Ghia 1500 GT

Ghia 1500 GT sur Motorlegend
Ghia 1500 GT, le site

1. La carrosserie Ghia

Giacinto Ghia fondait la Carrozzeria Ghia en 1915. Il avait le juste pressentiment que l'automobile était porteuse d'avenir. Entre les deux guerres, il habillait avec sobriété les Fiat ou les Itala, sans faire de vague. Au court du second conflit mondial, l'usine Ghia fut détruite par les bombardements. Son fondateur décédait en 1944, avant même que l'activité ai vraiment redémarré.


Giacinto Ghia en 1910 (au volant)

Mario Felice Boano est né en 1903 en Italie. Il débutait sa carrière en tant qu'assistant de Giovanni Farina à la Stabilimenti Farina, avant de rejoindre l'entreprise de son frère Pinin Farina qu'il quittait en 1934. Il ouvrait alors une menuiserie industrielle qui fournissait aux carrossiers les matrices en bois sur lesquelles étaient ensuite formées les tôles. Giacinto Ghia, client de Boano, l'avait désigné comme son éventuel successeur.


Mario Felice Boano

Luigi Segre fut présenté à Boano par Vittorino Viotti, le dirigeant de la carrosserie du même nom. Boano ne put que se féliciter de ce recrutement. En effet, Segre allait se montrer particulièrement efficace sur le plan commercial, et il contribua largement au redémarrage économique de la carrosserie grâce à son activisme extraordinaire. Segre était né en 1919. Pendant la guerre, il fut officier de liaison des partisans avec les américains. Sa maîtrise de l'anglais et sa connaissance de la mentalité américaine allaient par la suite lui être fort utile au développement des affaires de Ghia.


Luigi Segre au début des années 50

Plusieurs constructeurs, tant français - Delahaye et Talbot - que italiens - Fiat, Lancia, Alfa Romeo - s'assurèrent dès après guerre les services de Ghia. La bonne entente entre Boano et Segre ne dura pas, et l'artiste Boano jetait l'éponge en quittant l'entreprise en 1952, laissant seul Segre l'industriel, plus préoccupé par la rentabilité que par la création, diriger la société.

Segre s'adjoignait dès lors les services de Tom Tjaarda et de Filippo Sapino en remplacement de Boano. Les années 50 et 60 furent florissantes pour Ghia, qui travaillait pour plusieurs constructeurs américains - Chrysler, Packard ou Ford - et européens - Alfa Romeo, Porsche, Maserati, Renault, Volkswagen.

2. La Ghia 1500 GT

Ghia fut l'un des premiers carrossiers italiens a produire en petite ou moyenne série des modèles spéciaux pour les grands constructeurs. Sa collaboration avec Chrysler depuis les années 50 ou avec Volkswagen pour la réalisation du coupé Karmann Ghia en témoignent. Ghia exposait sous sa propre marque le coupé 1500 GT au salon de Turin de 1962. Comme chez la plupart des carrossiers transalpins à cette époque, la 1500 GT était basée sur une mécanique Fiat, en l'occurrence celle de la berline 1500. De cette façon, l'entretien et le service pouvaient être réalisés à moindre frais dans le réseau du géant italien, et ceci à travers le monde entier.


Ghia 1500 GT - Source : http://www.pinterest.com

Une étude très poussée en soufflerie à l'école polytechnique de Turin permettait d'obtenir des performances satisfaisantes en partant d'une mécanique simple. Les 75 ch du 1481 cm3 propulsait l'auto jusqu'à 150 km/h. Après un long capot moteur, le pare brise vertical et l'habitacle haut surprenaient. Les pare chocs avant semblaient absents sur ce coupé. En réalité, ils étaient intégrés à la calandre en forme de bouche rectangulaire dotée de lèvres chromées. Ces lèvres faisaient office de pare chocs. La poupe prenait la forme d'une pente douce qui se terminait par un pan coupé.

Cette auto marginale ne réussit jamais à s'imposer, face à des concurrentes installées de plus longue date sur le marché et à l'image moins floue. Sa production fut suspendue en 1967 suite au rachat de Ghia par De Tomaso, après que moins de 4000 exemplaires furent assemblés.


Ghia 1500 GT

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