Princess

1. La série 18/22 de la British Leyland

Le 26 mars 1975, la division Austin Morris de la British Leyland présentait une nouvelle berline à quatre portes sous le nom de " série 18/22 ". Cette dénomination faisait référence à la cylindrée des moteurs disponibles. Les premières voitures furent commercialisées jusqu'en septembre 1975 sous les marques Austin, Morris et Wolseley.

Les Austin et Morris de la série 18/22 furent initialement proposées avec deux motorisations : 4 cylindres 1798 cm3 de 82 ch Din et 6 cylindres 2227 cm 3 de 110 ch Din. Deux niveaux de finition étaient disponibles : " base " et HL. British Leyland proposait ainsi les 1800, 1800 HL et 2200 HL, aussi bien sous les marques Austin que Morris. Parallèlement, la 2200 était diffusée dans une version HLS particulièrement bien équipée, mais sous la marque Wolseley.


Austin 2200 HL


Wolseley

Pendant ces six mois de commercialisation, l'Austin se distinguait par sa calandre dotée de deux grands phares rectangulaires et d'une grille de calandre simplifiée, tandis que les Morris et Wolseley étaient équipées de quatre phares ronds et d'un semblant de grille de radiateur en relief, personnalisée selon la marque. En 1975, Une Austin 2200 HL valait en France 33990 francs. Renault demandait à la même époque 32600 francs pour une Renault 16 TX et Peugeot 34500 francs pour une Peugeot 504 Ti.  

2. Un exemple de " wedge line " signé Harris Mann

Le style de la nouvelle venue, oeuvre du styliste Harris Mann, était inédit et à l'opposé de tout ce qui avait été proposé jusqu'alors par le groupe britannique. La série 18/22 était dotée d'un capot moteur long et bas, et d'une ceinture de caisse qui montait vers un arrière de type fastback sans hayon. La série 18/22 était un exemple typique du style " wedge line " caractérisé par les lignes cunéiformes, supposées suggérer le dynamisme de l'objet et l'aérodynamisme. On notait entre autres détails stylistiques des essuie-glaces dissimulés, une custode recouverte de vinyle, ainsi qu'un léger décroché à l'arrière du pavillon. Dans le même esprit " wedge line ", Harris Mann fut aussi l'auteur de la très controversée Triumph TR 7.


Triumph TR 7

3. Une nouvelle marque, Princess

A partir de septembre 1975, tous les modèles de la série 18/22 étaient commercialisés sous l'unique marque Princess. Le nom de Princess avait été porté jusqu'en 1974 par une version luxueuse de l'Austin 1300 diffusée par la firme Vanden Plas, du groupe British Leyland. Les Austin et Morris 1800/HL et 2200 HL devenaient des Princess 1800/HL et 2200 HL. La Wolseley 2200 HLS était rebaptisée Princess 2200 HLS.


Princess 2200 HL

En juillet 1978, la gamme 4 cylindres s'étoffait avec l'arrivée d'un 1695 cm3 de 87 ch Din (version 1700) et d'un 1993 cm3 de 93 ch Din (version 2000). L'ancien 4 cylindres de 1798 cm3 était abandonné (version 1800). Les faibles puissances de ces moteurs eu égard au prestige supposé de la marque, et le fort appétit en carburant étaient deux des défauts majeurs des Princess. Au passage, cette " Princess 2 " bénéficiait de quelques retouches cosmétiques. Désormais, la gamme comportait les versions 1700 L, 1700 HL, 2000 HL, 2200 HL et 2200 HLS.

La version 2200 HL peu vendue était abandonnée en janvier 1979. Elle était remplacée par deux nouvelles voitures : une 1700 HLS et une 2000 HLS. Les trois versions HLS ne se distinguaient l'une de l'autre que par leur moteur, le niveau de finition étant identique. La 1700 HLS (petit moteur, finition de luxe) fut rapidement retirée du catalogue faute de demande.

La crise était déjà latente au sein de la British Leyland en cette fin des années 70. Les grèves à répétition et la faiblesse des contrôles qualité eurent des effets désastreux sur l'image de marque de la Princess. Celle-ci se traînait déjà une réputation de voiture peu fiable, dotée d'une finition aléatoire.


Princess 2200 HL

4. Adieu Princess

Au printemps 1982, la Princess redevenait ... Austin, et se faisait désormais appeler Ambassador. Elle bénéficiait d'un important lifting, et se voyait équipée d'un vaste hayon arrière. L'absence d'un hayon avait toujours constitué un handicap qui avait nuit à l'attrait de la Princess jusqu'alors. Sans doute cet accessoire avait il été jugé trop " utilitaire " pour une voiture portant un nom aussi prestigieux ! Sous le nom d'Austin, le tabou tombait.


Austin Ambassador

La custode en vinyle cédait sa place à une troisième vitre latérale, la calandre était " modernisée ", les finitions étaient simplifiées. L'Ambassador était disponible en versions 1700 L, 2000 L, 2000 HLS et 2000 Vanden Plas. La motorisation six cylindres n'était plus disponible. Les accords entre la British Leyland et Honda signèrent l'arrêt de mort de l'Ambassador, produit 100 % britannique qui disparaissait en 1984. Cette dernière série, déjà tombée en désuétude au début des années 80, ne fut jamais commercialisée dans l'hexagone.

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