Bizzarrini, une marque à la vie extrêmement brève


Cette page vient en complément au chapitre consacré à Bizzarrini dans le dossier " Revival " sur ce même site. http://leroux.andre.free.fr/alrbizzarrini.htm


Bizzarrini était une marque italienne de voitures de Grand Tourisme créée par Giotto Bizzarrini en 1964 et qui ne durera que cinq ans. Si la vie de cette marque fut extrêmement brève, la vie de son fondateur fut elle extrêmement longue puisqu’il a fêté ses 94 ans le 6 juin 2020.

Giotto Bizzarrini n’est pas un inconnu pour les passionnés de l’automobile. Il participe en effet à la conception de plusieurs versions de la Ferrari 250, notamment les 250 GT SWB, 250 Spider California et 250 GTO. Après une querelle avec Enzo Ferrari, il se met à son compte et travaille comme consultant pour Iso Rivolta et Lamborghini. Pour Iso Rivolta, alors fabricant de réfrigérateurs, de motocyclettes et de voiturettes, il conçoit en 1963 l’Iso Grifo sur un dessin de Bertone. Pour Lamborghini, alors producteur de tracteurs agricoles, il projette la même année un moteur très performant de 3,5 litres qui sera monté sur la 350 GT, première voiture de cette marque. En 1964, il crée sa propre marque de voitures de Grand Tourisme. 


1965 : Bizzarrini Strada


En 1965, Giotto Bizzarrini construit la première voiture portant son nom : la Bizzarrini Strada. Ce coupé très élégant et racé de 4,37 mètres de long est proche esthétiquement de l'Iso Grifo qu'il avait conçue pour Renzo Rivolta, mais proche aussi techniquement puisque les pièces mécaniques proviennent de la Chevrolet Corvette, comme l’Iso Grifo. Le moteur est un V8 de 5,3 litres développant 370 ch qui permet d’atteindre une vitesse maximale de 260 km/h. La carrosserie, d'abord en aluminium puis en matériaux composites, est fabriquée chez un artisan, Piero Drogo, à Modène.

La Bizzarrini Strada lancée en 1965 et rebaptisée 5300 GT l’année suivante s’inspire beaucoup de l’Isi Grifo lancée en 1963 sur laquelle Giotto Bizzarrini avait déjà travaillé. Les deux modèles sont animés par le même moteur Chevrolet.

Au bout d'un an, le nom de la voiture devient Bizzarrini 5300 GT, en référence à la cylindrée du moteur. Sa fabrication prend fin en 1969, au moment de l’arrêt de l’activité de la marque, Giotto Bizzarrini ayant décidé de jeter l’éponge à la suite de graves difficultés financières. Au total, 123 exemplaires des Strada et 5300 GT ont trouvé preneur entre 1965 et 1969. Une seule version spider a également été construite mais non vendue.

La Bizzarrini Strada est encore plus basse que l’Iso Grifo puisqu’elle ne dépasse pas 1,11 m de hauteur soit 9 centimètres de moins que l’Iso Grifo. La Bizzarrini semble ainsi encore plus proche de la voiture de compétition. 


1967 : Bizzarrini Europa


En 1967, Bizzarrini lance une version plus petite de la 5300 GT, pour tenter de capter une nouvelle clientèle moins fortunée. Le moteur est cette fois un Fiat 1500, remplacé dès 1968 par un Opel 1900, celui monté sur la nouvelle Opel GT. Ce modèle est baptisé Bizzarrini 1900 GT Europa. Il mesure 3,80 mètres de long et son quatre cylindres Opel de 1897 cm3 développe 110 ch, ce qui permet d’atteindre une vitesse maximale de 210 km/h. Mais douze exemplaires seulement trouvent preneur entre 1967 et 1969. En 1969, alors que les firmes Iso Rivolta et Lamborghini pour lesquelles il avait travaillé commençaient à se faire une place au soleil, Bizzarrini doit arrêter la fabrication de ses voitures pour des raisons financières, en raison de l’insuccès de ses modèles. Il réussit néanmoins à travailler ensuite comme conseiller pour plusieurs constructeurs, puis restaure jusqu’à la fin de sa carrière des voitures d’exception pour une clientèle aisée. En quatre ans, Bizzarrini avait néanmoins pu se faire un nom dans le monde très fermé et élitiste des voitures de Grand Tourisme.

La Bizzarrini 1900 GT Europa lancée en 1967 est une Strada en réduction. Son moteur est un 1,9 litre d’origine Opel, marque qui fait partie du groupe GM comme Chevrolet. Malheureusement, ce modèle ne rencontrera aucun succès. Photo Nicolas Jeannier.

Texte : Jean-Michel Prillieux
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