Peugeot 607 Paladine

Le 16 mai 2007 à 14 heures, Nicolas Sarkozy, nouveau Président de la République, remontait les Champs Elysées pour déposer une gerbe à l'Arc de Triomphe, à bord d'une voiture jusqu'alors inconnue du grand public, la Peugeot 607 Paladine (contraction de Palace et Limousine). Heuliez n'a jamais communiqué officiellement au sujet de cette automobile, devoir de réserve oblige vis à vis de son donneur d'ordre. C'est pourtant dans les ateliers de Cerizay que fut construite la Paladine, avant d'être présentée au salon de Genève en mars 2000.


Le making-off de la 607 Paladine dans les ateliers Heuliez

Cette voiture de prestige adoptait une carrosserie de type landaulet, avec sur sa moitié arrière un toit qui s'escamotait à la manière de la Peugeot 206 CC. A l'intérieur, elle pouvait être transformée en bureau ou en salon, et possédait un équipement de très haut de gamme : installation multimédia, bar, écran plasma, ordinateur, habillage cuir bleu et crème signé Hermès, etc ... Dans l'esprit de Peugeot, la 607 Paladine fut conçue pour bien montrer aux CSP ++ qu'en dehors des Audi, BMW ou Mercedes, il était aussi possible de concevoir un engin luxueux dans l'hexagone. Mais la 607 n'a jamais eu l'image de ses ambitions.


Heuliez ne manquait jamais une opportunité de mettre en scène son dispositif Rétractop

Pour cette journée du 16 mai 2007, le but recherché par les services de l'Elysée avait été atteint : véhiculer le nouveau président dans une voiture d'apparat, découvrable pour saluer la foule, et surtout bien française. Pourtant, l'oiseau rare se morfondait depuis sept ans, oublié de tous dans les réserves de Sochaux. Lors de sa sortie, la Paladine ne comptait qu'une cinquantaine de kilomètres au compteur. La housse qui la recouvrait fut enlevée, et pendant deux jours, une équipe de techniciens s'afféra à la remettre en marche, à lui redonner son lustre d'origine, et à adapter une nouvelle face avant conforme à celle du modèle alors en vente dans les concessions.

Avant Sarkozy, Auriol puis Coty furent des fidèles de la Traction. De Gaulle, Pompidou et Giscard firent surtout confiance à la DS, Mitterrand à la XM et Chirac à la C6 (ou à sa CX à titre privé). Le sixième président de la cinquième république innovait en choisissant Peugeot !

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