Bentley, hors séries et dérivés

Vanden Plas 4-Litre R


Vanden Plas 4-Litre R

Rolls Royce, constructeur traditionnel d'automobiles de très haut de gamme, commençait à se soucier au début des années 60 d'une ralentissement de la demande sur son segment de marché. Parallèlement à l'étude des futures Bentley T et Rolls Royce Silvers Shadow, le constructeur de Crewe noua des contacts avec la British Motor Corporation (BMC). D'un point de vue industriel, l'histoire ne retint de cette période que les rares (environ 7000 exemplaires) Vanden Plas 4-Litre R produites en petite série entre 1964 et 1968, et équipées d'une mécanique conçue par Rolls Royce. 


Bentley Burma


Bentley Burma

Parallèlement à cette Vanden Plas, plusieurs prototypes de voitures de taille modérée furent étudiés à Crewe, dénommés Tibet pour Rolls Royce, Java, Bengal et Burma pour Bentley. Le site http://www.austin-rover.co.uk saura satisfaire votre curiosité sur ce sujet.


Bentley T Pininfarina

Le carrossier italien Pininfarina proposa ce modèle unique en 1968. La voiture était construite sur une plate forme de Silver Shadow, et tentait de ressusciter l'esprit des prestigieuses Continental des années 50. Le dessin des imposants feux avant rectangulaires fut assez décrié à l'époque. La voiture ne manquait pourtant pas de prestance, avec son arrière en pente douce, réminiscence du style fastback de la Continental R, et son design aux accents très transalpins. Son premier propriétaire fut l'industriel et financier James Hanson

L'Auto Journal apportait le commentaire suivant lors de la présentation de ce prototype Pininfarina en octobre 1968 ! " Créer une carrosserie spéciale à partir d'une Bentley est une étude qui rebuterait plus d'un styliste. Pourtant Pininfarina a réussi à produire un coupé qui allie à la fois la grande classe, qui sied si bien à la marque, et le caractère de grand tourisme affecté à ce coupé, mis surtout en valeur par la ligne du pavillon. Les phares rectangulaires se marient avec la calandre qui, tout en conservant l'empreinte Bentley, a été retouchée afin de mieux s'intégrer dans le dessin des ailes "

Les dirigeants de Crewe firent de nouveau appel à Pininfarina quelques années plus tard lorsqu'il fut question de produire un coupé Rolls Royce. Cela donna naissance à la très controversée Camargue.


Johnard Donington

Cette société britannique fabriqua de 1973 à 1978 quelques voitures (seize selon certaines sources) basées sur des châssis et des mécaniques Bentley ou Rolls Royce. Ces automobiles puisaient leur inspiration dans les années 30.


Mallalieu

Derry Mallalieu créa une société au début des années 70 à Abingdon dans le Oxfordshire afin de racheter les anciennes Bentley Mk VI et type R, encore assez courantes sur le marché de l'occasion à cette époque. Il en prélevait le châssis réputé pour son extrême solidité, et l'habillait d'une nouvelle carrosserie légère dans l'esprit des années 30.

La " gamme " était composée de deux modèles, la Barchetta et la Mercia (appelée par la suite Oxford). Les Mallalieu étaient réalisées en fonction des souhaits des clients, tant au niveau de la finition que des équipements. Le prix élevé demandé pour ces voitures reflétait le coût important de la main d'oeuvre. En effet, l'atelier Mallalieu assemblait une Barchetta en quatre mois et une Mercia en six mois. La production ne dépassa pas une quarantaine d'unités. Après quelques tentatives de diversifications hasardeuses, l'entreprise cessa toute activité en 1981.


