Ford Thunderbird 1955/57

1. Ford répond à la concurrence

Au début des années 50, seules des marques comme MG, Triumph, Lancia et Alfa Romeo s'était sérieusement aventurées en Amérique sur le marché des petits roadsters sportifs. Peu après, quelques constructeurs marginaux s'y intéressèrent, tel Nash avec sa Healey ou Kaiser avec la Darrin. En 1953, Chevrolet, marque populaire de la General Motors, proposait à son tour la Corvette.


Nash Healey


Kaiser Darrin


Chevrolet Corvette 1953

Ford ne pouvait pas laisser ce marché aussi marginal soit il (moins de 0,5% du marché américain) aux mains de la concurrence. Les dirigeants de Dearborn avaient eu vent du projet de la Corvette. Aussi donnèrent ils leur feu vert pour l'étude d'une voiture de sport. La bataille était déjà féroce à l'époque entre Ford et Chevrolet. Aucune surenchère ne pouvait être négligée par Ford pour acquérir le statut si envié de leader mondial, titre jalousement conservé par Chevrolet depuis plusieurs années.

2. Le concept de la voiture sportive revu à Deaborn

L'idée qui présida à sa création était de concilier luxe et performance, tout en utilisant un moteur et un châssis de la production courante. La Ford Thunderbird fut présentée le 20 février 1954 à Détroit sous la forme d'une maquette, et sa commercialisation débuta en septembre. A la direction de Ford, Lewis D. Crusoe pilotait la manoeuvre. Il fut appelé
par Henri Ford pour dépoussiérer et repenser l'organisation de l'entreprise. Crusoe pensait à juste titre qu'une voiture originale pouvait contribuer à redorer l'image de marque du constructeur cinquantenaire. 

La clientèle visée n'était pas celle des Jaguar XK 120, Allard, Aston Martin ou autre Ferrari, mais plutôt celle des classes moyennes américaines, moins fortunées, qui se satisfaisait d'un véhicule à connotation sportive. La Thunderbird inaugurait en quelque sorte la catégorie des Luxury Personal cars qui allait se développer à grande vitesse au cours des années 60 (Buick Riviera, Cadillac Eldorado, etc ...)

3. Un nom d'oiseau

Le Thunderbird, ou " oiseau tonnerre ", était un terme emprunté à la mythologie indienne. Il symbolisait la puissance et la richesse. Cette appellation " dynamique"  était aussi un clin d'oeil aux appareils militaires de chasse Thunderstreak et Thunderjet, un type de référence courant à cette époque de début de conquête des grands espaces aériens et spatiaux.  De nombreux noms furent proposés pour baptiser la nouvelle Ford, parmi lesquels on peut citer Apache, Eagle, Runabout, Arcturus, Beverly,  El Tigre ou Tropical. 

4. Un design innovant

L'équipe de designer était dirigée par Franklin Q. Hershey. qui avait par le passé oeuvré sous l'autorité de Harley Earl, puis chez Packard avant de rejoindre Ford. Deux stylistes travaillèrent en particulier sur le projet : Bob Maguire et Damon Wood.


Ford Thunderbird, 1955/57

Le style au milieu des années 50 faisait la part belle aux grands ailerons, aux chromes et ornements de toutes sortes. A contraire, la Thunderbird était extrêmement sobre et sans prétention pour l'époque, à l'image des voitures européennes. Elle ne reniait pas pour autant pas le style Ford, et conservait une parenté avec le reste de la gamme. Il était primordial que les Ford " de base " puissent bénéficier du prestige de la Thunderbird. Ses lignes modernes, basses et fluides, caractérisées par un long capot, ses ailerons discrets, ses phares sous visières, un pare brise à montants inversés, etc ... firent des émules chez plusieurs constructeurs européens.

5. Une mécanique puissante

Un moteur digne des ambitions sportives de la voiture fut choisi au sein de la Division Ford. Il s'agissait en l'occurrence du plus puissant bloc disponible, un V8 de 4785 cm3 qui développait initialement 193 ch.


Ford Thunderbird, 1955/57

6. Le succès fut immédiat

Le succès fut immédiat, et les 16 155 Thunderbird vendues en 1955 écrasèrent les 700 ventes de Corvette de la même année. 15 631 Thunderbird trouvèrent preneur en 1956 et 21 380 en 1957, après avoir été subtilement retouchées (Continental kit en 56, calandre élargie et ailerons plus saillants en 57). Cette génération quitta la scène avec le modèle 57, et céda malheureusement la place à un gros coupé sans grâce. Les dirigeants de Ford estimaient que désormais le marché était plus orienté vers la demande de coupés quatre places de prestige, et que l'époque des strictes deux places était révolue.  

Les Thunderbird de 55 à 57 furent reconnues dès le début des années 60 comme étant des " classiques ". A l'image de la New Beetle ou de la Mini, la Thunderbird fut remise au goût au début du troisième millénaire, cédant là à la mode du néo rétro.


Ford Thunderbird, 2002

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