1968 est nationalisé en 1975 par le gouvernement travailliste, puis est de nouveau privatisé en 1984 par le gouvernement conservateur. C'est à ce moment-là que Jaguar Daimler redevient indépendant. Pas pour longtemps car en 1989 Ford rachète ces deux marques britanniques pour en faire une filiale de luxe aux côtés de Lincoln, Land Rover et Aston Martin. En 2008, Jaguar Daimler est revendu à l’indien Tata Motors. Celui-ci rachète aussi Land Rover à Ford mais n’entend pas poursuivre la production des voitures Daimler. C’est ainsi que disparaît cette marque plus que centenaire qui a véhiculé les personnalités parmi les plus influentes et les plus riches du 20ème siècle. Au même moment, le groupe DaimlerChrysler délesté de Chrysler en 2007 prend le nom de Daimler AG, validant ainsi le fait que désormais Daimler c’est Mercedes et uniquement Mercedes.

Texte : Jean-Michel Prillieux
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