Porsche 928

Porsche sur le site Caradisiac
Porsche 928 dans l'Automobile Sportive

1. Un nouveau concept technique

De 1948 à 1976, les techniciens de Porsche furent fidèles au moteur arrière refroidi par air. L'étude du nouveau modèle 928 qui partait d'une feuille blanche remettait en cause cette disposition mécanique, alors jugée par certain obsolète. La 928 se devait de répondre aux nouvelles contraintes du marché américain en matière de sécurité passive et de protection de l'environnement. Mieux, son ambition était de pouvoir s'adapter à toutes les prescriptions gouvernementales imaginables dans le futur, quelque soit le pays. Le flat six refroidi par air et placé en porte à faux arrière n'était pas le meilleur moyen d'y répondre.

L'étude de la 928 fut menée en pleine crise pétrolière, période durant laquelle l'avenir des voitures puissantes fut remis en cause. Des limitations de vitesse furent instaurées dans la plupart des pays occidentaux. Porsche n'abandonna pas pour autant son projet, et resta fidèle à une mécanique généreuse, en l'occurrence un V8 de 4474 cm3 pouvant être accouplé à une transmission automatique, qui développait sur les premiers modèles 240 ch.

2. Un look décalé

Lors de sa présentation au salon de Genève en mars 1977, la 928 était l'une des principales attractions de la manifestation. Son style du à Wolfgang Möbius et Anatole Lapine chez Porsche étonna le public, qui voyait en elle la remplaçante de la 911. Mais les puristes furent suspicieux face à cette nouvelle Porsche qui rompait avec le principe du moteur arrière en porte à faux refroidi par air. 

Curieusement, la 928 semblait dépourvue de pare-chocs. En fait, ceux ci étaient intégrés à la carrosserie, et ils étaient capables d'absorber des chocs jusqu'à 8 km/h tout en reprenant ensuite leur forme initiale. Sinon, la voiture adoptait des lignes fluides et arrondies, en vrai précurseur du bio design qui allait éclore au début des années 80.

Ce style bio ne lui procurait cependant pas un aérodynamisme exceptionnel. Au contraire, celui ci accusait une valeur proche de 0.40, digne d'un utilitaire. La 928 avait un meilleur Cx en soufflerie quand on la présentait de dos ! A part quelques modifications de détail, les lignes de la 928 demeurèrent inchangées jusqu'à la fin de sa carrière en 1995.

3. Les débuts

La production démarra au printemps 1977 dans une unité spécialement aménagé sur le site de Zuffenhauen. La 928 n'était pas lors de sa sortie plus rapide qu'une 911. Elle n'était pas plus habitable non plus. Les puristes prétendaient qu'elle était la voiture idéale des américains sans culture automobile, adepte de la boîte automatique. Il est vrai que Porsche la destinait essentiellement au marché d'outre Atlantique, et que c'est dans cette optique qu'elle fut équipée dès l'origine en option de ce type de transmission, de la direction assistée et d'un équipement de haut niveau. Ces critiques ne l'empêchèrent pas de se voir attribuer en 1978 le titre convoité de voiture de l'année.

4. L'offre se développe

Les amateurs de puissance furent comblés lors de la présentation au salon de Francfort de 1979 d'une version 928 S de 300 ch. La cylindrée fut portée à 4474 cm3 pour la 928 et à 4664 cm3 pour la 928 S.  Les deux versions cohabitèrent au catalogue jusqu'en 1982, la plus performante demeurant la seule disponible à partir de 1983.

Des améliorations techniques justifiaient l'appellation 928 S2 à partir de 1984. La puissance passait à 310 ch. La 928 S4 de 4957 cm3 et 320 ch lui succédait pour le millésime 1987. A partir de février 1989, l'acheteur pouvait choisir entre la 928 S4 et la 928 GT, plus puissante de 10 ch, mais aussi dotée de suspensions plus fermes. La dernière évolution fut la 928 GTS en 1992, qui remplaçait la S4 et la GT, et voyait sa cylindrée portée à 5397 cm3 et sa puissance à 350 ch.

5. Fin de carrière

Il fut produit de 1977 à 1995 un total de 61 080 Porsche 928. La production annuelle se maintenait entre 3000 et 5400 exemplaires entre 1978 et 1990. Elle chuta brutalement à 780 voitures en 1991. L'arrivée de la  GTS permettait de relever la barre à  1404 unités en 1992, mais la baisse reprenait en 1993 avec 721 voitures, puis 384 en 1994 et seulement 203 exemplaires en 1995.

La concurrence était devenue plus féroce. La 911 ne cessait de se bonifier, la SL de Mercedes avait adopté un V12, BMW présentait une M3 au rapport prix performances impressionnant, les Ferrari devenaient plus exploitables pour un usage quotidien, et les Honda NSX, Toyota Supra et Nissan 300 ZX avaient su séduire une nouvelle clientèle. Le paradoxe est que la 928 fut retirée du catalogue avant la 911, alors qu'elle était supposée assurer sa relève. Les dirigeants de Porsche eurent la clairvoyance de ne pas abandonner cette dernière qui semble décidemment éternelle.

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