Nash Healey Le Mans

La création des Nash Healey est le résultat de la rencontre de deux hommes, George Mason, président après guerre de la firme Nash Kelvinator Corp., et Donald Healey, fondateur du constructeur automobile portant son nom. Le premier contact entre les deux hommes eu lieu sur un paquebot, le Queen Elisabeth, alors que Mason rentrait aux Etats Unis, et que Healey s'y rendait afin de trouver un moteur pour ses voitures.

Mason était un vrai capitaine d'industrie, soucieux du développement de l'entreprise dont il avait la charge. Healey était plus connu pour sa passion de l'automobile, et plus particulièrement pour ses performances remarquables avant guerre en tant que pilote et metteur au point des voitures qu'il pilotait sur de nombreux rallyes. Dès 1946, Healey proposa sur le marché sa propre version d'une sportive, la Healey 2.4 Litres. A défaut d'être réellement belle, le client pouvait se satisfaire des performances tout à fait honnête des productions de la Donald Healey Motor Co. Ltd.


Healey 2.4 Litres

Mais c'est en 1950 au salon de Londres, soit neuf mois après la rencontre des deux protagonistes, que fut présenté le produit du travail mené en commun par Nash et Healey. Ce modèle s'inscrivait parfaitement dans le marché très porteur à l'époque des roadsters de conception anglaise vendus sur le sol américain. Bien que de ligne équilibrée, ce nouveau roadster était loin de posséder le " sex appeal " de sa principale concurrente, la Jaguar XK 120.


La première Nash Healey de 1950

Dès 1950, Donald Healey prépara deux voitures pour la célèbre course d'endurance du Mans. L'une d'entre elles termina 4ème au classement général derrière deux Talbot et une Allard. Elle faisait partie des vingt neuf voitures ayant franchi la ligne d'arrivée sur soixante six engagées. Ce résultat très respectable incita Mason et Healey à poursuivre le développement de leur projet. Afin de rendre plus séduisante la Nash Healey, les deux hommes firent appel à Pinin Farina, qui travaillait déjà à l'époque au restyling de la gamme Nash.


Nash associait volontiers Pinin Farina à ses publicités


Prototype Nash Ambassador Pinin Farina en 51. On retrouve la calandre de la nouvelle Nash Healey

La nouvelle version était visuellement plus élégante, avec sa calandre englobant les projecteurs, sa vrai ceinture de caisse et ses petits ailerons bien dans l'air du temps.


La Nash Healey, avant et après le restyling

Nash expédiait les moteurs et les principaux organes mécaniques à Healey, qui assemblait les châssis roulant. Ces châssis étaient ré acheminés en Italie ou Pinin Farina les habillait et en assurait la finition. Enfin, les voitures étaient expédiées aux Etats Unis ou Nash les distribuait dans son réseau. Ce processus complexe contribua à alourdir le prix de revient des véhicules. Les tarifs élevés de l'anglo-italo-américaine ne la rendaient de ce fait pas très compétitive de l'autre côté de l'Atlantique, face à une concurrence qui n'allait pas tarder à se réveiller, avec notamment la Corvette de 1953.

En 1951, une Healey carrossée en coupé prit la troisième place de sa catégorie au Mans, et la sixième place au classement général. De nouveau, deux Nash Healey furent engagées aux 24 heures de 1952. La concurrence s'annonçait néanmoins très forte, avec des firmes aussi renommées que Mercedes, Talbot, Cunningham, Ferrari, Lancia ou Aston Martin ... La barquette Nash Healey termina troisième, derrière deux Mercedes SL. L'expérience du Mans fut renouvelée en 1953, mais avec un succès moindre que les années précédentes sanctionnée par une onzième place au classement général.

C'est précisément en 1953 que fut présenté le coupé Le Mans, commercialisé parallèlement au roadster. Les exploits de la jeune firme au Mans étaient encore dans tous les esprits. Le style de la Le Mans affichait une vocation de Grand Tourisme, dans l'esprit des coupés italiens de l'époque. Les 140 ch du moteur Nash permettaient une vitesse de pointe de 180 km/h environ.


Nash Healey Le Mans

En 1954, le roadster avait disparu du catalogue, et seul la Le Mans subsistait jusqu'en août 54, à un prix sensiblement abaissé . Les faibles volumes de production ne permirent jamais de gagner de l'argent avec cette voiture, ce qui contribua au désintérêt progressif de Mason, déjà préoccupé à  l'époque par la survie de son entreprise. Healey, quant à lui, avait déjà d'autres perspectives en tête, et travaillait à son projet de roadster moins élitiste sur base Austin, les fameuses Austin Healey. La production totale des Nash Healey, toutes versions confondues, s'établit à 104 exemplaires en 1951, 150 en 1952, 162 en 1953 et 90 en 1954.


Une autre aventure de Donald Healey, l'Austin Healey

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