Peugeot 605

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1. Une voiture de conquête

Les premières ébauches de celle qui allait devenir la 605 datent de 1984. L'objectif de Peugeot n'était pas simplement de proposer une remplaçante à la 604 disparue en 1986. La nouvelle venue devait aussi être un véritable véhicule de conquête, susceptible de concurrencer sur leur terrain les grandes berlines allemandes. Pour ce faire, la 605 devait présenter tous les signes d'une qualité de fabrication exemplaire qui ont fait la réputation des Audi, BMW ou Mercedes, pour enfin marquer le retour de Peugeot dans le créneau des berlines haut de gamme. La 605 était aussi l'aboutissement d'une politique visant à doter Peugeot d'une gamme complète dans la série 05, après la 205 de 1983 et la 405 de 1987.

2. Pininfarina

Comme c'était alors l'usage chez Peugeot, deux équipes avaient reçu en même temps le cahier des charges de la future 605 : d'une part le groupe dirigé par Gérard Welter à la Garenne Colombes, d'autre part le centre de recherche Pininfarina en Italie. Gérard Welter, responsable du style extérieur chez Peugeot de 1975 à 1998, puis directeur du style à partir de 1998, était rentré chez le constructeur français en 1960 à l'âge de 18 ans. Il fut recruté par Paul Bouvot, responsable du style depuis 1956, alors chargé de coordonner le travail de Peugeot et de Pininfarina.

Depuis les années 50, les créations des stylistes de Peugeot étaient mises en concurrence avec celles du carrossier italien. En fonction des modèles, la prépondérance des idées émises chez Peugeot ou chez Pininfarina était plus ou moins forte, sans que le grand public en ai connaissance. Les propositions retenues pour la 605 venaient d'Italie. Cela n'empêcha pas les designers de chez Peugeot d'apporter une touche finale aux dessins de Pininfarina, question de bien coller aux attentes du public.

3. Des lignes sages mais harmonieuses

Curieusement, les premières propositions des deux équipes étaient assez similaires, sans doute à cause des liens très serrés qui unissaient les deux groupes de travail de part et d'autre des Alpes et de l'habitude qu'ils avaient à travailler ensemble, mais aussi d'un cahier des charges très stricte, qui exigeait un design classique et élégant, en excluant les excentricités d'une carrosserie bicorps trop utilitaire. Le style extérieur était figé en juin 1986.

Les lignes définitives de la grande Peugeot présentée en septembre 1989 ne constituaient pas une révolution en soit, tant elles donnaient l'impression de déjà vu. Le profil de la 605 ressemblait beaucoup à celui de la 405 ou de l'Alfa Romeo 164, commercialisées respectivement en 1987 et 1988, avec une répartition des volumes identique. La 405 était cependant plus courte de 32 centimètres et l'Alfa Romeo de 17 centimètres.

Le dessin des flancs de la 605 fut particulièrement soigné, avec des galbes complexes mais très harmonieux. Les surfaces vitrées étaient abondantes. Le pare brise et la lunette arrière étaient très inclinés. On remarquait aussi le bombé très important de la lunette arrière et le soin apporté à l'étude des jupes avant et arrière, autant de détails susceptibles d'améliorer les qualités aérodynamiques de la 605.

4. L'aménagement intérieur

Pour l'aménagement intérieur, c'est le groupe du design intérieur dirigé par le styliste Paul Bracq depuis 1974 qui fut mis en concurrence avec les équipes de Pininfarina. Bracq fut aussi recruté par Bouvot, mais il pouvait déjà se prévaloir d'une riche expérience chez Mercedes, Brissonneau & Lotz et BMW.

5. Une gamme complète

En 1989, le modèle de base de la série 605, la SL, était doté d'un 4 cylindres à carburateur de 1998 cm3 et 115 ch, qui permettait à la Peugeot de frôler les 200 km/h. A l'autre extrémité de la gamme, le 6 cylindres 24 soupapes de 2975 cm 3 d'origine PRV de la SV 24 offrait 200 ch. Entre les deux, le client pouvait opter pour le 4 cylindres à injection (SRi) ou le 6 cylindres 12 soupapes (SR et SV). En  1990, des Diesel turbo et atmosphériques complétaient la gamme. L'offre des motorisations évolua sagement tout au
long de la carrière de la 605, avec différentes variantes selon les années. Mais il ne fut jamais proposé de version extrême, comme Renault l'avait fait avec sa Safrane Biturbo de 260 ch par exemple. Les Diesel représentèrent plus de 50 % des ventes de la 605, tandis que les 6 cylindres à essence ne dépassèrent pas 15 % des volumes.

6. Une image durablement ternie

La 605, chaleureusement accueillie lors de la présentation, eu rapidement à souffrir de problèmes de fiabilité. Nombreux furent les clients à se plaindre de pannes diverses à répétition. Cela obligea Peugeot à rappeler en concession toutes les 605 produites, et même de rapatrier à l'usine les versions SV 24, pour une remise à niveau gratuite. Malgré la transparence affichée du constructeur sochalien, ce rappel fut catastrophique, et de manière durable, pour l'image de la 605. Coïncidence malheureuse, au même moment, Renault présentait à la presse internationale sa nouvelle Safrane, concurrente directe de la Peugeot.

Passé les premiers modèles, les maladies de jeunesse de la 605 n'étaient pourtant qu'un mauvais souvenir. La 605 avait des arguments à faire valoir, notamment une gamme très large, et des qualités dynamiques unanimement reconnues. Mais la voiture ne se remit jamais de sa déplorable réputation de voiture peu fiable, et les clients du haut de gamme avaient désormais fui Peugeot. 

7. Fin de carrière discrète

La 605 bénéficiait pour 1995 de retouches esthétiques au niveau de l'avant et de l'arrière. Celles ci concernaient la calandre, les boucliers, les projecteurs et le couvercle de coffre. La planche de bord était également remodelée. En 1997, la production chutait à 9 300 exemplaires. La dernière 605 tombait des chaînes de Sochaux le 12 mai 1999, après une carrière de dix ans et seu-lement 255 000 voitures produites.

Le 15 mai 2000, après avoir épuisé le stock des dernières 605, Peugeot commercialisait la 607. Celle ci avait la lourde tâche de faire oublier la 605. Mais même de nos jours le niveau des immatriculations reste désespérément bas pour la plus récente des grandes Peugeot, aux environs de 18 000 unités par an en 2004 et 2005. Ce n'est pourtant pas la Velsatis qui lui fit de l'ombre !

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