Alfa Romeo Giulia Coupé Bertone

1. Généalogie

La Giulietta fut la voiture du miracle économique pour la firme Alfa Romeo. Présentée initialement sous la forme d'une berline sportive de moyenne cylindrée, elle était rapidement épaulée par un coupé puis un cabriolet. La Giulietta, avec la 1900 à ses côtés, permettait enfin à la firme italienne de sortir d'un mode de production artisanal, dans lequel la marque était confinée jusqu'alors.


Alfa Romeo Giulietta (berline)

La Giulietta fut progressivement remplacée au début des années 60 par la Giulia, tout d'abord sous la forme d'une berline Ti en juin 1962, puis d'un coupé dessiné par Giugiaro pour Bertone en septembre 1963. Les amateurs désignent ce coupé sous le terme de "Coupé Bertone".


Alfa Romeo Giulia (berline)

2. Giugiaro

Né en 1938, Giugiaro débutait sa carrière chez Fiat. En décembre 1959, il était nommé responsable du design chez Bertone, où il succédait à Franco Scaglione. Au début des années 60, le jeune designer italien devait cependant satisfaire à ses obligations militaires et c'est durant sa période au service de l'état qu'il dessinait le  " Coupé Bertone ". Sur intervention de Giuseppe Bertone, Giugiaro bénéficia d'un régime de faveur des autorités militaires. En échange de la réalisation de portraits pour des officiers pendant la journée, le soir, il pouvait s'adonner à son nouveau métier de designer automobile dans une chambre d'hôtel mise à sa disposition.

3. Une réussite esthétique majeure

Giugiaro présentait son projet de coupé à Alfa Romeo en mai 1960. Les dirigeants de la firme italienne adhéraient sans aucune difficulté à la proposition du styliste, et ceci sans que le dessin proposé ne subisse de modification majeure. Le coupé Giulia Sprint GT marqua les esprits grâce à ses lignes pures, simples et équilibrées. Ces caractéristiques ont fait que très rapidement cette automobile est devenue un classique du genre. Il n'y eu que quelques esprits chagrins pour regretter la trop grande hauteur de la ceinture de caisse, qui au final permettait de différencier clairement l'Alfa Romeo de ses concurrentes.

Giugiaro avait eu pour mission d'imaginer une automobile qui d'une part soit identifiable au premier regard comme étant une Alfa Romeo, d'autre part puisse supporter les changements de mode sans trop souffrir. Il fut gagnant sur les deux tableaux, si l'on en juge par la carrière exceptionnellement longue - 13 ans - du " Coupé Bertone ". L'amateur faisait naturellement le lien entre la Giulia Sprint GT, et le coupé 2000 Sprint présenté trois ans plus tôt par la même équipe. Le carrossier italien s'était accommodé sans peine d'un châssis plus court.


Sheila, à bord de son Alfa Romeo en 1965

4. Giulia Sprint GT

La Giulia Sprint GT de 1570 cm3 et 106 ch DIN était présentée à la presse le 9 septembre 1963 dans la toute nouvelle usine Alfa Romeo d'Arese. Quelques jours plus tard, le grand public la découvrait au salon de Francfort. Avec cette voiture, Alfa Romeo avait imaginé une véritable voiture de grand tourisme, capable d'assurer de longues liaisons routières à grande vitesse. Il ne s'agissait cependant que d'une 2 + 2. Comme le faisait alors remarquer fort élégamment les journalistes de l'Auto Journal, la petite banquette arrière ne pouvait tout au plus satisfaire qu'un couple de cul de jatte !

En 1964, il s'agissait d'une voiture chère en France. Il fallait ainsi débourser 24 950 francs pour en faire l'acquisition. A titre de comparaison, une Panhard 24 coûtait 12 000 francs, un coupé 404 exigeait de débourser 18 250 francs, et une Facel III 24 650 francs. 


Alfa Romeo Giulia Sprint GT

5. La GTA, version allégée

Alfa Romeo exposait en février 1965 au salon d'Amsterdam la GTA, une version plus sportive de 115 ch DIN, à la carrosserie allégée. Le A correspondait au qualificatif Alleggerita que l'on traduit sans difficulté. Pour gagner 200 kg sur la balance, la Sprint GT était dotée de sièges baquets plus légers, et se passait de moquette, d'allume cigare, d'accoudoirs, etc ... La carrosserie était en alliage léger, et la calandre se résumait à un simple grillage. Un triangle blanc décoré d'un trèfle vert était apposé sur les ailes avant et à l'arrière de la voiture en dessous du monogramme " Giulia Sprint GTA ". La GTA fut principalement utilisée comme base de développement pour s'engager dans des compétitions sur circuits ou en rallyes. Rares furent les voitures conservées dans leur état d'origine. 


Alfa Romeo Giulia GTA

6. La GTC, version cabriolet

Un mois plus tard, au salon de Genève 1965, la GTC, version cabriolet de la GT, complétait la gamme. Il s'agissait alors de l'un des rares cabriolets 2 + 2 sur le marché. La production de la GTC était assurée par Touring. Elle fut de 1000 exemplaires durant ses deux années de carrière. Alfa Romeo retirait la voiture de son programme en 1967, après s'être rendu compte qu'elle manquait de rigidité.


