Lamborghini Espada 

Depuis cinq ans, Ferrucio Lamborghini était venu troubler le quasi monopole de Ferrari dans le domaine des sportives d'exception. La Miura était désormais commercialisée, et commençait à séduire une clientèle jeune et fortunée. Le célèbre constructeur de tracteurs agricoles souhaitait maintenant prendre place sur un segment de marché curieusement abandonné par l'ensemble des grands constructeurs depuis l'arrêt des Bentley Continental : la GT à quatre vraies places assises, plus spacieuse que les sempiternelles 2+2. C'est ainsi que Lamborghini exposait au salon de Genève en mars 1968 la 400  GT Quattroposti. Les Lamborghini Marzal et Jaguar Pirana dessinées par le talentueux Marcello Gandini avaient montré la voie à suivre.


Lamborghini Marzal


Jaguar Pirano

La Quattroposti fut rebaptisée quelques semaines plus tard sous le nom d'Espada. Elle se voulait plus réaliste que la Marzal, et surtout plus homologable sur les différents marchés où Lamborghini était représenté, notamment les Etats Unis, où la réglementation concernant les normes de sécurité devenait de plus en plus draconienne.


Lamborghini Espada

L'Espada s'inscrivait assez logiquement dans la politique commerciale de Lamborghini, qui se devait d'accompagner sa clientèle qui vieillissait en même temps que la marque. Ces clients cherchaient à conjuguer performances de haut niveau avec confort et habitabilité.


La gamme Lamborghini en 1970 : Espada, Miura, Jarama, pour tous les âges ...

L'Espada tenait son nom de l'épée du toréador qui sert à la mise à mort du taureau. Ferrucio Lamborghini ne s'éloignait pas de son domaine de prédilection. Un châssis allongé avait permis au styliste de s'exprimer avec aisance, et Gandini dessina en effet une voiture à la silhouette longue et basse, avec des courbes tendues, bien éloignée du style vieillissant de la Ferrari 365 GT 2+2, sa principale concurrente.


Lamborghini Espada et Ferrari 365 GT 2+2

Le pavillon tombait en pente très douce sur un arrière tronqué doté de feux de ... Fiat 124 Coupé. Des ouïes d'aération de part et d'autre des passages de roues avant, ainsi que sur le capot moteur, suggéraient la puissance de la voiture. Les dimensions étaient imposantes : 4,70 mètres de long, 1,82 de large et 1,19 de haut. De la Marzal, l'Espada conservait le long capot plat plongeant vers l'avant, les quatre sièges indépendants séparés par une console centrale, et le thème hexagonal sur le tableau de bord. Par contre, les portes papillons peu réalistes pour un usage quotidien étaient oubliées, ainsi que les jalousies sur la lunette arrière.


Lamborghini Espada

La voiture traversait sans trop d'encombre la crise qui secouait l'usine durant les années 70. Ferrucio Lamborghini, en proie à des difficultés économiques, dut en effet se résoudre à se retirer de son affaire, en vendant son activité de fabrication de tracteurs agricoles, puis celle des automobiles. Les chiffres de production de l'Espada ne dépassaient pas certaines années quelques dizaines d'unités, mais permettait à l'usine de survivre avec à ses côtés la fabrication des Uracco et Countach

L'Espada fut régulièrement améliorée tant d'un point de vue technique que finition et équipement, et ceci au travers de trois séries. La production totale fut de 1217 voitures jusqu'en 1978. Lamborghini exposait encore son Espada sur les salons internationaux en 1979, le temps d'écouler les derniers modèles. L'Espada a sans doute sauvé Lamborghini de la faillite en assurant une part importante de son chiffre d'affaire. On ne peut que regretter que ce concept de GT à quatre places n'ait jamais eu de véritable descendance chez le constructeur italien.


Lamborghini Espada

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