Jaguar XJ-S Le Mans V12 

1. Jaguar au Mans, les années 50

Le premier engagement de Jaguar au Mans date de 1950. Il fut alors décidé d'inscrire trois voitures pour la course des 24 Heures, afin d'évaluer le potentiel des XK 120 face à la concurrence internationale. Elles n'eurent cependant pas les honneurs du podium. La voiture de tête dut abandonner sur des problèmes d'embrayage après 21 heures de course. Les enseignements de cette épreuve allaient servir pour l'avenir. Jaguar prit en effet conscience du potentiel de ses XK en compétition à condition de les alléger et d'en améliorer l'aéodynamique.

Aussi, Heynes, ingénieur en chef, et Lofty England, directeur du département Services, persuadèrent Lyons de développer une voiture uniquement dédiée à la compétition. C'est ainsi que vit le jour la XK 120C, plus connue sous le nom de Type C. Trois de ces voitures furent tout juste prêtes pour la course du Mans en 1951. Les Jaguar n'avaient pas alors les faveurs du public qui n'avait d'yeux que pour les Ferrari, Talbot et Cunningham. Deux des trois voitures abandonnèrent. Mais la troisième voiture tenu bon, et remporta une première victoire. Après cette belle année, l'engagement au Mans en 1952 ne fut toutefois pas couronné de succès.


Jaguar Type C au Mans, 1951

En 1953, les ingénieurs de Jaguar travaillaient avec ceux de Dunlop au développement d'un tout nouveau type de freins alors uniquement utilisé en aviation. Il s'agissait du frein à disque, l'arme secrète de Jaguar pour son retour au Mans en 1953. L'épreuve était particulièrement importante car les plus grands constructeurs européens et les plus célèbres pilotes de grands prix étaient présents. Grâce à leurs freins beaucoup plus résistants, les Type C pouvaient freiner beaucoup plus court à Mulsanne, où elles arrivaient après la ligne droite de 5,6 kilomètres à environ 240 km/h. Le résultat fut un véritable triomphe, les Jaguar terminant première, deuxième et quatrième. Le succès des Type C, face à ce qui fut peut être la plus forte opposition jamais réunie en compétition, ne souffrait d'aucune contestation.

En 1954, la Type D succédait à la Type C. Les nouvelles Jaguar engagées au Mans en 1954 suscitèrent les plus hauts espoirs. Après de multiples incidents en course, une Type D termina à 1 minute et 45 secondes de la Ferrari qui remporta l'épreuve.

En 1955, Le Mans réunissait tous les ingrédients d'un combat titanesque. Les Types D avaient été modifiées et habillées d'une carrosserie plus longue dénommée " long nose " pour une meilleure pénétration dans l'air. 1955 fut l'année de l'accident tragique où un grand nombre de spectateurs furent tués, fauchés par l'une des Mercedes qui se disloqua dans la foule. Jaguar remporta une victoire malheureusement assombrie par ce drame.

En 1956, l'épreuve Mancelle fut curieuse pour Jaguar. Au deuxième tour, deux des voitures entrèrent en collision et la troisième dut abandonner sur incident mécanique. Le désastre aurait été complet si il n'y avait pas eu une seconde équipe Jaguar. En effet, le team écossais privé du nom d'Ecurie Ecosse courait sur Jaguar depuis de nombreuses années et avait engagé au Mans deux Type D. Heureusement pour Jaguar, l'une d'entre elles franchit la ligne en vainqueur. A la fin de 1956, Jaguar annonçait son intention de se retirer de la compétition pour au moins une année.

Au Mans en 1957, ce ne sont pas des Types D d'usine qui furent engagées, mais celles d'écuries privées (dont la fameuse écurie Ecosse). Les quatre premières places furent monopolisées par des Jaguar.

La firme avait prévu une assez brève absence de la compétition, mais différents facteurs retardèrent son retour : l'incendie de l'usine, le besoin de se concentrer sur les voitures de tourisme et surtout, une forte demande du marché pour les modèles de la gamme.

Durant les années 60, Briggs Cunningham, le sportif et pilote gentleman américain avait opté pour la marque britannique. Trois types E privées concouraient au Mans en 1962. L'une d'entre elles dut abandonner, mais celle engagée par Briggs Cunningham termina à une très flatteuse quatrième place.

En 1963, Cunningham engagea trois type E allégée. Une seule termina à la 9ème place. L'opération fut renouvelée en 1964 avec deux type E allégée, mais elles abandonnèrent sur problèmes mécaniques.

