Westfield


Westfield

C'est en 1982 que Christopher Kenneth Smith, pilote de Jaguar D-Type et de Lotus de compétition depuis les années 60, entreprit de fabriquer pour son usage personnel et dans le garage de sa maison de Westfield House, une réplique de la Lotus XI. Il habilla un châssis tubulaire de sa conception d'une coque en polyester, moins coûteuse à fabriquer que l'habillage en aluminium du modèle original. La mécanique Coventry Climax laissa sa place à un moteur BMC utilisé sur les Austin Sprite et MG Midget, plus abordable.

Dès qu'il étrenna sa voiture sur les circuits, de nombreux passionnés le sollicitèrent. Ils en voulaient une pour eux-mêmes. Chris Smith céda aux sollicitations, bien que cela ne fit jamais partie de ses intentions initiales. Il fondait Westfield Sportcars en 1983, produisait 87 exemplaires de sa Westfield XI dès 1984, et en assembla jusqu'en 1986 un total de 138 exemplaires. Depuis ses débuts, le constructeur vendait ses voitures en kit ou clés en main.


Westfield XI

Afin d'élargir son offre, il imagina dès 1983 une réplique de la Lotus Seven Série 1, dotée de mécanique Coventry Climax, BMC ou Ford, puis en 1986 une autre version inspirée de la Seven Série 3, sous la désignation SE. Cette dernière rentrait en concurrence frontale avec la Caterham produite sous licence depuis 1974. Ce dernier apprécia peu cette incursion qu'il jugeait déloyale, et contraignit Westfield à modifier significativement sa voiture. 604 exemplaires furent tout de même produit avant que n'intervienne ce litige.

La nouvelle Westfield SE proposait un dessin plus profilé. Les ailes arrière n'étaient plus démontables. Pour se concentrer sur cette nouvelle évolution, la fabrication de la Westfield XI fut provisoirement abandonnée. Westfield commercialisait en 1991 une nouvelle version dotée d'un V8 Rover de 285 ch, la SEiGHT.


Westfield SEiGHT

Mais cette version s'éloignait trop de la philosophie originale de la Seven, et ne connut pas le succès escompté.  Au cours des années 80 et 90, les voitures de Chri Smith utilisèrent essentiellement des quatre cylindres Ford 1800, dont les puissances évoluaient depuis les 105 ch de la version de base jusqu'aux préparations plus musclées de Cosworth. L'offre moteur s'étendit dans les années 2000 avec des mécaniques Rover, Toyota ou Opel.

Le petit constructeur proposait à partir de 2002 la XTR2, une barquette de compétition super légère animée par un quatre cylindres 1300 cm3 de moto Suzuki qui développait 180 ch. Cette deux places de 410 kg dotée d'une boîte six atteignait sa vitesse maximale de 240 km/h en 3,1 secondes. En Angleterre, elle existait même en version homologuée pour la route. En 2004, la XTR2 évolua en XTR4 en adoptant un moteur Audi 1,8 litre de 195 ou 225 ch. Pour sa part, la réplique de la Seven utilisa aussi des mécaniques de moto à partir de 2006.


Westfield XTR4


L'usine Westfield


Châssis tubulaires


Christopher Kenneth Smith

La production du kit Lotus XI reprenait en 2002 (pour être de nouveau abandonnée en 2010). L'affaire était cédée en décembre 2006 à la société Potenza, qui poursuivait la production des dérivés de la Seven et du kit Lotus XI. En décembre 2007, Potenza se portait acquéreur du petit constructeur GTM Cars. Westfield était diffusée en France à partir de 2009. En 2010, l'artisan britannique présentait au Salon de Genève la iRacer, une voiture de course électrique. L'arrivée d'un moteur de Honda S2000 en 2013 constituait une nouvelle étape pour le petit constructeur. En trente ans, Westfield a commercialisé environ 12 000 voitures dans le monde. Sa production annuelle avec près de 60 salariés avoisine les 400 unités. Westfield demeure de nos jours le principal challenger de Caterham. 

Retour au sommaire de "A nous les petites anglaises "