Citroën en Chine

1. Citroën en Chine, années 30

Effectuons un petit retour au 20ème siècle. La première apparition du constructeur français en Chine se fit par le biais de la Croisière Jaune, périple asiatique qui atteignait Pékin en 1932.

2. De nos jours, un énorme marché

La Chine représente 20 % de la population mondiale, avec presque 1,3 milliard d'habitants. Le marché automobile y est en constante évolution, avec une croissance de l'ordre de 15 % en moyenne sur les dix dernières années. Un tel potentiel ne pouvait laisser indifférent les grands industriels occidentaux. Même si les ventes restent dominées par les utilitaires, le marché des véhicules particuliers s'élargit à un rythme rapide. L'accès à la voiture individuelle, favorisé par l'apparition de nouveaux modes de financement, est ainsi une des tendances majeures du secteur. Le gouvernement chinois a fait de l'extension de l'industrie automobile un pilier de l'économie nationale. L'état a ainsi engagé une politique de développement des infrastructures routières, aussi bien pour faciliter les échanges dans les grandes zones de développement, que pour désenclaver certaines régions moins développées.

3. Les premiers contacts

L'histoire moderne de la collaboration entre Citroën et les autorités chinoises remonte à mai 1978, date à laquelle une délégation chinoise visitait l'usine d'Aulnay sous Bois. Ce premier contact permettait à Citroën de se faire inviter à la Foire Internationale de Canton en juin 1980, afin d'exposer son savoir faire. La présence à cette foire débouchait sur différents contrats ponctuels de vente de modèles Visa, BX et CX à des sociétés de taxis et à des hôtels. Au total, 1 700 Citroën furent exportées vers la Chine durant les années 80.

Après des négociations très longues, un premier contrat était signé en décembre 1990 entre M. Chen Qingtai, président du conglomérat SAW (Second Automobile Work) et Jacques Calvet, alors président de Citroën. L'objectif était de produire en Chine la Citroën ZX qui allait être présentée en France quelques mois plus tard (mars 1991). Le constructeur français visait le marché de la berline compacte de milieu de gamme, et proposait d'emblé un véhicule moderne, et non pas l'assemblage à moindre frais à l'étranger d'une voiture en fin de vie sur le marché occidental.

Cette démarche volontaire fut de nature à rassurer les partenaires chinois sur les ambitions à long terme de Citroën, qui pour l'occasion allait investir en Chine dans des outils de production modernes.

4. Dongfeng Citroën Automobiles Company

L'accord définitif était signé en avril 1992 avec la Dongfeng Company, qui prenait le relais du conglomérat SAW sur ce projet. Il prévoyait la création d'une société mixte, la Dongfeng Citroën Automobiles Company. Dans un premier temps, la ZX (dénommée Fukang en Chine) devait être assemblée localement à partir d'éléments importés de France. A compter de septembre 1995, les premières Fukang chinoises sortaient en effet des chaînes de montage. Petit à petit, le taux d'intégration des composants produits localement progressait. En 1997, Citroën produisait 120 voitures par jour en Chine. Entre 1991 et 2002, il y fut fabriqué 1 970 784 Citroën. La clientèle était répartie entre les flottes de taxis, les administrations et les particuliers. La construction d'une véritable réseau de distribution se fit rapidement sentir, avec des points de vente et des directions régionales.

5. Le développement d'une gamme

L'apparence utilitaire d'un véhicule à hayon rebutait encore certains clients potentiels de Citroën en Chine. Une voiture à trois volumes devait pouvoir répondre à une demande orientée vers un véhicule d'aspect plus bourgeois. C'est ainsi que fut exposée au salon de Pékin de 1998 une ZX avec coffre, la Fukang 988, une version spécifiquement développée pour le marché chinois.

Depuis, l'offre de Citroën n'a jamais cessé de se développer. Ce fut tout d'abord une version allongée de la ZX avec coffre (la 988 EMM), puis la Picasso en 2001. La Fukang 988 bénéficiait d'un sérieux lifting en 2002, et adoptait alors le nom de Elysée.

La Xsara dénommée Saina était disponible à partir de 2003, mais Citroën avait pris soin de la positionner en haut de gamme afin de ne pas empiéter sur le marché de la ZX.

6. Installé pour durer

Désormais, PSA semble durablement installé en Chine, dans un contexte qui se normalise. Longtemps considéré comme un marché de flottes, la progression générale du niveau de vie permet désormais à de nombreux chinois d'acquérir une voiture particulière. Le groupe français y vendait 141 000 voitures en 2005, sur un marché de 2,5 millions de véhicules particuliers. Désormais, ce sont aussi des Peugeot 206 et 307 Sedan qui y sont produites et commercialisées. En fin 2006, cela sera au tour de la Citroën C-Triomphe, une berline tricorps dérivée de la C4 française.

A lire sur le sujet : Les Citroën du monde, ETAI
Merci à Julian pour son aide : http://www.citroenet.org.uk

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