Bentley Camargue

Nous connaissons tous la Rolls Royce Camargue, mais saviez vous qu'il a existé une Bentley Camargue ? Rolls Royce faisait référence à celle-ci dans ses documents promotionnels. En effet, selon le livret intitulé " Jubilee Collection " imprimé en 1990, il fut construit 530 Rolls Royce Camargue et une Bentley Camargue. La Rolls Royce Camargue fut présentée en 1975. De part les origines sportives de la marque créée par WO Bentley, il aurait été assez logique que la voiture soit également équipée de la calandre Bentley. Mais à cette époque, la marque Bentley était au plus bas, et le groupe Rolls Royce se préoccupait peu de sa marque " à tendance sportive ".


Hooper Empress II

Hooper proposa à partir de 1987 l'Empress II, assemblée sur une base de Bentley Turbo R. Cette voiture était vendue 2,75 millions de francs ! Une production très artisanale avec une main d'oeuvre hautement qualifiée pouvait expliquer un tel tarif. Six voitures auraient été assemblées par Hooper.

On pouvait apprécier l'aspect moderne de la face avant qui préfigurait les Bentley des années 90. Toute la partie arrière semblait toutefois plus maladroite, avec ses formes en pente douce peu cohérentes et une vitre de custode dessinée sans grâce. Evidemment, l'habitacle de la voiture était à la hauteur de la réputation de Hooper, avec ses cuirs généreux, ses placages de noyer et son service à cocktail !

La dénomination Empress fut déjà utilisée durant les années 50 par Hooper, et se caractérisait alors par un traitement particulier de la malle arrière et des ailes. Ce style fut appliqué sur des Rolls Royce, Bentley et Daimler.


Bentley par Robert Jankel

Robert Jankel installa une mécanique Bentley dans une voiture dessinée par ses soins, la Gold Label. Son créateur insistait sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une Bentley, et que la seule connexion avec la prestigieuse marque était le moteur turbo qui lui permettait d'atteindre la vitesse de 150 miles par heure. La carrosserie aluminium était fabriquée à la main. Du cuir Connoly habillait l'habitacle doté d'une finition de très haut niveau.

Robert Jankel fut à l'origine de la création de la marque britannique Panther, dont les modèles Lima et Kallista furent un temps importés en France. Après avoir revendu sa société à un groupe Coréen, il se spécialisa dans la transformation de voitures de luxe en limousines, cabriolets et autres carrosseries spéciales. Les Bentley furent régulièrement à l'honneur ! Les relations entre Robert Jankel Design et le groupe Rolls Royce avaient un caractère officiel, du moins pour ce qui était de la réalisation des limousines.

Le Val d'Isère (ci-dessus) pouvait être carrossé à la demande par les ateliers de Robert Jankel sur châssis long ou court, Rolls Royce ou Bentley. Une transmission à quatre roues motrices était proposée, uniquement destinée comme le précisait le catalogue à un usage à faible vitesse. Une autre version, la Provence, se caractérisait par un compartiment à bagage rallongé, grâce à un porte-à-faux plus conséquent.

Le cabriolet Azur était ainsi nommé avant que Bentley n'utilise cette appellation de manière officielle pour son propre modèle conçu en collaboration avec Pininfarina. Cette conversion Robert Jankel était disponible avec une carrosserie Rolls Royce ou Bentley.

Le coupé deux portes Azur correspondait à la version à toit fixe du cabriolet du même nom. Comme le cabriolet, le coupé était disponible uniquement sur châssis court.

La limousine " Presidential " était rallongée de 116 centimètres en son centre. Une séparation intérieure était installée. Les possibilités d'aménagement de l'habitacle étaient au niveau du prestige de la voiture. D'autres versions longues étaient disponibles dans le catalogue de Robert Jankel. Elles avaient pour nom Antibes (+ 26 cm au niveau des places assises à l'arrière), Croisette (+ 63 cm au niveau des places assises à l'arrière), Beaulieu (+ 80 cm entre les deux portières), Nice (+ 110 cm répartis entre les deux portières et au niveau des places assises à l'arrière), Royale (rallongée et rehaussée). Bien que ces limousines furent disponibles sur base Bentley et Rolls Royce, c'est toutefois cette dernière marque qui était le plus souvent choisie par les clients.


