Borgward 2,3 litres

1. Borgward à l'aube des années soixante

La première Borgward fut présentée en 1939, mais Carl Borgward, fondateur de la société, travaillait déjà dans l'industrie automobile depuis de début des années trente, en tant que fabricant de radiateurs. A la fin des années cinquante, le groupe Borgward était le quatrième constructeur allemand, avec plus de 100 000 voitures produites par an, derrière VW, Ford et Opel. Ces volumes de production s'appuyaient sur 3 marques : Lloyd, Hansa et Borgward. Le groupe était également présent sur le marché des utilitaires, avec une large gamme qui allait du triporteur au tracteur routier.

2. La 2400

Les précédents " haut de gamme " du constructeur allemand avaient connu des fortunes diverses, pas toujours à la hauteur des ambitions de Carl Borgward. L'usine projetait de remplacer la vieille 2400 au dessin démodé par une toute nouvelle berline de standing plus en phase avec son temps.


Borgward Hansa 2400, 1952


Borgward Hansa 2400 Pullmann, 1954

3. Des nuages à l'horizon

Déjà à cette époque, les rumeurs les plus folles circulaient concernant la santé du groupe Borgward. Une gamme pléthorique et des volumes de ventes limités nuisaient à la rentabilité de l'entreprise. Le niveau d'endettement était très inquiétant. C'est pourtant dans ce contexte qu'était présentée la nouvelle  grande Borgward, qui devait s'insérer au sommet d'une gamme entièrement repensée.

4. La nouvelle 2,3 litres

Celle ci était conçue non pas pour faire de la figuration, mais avec une réelle volonté de tailler des croupières à la concurrence, Mercedes en tête, avec ses 220 S et SE. Le constructeur de Stuttgart devait à cette époque faire supporter à ses clients des délais de livraison de près de deux ans. Borgward entendait bien en profiter.

La nouvelle 2,3 litres motorisée par 6 cylindres de 100 ch était présentée au salon de Francfort en septembre 1959. Le style de l'auto était effectivement totalement nouveau. Le design en rondeur de l'ancienne 2400 était remplacé par des lignes tendues, à l'image de ce que proposait Mercedes avec sa récente 220 S/SE. Comme sa concurrente directe, la nouvelle Borgward était équipée d'un pare brise et d'une lunette arrière largement galbés, de grandes surfaces vitrées et de petits ailerons arrière.

Trois mois plus tard, au salon de Bruxelles en janvier 1960, Borgward proposait une audacieuse option : une suspension pneumatique, destinée à accroître le confort de conduite en absorbant toutes les irrégularités de la route. Ce système, inspiré des travaux de Citroën, s'avéra coûteux à produire, et d'une fiabilité très moyenne. Mais ce faisant, Borgward avait réussi a prendre Mercedes de court.

La production démarrait à cadence modérée en 1960, avec 863 voitures sur l'année. Ce chiffre passait à 1 680 unités en 1961. Ces performances étaient   tout à fait honorable si on les rapproche à celles de l'ancienne 2400, qui n'avait pas dépassé 1388 exemplaires fabriqués en six années de carrière. La nouvelle grande berline Borgward était distribuée en France par le très actif garage Saint Christophe Motor de Paris.

5. La fin de Borgward

La santé financière du groupe demeurait très préoccupante, et ce n'était pas la marginale 2,3 litres qui allait sauver l'entreprise. Au contraire, celle ci contribua à plomber encore un peu plus les finances du groupe. Les coûts de développement et d'industrialisation de la 2,3 litres étaient peu en rapport avec les chiffres de vente. La 2,3 litres fut toujours monnayée à perte.

Face à un endettement aussi énorme, le dépôt de bilan devenait inévitable. En février  1961, le gouvernement de Brême venait au secours de Borgward, mais le fondateur du groupe devait se résoudre à perdre son fauteur de président. Il devenait simple administrateur de la nouvelle entité.

La 2,3 litres quittait prématurément les chaînes de montage en 1962, après que 38 autres voitures soient produites. Le 23 juillet 1963, c'est Carl Borgward qui décédait. L'entreprise était mise en liquidation en 1963. Les outillages de la 2,3 litres furent démontés puis transférés au Mexique, où la production de la voiture fut reprise par la Fanasa (Fabrica Nacional de Automobiles) de 1967 à 1971.


Borgward 230, Mexique

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