GP


Le mensuel Champion essaie le Dune Buggy de GP dans son numéro N° 43 d'août 1969

GP est né de la volonté de deux hommes de surfer sur la mode naissante des buggy : John Jobber, qui avait auparavant travaillé pour Jaguar, et Pierre du Plessis, un Sud-africain, ancien de chez Lola.

Le buggy fut inventé en 1963 en Californie par Bruce Meyers sur la base de la Coccinelle (Beetle aux USA), et popularisé à l'écran par Steve McQueen dans le film " L'affaire Thomas Crown " sorti en juin 1968.  Pour les Américains, cet engin permettait de rouler différemment, d'affirmer sa personnalité dans un véhicule original, à contre-courant des traditionnelles berlines et autres muscle cars US .

C'est Pierre du Plessis qui importa en Angleterre l'un des premiers buggy. La production de GP, précurseur et leader sur ce créneau, débutait effectivement en 1968, avec à la clef un succès immédiat, tant auprès d'une clientèle Londonienne branchée que de quelques stars du show business. La presse spécialisée s'empara du phénomène, au point que les buggy, notamment ceux de GP, firent la couverture de plusieurs magazines.

Le buggy de GP était vendu sous la forme d'un kit comprenant une notice de montage, une carrosserie en polyester armé, un tableau de bord, un pare-brise, des boulons et des écrous. Il ne restait plus à l'acquéreur qu'à trouver une Coccinelle 1200, 1300 ou 1500 postérieure à 1961, avec une plate-forme en bon état qu'il devait raccourcir de 40,5 centimètres. Au besoin, pour l'amateur insuffisamment équipé, GP pouvait se charger lui-même de cette opération, sur la base d'un châssis fourni par le client et préalablement débarrassé de sa carrosserie. Les plus paresseux ou les moins bricoleurs avaient aussi la possibilité d'acheter la voiture toute montée, avec une mécanique d'occasion ou neuve.


GP Buggy

Suivant la configuration choisie, les prix étaient en 1970 sur le marché français de respectivement 2 300 francs, 3 000 francs, 7 500 francs (moteur occasion) ou 9 990 francs (moteur neuf). GP avait un représentant en France, installé 19 rue Emile Dubois dans le 14ème arrondissement de Paris.  Le constructeur écoula ainsi près de 4000 exemplaires de son buggy sous différentes variantes de carrosseries (break, pick-up ...) jusqu'à ce que ce type d'engin ne passe de mode.


Le GP Buggy pouvait même prendre la forme d'un utilitaire léger façon pick-up

L'entreprise était installée à ses débuts sous le nom de GP Speed Shop. Elle déménageait en 1968 aux environs de Londres, à Hanworth. Un incendie en 1972 contraignait GP à intégrer de nouveaux locaux, à quelque distance, à Islington. Pierre du Plessis décédait peu après de maladie.

L'équipe de GP avait de grandes ambitions, et il n'était pas question comme nombre d'artisans de se cantonner au marché Britannique. Les GP furent exportées à travers le monde, en France, en Suisse, en Espagne, en Allemagne, au Moyen-Orient, aux Antilles, à Singapour, en Grèce, en Autriche, aux Etats-Unis, en Australie et en Afrique du Sud !

Pour compléter son offre, le petit constructeur imagina en 1970 la Centron, une voiture de sport basse, produite sous la forme d'un coupé classique et d'un break de chasse, lointain cousin du Breadvan Ferrari, le prestige en moins. Mais le succès ne fut pas ici au rendez-vous, avec seulement une douzaine de ventes jusqu'en 1978 (seize selon une autre source).


GP Centron


De 1976 à 1991, GP fabriqua à 30 exemplaires une réplique de la VW Type 82.

Pour GP, le designer Neville Trickett dessina la Talon, un coupé sans toit ni portière aux formes anguleuses, à mi-chemin entre le buggy et la voiture de sport, aux faux airs de Fiat X 1/9. Son habillage était en fibre de verre teintée dans la masse. Mais le bruit de sa mécanique Volkswagen ne trompait personne quant à ses performances. On estime à 155 environ de nombre de GP Talon produites.


GP Talon

Après les buggy et les pseudos voitures de sport, GP rebondissait sur la mode du rétro, celui des années 30, alors très en vogue (Clénet, Desande, Excalibur ...). Le long capot de la nouvelle Madison ne doit pas laisser croire à la présence d'une mécanique surpuissante. Cette partie de l'auto était en effet dévolue au rangement des bagages, tandis que le moteur, toujours d'origine Volkswagen, était installé derrière le conducteur. On retrouve trace d'un importateur en France à la fin des années 80, les Automobiles JMC, installé à Marseille.


GP Madison

D'abord vendue sous la forme d'un roadster, la GP Madison se déclina ensuite avec une carrosserie de coupé. En 1983, la base Volkswagen laissait sa place à un ensemble issu de la Ford Cortina, à la sonorité plus neutre. Il fut fabriqué environ 910 GP Madison en version roadster de 1980 à 1995, puis 10 coupés de 1983 à 1999.


GP Madison Coupé

L'aventure ne s'arrête pas là. En 1982, GP présentait une nouvelle réplique, inspirée d'un modèle mythique des années 50, la Porsche 718 RSK Spyder. Ce fut de nouveau le succès, avec environ 1500 exemplaires fabriqués jusqu'en 2003, le plus souvent avec le moteur de la Coccinelle, mais parfois aussi avec celui de la Golf, voire d'une Porsche 911.


GP Spyder

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