Les années 40
1949, couverture du premier document publicitaire Heuliez
Les illustrations du catalogue de 1949 Heuliez subissait, comme les autres entreprises du pays, les contrecoups de la Seconde Guerre mondiale. Les approvisionnements en matières premières et en énergie demeuraient difficiles. Les contingentements étaient toujours d'actualité. L'acquisition d'une automobile neuve, même d'un modèle économique, relevait du parcours du combattant, et nécessitait une patience à toute épreuve. Louis, aidé par ses deux fils Henri et Pierre, les jumeaux nés en 1914, relançait l'activité. Pour l'instant, il s'agissait surtout d'entretenir ou de réparer le matériel existant. Ce n'est qu'en 1946 que l'usine recevait ses premiers châssis neufs ou issus des surplus de l'armée.
Henri Heuliez, 1970 Le 14 avril 1947 Louis Heuliez décédait. La succession était assurée. Henri avait la ferme volonté de développer un grand pôle industriel. Pierre prenait en charge le bureau d'études. Ils étaient aidés par Raoul Texier, membre de l'équipe de Louis Heuliez, au poste de directeur administratif et commercial, et par une solide équipe de contremaîtres. L'aventure reprenait avec une trentaine de salariés. Alors que les carrossiers traditionnels (Antem, Dubos, Faget-Varnet, Figoni et Falaschi, Franay, Guilloré, Labourdette, Letourneur & Marchand, Pourtout et autre Saoutchik) qui travaillaient sur des automobiles de luxe voyaient leur carnet de commandes fondre comme neige au soleil, Heuliez faisait le choix judicieux de profiter de l'essor important de la carrosserie utilitaire. La production d'autocars initiée avant-guerre reprenait de plus belle, et devenait une des principales activités de Heuliez. L'automobile était encore un objet inaccessible pour la plupart, et le chemin de fer ne répondait pas à la diversité des besoins en déplacements Le succès que Heuliez remporta au Salon de l'Automobile et du Poids Lourd au Grand Palais à Paris en 1949 permis au carrossier d'asseoir sa réputation. La vedette du stand était un autocar de luxe réalisé sur un châssis Citroën 45. Contrairement à l'usage jusqu'alors, le poste de conduite était en position avancée, une révolution ! L'adaptation du châssis fut réalisée par la Satec, une société de la région parisienne qui s'était spécialisée dans l'avancée des postes de conduite. L'enjeu était important. Henri Heuliez avait parié un gros budget dans l'étude de ce nouvel autocar. Ce premier projet allait bientôt donner naissance à une collaboration plus approfondie entre la firme de Javel et le carrossier de Cerizay.
L'autocar Heuliez présenté à Paris en 1949 se vit décerner le premier prix du concours de la carrosserie. Il arborait toujours des courbes latérales, mais celles ci allaient bientôt disparaître.
Ce autocar contemporain du premier paraissait désormais bien démodé, avec son long capot moteur. Les ateliers du bourg de Cerizay étaient désormais trop petits. S'ils convenaient jusqu'alors à la production artisanale, voire semi-industrielle de Heuliez, le développement de l'entreprise ne pouvait passer que par une nouvelle implantation. Les anciens locaux étaient progressivement abandonnés à partir de 1949 au profit d'une nouvelle usine, installée en périphérie, route du Pin. Un premier bâtiment industriel, le H1, y fut construit. La menuiserie, la forge et la sellerie demeuraient pour l'instant dans le bourg de Cerizay.
Vue de l'atelier H1 à ses débuts, à mi chemin entre artisanat industrie En dehors de ses propres fabrications, Heuliez agissait parfois en sous traitant pour d'autres entreprises. Ainsi, en 1948, le carrossier réalisait une série de fourgons incendie sur base Ford. Il s'agissait d'une commande des établissements Billard de Tours.
1948, fourgons Ford pour les pompiers La prochaine décennie s'annonçait prometteuse. Les nouvelles installations à la sortie du bourg allaient enfin permettre à Henri Heuliez d'assouvir sa volonté de développement. |