Lamborghini Diablo

Lamborghini Diablo 

1. Le contexte spéculatif

Lamborghini fut durement touché par les chocs pétroliers successifs des années 70. Durant les années 80, la firme italienne se remettait petit à petit de son passage à vide, grâce aux efforts de restructuration entrepris par Patrick Mimran. A la fin de cette décennie de renouveau pour Lamborghini, la tendance du marché s'était miraculeusement inversée, transformant en or massif toute GT qui pouvait faire valoir un vrai pedigree. C'est dans ce contexte que se terminait l'étude de celle qui devait succéder à la célèbre Countach.

En avril 1987, le groupe américain Chrysler rachetait Lamborghini, en imitant la démarche entreprise par Ford qui venait de racheter Aston Martin ou de la General Motors qui était le nouveau propriétaire de Lotus. Ce mouvement de concentration allait se poursuivre avec l'intégration de Jaguar dans le groupe Ford, de Saab au sein de la General Motors, de Maserati dans le groupe Fiat, etc ...

Ces emplettes des grands constructeurs étaient en définitive un moyen relativement économique d'acheter du prestige à moindre coût. Pour l'acheteur d'une voiture de marque, la GT de prestige était aussi devenu un investissement. La conjoncture se retourna toutefois assez vite au début des années 90, faisant chuter la folie spéculative. Cela eut pour effet d'assainir le marché pour le plus grand bonheur des vrais amateurs et pour le malheur des " investisseurs ".

2. La présentation de la Diablo

Mais c'est encore dans un contexte euphorique qu'était dévoilée la Diablo à Chicago en février 90, puis au salon de Genève en mars 90. Elle reprenait les grands principes techniques de la Countach, à savoir un moteur 12 cylindres de 492 ch implanté en position centrale arrière. L'enthousiasme n'était cependant pas identique à celui que l'on avait pu rencontrer lors de la présentation de la Miura en 1966 ou de la Countach en 1971.


Miura, Countach, Diablo, Murcielago, quatre générations de GT Lamborghini

3. Design Marcello Gandini

Après avoir travaillé pour Bertone depuis 1965, Marcello Gandini était devenu designer indépendant en 1979. C'est à lui, l'auteur des lignes des plus célèbres Lamborghini, que les dirigeants de la firme italienne pensèrent quand il fut question de dessiner la remplaçante de la Countach.

L'esprit de la Countach planait encore sur la Diablo, mais les lignes étaient ici plus douces, voir plus massives, et les proportions modifiées avec en empattement allongé de 15 centimètres. Comme sur un monospace, le poste de pilotage était rejeté à l'avant. On notait le mouvement plongeant de la vitre latérale qui dynamisait le profil. Les lignes de la Diablo n'étaient pas simples, et il fallait s'y reprendre à plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités.

4. L'appui de Chrysler

Les hommes de Chrysler ne purent résister à la tentation d'apporter leur petite touche personnelle sur le travail de Gandini. Les lignes furent légèrement modifiées après le passage en soufflerie. L'habitacle fut retouché dans un style plus classique, plus apte à répondre aux goûts de la clientèle américaine.

L'appui de Chrysler fut par ailleurs bénéfique au développement de la voiture, qui put ainsi obtenir une homologation sur tous les grands marchés à travers le monde, sans avoir besoin d'adapter au cas par cas la voiture aux normes de sécurité et de pollution selon les pays d'exportation, comme cela avait été le cas avec la Countach. 

5. La traversée des années 90

Une version intégrale VT fut présentée en mars 1991, mais commercialisée qu'à partir de 1993. Entre 1990 et 1998, 981 Diablo furent fabriquées, ainsi que 400 modèles en version VT de février 1993 à février 1999.


Lamborghini Diablo VT

En 1992, la production était suspendue pendant deux mois afin de résorber le stock de 55 voitures invendues. Lamborghini subissait le contrecoup de la folie spéculative de la fin des années 80, conjugué à une certaine morosité économique. Désormais, la Diablo était seule au catalogue, et le carnet de commande ne suffisait pas à faire tourner à plein régime l'usine dimensionnée pour fabriquer 650 voitures par an.

En 1993, la Diablo SE commémorait les trente ans de Lamborghini. Plus légère de 150 kg et plus puissante avec 525 ch, elle fut produite à 154 exemplaires jusqu'en 1995. En 1994, une version " compétition client " de 600 ch en était dérivée. La Diablo Jota, c'était son nom, fut vendue à 40 exemplaires.

En 1994, Lamborghini changeait de propriétaire, et passait sous la contrôle de la société indonésienne Setdco. Marcello Gandini retournait à sa planche à dessin pour proposer en décembre 1995 au salon de Bologne le roadster version VT.


Lamborghini Diablo VT Roadster

En février 1996 était présentée une SV-R destinée aux circuits. A partir de 1998, la puissance de la Diablo passait à 530 ch. Cette même année, Audi rachetait Lamborghini. Une série limitée à 80 exemplaires, la Diablo GT, équipée plus sportivement (nouvelles prises d'air, jantes et ailerons noirs, carrosserie en carbone, V 12 de 6 litres et 575 ch ...) était commercialisée à partir du salon de Genève en mars 1999. La Murcielago succédait à la Diablo en 2001.


Lamborghini Diablo GT


Marcello Gandini était aussi l'auteur des lignes du prototype P 140 de 1988, la petite Lamborghini qui de déboucha jamais sur aucune production en série. Elle servit au moins de brouillon à la future Diablo.

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