2. Jaguar au Mans, le retour

Au début des années 80, une nouvelle équipe vit le jour en compétition, dirigée par le pilote Tom Walkinshaw. Jaguar renouait avec les succès sur les pistes, et rapidement TWR (Tom Walkinsham Racing) dominait le Championnat d'Europe avec le titre de champion d'Europe en 1984.

Après ce superbe succès, TWR eut la tâche de concevoir une voiture de sport pour conquérir le monde et remporter au Mans une sixième fois (après 1951, 1953, 1955, 1956 et 1957). Tony Southgate, un ancien concepteur de voitures de grands prix dessina la nouvelle XJR-6. La voiture présentait une caractéristique inhabituelle par le fait que les roues arrières étaient couvertes pour tirer le meilleur profit de l'effet de sol.

En 1987, la XJR-6 de l'écurie TWR fut considérablement révisée et rebaptisée XJR-8. Désormais, plus rigide, plus légère et plus puissante, elle bénéficiait de meilleurs appuis pour une tenue de route accrue. Grâce notamment à ces modifications, les Jaguar remportèrent les quatre premières manches du Championnat 1987.


Jaguar XJR-8

L'épreuve suivante était celle du Mans et Southgate fit fabriquer une carrosserie spécifique pour ce circuit rapide. Trois XJR-8 LM furent engagées dans l'épreuve, mais la réussite ne fut pas au rendez-vous, car une crevaison et une culasse fêlée éliminaient deux d'entre elles, et des problèmes de boîte de vitesses retardaient la troisième.

Pour 1988, la XJR-8 fut à nouveau améliorée et devint la XJR-9. TWR engagea cinq nouvelles XJR-9 LM. Après 24 heures d'une course difficile, une XJR-9 LM franchit la ligne d'arrivée victorieuse, ajoutant un sixième titre aux cinq précédents des années 50. En 1990, Jaguar passa sous le contrôle de Ford. L'une des façons pour Ford de prouver son attachement à la préservation de l'héritage de Jaguar était de ester en compétition.

Au Mans, les quatre Jaguar XJR-12 durent faire face à une très forte opposition comprenant 19 Porsche et 7 Nissan. Progressivement, les voitures suralimentées disparaissaient sur abandon, et Jaguar menait la course. Au cours de la dernière heure, la Jaguar de tête avait un tour d'avance et la course s'acheminait vers une première et troisième place sur le podium lorsqu'un événement survint à 15 minutes de l'arrivée. La Porsche la plus rapide eut la malchance d'exploser son moteur et Jaguar termina ainsi premier et deuxième de la plus célèbre course d'endurance au monde. C'était le quarantième anniversaire de la première apparition de Jaguar au Mans, et la septième victoire.

En 1991, trois XJR-12 à moteur V12 terminèrent aux deuxième, troisième et quatrième places. Jaguar fit une nouvelle apparition au Mans en 1993 avec une équipe de trois XJ 220 C spécialement préparées dans la nouvelle classe Grand Tourisme. Deux voitures abandonnèrent. La troisième obtint la victoire dans la catégorie GT, mais fut disqualifiée plusieurs semaines plus tard pour un problème de violation du règlement technique. En octobre 1999, Jaguar annonçait son intention d'entrer dans le Championnat du Monde FIA de Formule 1.

3.La Jaguar XJ-S Le Mans V12

La Jaguar XJ-S Le Mans V12 était une série limitée et numérotée. Elle fut commercialisée en septembre 1990. Les sept titres au Mans furent célébrés par ce coupé particulièrement luxueux, équipé du fameux V12 développant 273 ch Din.


Une XJ-S Le Mans commercialisée en 2009 par un marchand de la région de la Baule (44)

Le luxe traditionnel des XJ-S était rehaussé par l'utilisation d'un cuir d'un grain et d'une souplesse du meilleur niveau. Sa finition couleur crème était mise en valeur par des passepoils assortis à la teinte de la carrosserie. L'habitacle était habillé de moquette Wilton certifiée. De nombreux panneaux en ronce de noyer soulignaient la richesse de l'habitacle. Le caractère sportif de ce coupé était renforcé par quatre projecteurs, une calandre noire spécifique, des rayons dorés, des filets de décoration latérale, un spoiler et des rétroviseurs extérieurs de la teinte de la carrosserie. Quatre coloris étaient proposés, et une plaque " Le Mans V12 " était apposée à l'arrière du véhicule.

La Le Mans fut un beau cadeau d'adieu pour les amateurs de XJ-S de la première génération. Quelques mois plus tard, une nouvelle XJ-S remaniée esthétiquement était proposée sur le marché, mais elle perdait en élégance de ligne et en cohérence esthétique ce qu'elle gagnait en modernisme.

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