Daewoo Matiz

1. 1937, de la National Motor Company à Saehan Motor

Les premiers pas de l'industrie automobile coréenne remonte à 1937. A l'époque, la National Motor Co. fabriquait des véhicules sur les terres de l'actuelle usine Daewoo de Pupyong. La compagnie fut rebaptisée Saenara Motor en 1962. L'industrie automobile co-réenne connaissait un premier essor en 1965 lorsque la Shinjin Industrial Company reprenait les installations de Saenara Motor, et entamait une collaboration technique avec Toyota. Après le retrait des japonais, une joint-venture fut signé avec la General Motors en 1972. La production de modèles dérivés des Opel allemandes débutait. En 1976, Shinjin Motor, rebaptisé pour l'occasion Saehan Motor, entamait l'exportation de ses automobiles vers une quarantaine de pays.

2. 1967, les débuts de Daewoo

Le terme coréen " daewoo " peut se traduire par " le grand univers ". Cela en dit long sur les ambitions de Kim Woo-Choong, le fondateur de cette compagnie. Les origines du groupe industriel sud coréen Daewoo (prononcez dé-ou) remontent à mars 1967. Il s'agissait à l'origine d'une entreprise d'exportation de linges et de textiles. Son développement s'est effectué en parallèle avec celui de la Corée du Sud, nation en pleine expansion à partir des années 70. L'empire Daewoo a largement contribué à la croissance économique de son pays. L'année 1971 voyait la création de Daewoo Electronics Co. Ltd, dont la vocation était la fabrication de produits audio. Au début des années 80, Daewoo était considéré comme un fabricant de produits électroniques grand public à part entière. Daewoo ajoutait une corde à son arc en 1978 en prenant une participation dans la société Saehan Motor. Celle-ci était rebaptisée Daewoo Motor en 1983.

3. 1984, les premiers pas à l'exportation

La marque Daewoo s'est fait connaître aux Etats Unis par l'intermédiaire de la Le Mans, une Opel Kadett allemande de 1984 produite sous licence en Corée, et vendue sur le sol américain à partir de 1987 sous l'écusson Pontiac, marque du groupe General Motors. La Corée était alors dans la même situation que le Japon dans les années 60 et 70. Une main d'oeuvre jeune, bon marché et travailleuse, permettait aux produits de ce pays d'être compétitifs à l'exportation. C'est aujourd'hui la Chine qui a remplacé le Japon et la Corée. La première voiture non dérivée d'un modèle GM a être exportée massivement fut l'Espero de 1991, dessinée par Bertone. Quelques similitudes de style sont identifiables avec la  Citroën Xantia de 1993 du même Bertone.

4. 1992, la séparation avec la General Motors

L'entreprise continuait de fabriquer, pour l'essentiel, des modèles dérivés des Opel allemandes. Mais cette alliance dissimulait une impatience et une frustration croissante. En fait, les coréens n'avaient plus besoin de l'aide des américains, convaincus qu'ils étaient capable de pouvoir désormais voler de leurs propres ailes. La séparation définitive intervenait en 1992. Daewoo reprenait son indépendance dans le développement et le design de ses voitures, après avoir payé un énorme dédit pour se séparer de son partenaire historique.

Kim Woo-Choong, président du groupe Daewoo, déclarait alors au sujet de son ancien partenaire : " Nous ne pouvions plus supporter son style de gestion conservateur. Chez GM, on est habitué à une croissance vraiment modeste. On ne comprend pas que les ventes peuvent augmenter de 30 ou 50 %. Je vais faire la preuve que Daewoo est capable de devenir un intervenant avec qui il faut compter au niveau international ". Une fois l'indépendance acquise, le seul moyen pour survire était d'améliorer la qualité des produits existants. Il n'y avait ni temps ni argent pour mettre au point de nouveaux modèles. Trois ans plus tard, en 1995, l'exportation vers l'Europe débutait. La Le Mans y était distribuée sous le nom de Daewoo Nexia.

A partir de la seconde moitié des années 90, la gamme se développait d'années en années avec pléthore de nouveaux modèles : Chairman, Lanos, Nubira, Kalos,  Leganza, Magnus, Rezzo, Evanda, etc ... La production avait quintuplé depuis la fin des années 80 avec des pics à plus de 700 000 voitures.

5. 1998, le rachat de Ssangyong

Daewoo rachetait en 1998 la compagnie SsangYong en difficulté. Les SUV de SsangYong reçurent alors les badges du nouveau propriétaire. La marque disparaissait momentanément à l'exportation, avant que Daewoo ne connaisse à son tour des ennuis financiers. Forte du succès de ses SUV sur de nombreux marchés, Ssangyong recevait l'appui de ses créanciers, et retrouvait son indépendance vis à vis de Daewoo en 2005.

