Fiat 130 Coupé

1. Un haut de gamme pour Fiat

On ne s'improvise pas constructeur d'automobiles de prestige. Fiat en a fait la difficile expérience avec la 130. Habitué à vendre des voitures à vocation populaire, le géant italien ne concevait pas de rester éternellement absent du haut de gamme européen monopolisé  par les Mercedes et  BMW. Certes, le gâteau était moins grand, mais les marges bénéficiaires y étaient plus conséquentes. Après avoir renouvelé son milieu de gamme avec les nouvelles 124 et 125 dans la seconde moitié des années 60, l'heure était à l'étude d'un modèle plus élitiste. La Lancia Flaminia, dernière représentante du luxe dans le groupe Fiat, avait disparue du programme de production quelques mois auparavant.

2. Première étape, la berline 130

La berline 130, qui remplaçait la berline 2300, était présentée au salon de Genève en mars 1969. Elle fut dessinée chez Fiat sous la responsabilité de Mario Boano. Son style d'une extrême banalité ne souleva pas les foules. Elle ressemblait à une grosse Autobianchi A 111, voire à une Fiat 125. Elle était initialement motorisée par un V6 de 2865 cm3 qui développait 140 ch.


Fiat 130 Berline

Il était difficile avec des arguments si pauvres de lutter à arme égale contre les Jaguar, Mercedes ou BMW sur le marché des grandes routières. La berline 130 s'éclipsait en 1977 après que 15 100 voitures furent produites.

3. Seconde étape, le coupé 130

Le coupé apparaissait deux ans après la berline, en mars 1971, à Genève, sur le stand Pininfarina. En effet, cette fois ci, le carrossier italien avait été sollicité afin d'apporter un peu d'élégance dans le dessin.


Fiat 130 Coupé

La mécanique était celle qui équipait la berline depuis 1972 : un V6 de 3236 cm3 et 165 ch. Ce n'était pas un foudre de guerre. Le kilomètre départ arrêté était atteint en 33 secondes, mais le comportement général de l'auto était jugé plutôt agréable par les journalistes de la presse spécialisée. La vocation du coupé 130 était celle d'une automobile bourgeoise, pas d'une sportive façon Dino. Contrairement à la berline, le style du Coupé 130 fit date avec ses lignes à angles vifs. La calandre était basse, les feux étirés. Le dessin d'ensemble plaisait. Il était sobre et moderne à à la fois.


Sergio Pininfarina (à droite) et son beau frère Renzo Carli devant la soufflerie de Pininfarina en 1972. Devant eux, un coupé Fiat 130

4. Chronique d'un échec annoncé

Il restait cependant à trouver les clients disposés à payer chère une automobile dont le nom était peu évocateur dans le monde restreint du haut de gamme. Les équipes du marketing de Fiat eurent sans doute été plus inspirées de lui faire porter les couleurs de Lancia, firme intégrée au groupe turinois quelques mois auparavant. Il fut produit 4493 coupés Fiat 130 de 1971 à 1977, dont 172 furent vendus dans l'hexagone. Depuis, la marque italienne ne s'est plus jamais aventurée sur ce segment de marché, préférant laisser à Lancia ce rôle.


Ci-dessus, la Fiat 130 Opera de Pininfarina était étroitement dérivée du coupé.

Quesako - Similitude - Sommaire du site