HooperTwo Door Bentley Turbo R

Cette Bentley Turbo R Two-Door de Hooper n'était pas sans rappeler le coupé Azur de Jankel. Hooper la proposa durant plusieurs années, et l'adaptait aux goûts et désirs de sa clientèle, en modifiant les teintes, garnitures, bois de placage, etc ... et en ajoutant tous les accessoires désirés : mallette de toilette, boîte à cigare, console téléphone, chaîne hi-fi, etc ... La voiture bénéficiait de vingt sept couches de peinture.


Bentley Project 90

Un coin du voile qui couvrait l'avenir de la marque Bentley fut levé au salon de Genève en mars 1985, lorsqu'une maquette grandeur nature (réalisée par la société britannique International Automotive Design - IAD) d'une coupé deux portes fut dévoilée sur le stand Rolls Royce. L'idée de ce prototype était de tester les réactions aussi bien des concessionnaires que des clients face à cette voiture dénommée " Project 90 ". Ce modèle rappelait par certains aspects les Continental R des années 50.

La décision de lancer l'étude de ce concept car fut prise dans le cadre d'un plan à long terme visant à développer de nouveau une identité spécifique pour Bentley, identité fondée sur des caractéristiques à tendances sportives. La priorité consistait à concevoir une carrosserie qui soit réservée en exclusivité à Bentley, qui rappelle l'héritage de la marque, et qui soit immédiatement identifiable comme étant une Bentley moderne. En fait, cette " Project 90 " fut une première étape à l'élaboration des Continental R et T des années 90.


Bentley Hunaudieres

La Bentley Hunaudieres fut présentée en mars 1999 à Genève. Elle se caractérisait par son moteur central seize cylindres de 8 litres, constitué de deux rangées de huit cylindres. Sa puissance était de 623 ch.

Ce prototype était destiné à l'évaluation, au développement et aux tests. Les ingénieurs de Bentley souhaitaient disposer rapidement d'un aperçu technologique de ce qui pouvait déterminer le futur de la marque. Dans l'esprit de ses concepteurs, la voiture était une digne héritière des premières voitures de course du Mans des années 1920, 70 ans plus tard ... Elle était en tout cas le fruit d'une collaboration entre les nouveaux propriétaires (Volkswagen) et les ingénieurs de Bentley, dans le cadre des lourds investissements réalisés par le groupe allemand.


Bentley par Von Genaddi Design

Autrefois, acheter une voiture de luxe passait par l'acquisition d'un châssis, qui était ensuite habillé selon les goûts et les moyens du client par un carrossier. Von Genaddi, implanté aux Etats Unis, souhaite faire revivre cette époque, en proposant des versions spéciales sur base Bentley. L'une de ses créations fut ce break de luxe Arnage, présenté en 2003. Il fut imaginé pour des clients soucieux de finition sur mesure, de luxe, de performances et d'espace. A ce titre, il pouvait être aménagé selon leurs besoins : sports équestres, ski ou autres loisirs outdoor ...


Bentley Java

Le concept car Java fut exposé à Genève en 1994. Il ne s'agissait hélas que d'une maquette à l'échelle 1. Son apparence évoquait une Continental R à dimension réduite. Sous le capot moteur, on trouvait un V8 entièrement inédit, à double turbo, étudié en collaboration avec Cosworth, offrant un énorme couple à moyen régime. Doté d'une cylindrée de 3.5 litres, il autorisait une vitesse maximale théorique de plus de 270 km/h.

L'étude Java avait été menée conjointement avec les ingénieurs de Rolls Royce et de BMW, sur un châssis de BMW Série 5. La carrosserie aérodynamique légère aurait permis à la Java de ne pas dépasser une consommation de 9,7 litres à la vitesse constante de 120 km/h ! La Java fut étudiée pour être deux automobiles en une, soit une décapotable, soit un coupé quatre places. Les lignes de la voiture furent tracées par l'équipe de stylistes " maison " et reprenaient l'essentiel des canons esthétiques des Bentley.

