Lamborghini Diablo

Lamborghini est durement touché par les chocs pétroliers successifs des années 70. Dans les années 80, la firme italienne se remet petit à petit de son passage à vide, grâce aux efforts de restructuration entrepris par son nouveau propriétaire, Patrick Mimran. A la fin de cette décennie de renouveau pour le constructeur, la tendance du marché s'inverse miraculeusement, transformant en or massif toute les GT qui peuvent se faire valoir d'un vrai pedigree. C'est dans ce contexte que se termine l'étude de celle qui va succéder à la Countach.

En avril 1987, le groupe américain Chrysler rachète Lamborghini, en imitant la démarche entreprise par Ford acheteur d'Aston Martin ou de la General Motors qui est le nouveau propriétaire de Lotus. Ce mouvement de concentration va se poursuivre avec l'intégration de Jaguar dans le groupe Ford, de Saab au sein de la General Motors, de Maserati dans le groupe Fiat, etc ... Ces emplettes des grands constructeurs sont pour les intéressées un moyen simple et rapide d'acquérir du prestige à prix modéré. Parallèlement, l'acquisition d'une GT de prestige pour un particulier s'apparente à une forme d'investissement. Tout va pour le mieux.

La conjoncture se retourne toutefois assez sèchement au début des années 90, faisant chuter la folie spéculative. Cela a pour effet d'assainir le marché pour le plus grand bonheur des vrais amateurs et pour le malheur des " investisseurs ". Mais c'est encore dans un contexte euphorique qu'est dévoilée la Diablo à Chicago en février 90, puis au Salon de Genève en mars 90. Elle reprend les grands principes techniques de la Countach, c'est-à-dire un moteur V 12 de 492 ch dans le cas présent, implanté en position centrale arrière.

Après quinze ans de fidélité à Bertone, le designer Marcello Gandini a pris son indépendance en 1979. C'est à lui, l'auteur des lignes des mythiques Miura et Countach, que les nouveaux propriétaires de Lamborghini ont pensé pour dessiner les lignes de la remplaçante de la Countach. L'esprit de cette dernière plane encore sur la Diablo, avec des formes plus douces mais plus massives. Les proportions apparaissent modifiées avec en empattement allongé de 15 centimètres. Comme sur un monospace, le poste de pilotage est rejeté vers l'avant. La vitre latérale plongeante dynamise le profil. Les lignes de la Diablo ne sont pas simples, et il faut s'y prendre à plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités.

Les hommes de Chrysler n'ont pas pu résister à la tentation d'apporter leur petite touche sur le travail du maître Gandini. Les lignes ont été légèrement modifiées après le passage en soufflerie. L'habitacle a aussi été retouché dans un style plus classique, plus à même de répondre aux goûts de la clientèle américaine. L'appui de Chrysler a été bénéfique au développement de la voiture, qui a ainsi obtenu une homologation sur les principaux marchés mondiaux, sans qu'il soit nécessaire de l'adapter au cas par cas aux normes de sécurité et de pollution selon les pays visés, comme cela avait été le cas avec la Countach. 

Une version intégrale VT est présentée en mars 1991, mais commercialisée qu'à partir de 1993.


Lamborghini Diablo VT

En 1992, la production est suspendue pendant deux mois afin de résorber un stock de 55 voitures invendues. Lamborghini subit le contrecoup de la folie spéculative de la fin des années 80, conjugué à une certaine morosité économique. Désormais, la Diablo est seule au catalogue, et le carnet de commandes ne suffit pas à faire tourner à plein régime l'usine dimensionnée pour produire jusqu'à 650 voitures par an.

En 1993, la Diablo SE commémore les trente ans du constructeur. Plus légère de 150 kg et plus puissante avec 525 ch, elle est produite à 154 exemplaires jusqu'en 1995. Lamborghini en dérive une version " compétition client " de 600 ch assemblée à 40 exemplaires, dénommée Jota. En 1994, Lamborghini change de nouveau de propriétaire, et passe sous le contrôle de la société indonésienne Setdco. Marcello Gandini retourne à sa planche à dessin pour proposer en décembre 1995 au Salon de Bologne le roadster version VT.


Lamborghini Diablo VT Roadster

Une SV-R destinée aux circuits est dévoilée en février 1996. A partir de 1998, la puissance de la Diablo passe à 530 ch. Cette même année, Audi rachète Lamborghini. Une série limitée à 80 exemplaires, la Diablo GT, équipée plus sportivement (nouvelles prises d'air, jantes et ailerons noirs, carrosserie en carbone, V 12 de 6 litres et 575 ch ...) est disponible à partir du Salon de Genève 1999. La production totale de la Diablo toutes versions confondues serait proche de 3 000 unités. La Murcielago lui succède en 2001.


Lamborghini Diablo GT

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