Alfa Romeo Giulia GTC

7. La Sprint GT Veloce succède à la Sprint GT

Au salon de Genève en mars 1966, la Sprint GT Veloce (GTV) de 109 ch DIN remplaçait la Sprint GT des débuts. La voiture bénéficiait au passage de quelques retouches cosmétiques, dont une calandre noire avec trois barrettes horizontales et l'ajout d'un médaillon orné d'un trèfle à quatre feuilles sur la custode. A l'intérieur, un tableau de bord imitation bois, ainsi qu'un volant redessiné et des sièges plus enveloppants apportaient un peu de gaîté et de fraîcheur à un habitacle sévère par ailleurs.

8. La GT 1300 Junior, plus accessible (première série)

Pour rendre le coupé Bertone accessible au plus grand nombre, Alfa Romeo commercialisait en 1966 la GT 1300 Junior, moins puissante. Outre une mécanique plus modeste, la décoration était simplifiée. La calandre comportait une seule barre horizontale, contre trois sur la Sprint GT Veloce. L'aménagement de l'intérieur était minimale : nouveaux sièges plus fins, tapis de sol en caoutchouc, volant plus basique, etc ... De 109 ch sur la Sprint GT Veloce, la puissance retombait ici à 89 ch, ce qui n'empêchait pas la GT 1300 Junior d'être encore amusante à conduire et relativement compétitive face à la concurrence.

9. La 1750 GT Veloce (première série) succède à la Sprint GT Veloce

Au salon de Bruxelles en janvier 1968, la 1750 GT Veloce remplaçait la Sprint GT Veloce. Visuellement, cette dernière se distinguait par ses doubles projecteurs. L'habitacle était une fois de plus réaménagé, avec l'ajout d'une console centrale. La 1750 GT Véloce était aussi dotée de nouveaux sièges plus ergonomiques et d'un tableau de bord redessiné. Le 1570 cm3 était avantageusement remplacé par un moteur de 1779 cm3 d'une puissance de 118 ch DIN, similaire à celui de la nouvelle berline 1750.


Alfa Romeo 1750 GT Veloce

10. La GTA 1300 Junior, mariage de la GTA et de la Junior

La GTA 1300 Junior proposée en juin 1968 était issue du mariage de la GTA allégée et de la Junior à la présentation simplifiée. La nouvelle venue ne passait pas inaperçue avec ses décorations : un serpent peint sur le capot moteur, un trèfle sur les ailes avant et une bande blanche le long de la carrosserie. La puissance annoncée était de 96 ch Din (contre 89 sur la GT 1300 Junior). Comme sa grande soeur la GTA, et après avoir subi diverses améliorations, elle fut largement utilisée en compétition où elle se constitua un véritable palmarès.


Alfa Romeo (Giulia) GTA 1300 Junior

11. La GT Junior de deuxième série

Début 1969 était présentée la GT Junior de deuxième série, avec un nouveau tableau de bord inspiré de celui de la 1750 GT Veloce et une multitude de petites améliorations touchant à l'insonorisation, au freinage, à l'embrayage, etc ...

12. La 1750 GT Veloce de deuxième série

Au salon de Turin 1969, la 1750 GT Veloce de deuxième série bénéficiait de plusieurs nouveautés touchant au dessin des pare-chocs dotés de butoirs, au nouvel aspect des clignotants, des sièges et du volant, etc  ... Elle se voyait dotée de nouveaux équipements tels que des répétiteurs de clignotants sur les ailes avant, des phares à iode ou une lunette arrière dégivrante.


Alfa Romeo 1750 GT Veloce

13. La GT Junior de troisième série

Un an plus tard, au salon de Turin 1970, la GT Junior de troisième série reprenait le dessin de calandre de la 1750 GT Veloce, mais toujours avec deux projecteurs. Au passage, elle intégrait quelques progrès comme un double circuit de freinage, un pédalier suspendu, etc ...

14. La 1750 GT Veloce (deuxième série) devient 2000 GT Veloce

La 1750 GT Veloce évoluait en 2000 GT Veloce en juin 1971. La calandre comportait désormais huit barrettes horizontales, un médaillon était positionné sur la custode, les feux arrières intégraient des feux de recul ... L'intérieur bénéficiait de nouveaux sièges et d'un tableau de bord regroupant l'ensemble des cadrans en face du conducteur. La cylindrée atteignait désormais 1962 cm3 et la puissance 132 ch DIN. Le comportement routier de la 2000 GT était en net progrès grâce à l'adoption d'un pont autobloquant.


Alfa Romeo 2000 GT Veloce

15. La GT Junior en version 1600

La GT Junior 1,6 litre de 110 ch était proposée parallèlement à la 1,3 litre à partir de 1972. Seul le monogramme à l'arrière permettait de différencier visuellement une 1,3 d'une 1,6.

16. La GT Junior de quatrième série

En juin 1974, la dernière évolution de la GT Junior adoptait la même calandre et le même tableau de bord que la 2000 GT Veloce, avec ses quatre projecteurs. La puissance retombait à 102 ch, ce qui autorisait en cette période de crise énergétique une consommation moindre de carburant.

17. La fin est proche

Alfa Romeo présentait en mai 1974 le nouveau coupé Alfetta GT, dessiné par Giugiaro à son compte depuis 1968 au travers de la société Ital Design. L'Alfetta GT était appelée à remplacer à terme les derniers modèles issus de la Giulia Sprint GT. Ainsi, les GT Junior et 2000 GT firent de la résistance pendant trois ans, avant de disparaître totalement en 1977. Un total de 212 325 exemplaires du " Coupé Bertone " toutes versions confondues furent fabriqués de 1964 à 1977.


Alfa Romeo Alfetta GT

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