Plymouth Barracuda

1. L'une des premières pony cars

La Plymouth Barrucuda de 1964 était avec la Ford Mustang l'une des premières pony cars. Un pony car pouvait se définir comme un coupé compact et original, produit à partir d'éléments déjà existants dans la gamme de son constructeur, et doté d'une mécanique un peu musclée. Néanmoins, le caractère sportif des pony cars se manifestait surtout par l'apparence extérieure.


Plymouth Barracuda, 1964

Ces pony cars étaient essentiellement destinés à une clientèle jeune, et pouvaient être adaptés aux différents niveaux de budget des acquéreurs. Le modèle de base était suffisamment équipé et séduisant pour attirer un large public. Ceux qui disposaient de finances plus conséquentes pouvaient se faire plaisir en choisissant parmi un assortiment d'options, tant sur le plan mécanique que sur le plan esthétique (bandes adhésives, volant en simili bois, enjoliveurs de type compétition ...). Le client pouvait ainsi selon son choix jouer la carte de l'économie, du luxe ou des performances.

Les années 60 aux Etats Unis voyaient l'âge moyen de la population baisser à une vitesse inhabituelle. Le groupe d'âge des 20-24 ans allait augmenter de plus de 50 % au cours de cette décennie. Des millions de jeunes adultes, fruits du baby boum d'après guerre, allaient être en quête d'un véhicule neuf. Cette population jeune avait reçu une meilleure éducation que les générations précédentes. Plus qualifiée, elle allait disposer d'un  meilleur pouvoir d'achat.

D'un autre côté, les acheteurs plus âgés se lassaient des voitures économiques proposées depuis la fin des années 50. La tendance allait vers un refus des produits austères et trop fonctionnels. La clientèle qui en avait les moyens préférait des modèles sportifs et plus luxueux. Là aussi, les pony cars arrivaient à point nommé.

 2. Un poisson vorace

Le barracuda est dans l'imaginaire collectif un poisson dangereux pour l'homme. C'est en effet un excellent nageur et un redoutable prédateur, célèbre pour sa voracité et ses attaques brusques. Il se caractérise par un corps puissant allongé et cylindrique. Sa bouche est largement fendue et armée de fines dents tranchantes.


Le barracude, source : https://mouching.files.wordpress.com

3. Un design inspiré des oeuvres de Virgil Exner

L'étude de la Barracuda débutait chez Plymouth en 1962. Son dessin était l'oeuvre du styliste Milt Antonick. Celui ci dessina une partie arrière dotée d'une vaste lunette, qui dans la production américaine de 1964, était la plus imposante surface en verre moulé disponible sur une voiture de série.


Plymouth Barracuda, 1964

La Barracuda ne fut pas imaginée comme un modèle totalement nouveau. Elle prenait pour base la Valiant. Dans l'esprit de ses concepteurs, il s'agissait plutôt de créer une simple variante sportive et personnalisée du modèle économique et populaire de Plymouth. L'importante surface vitrée rappelait celle du coupé Ghia L6.4 exposé au salon de Paris en 1962 et dessiné par Virgil Exner. Cette voiture longue de 5,25 mètres prenait appui sur une mécanique Chrysler.


Ghia L6.4 de 1962 par Virgil Exner

L'idée de la lunette arrière inversée fut aussi appliquée en série par Ghia sur le coupé Fiat 2300. Mais contrairement à la Barracuda, la présence de montants évitait de mouler une surface vitrée aussi complexe.


Fiat 2300 Coupé par Ghia

4. Un échec patent face à une Mustang mieux armée

La Barracuda fut commercialisée quelques semaines après la Mustang. L'énorme succès de son unique concurrente, du moins à ses débuts, ne laissait que peu de place à la Plymouth.


Plymouth Barracuda, 1964, un peu austère


Ford Mustang, 1964, une ligne plus suggestive

Ford était mieux parvenu que Plymouth à concilier les impératifs qui font le succès d'un pony car : une habitabilité suffisante pour quatre personnes, un vrai coffre à bagage, une polyvalence d'usage au quotidien, de bonnes performances, un prix de vente peu élevé, et surtout une ligne soignée et suggestive.

La Mustang avait bénéficié d'une gigantesque campagne publicitaire. Le 17 avril 1964, tous les concessionnaires Ford furent assaillis par les clients. L'accueil du public dépassa toutes les prévisions. Dès 1965, il se vendait une Barracuda quand Ford écoulait dix Mustang. Plymouth proposa bien une option Formula S d'aspect plus sportif cette même année, mais celle ci ne trouva pas non plus son public. La Barracuda ne recolla jamais au peloton de tête emmené par Ford.

Pire, dès 1966, la Barrucuda était marginalisée face à une concurrence qui se développait, tant au sein de la General Motors que dans les groupes Ford et Chrysler : Dodge proposait la Charger, Chevrolet les Chevelle SS et Nova SS, Pontiac la GTO, Oldsmobile la 442, Buick la GS, Mercury la Cyclone GT, etc ... La production chutait à 38 029 Barracuda en 1966, contre 64 596 l'année précédente.

En 1967, Plymouth refusait de s'avouer vaincu face à la Mustang qui balayait tout sur son passage, et proposait une Barracuda totalement redessinée, qui perdait sa lunette arrière si originale au profit de trois carrosseries différentes : coupé fastback, coupé hard-top et convertible. Heureusement pour la division Plymouth, les ventes progressaient de nouveau pour s'approcher du niveau de celles de 1965, bien éloignées cependant des performances commerciales de la Ford.


Plymouth Barracuda, 1967

5. Une Mustang façon Barracuda

La Ford Mustang illustrée ci dessous constitue un clin d'oeil de l'histoire automobile. Imaginée par Giorgetto Giugiaro en 1965, alors qu'il travaillait encore pour le compte de Bertone, cette Mustang adoptait une lunette arrière dans l'esprit de la Barracuda de première génération. Cette Ford dessinée par Giugiaro dégageait une réelle élégance toute latine dont ne pouvait pas de prévaloir la Plymouth.

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