Autocars Sabra, Reliant Sabre

1. La firme Autocars

La firme Autocar voyait le jour en Israël en 1950. Elle était dirigée par Yitzhak Shubinsky. Elle se fit connaître à partir des années 50 avec ses modèles populaires Sussita, Carmel et Gilboa. Le style de ces autos était sans charme particulier. La finition laissait à désirer. Leur principal atout était l'utilisation de mécaniques Ford et Triumph à la fiabilité reconnue. Au prise avec des difficultés financières depuis 1971, la compagnie était rachetée en 1974 par Rom Carmel Industries, qui renonçait à la production automobile en 1980.

2. Un projet de voiture sportive

Au début des années 60, Yitzhak Shubinsky projetait de commercialiser une voiture sportive qui pourrait répondre au besoin qu'avait la firme Autocars de développer les ventes de sa filiale américaine, qui ne proposait jusque là que des modèles économiques. Lors du Racing Car Show de 1960, le patron d'Autocars rencontrait d'une part le constructeur Ashley, d'autre part l'ingénieur Leslie Bellamy. Auprès du premier, il acquit les droits sur la carrosserie de l'Ashley 1172, le second allait prendre en charge la conception du châssis. Reliant se chargea de concevoir la voiture finale à partir de ces deux sous ensembles, en modifiant selon les besoins le châssis, la carrosserie, les suspensions .... Le travail fut réalisé à Tamworth en moins de neuf mois.


Autocars Sabra Sport

3. Mécano Israélo Britannique

Baptisée Sabra en Israël, la voiture portait le nom de Sabre en Europe. L'accord entre Autocars et Reliant prévoyait aussi la construction de cette sportive en Grande Bretagne. Il s'agissait alors pour le constructeur de Tamworth de la première voiture à quatre roues commercialisée sous son nom. La Sabra était officiellement présentée au New York Motorshow en mai 1961. Elle était équipée d'un moteur Ford Consul de 1703 cm3 sensiblement amélioré. Sa puissance de 59 ch pour un poids de 800 kg lui autorisait une vitesse de pointe de 170 km/h.


Autocars Sabra Sport, la présence des énormes boucliers AV était justifiée par les sévères normes de sécurité US

L'usine d'Haïfa n'étant pas prête à temps, les cent premières voitures, produites à Tamworth, mais vendues sous la marque Autocars, furent exportées vers la filiale américaine d'Autocars à partir de 1962.

4. Chronique d'un échec annoncé

Rapidement, il s'avéra que la Sabra ne répondait pas, et de loin, aux objectifs de vente qui lui avaient été fixés initialement. Contrairement à la Sabre produite en Grande Bretagne, la Sabra dut se satisfaire durant toute sa carrière du quatre cylindres Ford. Cette petite mécanique n'était pas de nature à attirer l'exigeante clientèle américaine dans les concessions. Celle ci avait en effet eu le temps de s'habituer aux six cylindres britanniques (Austin Healey, Triumph GT6) ou aux V8 (Sunbeam Tiger) d'origine américaine. La présentation en 1963 d'une version coupé ne fut pas suffisante pour animer les ventes de la Sabra.


Autocars Sabra Coupe

En septembre 1965, la production d'Autocars était transférée sur un nouveau site à Tirat Ha-Carmel, à 5 kilomètres de Haïfa. L'assemblage de la Sabra fut momentanément interrompu. Il se limita à 12 exemplaires en 1965 et 6 en 1966, après que furent fabriquées respectivement 5, 31, 33 et 38 voitures en 1961, 1962, 1963 et 1964. 1967 fut la plus forte année avec 42 voitures produites, parmi lesquelles 34 furent vendues en Belgique. La dernière année (1968), 4 Sabra quittèrent l'usine Autocars.

Sur les 171 Sabra assemblées en Israël jusqu'en 1968 (soit bien après que la Sabre ne soit retirée des chaînes en Grande Bretagne), seulement 41 d'entre elles furent exportées vers les Etats Unis. 21 voitures furent vendues localement, tandis que l'importateur Belge écoula 68 Sabra dans le Benelux. Quelques exemplaires furent commercialisés en Suisse (22 voitures) et en France (10 voitures). La société Auto Sud Est installée Boulevard Diderot dans le 12ème arrondissement parisien en assurait l'importation dans l'hexagone.


L'usine de Tirat Ha-Carmel en 1967, Source : http://www.sabra.be

Extraits d'un dépliant publicitaire diffusé par l'importateur exclusif sur le Benelux : Prendre un virage à toute allure est un réel plaisir avec Sabra ... Une conduite sûre dans une automobile de classe ... sa remarquable légèreté (la carrosserie) vous apporte une réelle économie en benzine ... La fibre de verre ajoute à la valeur de Sabra puisqu'on la trouve sur des voitures beaucoup plus chères ...

5. Sabre Four en Grande Bretagne

Après avoir changé de côté au volant et de nom à la voiture, la Sabre Four, équivalent de la Sabra, était présentée au London Motorshow d'octobre 1961. Initialement disponible avec le moteur Ford de 59 ch, celui ci évolua jusqu'à 90 ch quelques mois plus tard.


Reliant Sabre Four

Le style de la voiture, qui se distinguait notamment par ses deux boucliers avant assez disgracieux, n'eut pas la faveur du public britannique. Là aussi, la puissance mesurée de cette voiture à vocation sportive faisait pâle figure face à la concurrence des MG, Austin Healey ou Triumph. Cette situation incita Reliant à développer une Sabre Six, redessinée, et équipée d'une motorisation plus conséquente.

6. La Sabre Six, plus puissante

En octobre 1961, Reliant dévoilait la Sabre Six au London Motorshow. La nouvelle version était dotée d'un nez court façon MG B, et d'arches de roues arrière arrondis.  Reliant utilisait désormais un 6 cylindres Ford Zephyr de 2566 cm3 et 110 ch. La Sabre Six ne fut ni fabriquée ni vendue en Israël. Avant d'être remplacée par la Scimitar GT en 1964, la Sabre Six fut assemblée en 77 exemplaires.


Reliant Sabre Six

7. Bilan mitigé

La production totale des Reliant Sabre Four et Six s'éleva à 379 exemplaires entre 1961 et 1964. Les trois principaux pays à accueillir la Sabre furent les Etats Unis (114 voitures), la Belgique (81 voitures) et la Grande Bretagne (52 voitures). La Sabre fut aussi vendue au Canada, en Suisse, en Israël, en Italie et en France.


Reliant Sabre Six

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