Innocenti Mini

1. Les origines d'Innocenti

La firme Innocenti fut fondée en 1931 par Ferdinando Innocenti. Elle fabriquait avant guerre des tubes d'acier pour échafaudages. Pendant le conflit, Innocenti imagina avec l'aide de l'un de ses ingénieurs le scooter Lambretta. Au sortir de la guerre, Innocenti se retrouvait avec des usines partiellement détruites. Il cédait les parts de son entreprise d'échafaudages à un de ses concurrents, fabricant de tubes. Cet argent frais lui permettait de financer le lancement de son scooter, produit à Milan et assemblé sous licence dans de  nombreux pays.

2. Avant la Mini de Bertone

La première automobile Innocenti fut commercialisée en 1960. Il s'agissait  d'une Austin A40 montée sous licence de la British Motor Corporation (BMC). Ensuite, la firme  italienne proposa un petit spider original dénommé 950 S, carrossé par Ghia, puis l'IM3 dérivée des berlines Austin & Morris 1100/1300.


Innocenti 950 S


Innocenti IM3

Au salon de Turin de 1965, Innocenti présentait la Mini britannique produite encore une fois sous licence.


La Mini britannique produite sous licence

Ferdinando Innocenti mourrait en 1966. Des conflits sociaux en 1969 et 1970 fragilisèrent l'entreprise. En 1972, Innocenti était intégré à la British Leyland, née de l'union de BMC et de Leyland. La Regent, identique à l'Austin Allegro, complétait la gamme à partir de janvier 1974.

3. Le Mini revue et corrigée par les italiens

Innocenti exposait au salon de Turin en 1974 une version très latine de la fameuse Mini britannique, dont le style et la conception commençaient à dater. Les mécaniques étaient issues de la Mini fabriquée outre Manche.


La première Innocenti type 90 / 120

Les deux versions 90 et 120 dessinées sous l'autorité de Marcello Gandini chez Bertone se distinguaient par la présence d'un hayon et d'une surface vitrée importante. Un léger becquet à l'arrière du toit dynamisait l'ensemble de la ligne. La Mini italienne proposait une meilleure habitabilité que son modèle.

4. De Tomaso repreneur d'Innocenti

La British Leyland était à son tour en pleine tourmente au coeur des années 70, et abandonnait sa filiale italienne en la mettant en liquidation fin 1975. Celle ci était alors reprise par l'industriel Alejandro De Tomaso en 1976. Les chiffres de production étaient tombés de 61950 unités en 1971 à 33061 en 1975 et 12789 en 1976. De Tomaso marquait son territoire en proposant à partir de novembre 1976 une variante sportive qui portait le nom évocateur de sport automobile du nouveau maître des lieux. La puissance de la Mini De Tomaso était de 74 ch contre 65 pour la 120 équipée du même moteur 1275 cm3 d'origine britannique.


Innocenti Mini De Tomaso

En avril 1980, une nouvelle version Mille enrichissait la gamme. Il s'agissait d'une Mini 90 plus luxueuse, identifiable à ses protections latérales et à ses pare-chocs renforcés. A la même époque, la production de la 120 était arrêtée.

5. Les motorisations Daihatsu

En avril 1982, l'Innocenti 3 conservait la carrosserie imaginée chez Bertone, tout en adoptant une mécanique 3 cylindres de 933 cm3 et 52 ch (soit 3 ch de plus que sur les 90 et Mille) d'origine Daihatsu . Les anciens modèles 90, Mille et De Tomaso aux mécaniques d'origine Austin étaient abandonnés. En avril 1984, l'Innocenti 3 était également disponible avec un moteur diesel. La version  De Tomaso reprenait du service début 1984, dotée du moteur Daihatsu poussé à 68 ch. En 1985, une version 650 était commercialisée avec une mécanique deux cylindres de 617 cm3 de 31 ch. En 1986, un nouveau modèle, la 990, était proposé en parallèle de la 3, dont elle reprenait la mécanique, mais avec une car-rosserie allongée de 21 cm. Cela permettait de moderniser un peu la ligne, en adoptant un pare brise plus incliné. La 990 était disponible en versions essence ou diesel.


Innocenti 990

La situation d'Innocenti paraissait bien fragile à la fin des années 80. Mais la firme toujours contrôlée par De Tomaso conservait son indépendance face au  géant Fiat. Plus pour longtemps. En 1989, la 500 succédait à la 650. Le moteur deux cylindres de 617 cm3 était abandonné au profit d'un trois cylindres de 548 cm3, toujours de 31 ch. En 1990, Innocenti passait sous le contrôle de Fiat. L'Innocenti 3 disparaissait du catalogue, où ne subsistait que la 500, la De Tomaso et la 990. L'importation en France était suspendue.

6.La triste fin d'Innocenti

En 1992, les petites Innocenti se faisaient appeler " Small ". La marque vendait également le break Fiat Elba sur base Uno d'origine brésilienne. L'usine historique de Lambrate fermait ses portes en mars 1993. Désormais, la marque Innocenti ne servait plus que de prête nom pour des Fiat d'origine étrangère, en provenance de la filiale brésilienne ou de Zastava en Yougoslavie (La Yugo 45 baptisée Koral en Italie). C'est également sous cette marque qu'étaient diffusés les petits fourgons d'origine Daihatsu assemblés par Piaggio, le constructeur des Vespa. En 1996, Fiat supprimait totalement la marque. En trente trois ans d'existence, Innocenti avait produit un peu moins d'un million d'automobiles, les plus belles années en terme de volume se situant en 1971 et 1972.


Sur deux chaînes parallèles, la Mini façon Issigonis, et la Mini façon Bertone

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