6. Le retour de la General Motors

Daewoo s'était lourdement endetté pour financer son développement, et peinait désormais à honorer ses échéances. La crise asiatique de 1997 et 1998 ne favorisa pas les affaires du groupe. La fuite en avant organisée par le fondateur de Daewoo, Kim Woo-Choong, ne pouvait plus faire illusion. La production automobile de Daewoo chutait de moitié entre 1999 et 2001. Le constructeur était déclaré en faillite en novembre 2000. Les différents composants de cette multinationale furent démantelés.

Des négociations étaient de nouveaux engagées avec l'ancien partenaire, la General Motors. Après de longues discussions , 2002 fut l'année de la création de GM Daewoo, née du partenariat entre la General Motors, actionnaire à 44,6 %, le japonais Suzuki  propriétaire de 14,9 % des parts, et le Chinois Shanghai Automotive Industrie Corporation (SAIC) qui détenait 10,6 % de l'entreprise. Les créanciers de Daewoo possédaient le solde du capital. De fait, c'est désormais la GM qui pilote Daewoo. Aujourd'hui, la parti-cipation de GM est supérieure à 50 %, au détriment des autres partenaires.

Poursuivi par la justice de son pays, et après un long exil, Kim Woo-Choong fut finalement condamné le 30 mai 2006 à dix ans de prison pour fraude et détournement de fonds en liaison avec une faillite frauduleuse. (Pour en savoir plus sur Kim Woo-Choong, cliquez ici).

7. Daewoo en France et ailleurs

Daewoo a toujours peiné à trouver sa place en France où le constructeur coréen diffuse ses produits depuis 1995. Après des pics à plus de 10 000 unités, le chiffre des immatriculations retombait à 1887 immatriculations en 2003. Depuis le 1er janvier 2005, les automobiles Daewoo sont distribuées dans de nombreux pays dont la France sous la marque Chevrolet. Toutefois, les clients Daewoo conservent leur garagiste habituel. Il ne s'agit que d'un changement de badge. Il en résulte une gamme Chevrolet curieuse, composée de quelques modèles typiquement américains, mélangés avec des voitures plus populaires fabriquées en Corée du Sud. Pourtant, il n'est pas question d'apercevoir une Corvette à côté d'une Matiz, et vis versa, le réseau de distribution des modèles américains demeurant séparé. En fonction des marchés, les automobiles produites pas Daewoo sont vendues sous les marques GM Daewoo, Suzuki, Chevrolet, Pontiac, et même Buick en Chine !

8. La Matiz de première génération

La Matiz fut présentée en tant que concept car au salon de Francfort en 1997, sous le nom de Daewoo d'Arts. De part son style, la Matiz dérive du prototype Lucciola créé en 1992 chez Ital Design sur une base de Fiat Cinquecento. L'équipe d'Ital Design a veillé à donner une apparence sympathique à la petite Matiz, dont les lignes se caractérisent par une partie frontale de grande taille très inclinée et une carrosserie en un seul volume. Avec ses phares ovales, elle semble faire un clin d'oeil aux passants.

La Matiz était commercialisée en Europe à partir du salon de Genève 1998. Cette petite citadine de 3,49 mètres était animée à ses débuts par un modeste trois cylindres de 796 cm3 développant 51 ch. En 2003, un 4 cylindres de 995 cm3 et 64 ch venait épauler le petit trois cylindres. Il était tout juste suffisant pour s'échapper en dehors du paysage urbain. Début 2001, la Matiz bénéficiait d'un lifting de la face avant qui lui procurait un air encore plus malicieux. En 2004, de nouvelles retouches, principalement au niveau de la calandre, permettaient à la Matiz de demeurer toujours aussi attrayante. 

9. La Matiz de seconde génération

L'esthétique générale de l'auto fut plus largement revue en juin 2005, cette fois sans le concours d'Ital Design. Sur la Matiz actuellement commercialisée, le capot moteur est plus marqué. Il fait perdre à la voiture son aspect de petit monospace. Les autres modifications concernent le pare brise plus grand, une nouvelle face avant, une nouvelle découpe des vitres latérales, de nouveaux feux avant et arrière, etc ... La nouvelle Matiz est désormais mieux armée face au récent trio Citroën C1, Peugeot 107 et Toyota Aygo.

En Europe Centrale et dans les pays d'Amérique du Sud, la Matiz est commercialisée sous le nom de Spark. Dans l'ouest Européen, cette dénomination est protégée par Alfa Romeo pour ses versions Twin Spark. D'ailleurs, la GM a intérêt à y conserver le nom de Matiz, souvent plus populaire que celui de Daewoo. La Matiz est de loin le modèle le plus connu de la gamme Chevrolet en France, où il représente à lui seul près de la moitié des ventes.

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