Panhard Dyna Junior

1. Panhard change de registre après guerre

Au sortir de la seconde guerre mondiale, la firme Panhard prenait un virage à 180 degrés, et renonçait à jamais à ses somptueuses limousines des années 30. Nous étions en pleine reconstruction, et l'industriel de l'avenue d'Ivry n'avait pas d'autre choix que de s'adapter à son nouvel environnement. Ainsi, Panhard commercialisait dès 1947 la petite berline Dyna, l'aboutissement d'études menées durant le conflit par l'ingénieur Grégoire. Celle ci se fit remarquer par ses résultats dans de nombreuses compétitions et en rallyes, soit sous la marque Panhard, soit en servant de base mécanique à une multitude d'artisans. La berline de série était toutefois dotée de lignes bien ingrates.


La Berline Dyna

2. Les origines de la Junior

Le contexte économique encore difficile de la reconstruction n'empêchait pas Panhard d'être le premier constructeur français à proposer à sa clientèle une voiture à tendance sportive à prix modéré : la Junior.


Panhard Dyna Junior

Curieusement, la Junior était le fruit de travaux d'études menés par Panhard à la demande d'un distributeur américain, la société Fergus Motors, qui souhaitait proposer au public jeune et aisé des campus américains une petite voiture sportive bon marché, susceptible de concurrencer la MG TD qui faisait alors un malheur outre Atlantique. Ce projet initié début 1951 ne fut en définitive jamais concrétisé. Afin de ne pas gaspiller les investissements déjà consenti dans ces développements, Panhard décidait de reprendre le projet à son propre compte, avec comme objectif de présenter la nouvelle voiture dès le salon de Paris en 1951.

3. Une voiture destinée aux jeunes

La cible visée demeurait celle des jeunes conducteurs. Sans renoncer à produire une voiture performante, le prix de vente devait rester très compétitif. Cela incita Panhard à utiliser un maximum d'éléments issus de la Dyna, et à imaginer une carrosserie simple à produire. Le 2 cylindres de 745 cm3 développait 35 ch. Le public accueillit favorablement la charmant cabriolet lors du rendez-vous parisien de 1951. La décision fut prise de mettre la Junior en production rapidement, afin de pouvoir la commercialiser dès le printemps 1952.

4. Un départ difficile

Panhard commandait dans un premier temps 500 voitures à son sous-traitant, le carrossier Di Rossa de la Garenne Colombe, partenaire sur le projet depuis les premiers jours. La production débutait effectivement en avril 1952. Rapidement, il devint évident que Di Rossa, malgré l'aide de Panhard pour s'équiper, n'avait pas les reins assez solides pour suivre les cadences imposées par le succès de la petite Junior. C'est ainsi que les lignes de montage furent transférées dans l'usine Panhard d'Orléans. Ce transfert d'activité fut à l'origine d'un contentieux entre Panhard et Di Rossa, que ce dernier gagna. Mais il fut fatal pour le carrossier qui fermait ses portes quelques temps après.

Panhard réussit le pari de vendre son roadster moins cher que sa berline Dyna. Mais à ce prix, il n'y avait ni housse de capote, ni garniture de portes, ni chauffage. Ces équipements étaient disponibles en option. La voiture n'était plus en aluminium comme la berline, mais en tôle d'acier.


Panhard Dyna Junior

5. Les évolutions

La Junior évolua par petites touches tout au long de sa courte carrière : largeur intérieure accrue, dessin de calandre simplifié, disparition des inesthétiques charnières de portes, nouvel éclairage de la plaque arrière, nouvelle planche de bord, dessin des pare-chocs, adoption du volant de la nouvelle Dyna Z, version cabriolet avec pare-brise fixe, etc ...

6. Une fin de carrière sans gloire

La prise de participation de Citroën dans le capital de la firme d'Ivry se fit sentir dès 1955. Le petite Junior n'était plus prioritaire, et devait faire de la place à la camionnette 2 CV désormais produite par Panhard pour Citroën, ainsi qu'à la nouvelle berline Dyna Z, destinée à une plus large diffusion que le marginal cabriolet Junior.


La nouvelle berline Panhard Dyna Z pour 1954

La production chutait à une trentaine de Junior en 1956. Au total, Il fut tout de même assemblé 4707 voitures entre 1951 à 1956. La Junior n'a jamais eu de descendance, malgré les nombreux projets du styliste maison, Louis Bionier.

7. Les catalogues d'Alex Kow

Les illustrations de cette page sont issues de dépliants publicitaires. Les dessins portent la signature du célèbre artiste Alex Kow, l'illustrateur attitré de Panhard pendant de nombreuses années. Evidemment, et comme cela était l'usage à cette époque, les proportions et les détails ne sont pas respectés, et les voitures évoluent dans des décors idylliques.

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