La face avant était habillée de la grille Bentley adaptée pour l'occasion aux dimensions réduites de la Java, tout en conservant le style propre à la marque. Les phares adoptaient des formes modernes. Le toit s'intégrait à l'ensemble sans donner l'impression d'avoir été " planté " sur la voiture. La Java mesurait 4,74 mètres de long, 1,81 mètre de large et 1,40 mètre de haut.

Bentley souhaitait avec ce prototype tester les réactions de sa clientèle. La voiture aurait pu constituer un complément logique à la gamme Bentley et être le précurseur d'une future génération de Bentley sportives. Mais face aux investissements nécessaires pour développer ce projet, le groupe Rolls Royce préféra annoncer son abandon quelques années plus tard.

Le sultan de Brunei fut séduit lors de sa visite au salon de Genève par la Java. Bien que la voiture ne soit pas destinée à être produite, il s'en fit fabriquer sur commandes spéciales. La production s'échelonna de 1996 à 1998. Ces voitures furent assemblées sous le contrôle des ingénieurs de Crewe par un sous traitant du nom de MGA. Il semble que dix huit voitures de type Java furent produites, six cabriolets, six coupés et six breaks cinq portes. Aucune mécanique Bentley n'étant susceptible de se glisser sous le capot de ces voitures, ce fut un V8 d'origine BMW qui fut retenu, après que tout élément qui puisse en identifier l'origine soit savamment éliminé.


Bentley State Limousine

L’usine de Crewe conçoit et fabrique des limousines royales depuis plus d’un demi siècle. Cette tradition fut inaugurée en juillet 1950 par la remise d’une Rolls-Royce Phantom IV à la Princesse Elizabeth et au Duc d’Edimbourg. Depuis cette date, quatre Rolls-Royce supplémentaires ont assuré la relève (deux Phantom V et deux Phantom VI).

Conçue sous l’égide de Bentley par un consortium regroupant les constructeurs et fournisseurs de l’industrie automobile britannique, la State Limousine fut dévoilée en décembre 2001 puis offerte le 29 mai 2002 à la Reine Elisabeth à l’occasion de son Golden Jubilée (50 ans de règne). Cela se passait au château de Windsor, en présence du président de Bentley, Franz Joseph Paefgen. Cet évènement faisait presque oublier que jusqu'à la fin des années 70, Crewe était synonyme de Rolls Royce, et que la marque Bentley n'était plus que l'ombre d'elle même. Quel renversement de tendance ! Cette State Limousine était la première Bentley à intégrer officiellement la flotte automobile de sa majesté.

Le projet débuta en février 2000 lorsque Dirk van Braeckel, le directeur du design de Bentley, collabora avec le styliste d’extérieur Crispin Marshfield au cahier des charges d’une voiture devant être à la fois intemporelle et contemporaine. Les concepteurs du projet étaient profondément conscients que la voiture devrait paraître encore moderne en 2027, autrement dit 25 ans après sa présentation. Cette durée de vie étant largement supérieure à celle des productions de série, l’équipe résista à la tentation de choisir des formes extrapolées des effets de mode éphémères.

Conformément aux usages, la voiture définitive est de couleur bordeaux royal sous la ligne de ceinture de caisse et noire au-dessus, ces deux couleurs étant séparées par un filet rouge de chaque côté. Elle est équipée de larges portes " suicide ", qui ouvrent presque à 90 degrés. Le moteur est le traditionnel V8 de 6,75 litres de Crewe. Il dispense 400 ch, et entraîne la limousine royale à 193 km/h (ou 120 mph). Il a été adapté pour pouvoir utiliser un carburant GPL. Le véhicule est lourdement blindé mais aussi équipé pour résister à une attaque au gaz. Son poids total atteint presque les 4 tonnes. Seulement deux exemplaires ont été fabriqués, exclusivement réservés à la couronne britannique.


La Reine en 2002 découvre son nouveau carrosse

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