Fiat 127

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1. Généalogie

A la fin des années 60, Fiat était le maître incontesté de la petite voiture en Italie. Les 600 de 1955, 500 de 1957 et 850 de 1964 avaient largement contribué à ce succès, et permirent au constructeur turinois de conquérir jusqu'à 70 % du marché de la péninsule.


Fiat 500


Fiat 600


Fiat 850

Après la 128 présentée en avril 1969, la 127 de mars 1971 était la seconde traction avant de Fiat. Elle remplaçait la 850 à moteur arrière et donnait la possibilité au constructeur italien de maintenir ses positions de leader durant les années du premier choc pétrolier. Sa conception était dérivée des Autobianchi Primula et A 112 qui avaient servi de laboratoire grandeur nature pour la mise au point du moteur transversal et de la traction avant. L'expérience acquise avec les Autobianchi et la Fiat 128 permettait au géant italien de mener l'étude de la 127 en un temps record de Trente mois.

2. Précurseur dans sa catégorie

La 127 initiait une nouvelle catégorie de voiture ignorée jusqu'alors par les grands constructeurs, à mi chemin entre les petites Renault 4, Citroën Dyane et 2 CV d'une part, et les plus imposantes Simca 1100, Peugeot 204 et Renault 6 d'autre part. L'arrivée sur le marché de la Renault 5 en janvier 1972 puis de la Peugeot 104 en octobre de la même année allait dynamiser ce segment des 5 CV polyvalentes, aussi à l'aise à la ville qu'à la cam-pagne.

 3. Le matricule 127

Pour bien marquer cette nouvelle époque liée à l'abandon progressif du moteur arrière pour les automobiles Fiat - la 126 allait demeurer une exception -,  la firme italienne avait renoncé aux matricules qui faisaient référence à la cylindrée de ses modèles (500, 600, 850, 1200, etc ...) en adoptant une nouvelle codification. La 127 faisait suite aux 124 de 1966, 125 de 1967 et 128 de 1969. Ce type de désignation était dénué de sens, mais présentait l'avantage pour Fiat de pouvoir proposer différents moteurs pour un même modèle, sans trahir l'origine de la dénomination. Contrairement à ce que  pouvait laisser entendre le constructeur italien sur ses catalogues, le nombre 127 ne correspondait pas non plus à un numéro de projet au sein du bureau d'études. Le dessin de la 127 est attribué à un jeune designer, Pio Manzoni, qui hélas ne vit jamais son oeuvre sur les routes italiennes. Il décédait en effet en mai 1969, le matin même de la présentation de la maquette de la 127 aux grands pontes de Fiat.

4. La première série, 1972-1977

Fiat avait prévu d'exposer sa nouvelle 127 au salon de Genève en mars 1971. Des conflits sociaux en Italie empêchèrent d'être présent en Suisse, et ce n'est que deux semaines après la fermeture sa salon helvétique que la petite Fiat fut dévoilée à la presse.

Présentée initialement en berline deux portes, elle était secondée par une version trois portes - vendue un peu plus cher - à partir de mars 1972. Il était en effet surprenant que Fiat n'est pas adopté cette disposition si logique dès le départ. Son 4 cylindres de 903 cm3 développait 47 ch Din. Il s'agissait du moteur qui équipait déjà les Fiat 850 Sport et l'Autobianchi A 112. Le kilomètre départ arrêté était atteint en 38,2 secondes. La vitesse de pointe était de 139 km/h, alors que le compteur affichait à ce moment là un très optimiste 160 km/h. La 127 apparaissait comme un véhicule spacieux (le coffre à bagage était trois fois plus volumineux que celui de la 850), dynamique et pétillant, au style moderne. Elle fut d'entrée de jeu appréciée par la presse spécialisée pour sa tenue de route, la qualité de son freinage et de sa direction précise. La consommation de carburant était peu élevée.

