Mercedes Berlines 1953/1959

1. Les 4 cylindres

Dans les années d'après guerre marquées par la modestie et la simplicité, tout le monde s'attendait à voir sortir de chez Mercedes une petite voiture, à l'image du reste du marché. Pourtant, le 8 septembre 1953, Fritz Könecke, président de Daimler-Benz AG, détruisait cette illusion en levant le voile sur la nouvelle 180.

On découvrait alors une Mercedes inédite, qui allait devenir le premier maillon de la gamme moyenne, dont le prolongement est de nos jours assuré par la Classe E. La 180 se détachait résolument du design des années 30. Elle innovait par sa ligne dite " ponton ". Elle intégrait les nouveaux canons stylistiques de l'époque, tout en gardant la traditionnelle calandre verticale.


La 170 S qui précédait la nouvelle 180


Le changement d'époque est flagrant avec la 180

Par rapport à la 170 S qui lui précédait, l'habitacle s'était agrandi de 22 %, le volume du coffre de 75 %, tandis que la surface des vitres augmentait de 40 %. Seul le moteur quatre cylindres était repris de la 170 S. Avec une cylindrée de 1,8 litres et une puissance de 52 ch, il amenait la Mercedes 180 jusqu'à 126 km/h.

En mai 1956, la 190 complétait la gamme. D'un aspect extérieur pratiquement identique si l'on exclut la plus grande générosité des baguettes chromées, cette nouvelle version se distinguait en revanche par son moteur quatre cylindres bridé à 75 ch, qui reprenait l'arbre à cames en tête du roadster 190 SL. En septembre 1957, la 180 adoptait elle aussi ce nouveau moteur, délivrant toutefois seulement 65 ch. Elle bénéficiait d'une grille de calandre légèrement plus large et de feux arrière plus grands, caractéristiques des premiers modèles 190. La version 180 D à moteur Diesel de 40 ch arrivait sur la marché dès le printemps 1954. Ces voitures furent rapidement appréciées pour leur fiabilité et leur longévité par les chauffeurs de taxis.


Mercedes 180 et 190 Diesel

En octobre 1958, le constructeur de Stuttgart proposait aussi le modèle 190 dans une version Diesel, qui développait 50 ch et atteignait la vitesse maximale de 125 km/h. En août 1959, les 180 et 190 firent l'objet d'un restylage. Désignées désormais sous les appellations 180b et 190 b, elles se distinguaient de leurs prédécesseurs par un capot moteur abaissé, une grille de calandre à la fois plus large et plus basse, des pare-chocs plus charnus et de longs feux arrières. Les puissances atteignaient respectivement 68 ch et 80 ch. Durant l'été 1961, alors que les successeurs des 190b et 190 Db étaient déjà sur les chaînes de montage, la 180 bénéficiait d'une dernier lifting et devenait 180 c. Sa mécanique était optimisée, tandis que le moteur de la 180 Dc affichait dès lors deux litres de cylindrée. La production du modèle 180 c se poursuivait jusqu'en octobre 1962.

Mercedes fabriqua au total 437 310 exemplaires de la version à quatre cylindres de la série " Ponton ". Durant cette période, ces versions ont contribué à 62 % des volumes de production.

2. Les 6 cylindres

La 220 présentée au salon de Genève 1954 conservait le même dessin général que la 180, mais avec des dimensions légèrement plus importantes, tant pour loger le moteur 6 cylindres que pour accroître l'habitabilité. Dès 1956, la 220 cédait sa place à deux nouvelles versions : d'une part la 220 S plus puissante et mieux finie, d'autre part la 219 à vocation économique, destinée à " ratisser plus large ". Elle trouvait plus sa clientèle à l'étranger qu'en Allemagne, où elle était perçue comme une sous Mercedes, une Mercedes du pauvre.


Mercedes 219


Mercedes 220

Mercedes proposait au salon de Francfort 1958 un modèle 220 SE à injection, plus performant. Celle ci ne trouva pas non plus son public, et disparut du catalogue en 1959 après que 1974 unités furent produites. 27 845 exemplaires de la 219 sortirent des chaînes de Stuttgart de mars 1956 à juillet 1959, ainsi que 25 934 modèles 220 de juin 1954 à mars 1956 et 55 279 modèles 220 S de mars 1956 à octobre 1959. Au mois d'août 1959, Mercedes dévoilait la nouvelle 220 aux vastes baies vitrées et aux ailes arrières se terminant en arête.


Nouvelle rupture de style en 1959, entre l'ancienne série et la nouvelle (ici une 220 SE)

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