DB, CD Panhard, René Bonnet, Matra Bonnet

DB est l'acronyme de Deutsch et Bonnet, les noms des deux fondateurs de la société. Ils se rencontrèrent en 1932, quand René Bonnet racheta l'atelier de charronnage de Mme Deutsch, dont le fils Charles venait d'intégrer l'école Polytechnique. L'atelier fut rapidement transformé en garage Citroën. Alors qu'ils assistaient tous deux en tant que spectateurs au grand prix de l'ACF de 1936, face aux maigres performances des compétiteurs, ils décidèrent de construire leur première voiture. Celle ci fut logiquement basée sur une mécanique Citroën, et se distinguait par ses formes particulièrement aérodynamiques.

Les voitures DB remportèrent quelques succès d'estime avant guerre. Dès 1945, les compères alignaient en compétition des tanks dotés de mécaniques Citroën. Mais face au désaccord de la firme aux chevrons qui ne voyait pas d'un bon oeil l'utilisation de ses moteurs à des fins de compétition, Deutsch et Bonnet adoptèrent des mécaniques Panhard. Dès lors, les records tombèrent les uns après les autres sur le circuit de Montlhéry.


Charles Deutch et René Bonnet au Salon de l'Automobile en 1950

La première participation au Mans date de 1950. Le programme sportif de DB fut particulièrement impressionnant durant ces années d'après guerre, avec de multiples succès, notamment à l'indice de performance, aux 12 Heures de Sebring, aux Mille Miles, aux 1000 km du Nurburgring, au Tour de France, à Reims, au Rallye de Monte Carlo, etc ...


Couverture de l'Automobile N° 88 d'août 1953 - Les DB sont encore des voitures très artisanales. La mécanique est maintenant d'origine Panhard. La carrosserie est signée Frua.

Après avoir produit quelques voitures de tourisme de manière très artisanale au début des années 50, DB proposa en 1954 la HBR 5 à carrosserie plastique fabriquée par Chausson. Il s'en vendit 660 exemplaires jusqu'en 1961, dont une centaine aux USA.


Extraits du dépliant Coach DB HBR 5 de 1957


Extraits du dépliant Coach DB HBR 5 de 1958


Page de couverture du dépliant DB de 1960

La gamme se développa en 1959 avec l'apparition du cabriolet Le Mans. Celui-ci était moins typé sportif que la HBR 5, et visait surtout à élargir la clientèle de la petite usine de Champigny-sur-Marne vers un public plus soucieux de loisirs et de balades en famille que de performances pures. Sa naissance devait plus à la persévérance de Bonnet que de Deutch, qui menait par ailleurs de front une carrière dans l'administration.


Ce dépliant de quatre pages en français pour le cabriolet DB Le Mans met en avant les nombreuses victoires de la marque entre 1952 et 1959.

L'offre de cabriolet était déjà abondante sur la marché en cette fin des années 50. Afin de percer dans ce milieu, il était important de proposer un produit raisonnable, d'une esthétique plus passe partout que les extravagantes HBR 5. C'était le cas de la Le Mans. Son succès commercial fut cependant très relatif, notamment en raison d'un prix de vente élevé, avec environ 200 exemplaires fabriqués de 1958 à 1961.

Fin 1961, Deutsch et Bonnet se séparèrent. Deutch poursuivit sa carrière de constructeur en proposant sous ses propres initiales le coach CD Panhard, basé sur le modèle qui était initialement prévu pour remplacer la HBR 5. Face aux difficultés financières de son entreprise, il s'orienta vers la création de la Société d'Etudes de Réalisation Automobiles, et travailla dès lors sur de nombreux projets pour Porsche, Matra, Ligier, etc ...


CD Panhard

Bonnet présenta au salon de Paris 1962 trois nouvelles voitures à mécanique Renault : les cabriolets Missile à moteur Dauphine 845 cm3 et Le Mans à moteur 1108 cm3, ainsi que la petite sportive Djet.


Les trois illustrations ci-dessous sont issues de ce dépliant de six pages


René Bonnet Missile


René Bonnet Le Mans


René Bonnet Djet

C'est à cette époque que les automobiles René Bonnet s'installèrent à Romorantin, dans une ancienne usine de tissage. Cette implantation avait pu se réaliser grâce au soutien des dirigeants de Matra, particulièrement intéressés par ce que Bonnet faisait avec le polyester. Mais pour développer son affaire, Bonnet avait besoin de capitaux, et seule une société comme Matra avait les moyens d'appuyer les projets de l'intéressé. C'est ainsi que le nom de Bonnet disparut petit à petit, au profit de Matra Bonnet puis de Matra Sport.

Les premiers cabriolets Le Mans assemblés dans la nouvelle usine conservaient la mécanique Panhard, avant de céder dès la fin 1962 la place aux moteurs Renault. En perdant sa motorisation Panhard, la Le Mans perdait aussi son âme, et une large partie de sa clientèle. Une trentaine de Le Mans à mécanique Renault virent le jour à Romorantin. A l'époque, René Bonnet donnait déjà la priorité à la Djet qui constituait désormais le cheval de bataille du constructeur du Loir et Cher.


Couverture du dépliant Matra Bonnet Jjet, 1965

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