Renault Twingo

Principale source : La révolution de la Twingo par Christophe Midler, 1992

1. La genèse de la Twingo

Chez Renault, au coeur des années 70, la R 5 commercialisée depuis 1972 rencontrait un réel succès. Mais loin de s'endormir sur cette réussite, les stratèges de la Régie commençaient à songer à un nouveau modèle capable de compléter l'offre dans le bas de gamme sans concurrencer la Renault 5. Si elle voyait le jour, cette voiture devrait d'être économique à l'usage et à l'achat, et proposer une réelle polyvalence ville / route. Elle pourrait constituer dans de nombreux cas une seconde voiture pour la famille. Dernier critère et non des moindres, la future petite Renault devrait être rentable pour son constructeur.

L'entreprise mit vingt ans à trouver une réponse pertinente à ce sujet, après l'étude de nombreux projets avortés et d'explorations diverses. Un premier modèle appelé VBG (Véhicule de Bas de Gamme) fut étudié en 1974, mais abandonné faute de rentabilité. D'autres projets suivirent, mais Renault renonça plusieurs fois à résoudre cette équation trop complexe : gagner de l'argent avec une très petite voiture. Pendant ce temps, la Renault 5 montait en gamme avec l'apparition de la Super 5 en 1984 puis de la Clio en 1990. Il semblait plus facile de mener à son terme le projet d'une voiture sophistiquée et plus chère, que celui d'un véhicule simple et économique.

En 1986, les ingénieurs de Renault réactualisaient l'ensemble des études menées depuis 1973. Une maquette de petit monospace était présentée à la direction à la fin de l'année. Une décision importante fut prise : l'oublier et la cacher à l'abri des regards indiscrets dans un conteneur ! A l'époque, la Régie perdait de l'argent, et son PDG, Georges Besse, demeurait sceptique quant à la viabilité du projet. Il ne voyait pas l'intérêt d'ajouter un nouveau modèle à une gamme déjà bien étoffée. Par ailleurs, les syndicats se battaient pour le maintien du site de Billancourt. Et la CGT affirmait que l'usine historique de Renault demeurait adaptée à la construction d'une petite voiture.

L'étude de la petite Renault ne fut reprise qu'en janvier 1988. Le dossier de l'avenir du site de Billancourt était alors définitivement classé. La maquette de 1986 fut ressortie, et le nouveau directeur du design, Patrick Le Quement, en améliora le design. Le style de la future Twingo était figé dès juillet 1989. Le projet X06, son nouveau nom de code depuis mars 1986, parvenait enfin à séduire quelques membres de la direction de Renault, dont le nouveau PDG, Raymond Levy. Jacques Cheinisse, responsable de produit, croyait fort en une voiture plus modeste que la future Clio et se battait pour imposer cette idée. Un directeur de projet, homme d'expérience aux multiples compétences transversales, fut enfin nommé : Yves Dubreuil.

2. Réduire les coûts

Après quinze ans de tâtonnements, les équipes de Renault désiraient vraiment cette voiture. Mais le pari industriel et commercial semblait impossible à relever. La direction décidait de ne donner son feu vert définitif que lorsque la preuve de la rentabilité économique du projet serait faite. Telle était la mission d'Yves Dubreuil. Les fournisseurs furent mis à contribution pour apporter des solutions. Il n'était pas question de fabriquer une automobile coûteuse car trop sophistiquée, qu'il serait nécessaire de vendre à un prix serré pour séduire la clientèle et assurer des volumes suffisants. Les marges en souffriraient. Renault avait trop souvent connu cette dérive.

Des économies radicales permirent de réduire les risques. La Twingo présentée au Mondial de l'Automobile à Paris en 1992 et commercialisée en avril 1993 n'était à ses débuts disponible qu'en une seule version, avec un seul moteur largement amorti (issu de l'antique Renault 8 des années 60) à la cylindrée volontairement généreuse (1239 cm3). Un seul type de tissu intérieur était proposé, et l'offre des teintes extérieures était restreinte à 4 couleurs pimpantes.

3. Trouver sa position dans la gamme

Renault avait osé une architecture nouvelle de type monospace sur une citadine. La Twingo, voiture atypique, bousculait les habitudes dans un segment de marché où les impératifs économiques servaient généralement à justifier certaines absences d'imagination. La Super 5 faisait office d'entrée de gamme chez Renault. La nouvelle Clio rencontrait le succès escompté. Y avait il réellement une place pour la Twingo, dont le style pouvait davantage choquer que séduire ?

4. Le succès fut au rendez vous

Renault était parvenu à mettre sur le marché une voiture spacieuse malgré des dimensions extérieures réduites, bien construite, sure et fiable, et surtout rentable pour son géniteur. Elle séduisait autant les seniors et les classes moyennes à la recherche d'une seconde voiture, que les plus jeunes pour lesquels elle fut initialement imaginée. Cette attente valait visiblement la peine. La carrière de la Twingo, première du nom, s'échelonna sur quatorze ans et plus de 2,4 millions de voitures vendues. Entre temps, Renault avait développé sa gamme Twingo, avec l'arrivée de nouvelles finitions plus complètes, de motorisations plus puissantes et d'une multitude de séries spéciales. Question de ne pas se laisser distancer par une concurrence ravivée, Renault commercialisait en juin 2007 une toute nouvelle Twingo.

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