Peerless


Peerless GT Two Litre

L'histoire débute en 1956. Jim Byrnes, hôtelier et passionné de belles automobiles sportives, commandait à Bernie Rodger, réputé pour ses compétences en la matière, la réalisation d'une voiture de sport pour son usage personnel. Face à l'intérêt que suscita le projet, les deux hommes décidèrent d'investir dans la fabrication en petite série de cette GT. Les relations privilégiés qu'entretenait Jim Byrnes avec des cadres de chez Triumph (des clients de son nouveau restaurant à Warwick) lui permirent d'obtenir de cette firme la fourniture des composants mécaniques. Le prototype fut ainsi finalisé à partir d'éléments de TR3.

Les premiers essais s'avérèrent concluant. Jim Byrnes s'empressa de montrer cette nouvelle voiture à son ami John Gordon, vendeur d'automobiles de luxe. Son avis éclairé était primordial pour Jim Byrnes. John Gordon, qui intégra rapidement la petite équipe, avait une approche très positive du projet, mais suggéra à Jim Byrnes quelques modifications, dont l'accroissement de l'habitabilité, pour en faire une vraie 2 + 2, qui répondrait mieux aux attentes du marché. Un second prototype à quatre places assises était construit, et exposé au salon de Paris 1957. La direction de Triumph fut impressionné par le travail réalisé, et donna son accord pour la fourniture des moteurs pour une fabrication en série.

La production débutait dans une ancienne concession Jaguar à Slough. Le choix du nom Peerless faisait référence au constructeur américain de voitures de prestige Peerless, dont l'une des branches fabriquait des poids lourds. Après la première guerre mondiale, ces camions laissés sur place par les américains furent remis en état à Slough, pour être revendu sur le sol britannique. Le choix d'une carrosserie en matière synthétique s'imposa rapidement, en raison des économies évidentes de coût que supposait l'utilisation de ce nouveau matériau. L'intérêt qu'avait suscité l'exposition de la voiture à Paris pouvait laisser espérer une production de 1500 voitures par an. Un distributeur américain se proposait d'en écouler 80 par mois dans un premier temps. Les trois premiers exemplaires de série sortaient de chaîne en mai 1958. Les communiqués de presse présentait la Peerless comme " La voiture de sport pour le père de famille ", ou comme " La voiture pour l'homme jeune qui désire une femme, une famille et une voiture de sport ".

Afin d'accroître la réputation de la marque, il fut décidé d'inscrire la voiture à la déjà mythique course d'endurance des 24 heures du Mans en 1958. Il ne pouvait pas y avoir meilleure publicité pour démontrer la fiabilité de l'engin. Le résultat de la course fut tout à fait honorable, puisque après 24 heures de pluie continue, la Peerless terminait en 16ème position. Cet accès à la notoriété eut des conséquences rapides sur le niveau des ventes. Afin de répondre à la demande, la jeune société s'installait dans des locaux plus spacieux, Farnham Road à Slough.

La société réserva un stand au London Motor Show de 1959. L'accueil de la presse spécialisée y fut enthousiaste, qui saluait les performances et le bon de niveau de finition de la voiture. Cependant, Peerless peinait à atteindre des chiffres de production suffisants pour répondre à la demande. L'usine parvenait tout juste à assembler cinq véhicules par semaine.

Le service commercial avait peu d'effort à fournir. Toute personne intéressée était invitée à essayer rapidement la voiture, à payer une avance et ... à rejoindre la liste d'attente qui ne cessait de s'allonger. La Peerless n'était pourtant pas particulièrement bon marché. Son prix hors taxe atteignait 998 £ (+ 500 £ de taxe), alors que celui d'une Triumph TR3 était inférieur à 1000 £ avec les taxes. Des investissements furent consenti pour doubler le volume de production. Cela eu pour effet une réduction rapide des délais de livraison.

A la vue de l'expérience acquise dans la production des 239 modèles de la phase 1, plus de vingt améliorations furent incorporées dans la conception de la nouvelle Peerless phase 2, présentée en juillet 1959. De nouveaux moules de carrosserie permirent d'obtenir une Peerless P2 plus légère et plus rigide.


Peerless GT Two Litre Phase Two


Peerless GT Two Litre Phase Two

Esthétiquement, les phares avant étaient plus enfoncés dans les ailes, et une grille de calandre plus conventionnelle remplaçait l'emblème " P " de la première série. La double bosse sur le capot moteur était supprimée. Le châssis et les éléments mécaniques ne bénéficiaient d'aucune modification notable.

Avec les nouveaux moyens mis en oeuvre, il était visé une production hebdomadaire de 25 voitures. Les difficultés économiques que ne tarda pas à connaître l'entreprise entraîna des remous au sein de la direction de Peerless. John Gordon démissionnait en septembre 1959. Les fournisseurs commencèrent à perdre confiance dans le projet, ce qui ne fit qu'accroître les difficultés. Avant que l'affaire ne soit déclarée en faillite en février 1960, environ 50 voitures de la phase 2 étaient sorties d'usine.

John Gordon se lança dans un nouveau projet, la Gordon GT, qu'il exposa au salon de Genève 1960. Le dessin de cette Gordon GT était l'oeuvre du jeune Giorgetto Giugiaro, alors chez Bertone. La GT était équipée d'un moteur V8 sur une idée de James Keeble, auteur d'une Peerless à moteur américain. La Gordon GT sera commercialisée sous la marque Gordon Keeble à partir de 1964, mais ceci est une autre histoire ...

Une nouvelle société fut crée, et la production reprit sous la marque Warwick (lieu de naissance du projet initial) animée par Bernie Rodger. L'ambition était de poursuivre la fabrication de l'auto, mais à plus petite échelle.

Article réalisé grâce à l'aimable collaboration de Jon Nolan. Pour plus d'informations, consultez son site très complet : www.peerless-gt.co.uk


Peerless GT Two Litre Phase Two

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