La présentation spartiate des premières 127 était la conséquence de la volonté de Fiat de tirer les prix vers le bas. Tout ce qui n'était pas obligatoire était absent. Il n'y avait ni boîte à gants, ni miroir de courtoisie. L'instrumentation de bord se limitait à un compteur de vitesse et à une jauge à essence, le lave glace fonctionnait avec une poire et l'essuie glace n'avait qu'une vitesse, les dossiers de sièges étaient rudimentaires, et l'absence d'insonorisant nuisait au confort de conduite. En 1972, la 127 héritait pourtant du titre convoité de voiture de l'année, devançant largement les Renault 15 et 17, et la Mercedes 350 SL. En 1973 et 1974, l'équipement était amélioré grâce à l'apparition de quelques options contre supplément.

Il était temps d'offrir un peu de gaîté à la 127. Une version " Special " reconnaissable à ses joncs chromés latéraux, ses pare-chocs plus robustes, ses nouveaux enjoliveurs de roues et sa calandre en nid d'abeille était disponible à partir de novembre 1974. L'équipement général était revu à la hausse : moquette, miroir de courtoisie, allume cigares, phares de recul, etc ... En 1975 et 1976, la 127 poursuivait son petit bonhomme de chemin, sans évolution notable.

5. La deuxième série, 1977-1981

Pour faire face à la concurrence de plus en plus redoutable dans la catégorie des 5 CV fiscaux, qui comprenait des " best sellers " aussi modernes que les Renault 5, Peugeot 104, Ford Fiesta ou Volkswagen Polo ..., Fiat rajeunissait sa 127 en avril 1977 en lui offrant un lifting :  nouveaux pare-chocs, nouveaux feux, nouvelle calandre, vitre de custode plus rectiligne, hayon descendant plus bas, etc ... L'habitacle n'était pas en reste, avec un tableau de bord redessiné et une nouvelle sellerie, et l'adoption de nouveaux équipements de confort. La " Nuova 127 " vendue dans l'hexagone sous le nom de " Brava " proposait à côté du 903 cm3 qui perdait 2 ch en raison de nouvelles normes anti-pollution un nouveau 1049 cm3 de 50 ch et 6 CV fiscaux en France.

Ces deux vues mettent en évidence les évolutions de style entre la 127
de 1972 (ci-dessus) et la Nuova 127 (ci-dessous)

Fiat qui ne détenait plus de 44 % du marché italien ne pouvait ignorer aucun segment de marché, aussi limité soit il. Sur le créneau des petites sportives, les Peugeot 104 ZS de 66 ch Din ou Renault 5 TS de 64 ch Din avaient su séduire une clientèle jeune.

En juin 1978, Fiat proposait sa 127 Sport, dont le 1049 cm3 était poussé à 70 ch Din. La vitesse maximum était désormais de 155 km/h. Le moteur provenait des usines brésiliennes de Fiat. Il équipait également l'Autobianchi A 112 Abarth. L'allure général de la 127 Sport était très avenante avec des teintes spécifiques, une calandre grillagée, des jantes sport et un spoiler sous le pare-chocs avant, des sièges au maintient renforcé, un tableau de bord doté d'un compte tours, un volant plus stylé, etc ...

En 1980, Fiat commercialisait une 127 avec cinq portes. Il s'agissait en fait d'une Seat produite en Espagne sous licence Fiat, et rebadgée sur notre marché du logo du géant italien. En février 1981, la Fiat 127 Diesel était la plus petite voiture avec ce type de moteur au monde. Son 1301 cm3 développait 45 ch et autorisait un 130 km/h. Cette voiture était importée du Brésil, et était dotée d'une face avant spécifique aux Fiat brésiliennes.

6. La troisième série, 1981-

Une nouvelle fois, la 127 était - maladroitement - retouchée en novembre 1981, avec une calandre plus " carrée ", de nouveaux phares et feux, des protections latérales, de nouveaux enjoliveurs, etc ...  La gamme s'organisait en 4 familles : la 900 en trois et cinq portes, la 1300 Diesel, la Sport, et la 1050 réservée au marché transalpin.


Source : http://www.delest.nl

A partir de 1984, la Uno dessinée chez Ital Design allait progressivement prendre la place de la 127. Cette dernière terminait discrètement sa carrière en Italie en 1987, après que furent produits 4,2 millions d'exemplaires. 

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